20 mars 1815

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Bastet

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Bastet »

D'un poète qui n'avait pas 20 ans....

Non loin des rivages de France,
Il est une île au sein des mers :
C'est là que veille l'espérance
Et le fléau de l'univers ;
Et c'est là, qu'abusant du droit de la victoire,
On jeta le héros poudreux et renversé,
Pour l'y laisser vieillir comme un glaive émoussé,
Qui se ronge dans l'ombre, et se rouille sans gloire.
Pourtant à l'exilé la rigueur du destin
N'a point encor ravi l'aspect de la patrie,
Et souvent à ses yeux une rive chérie
Se dessine incertaine à l'horizon lointain.

Aussi, lorsque du soir descend l'heure rêveuse,
Il promène ses pas près des flots azurés,
Et sa pensée aventureuse
Voltige avec ardeur vers ces bords désirés.

Mais un jour que ses yeux, rayonnants d'espérance,
Avec plus de transport dirigés vers la France,
En cherchaient l'ombre vague au bout de l'horizon :
D'un sifflement lugubre environnant sa tête,
Une voix lui cria du ton de la tempête :
« Napoléon ! Napoléon ! »

Cette exclamation, pour tout autre effrayante,
A retenti trois fois : le héros étonné
L'entend ; et, de sa main brûlante,
Soulève en murmurant son front découronné.

Et la voix ironique a repris la parole :
« Napoléon le grand, qui t'arrête en ce lieu ?
Qu'as-tu fait de cette auréole,
Qui brillait à ton front comme à celui d'un dieu ?
Pourquoi donc par le temps laisser ronger tes armes ?
Pourquoi laisser couler ton âme dans les larmes,
Toi qui ne pus jamais comprendre le repos ?...
N'as-tu donc plus la main qui lance le tonnerre ?
N'as-tu plus le sourcil qui fait trembler la terre ?
N'as-tu plus le regard qui produit les héros ? »
« Serait-ce que ton bras se lasse de la guerre,
Ou tes amusements cessent-ils de te plaire ?
Car dans tes loisirs autrefois,
Tu jouais avec des couronnes ;
Et l'univers vit à ta voix
Des rois qui tombaient de leurs trônes,
Et des soldats qui passaient rois.
Depuis.... »

Napoléon a changé de visage ;
« Qui que tu sois, dit-il, cesse un cruel langage,
Il faut, pour m'outrager, attendre mon trépas,
L'enfer est contre moi, mais ne prévaudra pas. »

LA VOIX.
Audacieux mortel, quelle est ton espérance ?
Ta main paralysée abdiqua la puissance,
Songes-tu maintenant ?...

NAPOLÉON.
Pourquoi dissimuler ?...
Au bruit de mon réveil, l'univers peut trembler !

LA VOIX.
L'univers,... il rirait de ta vaine menace.

NAPOLÉON.
Le succès, je l'espère, absoudra mon audace ;
Et tel événement, en servant mes projets,
Peut me placer plus haut que je ne fus jamais.

LA VOIX.
Eh ! si toujours ton cœur à la couronne aspire,
Si c'est par lâcheté que tu quittas l'empire,
Honte à toi !...

NAPOLÉON.
Non ; plutôt honte à mes ennemis !
Car ils n'ont pas tenu ce qu ils avaient promis :
Par l'abdication de toute ma puissance,
Je croyais épargner des malheurs à la France ;
Mais j'eus tort seulement de compter sur leur foi,
Et le cri de mon peuple est venu jusqu'à moi :
Mon œil a vu d'ici sa profonde misère,
Ses triomphes livrés à l'envie étrangère,
Ses monuments détruits et ses champs dévastés,
La discorde, la haine agitant ses cités,
La trahison...

LA VOIX.
Pour lui que pourrait ta faiblesse ?
Jadis il imposait la chaîne qui le blesse,
On lui rend maintenant les maux qu'on a soufferts...
Crains donc de le défendre, et laisse lui ses fers !

NAPOLÉON.
(Il paraît absorbé, et réfléchit profondément)
Crainte, repos,... enfer de toute âme brûlante
Victime d'une injuste loi,
Le père des humains tourne sa vue ardente
Vers le séjour dont il fut roi ;
Il voudrait, pénétrant dans l'enceinte sacrée,
Ressaisir son pouvoir en dépit des destins :
Mais un géant veille à l'entrée,
Et la foudre luit dans ses mains.

La foudre, le géant, qui d'une âme timide
Paralysent les faibles pas,
Ne sont rien pour l'homme intrépide
Dont l'esclavage est le trépas :
Le péril qui l'attend, s'il veut briser sa chaîne,
Ne fait, en l'indignant, qu'aiguillonner son cœur ;
Qu'importe que la mort du vaincu soit la peine,
Si le sceptre et la gloire est le prix du vainqueur.

