20 mars 1815

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

Napoléon, d'une certaine manière a répondu à cette question :

"j'avais formé d'immenses projets, je voulais assurer à la France l'empire du monde ! Je me trompais, ces projets n'étaient pas proportionnés à la force numérique de notre population. Il aurait fallu l'appeler tout entière aux armes, et je le reconnais, les progrès de l'état social, l'adoucissement même des moeurs, ne permettent pas de convertir toute une nation en un peuple de soldats. Je dois expier le tort d'avoir trop compté sur ma fortune, et je l'expierai."

Lazare

Message par Lazare »

La pax romana était à n'en pas douter le modèle qui a inspiré Napoléon au même titre qu'elle inspire encore certains dirigeants américains de nos jours pour la mise en place d'une pax americana quelque peu problématique.
Quant à la question de savoir si une pax napoleonica reposant sur ces principes étant réellement possible, on peut sans doute répondre par la négative puisqu'elle n'a pas pu être mise en place. Il est vrai que l'Europe avait bien changé depuis l'époque où les habitants de Rome avaient réussi à y étendre leur empire.

Bernard Coppens

Message par Bernard Coppens »

Drouet Cyril a écrit :Napoléon, d'une certaine manière a répondu à cette question :"j'avais formé d'immenses projets, je voulais assurer à la France l'empire du monde ! Je me trompais, ces projets n'étaient pas proportionnés à la force numérique de notre population. Il aurait fallu l'appeler tout entière aux armes, et je le reconnais, les progrès de l'état social, l'adoucissement même des moeurs, ne permettent pas de convertir toute une nation en un peuple de soldats. Je dois expier le tort d'avoir trop compté sur ma fortune, et je l'expierai."
Les citations de Napoléon demandent toujours à être situées dans leur contexte (celles du Mémorial et celles notées par Bertrand ou Gourgaud sont parfois assez différentes...), aussi me suis-je permis une petite recherche au sujet de celle-ci.
On la trouve dans l'Histoire du Consulat et de l'Empire de Adolphe tHiers (tome 17, Paris 1860, p. 182). C'est en janvier 1814, au moment où le territoire de l'Empire commence à être envahi, et où Napoléon tente de ranimer les ardeurs de ses sujets :
Toutefois il fallait s’adresser à la France, il fallait chercher à exciter son zèle, et Napoléon, à défaut des pouvoirs publics trop peu pressés de le servir à son gré, avait imaginé de choisir des commissaires extraordinaires dans le sénat, de les prendre parmi les plus grands personnages militaires ou civils de chaque province, de les envoyer ainsi chez eux, où ils étaient supposés avoir de l’influence, pour y employer leur autorité à faciliter la levée de la conscription, la rentrée des impôts, les prestations en nature, l’instruction et l’organisation des corps, le départ des gardes nationales, l’action enfin du gouvernement en toutes choses. Ils devaient avoir pour suffire à cette tâche des pouvoirs extraordinaires et sans limites.
Avant leur départ Napoléon désira les voir et leur parler. Il était ému, il fut vrai, et trouva pour s’adresser à eux un langage d’une éloquence saisissante. – Je ne crains pas de l’avouer, leur dit-il, j’ai trop fait la guerre ; j’avais formé d’immenses projets, je voulais assurer à la France l’empire du monde ! Je me trompais, ces projets n'étaient pas proportionnés à la force numérique de notre population. Il aurait fallu l'appeler tout entière aux armes, et je le reconnais, les progrès de l'état social, l'adoucissement même des moeurs, ne permettent pas de convertir toute une nation en un peuple de soldats. Je dois expier le tort d'avoir trop compté sur ma fortune, et je l'expierai. Je ferai la paix, je la ferai telle que le commandent les circonstances, et cette paix ne sera mortifiante que pour moi. C’est à moi qui me suis trompé, c’est à moi à souffrir, ce n’est point à la France. Elle n’a pas commis d’erreur, elle m’a prodigué son sang, elle ne m’a refusé aucun sacrifice ! Qu’elle ait donc la gloire de mes entreprises, qu’elle l’ait tout entière, je la lui laisse… Quant à moi, je ne me réserve que l’honneur de montrer un courage bien difficile, celui de renoncer à la plus grande ambition qui fut jamais, et de sacrifier au bonheur de mon peuple des vues de grandeur qui ne pourraient s’accomplir que par des efforts que je ne veux plus demander. Partez donc, messieurs, annoncez à vos départements que je vais conclure la paix, que je ne réclame plus le sang des Français pour mes projets, pour moi, comme on se plait à le dire, mais pour la France et pour l’intégrité de ses frontières ; que je leur demande uniquement le moyen de rejeter l’ennemi hors du territoire, qu l’Alsace, la Franche-Comté, la Navarre, le Béarn sont envahis, que j’appelle les Français au secours des Français ; que je veux traiter, mais sur la frontière, et non au sein de nos frontières désolées par un essaim de barbares. Je serai avec eux général et soldat. Partez et portez à la France l’expression vraie des sentiments qui m’animent. –

