SAINTE-HÉLÈNE : Napoléon architecte-paysagiste

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Général BERTRAND

Message par Général BERTRAND »

Ma modeste contribution, incomplète je le concède:


• Napoléon né le 9 juin 1809 (Marraine Joséphine)
• Eugénie- Hortense (ou Hortense –Eugénie ?) née le 18-11-1810 aux Tuileries épouse Amédée THAYER le, futur sénateur et président de la société d’agriculture de l’Indre. 3 enfants morts en bas âge.
• Henry né le 5 décembre 1811 à Trieste
• Alexandre né le 27 août 1814 (témoins Drouot et Cambronne) à PORTOFERRAIO décédé le 07-11-1814.
• Arthur, né le 17-01-1817 à Ste-Hélène.
• Alphonse né le 6 juillet 1823
:salut:

Général BERTRAND

Message par Général BERTRAND »

Pour le petit Alexandre décédé en très bas âge à Portoferraio, deux versions:
- Son petit corps fut emmuré dans le Duomo de la place d'Armes.
- Fanny, repart en France en mars 1815 avec son corps protégé dans une boîte en verre. Il avait été conservé dans la sachristie.
Selon un vieux, mais alors très vieux copain de l'endroit, le corps aurait été emmuré dans le muret de l'église... mais où...
Voilà encore une énigme à éclaircir...
:salut:

Albertuk

Message par Albertuk »

Cher Joker

Pas grand chose de la part de Ganière, convenez-en. Je pense que, comme beaucoup d'autres, il aura répété ce que d'autres historiens avaient dit avant lui, notamment Aubry qui avait eu Gourgaud pour 'héros', sans trop vérifier ce qu'il en était réellement. Et pourtant ce n'est pas faute de sources car déjà dans le Mémorial, Las Cases avait écrit:
30 décembre 1815. Ce jour, notre petite colonie s'est accrue d'un Polonais, le capitaine Piontkowski. Il était du nombre de ceux que nous avions laissés à Plymouth. Son dévouement pour l'Empereur, sa douleur d'en être séparé, avaient vaincu les Anglais et leur avaient arraché la permission de venir le rejoindre.

Puis encore, le 23 février 1816, en parlant de Napoléon:
Un de ces matins, en se mettant à table, il aperçut au loin le Polonais Piontkowski, et le fit appeler pour qu'il déjeunât avec lui. Il s'amuse à le questionner quand il le trouve sous ses pas.
Napoléon, comme on le sait, aimait sincèrement la nation polonaise et la présence d'un Polonais auprès de lui devait lui rappeler de meilleurs temps lorsqu'il était à la tête de toute l'Europe.

Puis Las Cases prévient ses lecteurs des rumeurs dont avait été l'objet Piontkowski, rumeurs qu'il s'empresse de déclarer comme infondées:
Piontkowski, dont on ne connaît pas trop l'origine, était venu à l'île d'Elbe et avait obtenu d'y servir comme soldat dans la garde; au retour de l'île d'Elbe, il avait été porté au grade de lieutenant; à notre départ de Paris, il avait reçu la permission de suivre: il fut, à Plymouth, du nombre de ceux que les instructions anglaises séparèrent de nous. Piontkowski, avec plus de constance ou plus d'adresse que ses camarades, avait obtenu de nous rejoindre. L'Empereur, du reste, ne l'avait jamais connu, et lui parlait à Sainte-Hélène pour la première fois. Aucun de nous ne le connaissait davantage; les Anglais furent surpris de notre peu d'empressement à son arrivée. Quelques-uns de ceux qui ne nous aimaient pas écrivaient que nous l'avions fort mal reçu, ce qui était faux; mais c'en fut assez pour que les papiers ministériels anglais y employassent leur grâce et leur esprit accoutumés : l'Empereur l'avait battu, nous l'avions chassé, et l'on m'a parlé plus tard d'une caricature où l'Empereur le saisissait dans ses griffes; moi, j'avais sauté dessus pour le dévorer, et ce n'était qu'à l'aide d'un bâton mis entre mes dents que le conducteur des bêtes venait à bout de m'arracher de son épaule: voilà les gentillesses élégantes dont on nous rendait l'objet.

Là où Las Cases se trompe c'est sur les papiers ministériels à Londres concernant Piontkowski. Car, j'imagine, il supposait que l'expulsion du Polonais avait quelque chose à voir avec la mauvaise image de celui-ci auprès des Anglais. Or l'expulsion avait eu toute autre raison. Deux en fait, comme je l'ai expliqué auparavant.