Bien plus,... de son courage, ou bien de sa vengeance,
Si déjà tout un peuple attend sa délivrance,
Un noble sentiment par l'honneur inspiré
L'appelle vers ceux qu'on opprime ;...
Alors hésiter est un crime,
Oser est un devoir sacré !

Par l'oubli des traités on a brisé ma chaîne,
On menace, en ces lieux, mes jours, ma liberté :
C'est du sang qu'il faudra... le sort en est jeté. —
Ah ! mon âme en frémit... mais n'est point incertaine.
L'imprudent qui m'a remplacé,
Aux Français opprimés a dit, pour qu'on le craigne.
« Peuples, prosternez-vous ! je suis roi, car je règne ;
Votre empereur est renversé. » —

Oui, j'abdiquai l'empire, il en a l'avantage ;
Mais je n'ai point de même abdiqué mon courage,
En siégeant à ma place il a compté sans moi...
Car, détrônant l'espoir où son Orgueil se fonde,
À mon tour je vais dire au monde :
« Je suis vivant, donc je suis roi ! »

LA VOIX.
Alors ta royauté sera bien éphémère,
Car la mort doit répondre à tes prétentions ;
Et tu verras tomber ton aigle et son tonnerre
Sous le glaive des nations. —
Mais, que dis-je ? La mort n'est rien à ton courage !
Le feu d'un grand dessein dévore tout effroi ;
À ta présomption qu'importé mi noir présage ?
Tout ton destin t'enchaîne et tu n'es plus à toi.

NAPOLÉON.
Le destin m'appartient, et moi-même à la France ;
C'est pour son bonheur seul que j'emploierai toujours
Mon glaive, mes vœux, ma vengeance,
Et ce qui reste de mes jours.
Va, quoique ta menace ait annoncé l'orage,
Une barque m'attend, et tout est décidé...
Mille peuples, en vain, veillent sur passage...
Six cents Français et moi, — l'équilibre est gardé !
Mais toi, pour qui, dis-tu, l'avenir se révèle ;
Toi, dont la prophétie est pour moi si cruelle,
Quel est ton nom ? Viens-tu des cieux, ou des enfers ?

LA VOIX.
Tu le sauras un jour ; vas où le sort t'appelle :
Je t'attends au-delà des mers !"

L'ile d'Elbe, Gérard de Nerval , Elégies nationales, 1827

Peyrusse

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Peyrusse »

Le jeune Randon (il est né en 1795) est capitaine lors du retour de l’Empereur de son île d’Elbe. Nous sommes le 7 mars 1815 à Laffrey. Il occupe les fonctions d’aide-de-camp du général Marchand (son oncle). Cet officier commande à cette époque la 7ème division militaire basée à Grenoble. Ils sont sensés faire barrage à la route suivie par Napoléon. Selon certaines sources il aurait ordonné aux soldats du 5ème de ligne de faire feu. En vain ! Le capitaine Randon devra prendre la fuite. Selon le lieutenant Laborde (dans ses « Souvenirs ») : « Cet officier fut poursuivi l’espace de deux lieues par le capitaine Schoultz [Schultz], des lanciers polonais, et ne dut son salut qu’à la vitesse de son cheval ; et il eut tellement peur qu’en arrivant à Grenoble il se mit au lit et fit une maladie grave. »

En 1839, Randon, devenu colonel du 2ème régiment de chasseurS à cheval d’Afrique, a laissé une longue lettre sur cette journée mémorable à son ami Henri Beyle, le célébrissime Stendhal, dont j’extrais ce passage particulièrement étincelant :

« L’Empereur nous apparaissait entouré de ses rayons de gloire qu’aucuns revers n’avait pu ternir aux yeux des soldats : violemment arraché quelques mois auparavant de leurs bras, exilé du sol de la patrie par cette ligue de rois qui se vengeaient ainsi de l’humiliation de leurs nombreuses défaites, Napoléon était plus que jamais l’idole de l’armée, l’homme du peuple. Tout ce qui s’était fait de mal pendant le cours de la première restauration avait tourné au profit de sa popularité ; il se présentait à nos yeux comme celui qui devait relever notre drapeau humilié et délivrer la nation de cette oppression morale que lui faisait subir un gouvernement imposé par l’étranger. »

(« Cent soixante-quatorze lettres à Stendhal (1810-1842). Recueillies et annotées par Henri Martineau », Tome II, Le Divan, 1947, pp.189-190, lettre en date du 9 juin 1839.).