Il serait intéressant de savoir d'où Thiers tire le texte de cette citation, mais, sauf preuve du contraire, on peut tenir pour vraies ces paroles de Napoléon en 1814.
On comprend mieux, dès lors, les paroles de Labédoyère à Napoléon en 1815. Il ne fait que lui rappeler ce dont il est convenu un an plus tôt.

Mais quels aveux !...
Ils mériteraient d'être tirés de l'oubli.

Cordialement.

Christophe

CENT JOURS

Message par Christophe »

20 mars 1815... Jour historique dans l'histoire de l'Epopée. Napoléon s'apprête à retrouver les Tuileries après son exil à l'île d'Elbe. Laissons parler le baron Guillaume Peyrusse qui le suivit:

20 mars. Nous quittâmes Auxerre, la joie et l’enthousiasme régnaient dans la ville. Sa Majesté arriva dans la nuit à Fontainebleau.
Après quelques heures de repos, Sa Majesté passa en revue dans la cour du palais un régiment de lanciers . Après l’arrivée de la Garde, l’Empereur, apprenant que le Roi avait quitté Paris et que la capitale était libre, se mit en route pour s’y rendre . Tous les villages que nous traversions témoignaient la plus vive joie ; une révolution sans exemple s’achevait sans le moindre désordre. Nous vîmes arriver autour de Sa Majesté tous les officiers généraux résidants à Paris ; une foule immense, plusieurs équipages à six chevaux vinrent au-devant de l’expédition. A neuf heures du soir, arrivé aux portes de Paris, l’Empereur rencontra l’armée qui devait commander le duc de Berry . Officiers, soldats, généraux, lanciers, cuirassiers, dragons, tous se pressèrent au-devant de l’Empereur . A son entrée aux Tuileries, Sa Majesté pouvait à peine traverser la foule des officiers qui l’entouraient ; elle fut obligée de leur dire, presque suffoquée par son émotion : « Mes amis, vous m’étouffez. »
La nuit, la Garde arriva et bivouaqua dans la cour du Carrousel. Dès le matin, le drapeau tricolore avait été arboré sur la tour de l’horloge des Tuileries.
Ainsi s’est terminée, sans rencontrer un obstacle, sans brûler une amorce et sans effusion de sang, une entreprise qui, au lieu d’être jugée comme une imprudente témérité, doit compter parmi les calculs les plus sublimes de la vie de l’Empereur, et l’entourer de la plus haute gloire militaire qui ait jamais honoré un grand capitaine. La marche de Cannes à Paris est sans exemple dans l’histoire des nations. C’est l’élan unanime d’un grand peuple courant au-devant de son libérateur.
Je versai tous mes fonds aux Tuileries et fis conduire à la Banque ceux que j’avais pris à Lyon. Sur toute la route l’armée n’avait eu besoin que de 19,000 Fr.

(Baron Guillaume PEYRUSSE, « En suivant Napoléon. Mémoires, 1809-1815. Edition présentée, complétée et annotée par Christophe Bourachot », Dijon, Editions Cléa, 2009, pp.380-382).[/aligner][/color]

Joker

Re: CENT JOURS

Message par Joker »

Un enthousiasme populaire qui fut hélas de courte durée.
Très vite, les soucis intérieurs et les menaces de l'extérieur allaient prendre le dessus.
A la liesse allait succéder une course contre la montre pour faire face à tous les défis à relever...

Le Bonapartiste

Re: CENT JOURS

Message par Le Bonapartiste »

Il est marrant de voir aujourd'hui ceux qui le traitent de tyran alors que le peuple l'admirait tant !

