Thomas Picton, lieutenant général (1758-1815)

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Joker
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Thomas Picton, lieutenant général (1758-1815)

Message par Joker »

Le général Picton est surtout connu pour sa mort sur le champ de bataille de Waterloo, le 18 juin 1815.
Il serait le plus haut gradé allié décédé lors de la bataille.
En effet, c’est en repoussant les Français à la force de sa baïonnette qu’il reçut une balle de mousquet qui lui perfora la tempe.
La légende veut que n’ayant pas reçu à temps ses bagages militaires (et son uniforme), Thomas Picton avait revêtu un vêtement civil et un chapeau haut de forme avant de monter à cheval et de charger l’ennemi.

Sur le plan du caractère il avait déjà la réputation d’avoir un tempérament entier qui allait bientôt se teinter de brutalité.
Marqué par la vie militaire, il appliquera une discipline de fer vis à vis de ses hommes ; il préférait que ses hommes le respectent et le haïssent mais surtout qu’ils le craignent, et dans l'inactivité il devenait irascible, amateur de duels au moindre prétexte futile.

Gouverneur de Trinidad.
En1797, Abercromby offrit le poste de gouverneur de l’île de Trinidad à Thomas Picton, qui était le seul capable à ses yeux de diriger cette île, d’autant que Picton parlait l’espagnol et le français.
L’île était alors en pleine anarchie : c’était le refuge des déserteurs (français et espagnols), des criminels, des royalistes français en fuite de la Révolution, et des esclaves fugitifs. Abercromby demandera à Picton d’appliquer la loi espagnole sur l’île.

Thomas Picton pour assurer l’ordre mit sur pied une armée insulaire digne de confiance : il fit appel à des miliciens locaux comprenant essentiellement des propriétaires de plantation de l’île de Trinidad.
L’île fut bientôt menée d’une main de fer par le gouverneur Picton qui appliquait une loi rude, que ce soit vis à vis des militaires ou des civils de l’île.

En 1799, les premiers bénéfices de sa discipline de fer vit le jour : les plantations de canne à sucre demandaient de plus en plus d’esclaves amenés d’Afrique et dont le prix d’achat s’envola. La population des esclaves de l’île de Trinidad s’éleva à 10.000 individus.
En 1801, la population de l’île de la Trinidad étaient de 29 254 individus.

Sous le gouvernement de Picton, l’exportation de la canne à sucre passa de 8 millions en 1799 à 14 millions.
L’île exportait aussi du rhume, du café et du cacao.
Le gouverneur Picton avait réussi à maintenir une discipline de fer sur l’île de la Trinidad en appliquant les vieilles lois espagnoles particulièrement brutales : lorsqu’un esclave avait été surpris à voler du sucre, on lui coupait le nez, s’il récidivait, on lui coupait une oreille…
Dans sa vie privée, il avait réussit à s’enrichir en spéculant sur les terres de l’île (principalement des plantations de cannes à sucre) et sur le marché juteux des esclaves.
Pour vaincre sa solitude, il prendra comme maîtresse une jeune mulâtresse d’origine créole, Rosette Smith qui quittera son mari pour vivre avec lui : elle lui donnera quatre enfants.
Mais on lui reprochait surtout un acte de torture bien spécifique sur Louisa Calderon, une jeune mulâtresse de Trinidad âgée seulement de treize ans, refusant d’avouer son crime (elle avait dérobé 2 000 dollars à l’homme avec qui elle vivait avec l’aide de son complice).
Refusant d’avouer, elle avait été soumise au supplice du « picketing »(La jeune fille avait été ligotée et une de ses chevilles liée à l’un de ses poignets et suspendue au plafond pendant plusieurs heures : seul un de ses pieds reposait alors sur un pieu aiguisé supportant tout son corps.) supplice qui avait eu lieu avant même son jugement devant un tribunal.
La presse anglaise se déchaîna contre Thomas Picton, contre sa brutalité, et nombre de dessins représentant la jeune mulâtresse, ligotée et torturée furent répandus dans la presse de l’époque. La jeune fille y était représentée à demi nue et enchaînée.

Lors du premier jugement, Thomas Picton fut déclaré coupable alors même que ses avocats arguaient que l’acte de torture relevait des lois espagnoles de répression toujours en vigueur sur l’île. Les juges avaient fait venir la jeune mulâtresse à Londres qui provoqua une vague d’horreur et de sympathie lorsque le public prit conscience de la jeunesse de la jeune fille qui, de plus, bien que mulâtresse, possédait une peau très claire. Lors du procès en appel en 1808, les juges maintinrent leur position. Cependant, la caution de Thomas Picton fut payée par ses amis (notamment des propriétaires d’esclaves) et il put retrouver sa liberté.

Si l’opinion publique s’était déchaînée contre lui, ses supérieurs, eux se contentèrent de le nommer major général, et en 1809, Thomas Picton accepta le poste de gouverneur de Flessingue aux Pays Bas pour fuire l’ambiance malsaine de l’Angleterre à son égard.
Aux Pays-Bas, il attrapa la fièvre de Walcheren. Thomas Picton partit prendre les eaux à Cheltenham puis à Bath.

En 1810, le général Wellington lui donnera le commandement d’une division en Espagne où il va servir avec héroïsme et bravoure.
Wellington dira de lui « c‘est un diable au langage vulgaire comme j’en ai rarement rencontré, mais il est d’un courage remarquable, il a rempli à la perfection les engagements que je lui ai assignés sans faire preuve d’une quelconque ambition personnelle malvenue ».

Mais c'est à Waterloo que la carrière de Thomas Picton prit fin.
Il sera enterré dans la chapelle familiale à St George, à Hanover Square.
Un monument sera élevé à sa gloire dans la cathédrale St Paul à Londres et un autre à Carmarthen (au Pays de Galles) que l’on appelle le Monument Picton.

Récemment, une polémique s’éleva pour retirer le portrait de Thomas Picton (celui où il détient un sabre dans sa main) qui trônait dans la salle du tribunal de Carmarthen, en arguant que sa réputation d’esclavagiste ne pouvait s’aligner avec un lieu où la loi se faisait respecter…

Aux dernières nouvelles, le portrait trône toujours dans le tribunal et le musée de Carmarthen (propriétaire du portrait) a souligné qu’il ne faut pas juger Thomas Picton selon les règles de vie actuelles qui sont et c'est normal tout à fait différentes).

(sources : mémoire du général Picton, logpatech, wikipédia), article publié par Fred Do sur FB.



« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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