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Ajoutons que Randon sera fait maréchal de France par Napoléon III, sous le Second Empire.

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L'âne
 
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Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par L'âne »

Merci cher Peyrusse pour ce post très intéressant.

En marge on peut noter également ces éléments puisés dans "Cent jours - La tentation de l'impossible" d'Emmanuel de WARESQUIEL :
"Journal du capitaine François, op. cit., p. 723-724. Il existe de nombreuses variantes aux mots célèbres du défilé de Laffrey. La version officielle qui en est restée pour la postérité, d'après la relation du général Marchand et le récit de son aide de camp, le capitaine Randon, est la suivante : « Soldats du 5ème je suis votre empereur, reconnaissez-moi», « S'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son empereur, il peut le faire. Me voilà. »"
Aurea mediocritas

Peyrusse

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Peyrusse »

Merci cher "L'âne" pour cette intervention pertinente. :salut:

Voici un premier complément à propos de cette rencontre historique. A noter, pour la petite histoire, que dans le film "Waterloo" (1970) de S. Bondarchuk c'est... NEY en personne :shock: qui s'oppose à l'Empereur à Laffrey. Et ce n'est pas la seule erreur que contient ce film... :lol:
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Le trésorier Guillaume Peyrusse, présent lors du retour de l'île d'Elbe, témoigne: "6 mars [7 mars 1815] . Le général Cambronne, avec sa troupe, après avoir assuré le passage de Sisteron, se porta sur La Mure. A la première nouvelle de notre débarquement, le général Marchand [1], commandant à Grenoble, avait lancé une avant-garde sur nous ; elle était venue prendre position dans un défilé entre des lacs et près le village de La Mure. Instruite de cette circonstance, Sa Majesté fait faire halte, rallia la Garde et la mit en ordre de bataille. Mes habitudes ne m’avaient pas familiarisé avec ces dispositions hostiles. Je devenais embarrassant. Je me mis sur un des côtés de la route et j’attendis l’issue de cette rencontre avec anxiété ; je ne crains pas d’en faire l’aveu. L’Empereur envoya son officier d’ordonnance, le capitaine Raoul [2], pour parlementer avec cette troupe et lui faire connaître la nouvelle de son arrivée ; mais cet officier ne put ni communiquer ni se faire entendre. Il fallait faire bonne contenance ; l’Empereur mit pied à terre et alla droit au bataillon, suivi de quelques grenadiers portant l’arme sous le bras, et s’approchant à la distance de la voix : - « Me voilà, soldats du 5e, reconnaissez-moi… S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur (déboutonnant sa capote grise), il peut le faire. Une étincelle électrique frappa toute la troupe ; le cri unanime de vive l’Empereur ! fut sa réponse. Sa Majesté fut à l’instant même entourée, pressée ; la Garde et le bataillon s’embrassèrent, se communiquèrent et burent à la santé de l’Empereur. La cocarde tricolore parut bientôt sur tous les schakos ; les soldats s’étaient aperçus que leur ancienne cocarde n’avait été couverte que d’une couche de blanc, qu’un peu d’eau eut bientôt enlevée. Je sortis triomphant de mon champ de bataille et pris part à l’ivresse commune. La figure de Sa Majesté était rayonnante de joie. Soldats et officiers, tous écoutèrent avec un empressement silencieux toutes les circonstances de notre départ, de notre débarquement, de notre marche ; ils connurent tout l’enthousiasme que la marche et la présence de Sa Majesté avaient excité parmi les populations que nous avions traversées. Cette scène eut lieu en avant du village de l’Offraye [Laffrey][3]. Les braves du bataillon du 5e demandèrent à marcher les premiers sur la division qui couvrait Grenoble ; mais, avant de se mettre en route, on battit un ban et Sa Majesté fit lire la proclamation de la Garde à l’armée, proclamation ainsi conçue :

Les généraux, officiers et soldats de la Garde Impériale aux généraux, officiers et soldats de l’armée.

« Soldats, camarades !

Nous vous avons conservé votre Empereur, malgré les nombreuses embûches qu’on lui a tendues ; nous vous le ramenons au travers des mers, au milieu de mille dangers ; nous avons abordé sur la terre sacrée de la patrie avec la cocarde blanche ; elle est le signe de la honte et du joug imposé par l’étranger et la trahison. Nous aurions inutilement versé notre sang, si nous souffrions que les vaincus nous donnassent la loi !!!