MaréchalLannes94

Re: CENT JOURS

Message par MaréchalLannes94 »

Oui, n'oubliez pas que le 22 juin 1815, le peuple s'était amassé autour du Palais de l'Élysée, en criant ''Vive l'Empereur ! Ne nous abandonnez pas !'' Cela doit être la seule fois dans l'histoire de France que le peuple s'est dressé contre un souverain, non pour le chasser, mais le faire rester au pouvoir.

Christophe

CENT JOURS : Gap (5 mars 1815)

Message par Christophe »

Petit extrait d'un témoignage:« [5 mars 1815]. L’enthousiasme qu’inspirait la présence de Sa Majesté dans ces départements aux citoyens de toutes les classes, la sécurité parfaite avec laquelle l’Empereur poursuivait son entreprise, montraient assez quel était le vœu général de la province du Dauphiné. Avant de quitter ses habitants, l’Empereur leur exprima ainsi toute sa satisfaction :

Aux habitants des départements
des Hautes et Basses-Alpes.

« Citoyens,

J’ai été vivement touché de tous les sentiments que vous m’avez montrés ; vos vœux seront exaucés. La cause de la nation triomphera encore !!! Vous avez raison de m’appeler votre père ; je ne vis que pour l’honneur et le bonheur de la France. Mon retour dissipe toutes vos inquiétudes ; il garantit la conversation de toutes les propriétés, l’égalité entre toutes les classes, et les droits dont vous jouissiez depuis vingt-cinq ans, et après lesquels nos pères ont tous [tant] soupiré, forment aujourd’hui une partie de votre existence.
Dans toutes les circonstances où je pourrai me trouver, je me rappellerai toujours avec un vif intérêt tout ce que j’ai vu en traversant votre pays. »
A deux heures de l’après-midi, nous quittâmes Gap. La population entière se pressa sur notre passage et accompagna notre entreprise de tous ses vœux » (Guillaume Peyrusse, « En suivant Napoléon. Mémoires…»Cléa, 2009, pp.363-364).

Christophe

CENT JOURS : Guillaume Peyrusse : du 20 mars au 24 mars 1815...

Message par Christophe »

Un extrait des fameux Mémoires de Guillaume Peyrusse ("En suivant Napoléon. Mémoires 1809-1815. Présenté, annoté et complété par "qui-vous-savez" :) ", Dijon, Editions Cléa, 2009), Trésorier général de la Couronne durant les Cent-Jours, rappellons qu'il a suivi l'Empereur dans son retour de l'île d'Elbe vers Paris:

"20 mars. Nous quittâmes Auxerre, la joie et l’enthousiasme régnaient dans la ville. Sa Majesté arriva dans la nuit à Fontainebleau.
Après quelques heures de repos, Sa Majesté passa en revue dans la cour du palais un régiment de lanciers . Après l’arrivée de la Garde, l’Empereur, apprenant que le Roi avait quitté Paris et que la capitale était libre, se mit en route pour s’y rendre . Tous les villages que nous traversions témoignaient la plus vive joie ; une révolution sans exemple s’achevait sans le moindre désordre. Nous vîmes arriver autour de Sa Majesté tous les officiers généraux résidants à Paris ; une foule immense, plusieurs équipages à six chevaux vinrent au-devant de l’expédition. A neuf heures du soir, arrivé aux portes de Paris, l’Empereur rencontra l’armée qui devait commander le duc de Berry . Officiers, soldats, généraux, lanciers, cuirassiers, dragons, tous se pressèrent au-devant de l’Empereur . A son entrée aux Tuileries, Sa Majesté pouvait à peine traverser la foule des officiers qui l’entouraient ; elle fut obligée de leur dire, presque suffoquée par son émotion : « Mes amis, vous m’étouffez. »
La nuit, la Garde arriva et bivouaqua dans la cour du Carrousel. Dès le matin, le drapeau tricolore avait été arboré sur la tour de l’horloge des Tuileries.
Ainsi s’est terminée, sans rencontrer un obstacle, sans brûler une amorce et sans effusion de sang, une entreprise qui, au lieu d’être jugée comme une imprudente témérité, doit compter parmi les calculs les plus sublimes de la vie de l’Empereur, et l’entourer de la plus haute gloire militaire qui ait jamais honoré un grand capitaine. La marche de Cannes à Paris est sans exemple dans l’histoire des nations. C’est l’élan unanime d’un grand peuple courant au-devant de son libérateur.
Je versai tous mes fonds aux Tuileries et fis conduire à la Banque ceux que j’avais pris à Lyon. Sur toute la route l’armée n’avait eu besoin que de 19,000 Fr.