Depuis le peu de mois que les Bourbons règnent, ils vous ont convaincus qu’ils n’ont rien oublié ni rien appris. Ils sont toujours gouvernés par des préjugés ennemis de nos droits et de ceux du peuple. Ceux qui ont porté les armes contre leur pays, contre nous, sont des héros ; vous, vous êtes des rebelles à qui on veut bien pardonner jusqu’à ce qu’on soit assez consolidé pour la formation d’un corps d’armée d’émigrés, par l’introduction à Paris d’une garde Suisse, et par le remplacement successif de nouveau officiers dans vos rangs. Alors, il faudra avoir porté les armes contre sa patrie pour pouvoir prétendre aux honneurs et aux récompenses ; il faudra avoir une naissance conforme à leurs préjugés pour être officier. Le soldat devra toujours rester soldat ; le peuple aura les charges et eux les honneurs. En attendant le moment où ils oseraient détruire la Légion d’honneur, ils l’ont donnée à tous les traîtres et l’ont prodiguée pour l’avilir ; ils lui ont ôté toutes les prérogatives politiques que nous avions gagnées au prix de notre sang.

Les 400 millions du Domaine extraordinaire, sur lequel étaient assignées nos dotations, qui étaient le patrimoine de l’armée et le prix des nos sœurs, ils se les sont appropriés.

Soldats de la grande Nation, soldats du grand Napoléon, consentirez-vous à l’être d’un prince qui, [durant] vingt ans, fut l’ennemi de la France, et qui se vante de devoir son trône à un prince régent d’Angleterre ?

Tout ce qui a été fait sans le consentement du peuple et le nôtre, et sans nous avoir consulté, est illégitime.

Soldats, officiers en retraite, vétérans de nos armées, venez avec nous conquérir le Trône, palladium de nos droits, et que la postérité dise un jour : Les étrangers, secondés par des traîtres, avaient imposé un joug honteux à la France ; les braves se sont levés, et les ennemis du peuple, de l’armée, ont disparu et sont rentrés dans le néant.

Soldats, la générale bat, nous marchons ; courez aux armes ! Venez nous rejoindre, joindre notre Empereur et nos aigles tricolores !

Signé à l’original :

Le général de brigade, baron Cambronne, major du 1er régiment des chasseurs à pied de la Garde ; le lieutenant-colonel, chevalier Mallet. – Artillerie de la Garde : Cornuel, Raoul, capitaines ; Lanoue, Demons, lieutenants. – Infanterie de la Garde : Loubert, Lamourette, Monpez, Combes, capitaines ; Dequeux, Thibault, Chaumet, Franconnin, Mallet, lieutenants ; Laborde, Eméry, Noisot, Arnauld. - Chevau-légers de la Garde : Le baron Jerzmanowski, major ; Balinski, Schultz, capitaines ; Fintoski et Skoronski, lieutenants.

Signé : le général de division aide-de-camp de Sa Majesté l’Empereur, aide-major général de la Garde,

Comte Drouot.

A peine la lecture de l’adresse eût-elle était terminée, qu’une salve de Vive l’Empereur ! retentit ; des poignées de main furent échangées ; on se mit en marche. Je fus placé sur les derrières ; mon bagage n’était pas brillant. Les Polonais firent l’avant-garde. Sa Majesté marcha au milieu du 5e. Le bourg de Vizille, que nous traversâmes, se distingua par son enthousiasme. "

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Notes.

[1] Le général Marchand (1765-1851) commandait la 7ème division militaire à Grenoble. Il essaya de s’opposer à Napoléon mais dut évacuer la ville, le 7 mars 1815. Fin 1815, il sera accusé par le pouvoir royal d’avoir livré cette ville à l’Empereur, puis traduit devant un conseil de guerre (en juin 1816) et acquitté.

[2] Le capitaine Nicolas Raoul (1788-1850), suit Napoléon à l’île d’Elbe. Pons (ibid., p. 332) précise que « …l’Empereur avait nommé le capitaine Raoul au commandement du génie militaire de l’île d’Elbe, quoique cet officier appartînt à l’artillerie ». Par la suite, cet officier est nommé capitaine en second de la compagnie d’artillerie de la Garde Impériale elboise. Il est nommé en avril 1815 chef de bataillon de l’artillerie de la Garde. Blessé très grièvement à Waterloo, il est fait prisonnier. « Le capitaine en second Raoul était le fils du général Raoul [1759-1824], débris de cette armée de Sambre et Meuse qui a fourni des généraux à toutes nos armées et dont on ne semple plus se rappeler. » (Pons, ibid., pp.339-340).

[3] « Cependant les troupes venues de Grenoble avaient rétrogradé, et pris position à trois lieues de Gorp [Corps], entre les lacs et près d’un village [celui de Laffrey]. L’Empereur fut les reconnaître ; il trouva sur la ligne opposée un bataillon du cinquième régiment de ligne ; une compagnie de mineurs, en tout sept à huit cent hommes : il leur envoya le chef d’escadron Roul [Ruhl] ; elles refusèrent de l’entendre…Aussitôt mettant pied à terre, il marcha droit au détachement, suivi de sa Garde, l’arme baissée : « Eh : Quoi, mes amis, leur dit-il, vous ne me reconnaissez pas ? Je suis votre Empereur ; s’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son général, son empereur, il le peut : me voilà (en effaçant sa poitrine)… Le cri unanime de «Vive l’Empereur ! », fut leur réponse. » (Fleury de Chaboulon, "Mémoires"., tome I, p.138).

Peyrusse

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Peyrusse »

Le rôle du capitaine Randon à Laffrey, le 7 mars 1815…


Randon, futur ministre de la Guerre et maréchal de France [il était né en 1795. Meurt en 1865. Fait maréchal en 1856 par Napoléon III] , alors capitaine au 93ème de ligne (depuis la fin de novembre 1813), était aide-de-camp de son oncle, le général Marchand [ce personnage resté fidèle aux Bourbons et qui commandait la place de Grenoble]. On a souvent prétendu qu’il vint le 7 mars 1815 à Laffrey donner l’ordre, au bataillon du 5ème de ligne, de faire feu. Mais comme Randon le dit lui-même dans l’Exposé ci –dessous, il était venu à Laffrey que pour savoir ce qui s’y passait et rapporter des nouvelles. Il n’a pas crié « Feu ! », car si il l’avait fait, il n’aurait pas manqué dans son Exposé. D’ailleurs, ce n’était pas à lui d’ordonner de tirer.Tout au plus, il aura conseillé de faire feu : « Il est, a déclaré le chef du génie Tournadre, il est arrivé au moment où les troupes étaient en présence des rebelles et, avant de se porter à la tête de la colonne, il m’a dit : « Il faut faire tirer dessus ».

Arthur CHUQUET
Exposé de la conduite du capitaine Randon, aide-de-camp de M. le Lieutenant général comte Marchand.


Grenoble, 3 décembre 1815.

Employé à Grenoble à l’époque du 1ermars 1815 en qualité d’aide-de-camp de M. le Lieutenant-général Marchand, je fus envoyé dans la matinée du 7 mars 1815 pour se voir ce qu’était devenu un bataillon du 5ème régiment de ligne qu’on avait envoyé en avant, et qui, depuis vingt-quatre heures, n’avait pas donné de ses nouvelles, et en même temps pour venir en toute hâte donner un avis sur les événements importants dont je pourrais être témoin. Je joignis ce bataillon à six lieues de Grenoble, en avant du village de Laffrey, et je ne tardai pas à voir paraître l’avant-garde des troupes ennemies [celles de l’Empereur !] qui furent bientôt suivies de leur chef [Napoléon]. Après diverses sommations auxquelles le chef de bataillon répondit avec fermeté, Bonaparte marcha sur nous à la tête de sa troupe, joignit une compagnie de voltigeurs qui formait l’avant-garde et qui le reçut aux cris de « Vive l’Empereur ! » J’étais à dix pas quand ce premier événement arriva, et, jugeant qu’il était temps de remplir le but de ma mission, je tournai bride et traversai sans difficulté le reste du bataillon.Je fus bientôt poursuivi par cinq ou six chasseurs que Bonaparte avait envoyés après moi avec la promesse de cinquante napoléons s’ils pouvaient m’atteindre. Je les perdais à peine de vue que je rencontrai le colonel Labédoyère qui désertait à la tête de son régiment. Je ne savais d’abord à quoi attribuer un pareil mouvement. Mais mon incertitude cessa bientôt quand, entendant les cris de « Vive l’Empereur ! », Labédoyère lui-même voulut m’arrêter en voyant le ruban blanc dont j’étais décoré. J’étais bien monté. Je me jetai sur un des côtés de la route, renversai les premiers grenadiers, et me fis jour, par la force de mon cheval,à travers le reste de la colonne,avant qu’elle n’eût le temps de se reconnaître.

J’arrivai à Grenoble au milieu des cris d’une populace furieuse qui accourait au devant de l’Usurpateur, et rendis compte à mon général des funestes événements qui s’étaient passés sous mes yeux.