21 mars. Le lendemain parut dans "le Moniteur" la proclamation ci-jointe au peuple français :

« Français,

La défection du duc de Castiglione livra Lyon sans défense à nos ennemis ; l’armée, dont je lui avais confié le commandement, était, par le nombre de ses bataillons, la bravoure et le patriotisme des troupes qui la composaient, à même de battre le corps d’armée autrichien qui lui était opposé, et d’arriver sur les derrières du flanc gauche de l’armée ennemie qui menaçait Paris. Les victoires de Champaubert, de Montmirail, de Château-Thierry, de Vauchamps, de Mormant, de Montereau, de Craonne, de Reims, d’Arcis-sur-Aube et de St-Dizier ; l’insurrection des braves paysans de la Lorraine, de la Champagne, de l’Alsace, de la Franche-Comté et de la Bourgogne, et la position que j’avais prise sur les derrières de l’armée ennemie, en la séparant de ses magasins, de ses parcs de réserve, de ses convois et de tous ses équipages, l’avaient placée dans une situation désespérée. Les Français ne furent jamais sur le point d’être plus puissants, et l’élite de l’armée ennemie était perdue sans ressource ; elle eut trouvé son tombeau dans ces vastes contrées qu’elle avait si impitoyablement saccagés, lorsque la trahison du duc de Raguse livra la capitale et désorganisa l’armée. La conduite inattendue de ces deux généraux, qui trahirent à la fois leur patrie, leur prince et leur bienfaiteur, changea le destin de la guerre. La situation désastreuse de l’ennemi était telle qu’à la fin de l’affaire qui eut lieu devant Paris, il était sans munitions par la séparation de ses parcs de réserve.
Dans ces nouvelles et grandes circonstances, mon cœur fut déchiré, mais mon âme resta inébranlable. Je ne consultai que l’intérêt de la patrie ; je m’exilai sur un rocher au milieu des mers ; ma vie vous était et devait encore vous être utile ; je ne permis pas que le grand nombre de citoyens qui voulaient m’accompagner partageassent mon sort ; je crus leur présence utile à la France, et je m’emmenai avec moi une poignée de braves nécessaires à ma garde.
Elevé au trône par votre choix, tout ce qui a été fait sans vous est illégitime. Depuis vingt-cinq ans la France a de nouveaux intérêts, de nouvelles institutions, une nouvelle gloire qui ne peuvent être garantis que par un gouvernement national et par une dynastie née dans ces nouvelles circonstances. Un prince qui régnerait sur vous, qui serais assis sur mon trône par la force des mêmes armées qui ont ravagé notre territoire, chercherait en vain à s’étayer des principes du droit féodal ; il ne pourrait assurer l’honneur et les droits que d’un petit nombre d’individus ennemis du peuple qui, depuis vingt-cinq ans, les a condamnés dans nos assemblées nationales. Votre tranquillité intérieure et votre considération extérieures seraient perdues à jamais.
Français, dans mon exil j’ai entendu vos plaintes et vos vœux ; vous réclamez le gouvernement de votre choix qui seul est légitime. Vous accusiez mon long sommeil ; vous me reprochiez de sacrifier à mon repos les grands intérêts de la patrie. J’ai traversé les mers au milieu des périls de toute espèce : j’arrive parmi vous reprendre mes droits qui sont les vôtres. Tout ce que des individus ont fait, écrit ou dit depuis la prise de Paris, je l’ignorerai toujours ; cela n’influera en rien sur le souvenir que je conserve des services importants qu’ils ont rendus, car il est des événements d’une telle nature qu’ils sont au-dessus de l’organisation humaine. Français, il n’est aucune nation, quelque petite qu’elle soit, qui n’ait eu le droit et ne se soit soustraite au déshonneur d’obéir à un prince imposé par un ennemi momentanément victorieux. Lorsque Charles VII rentra à Paris et renversa le trône éphémère d’Henri VI, il reconnut tenir son trône de la vaillance de ses braves, et non d’un prince régent d’Angleterre.
C’est aussi à vous seuls et aux braves de l’armée, que je fais et ferai toujours gloire de tout devoir. »
Je vis le Trésorier général de la Couronne, qui me témoigna sa ferme résolution de ne pas continuer ses fonctions .
23 mars. Sa Majesté me nomma son Trésorier général. Je fus au lever de Sa Majesté pour la remercier. Les salons étaient pleins, les uniformes frais et brillants ; le mien se ressentait de la campagne que je venais de faire et la broderie était mince.
J’étais un personnage très nouveau pour tous ces courtisans, et je voyais dans leurs regards que je ne leur faisais pas grand effet ; mon habit me valait cela. On annonça l’Empereur. Toute la foule se presse pour se trouver sur ses pas, généraux, préfets, conseillers d’état, chacun, comparant sa broderie à la mienne, croit pouvoir m’effacer et se mettre devant moi. Je savais que je ne perdrais pas pour attendre. Sa Majesté, entrant dans le cercle, le faisait agrandir ; les rangs diminuaient ; Sa Majesté m’aperçut, un sourire gracieux m’accueillit. Elle me poussa dans l’embrasure d’une croisée ; tous les regards étaient fixés sur moi. Sa Majesté me demanda si j’avais rendu à la Banque les fonds pris à Lyon, et en même temps me demanda un état de situation de la caisse des Tuileries. Je m’empressai de faire mes remerciements à Sa Majesté de la haute marque de confiance qu’elle avait bien voulu me donner. – « Venez tous les matins, me dit-elle, j’aurai divers ordres à vous donner. » Sa Majesté rentra dans le cercle et me quitta d’un air bienveillant. Je fus dès lors l’objet de beaucoup de prévenances apparentes ; on chercha les occasions de lier un entretien avec moi. Quand j’annonçai que je venais de l’île d’Elbe, on s’empressa autour de moi. Je poussai jusqu’au salon du trône, où ceux qui m’avaient interrogé n’avaient pas le droit de me suivre.
24 mars. Je m’installai aux Tuileries ; mon premier soin fut de me faire rendre compte de l’état de la caisse et du portefeuille. A mon grand étonnement, je trouvai 3,000,000 Fr. en argent et 12, 400,000 Fr. en valeurs admissibles en paiement des coupes de bois.
Sa Majesté n’avait pas dû compter sur cette ressource ; elle me chargea de voir M. de Montalivet, intendant général, pour préparer les éléments du budget de chaque service.
En même temps que l’Empereur donnait aux Souverains des assurances positives de modération, et qu’il proposait un congrès, Sa Majesté faisait les préparatifs militaires les plus actifs. Des revues fréquentes et nombreuses avaient lieu. Sa Majesté était venue s’installer pendant quelques jours à l’Elysée-Bourbon. D’après ses ordres, je la suivis dans le jardin ; elle me demanda des nouvelles, « et surtout si on était persuadé à Paris qu’il aurait une belle armée. – Mais Votre Majesté ne sera pas seule ? – J’en ai bien peur, me répondit l’Empereur ; et sa figure prit à l’instant même une couleur sombre. Sa Majesté me donna l’ordre de faire liquider tous les comptes de l’expédition et de les soumettre à son approbation."