Les mesures que l’on prit, ne purent arrêter l’insubordination des soldats, excités par l’exemple trop contagieux de leurs camarades, et je sortis de Grenoble avec M. le Lieutenant-général Marchand au moment où Bonaparte y entrait de l’autre côté. Partageant l’opinion de mon général à l’égard de l’homme qui amenait tant de maux pour la France, mon sort a été uni au sien. Comme lui, j’avais été réintégré dans les fonctions que j’occupais avant l’époque malheureuse du 7 mars 1815. Telle a été ma conduite pendant l’interrègne, et S.A.R. Monseigneur le duc d’Angoulême [le fils du comte d'Artois, futur Charles X], à son passage à Grenoble, a daigné me donner quelques éloges sur la manière dont je m’étais conduit dans une circonstance aussi critique que fatale à la France.

(Document extrait de l’ouvrage d’Arthur Chuquet : « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Librairie Ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911).


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Raoul Jacques
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Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Raoul Jacques »

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous joins le panneau qui se trouve sur le site de Laffrey sur le capitaine Randon.

Merci pour toutes les informations sur ce passage historique, et la conduite de Randon à Laffrey.

Raoul jacques. :salut:
randon10.jpg

Peyrusse

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Peyrusse »

« Le 20 mars au matin, je vis sur la place Maubert un courrier à la large cocarde et aux rubans tricolores. C'était la première fois depuis un an que nos glorieuses couleurs reparaissaient. Ce courrier fut entouré, on ne voulait pas le laisser passer, on lui apportait du vin, on lui pressait les mains; on caressait et embrassait son cheval. C'était du délire. On s'étouffait pour lire la belle proclamation : « Soldats, nous n'avons point été vaincus... » Napoléon fit son entrée dans Paris par la barrière de Fontainebleau et le boulevard de l'Hôpital. Il était entre six et sept heures du soir [nombre de témoins ont écrit qu’il était près de 21 heures lorsque l’Empereur arriva aux Tuileries, l’horaire donné par Poumiès pourrait être donc inexact], et déjà nuit. Il passa rapidement, peu escorté, traversa le pont d'Austerlitz. La foule accourue sur son passage était immense, elle le reçut avec amour : on battait des mains, on criait à tue-tête : « Vive l'Empereur !» ; moi plus qu'un autre. Le bataillon sacré de l'île d'Elbe n'arriva que dans la nuit et bivouaqua sur la place du Carrousel, aussi je le vis le lendemain. Ces braves gens furent reçus à bras ouverts : c'était à qui leur donnerait quelque preuve d'amitié. Leurs uniformes étaient en mauvais état, leurs bonnets à poil ras et pelés, leur teint bronzé. Ils semblaient harassés de fatigue. Jamais avant eux on n'avait franchi à pied, avec tant de rapidité, une aussi grande distance. Les jeunes gens des écoles, revenus à Napoléon, lui offrirent leurs bras et leurs cœurs. Quel changement depuis 1814 ! Avec quel empressement nous nous rangeâmes dans les compagnies d'artillerie qui furent organisées ! Deux fois par jour, nous étions exercés au maniement des pièces dans le jardin du Luxembourg. Il régnait parmi nous un zèle, une ardeur admirables, un vif désir de faire oublier la lâcheté de notre conduite en 1814. Ce n'était point un attachement personnel non raisonné qui nous attirait vers Napoléon. La Restauration nous avait froissés de tant de manières que nous avions fini par le regarder comme le vengeur des soufflets qu'on nous donnait, comme le réparateur envoyé du Ciel. Combien il nous trompa ! Tous les régiments de l'armée furent successivement appelés à Paris, tous étaient animés d'une ardeur martiale, tous brûlaient du désir de venger nos derniers malheurs. Les vieux soldats retrouvaient dans un coin de leurs sacs la cocarde tricolore qu'ils y avaient soigneusement conservée. »

(Docteur Poumiès de La Siboutie (1789-1863), « Souvenirs d’un médecin de Paris… », Plon, 1910, pp.156-158).

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Bernard
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Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Bernard »

Peyrusse a écrit :
20 mars 2018, 08:56
Il régnait parmi nous un zèle, une ardeur admirables, un vif désir de faire oublier la lâcheté de notre conduite en 1814.
Effectivement, le ton change...
Les Parisiens seraient-ils versatiles ?

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L'âne
 
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Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par L'âne »

Emmanuel de WARESQUIEL « Les Cent jours, la tentation de l’impossible » :
"Le 20 mars 1815 est, à Paris, l'un de ces jours étonnants. On en fera plus tard une journée « révolutionnaire », on spéculera à l'infini, d'un parti à l'autre, des bonapartistes aux royalistes, sur la nature de l'événement qui s'y déroula : coup d'État, complot, pronunciamiento militaire, révolte populaire ou mutinerie armée. Sur le moment, ce sont comme toujours les sentiments les plus simples qui l'emportent : la peur, les espoirs fous, la stupeur, l'abattement […] Pour les autorités de ce pouvoir vide du 20 mars 1815, le peuple n'est ni royaliste ni bonapartiste, il est simplement dangereux et imprévisible. Instinctif et aveugle, il ne raisonne pas."

Thierry LENTZ « 100 questions sur Napoléon » :
"Pour dire les choses brutalement, il convient de se demander si la « révolution du 20 mars 1815 » n’est pas tout simplement un coup d’État militaire, exécuté de main de maître et favorisé par les circonstances."

Laurent NAGY « D’une terreur à l’autre » :
"…les bureaux acceptent de réactualiser ses états de services ; ils écrivent dans son dossier militaire* pour l'année 1815: « Le 20 mars 1815, il donna le premier élan à MM. les officiers en demi-solde qui se trouvaient réunis à Saint-Denis, pour venir s'emparer tout à coup de Paris. Revêtu du grade et de l'uniforme de chef d’escadron, il a marché à la tête de l'avant-garde, en répétant sans cesse : "Vive l'Empereur !" [ ... ]. La populace en a été surprise et étourdie et de suite les drapeaux ont flotté sur le palais des Tuileries et sur la colonne de la Grande Armée".
*Celui de François Cugnet de Montarlot

En marge, ce lundi 20 mars 1815, Talleyrand écrit à Louis XVIII depuis Vienne :

« Sire, L’empereur François vient d’ordonner à madame de Montesquiou de lui remettre l’enfant dont elle était chargée. Son langage dans la circonstance actuelle a été si opposé aux résolutions prises par l’Autriche et par les autres puissances, que l’empereur n’a pas voulu permettre qu’elle restât plus longtemps auprès de son petit-fils. Demain elle doit recevoir l’ordre de retourner en France. L’enfant va être établi au palais, à Vienne. Ainsi, il ne pourra pas être enlevé, comme plusieurs circonstances pouvaient le faire présumer. Je suis… »
Aurea mediocritas

Peyrusse

Re: CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Peyrusse »

Ce récit est extrait des « Souvenirs » d’Emile Labretonnière, jeune étudiant parisien. L'Empereur n'était pas encore de retour dans sa capitale.