scandien

CENT JOURS : Les puissances Européennes face aux cents jours

Message par scandien »

Oui bien sûr je suis d'accord avec vous sur ce point ( et je n'en ai jamais douté), Napoléon n'est pas venu uniquement pour le bien de la France, mais pour reprendre le pouvoir.
Ma vraie question concerne plutôt l'état d'esprit des Puissances (Angleterre, Autriche, Russie, Prusse).

L' opinion publique de l'Angleterre me semble divisée, quant à ses rapports avec napoléon. D'ailleurs suite à la deuxième abdication, Wellington a jugé préférable d'arrêter le conflit assez vite, car les buts de guerre britanniques était d'abattre Napoléon ( ce qui était fait ) et non de faire la guerre au peuple français. Les pertes subies auraient été peu justifiées ( et justifiables).

L' Autriche semble avoir balancée quelques temps, et ne semblait pas forcément favorable à une restauration des bourbons ( et l'établissement du Roi de Rome en France l'aurait conforté).

Le Tzar semblait prêt à accepter n'importe quel régime suite à la chute de l'Empereur.

Seule la Prusse voulait écraser la France.

Les buts de guerre des coalisés, lors des cents jours, n'étaient donc pas du tout les mêmes, et le seul point d'accord se trouvait être la nécessité d'abattre Napoléon.

cordialement :salut:

Nicolas

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