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« Pendant toute cette journée du 20 mars, le pays fut sans aucun gouvernement, et cependant jamais Paris ne fut plus paisible; pas la moindre insulte, pas la moindre violence de la part d'un peuple abandonné à lui-même et dont on n'avait pas encore altéré les nobles instincts. Seulement, je fus témoin d'un fait qui fit croire à un commencement de trouble. Il faisait un temps superbe; les cafés et les estaminets du Palais-Royal se remplissaient de militaires fêtant, le verre en main, l'arrivée du Petit-Caporal. J'étais avec un ami dans un estaminet haut: une foule de cuirassiers y faisait couler la bière et le punch en son honneur, quand tout-à-coup un coup de fusil retentit dans le jardin. A l'instant, voilà tous nos hommes qui sautent sur leur sabre déposé près d'une table, et qui descendent rapidement, tandis que toutes les croisées se garnissent de figures inquiètes. Ce n'était qu'un hasard; un armurier du Palais-Royal, en maniant un fusil qu'il ne savait pas chargé, venait de le faire partir par mégarde. On attendait l'Empereur d'heure en heure; il n'arrivait point. Les boulevards se garnissaient de curieux sur le passage présumé de la voiture où reposaient de si hautes destinées. Des officiers d'état-major, à cheval, parurent enfin venant de la place Vendôme, encourageant le peuple qui, sur leur route, criait Vive l'Empereur ! Il furent le premier indice de l'organisation d'un pouvoir quelconque dans toute cette journée. La nuit venait; j'étais sur le boulevard Saint-Martin, impatient et inquiet d'un si long retard, quand j'entendis accourir une nuée de crieurs, colportant un imprimé et l'annonçant avec les poumons que vous connaissez à ces stentors de la rue de Jérusalem. J'arrête le premier qui passe, je lui achète un exemplaire, et mes regards tombent avec ravissement sur l'aigle impériale m'ouvrant ses ailes, tenant encore dans sa serre ce foudre terrible dont les éclairs avaient fait baisser les yeux à tant de rois vaincus. J'avais en main l'admirable proclamation de Napoléon à l'armée française , celle qui commence par ces mots: SOLDATS ! Nous n'avons point été vaincus ! C'était cette chaleureuse allocution où, en appelant autour de sa bannière les vieux braves des premiers départements envahis par lui, le soldat couronné leur annonçait que l'aigle aux trois couleurs allait voler de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame. J'étais là le cœur agité, les yeux avides, à lire au coin du boulevard; peu à peu je voyais se former autour de moi un cercle d'enfants et d'ouvriers jetant un œil curieux sur l'aigle qui surmontait la proclamation. — Monsieur, me dirent d'un air suppliant quelques hommes aux vêtements délabrés, si vous vouliez avoir la bonté de lire haut! – Je vis qu'en refusant j'allais coûter deux sous à ces pauvres diables incapables de résister à l'envie de connaître cette proclamation; je commençai donc. Puis je vis toutes ces figures noircies par le travail se grouper attentives, et l'orgueil national s'épanouir aux magiques paroles de Napoléon; pas un trait d'éloquence ne manquait le but; il y avait autour de moi trop de cœurs patriotes pour le recevoir. Cependant je commençais à être embarrassé de mon rôle de tribun en plein vent, la foule était considérable quand arriva la fin de ma lecture; elle fut couronnée par un cri de Vive l'Empereur ! Que je me contentai de répéter in petto, tant je craignais de passer pour un enthousiaste à tant par jour. Je parcourus le boulevard jusque devant l'Ambigu. Cependant, il n'arrivait point; je remontai plus loin pour le voir plutôt passer. Parvenu devant le théâtre de l'Ambigu, j'y entrai machinalement. J'étais là, au parterre, jetant un œil distrait sur la scène, mais l'oreille attentive aux bruits du boulevard, et tout entier hors de la salle par la pensée. Il me semblait pourtant voir vaguement se développer sur le théâtre une action dramatique; c'étaient des Polonais avec le vieux costume national; c'était de la neige qui tourbillonnait, et couvrait la scène de papier découpé; puis, des mines où travaillait un peuple souterrain ; des guerriers qui parlaient de la gloire et de l'esclavage de la Pologne; puis, vint une voix des loges qui s'écria: N'ayez pas peur, allez; ça ne durera pas longtemps! L'à-propos fut saisi avec applaudissement: les loges échangeaient entre elles de ces mots qu'on ne dit qu'à Paris; à chaque instant, on sortait en masse de la salle pour y rentrer en désordre et sans carte; ce n'était pas sur le théâtre qu'était l'intérêt, c'était sur le boulevard, où chaque voiture était prise pour celle de Napoléon. Enfin, après cinq ou six alertes, nous entendîmes des cris sourds et un bruit de chevaux; nous sortîmes encore en foule; c'était lui! il venait de passer. De chaque côté des boulevards la foule s'arrêtait muette d'émotion, regardant passer cette voiture qui portait César et sa fortune. Dix minutes après, à neuf heures et demie, elle s'arrêtait au pied du vestibule du pavillon de Flore, aux Tuileries; un homme en descendait; à l'instant il était soulevé de terre et porté sur les bras de près deux cents officiers qui garnissaient le vestibule et les marches du grand escalier, l'attendant pour lui faire ainsi un pavois. Le vertige prit-il de nouveau Napoléon du haut de ce trône improvisé par l'amour de ses compagnons de gloire ? Oublia-t-il que pour qu'un tel pavois soit inébranlable , il faut qu'aux vaillantes mains du peuple et de l'armée se joigne la main puissante de la liberté. Il n'en perdit point entièrement la mémoire; il voulut bien enfin reconnaître la toute-puissance de cette liberté ; mais il oublia que son plus beau titre, à lui, datait de son généralat. Il voulut agir en roi, il espérait, en cette qualité, être reconnu par ses anciens rivaux couronnés. Espérance insensée !

Oh ! sans doute, dans l'ardente insomnie qui dût faire bouillonner ce cerveau puissant pendant cette nuit du 20 mars, il aura surtout écouté l'écho du passé, lui apportant les retentissements de sa royauté déchue. Il aura senti se balancer encore sous ses pas le radeau de Tilsitt où il distribuait des couronnes; il aura revu la victoire, lui présentant d'une main les clés de Vienne et de l'autre la fille des Césars. Le canon des Invalides aura retenti à son oreille, comme à pareil jour, il y avait quatre années, alors que ce canon annonçait au monde attentif qu'un enfant venait de naître; enfant dont le père, soldat déjà maître du Louvre, allait, armé du glaive de Charlemagne, découper la carte de son empire et, pour la part de son fils, lui donner le Capitole ! Oubli fatal de son origine populaire ! Rêve enivrant. dont le réveil devait être Waterloo ! »

(E. Labretonnière : « Macédoine. Souvenirs du Quartier Latin dédiés à la jeunesse des écoles. Paris à la chute de l’Empire et durant les Cent-Jours », Lucien Marpon, Libraire-Editeur,1863 »,pp.203-207)

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