Ganière a eu tort de s'en tenir au journal de Gourgaud pour juget le Polonais. A son retour en Angleterre, Piontkowski continue d'oeuvre pour faire connaitre la situation de Napoléon. Il écrit des lettres à sir Robert Wilson en ce sens: elles mériterairent d'être un jour publiées car elles donnent un témoignage rare d'un autre "compagnon de l'exil". Il y raconte notamment sa discussion de 4 heures avec Napoléon, seul dans la chambre à coucher de celui-ci, le soir de son arrivée à Longwood. L'empereur l'invita le soir même à sa table, ce qui était un honneur pour un simple 'capitaine' et étranger de surcroît. Piontkowski s'était plu à rappeler à Wilson cet honneru en indiquant que d'après lui, à Elbe, seul le général Drouot dînait à la table impériale dans les derniers mois de cet exil et que l'empereur n'avait jamais d'officier subalterne à sa table. Par la suite, sans doute par jalousie de Gourgaud qui était l'officier supérieur de Piontkowski, en charge des écuries, le Polonais dînait avec Poppleton et O'Meara, ce qui lui ouvrit la porte aux relations avec le mess du 53è dont Poppleton faisait partie. On sait qu'il eut une 'affaire' avec l'épouse Nagle, une bien jolie personne apparemment, que Mme Younghusband, plutôt laide mais qui chantait en italien devant Napoléon aux Briars, avait insultée. Mme Younghusband a aussi laissé des lettres témoignant de cette époque.

Piontkowski avait aussi été porteur de messages verbaux à l'intention de la famille Bonaparte. Il a écrit à Wilson que Bertrand lui avait aussi signifié de rassurer la famille impériale qu'il ne quitterait jamais l'empereur et qu'il ne retournerait en Europe, pour arranger l'éducation de ses enfants, à la seule condition que le gouvernement anglais lui donnerait la promesse de pouvoir revenir auprès de son maître à Ste Hélène. On voit mal Piontkowski inventer un tel message. C'est qu'il était véridique d'autant que, comme on sait, Bertrand avait dû penser que sa réputation avait souffert depuis la lettre à Fitz-James, publiée en mai 1816, et que la famille impériale devait être inquiète des intentions du grand maréchal ! Il s'agissait donc de loes rassurer et le retour de Piontkowski en Europe devait le permettre. Malheureusement le Polonais se fait saisir par la police autrichienne en traversant les frontières et incarcéré pendant plusieurs années avant de retrouver la liberté. Tout ceci, il l'a exécuté par simple dévouement envers l'empereur des Français, lui qui était alors un Polonais. Quelle différence de comportement avec Gourgaud lorsque ce dernier avait quitté Longwood !!!

Alors, info ou intox? Ganière a simplement continué l'intox habituel au sujet de Piontkowski. Et venant de plusieurs historiens avant lui, ils sont tous tombés dans le piège que Fleuriot de Langle avait si bien énoncé en préface à la publication des Cahiers de Bertrand: Toute erreur qui se répète, en se répètant, s'accrédite et s'aggrave. On ne saurait si bien dire pour décrire l'acharnement des historiens français contre le fidèle Polonais qu'était Piontkowski.
Modifié en dernier par Albertuk le 01 févr. 2008, 09:18, modifié 4 fois.

Joker

Message par Joker »

Vous auriez fait une brillante carrière d'avocat, mon cher Albert !
Votre brillant plaidoyer est de nature à réhabiliter la mémoire de Piontkowski.
Toute erreur qui se répète, en se répètant, s'accrédite et s'aggrave.
En cela, vous êtes cependant en porte à faux avec Napoléon qui eut cette citation : "Le mensonge n'est bon à rien, puisqu'il ne trompe qu'une fois."

Bien cordialement ! :salut:

Route Napoleon

RETOUR

Message par Route Napoleon »

XIII - RETOUR EN FRANCE

Après trois mois de séjour à Londres, la famille Bertrand vient prendre à Douvres le paquebot ordinaire et débarque à Calais. Une foule considérable, bientôt avertie, couvre le port et la salue de ses acclamations. Le général donne le bras à Mme la Comtesse, qui tient par la main sa fille, Mlle Hortense. La bonne qui a dans ses bras le petit Arthur suit et je suis chargé des jeunes Napoléon et Henri. La foule se porte ensuite autour de l’hôtel où se rend la famille. Jamais un sentiment sympathique ne se manifeste avec autant d’effusion. On se découvre sur son passage et le général et Mme la Comtesse, émus jusqu’aux larmes, saluent à chaque instant. La même affluence entoure la diligence que prend la famille pour revenir à Paris. Elle manifeste le même sentiment de respect et de satisfaction et de nombreux cris de « Vive le général Bertrand ! » se font entendre au moment du départ de la voiture.
Note de G. Godlewski : Ce paragraphe sur le passage des Bertrand à Calais est reproduit à quelques variantes près par Vasson qui dit l’emprunter aux Souvenirs de Bouges.

M. le Comte de Lavalette a fait préparer son hôtel de la rue de la Pépinière pour recevoir la famille Bertrand. C’est là qu’elle descend à Paris. Peu après, le général se hâte de se rendre à Châteauroux dans les bras de sa mère, qui, depuis longtemps, est dans la plus grande anxiété sur son sort, mais il n’a pas le bonheur de retrouver son père. Toute la ville lui fait la plus cordiale réception. La maison de sa mère est littéralement envahie, tant chacun a le désir de le voir et de lui témoigner son admiration pour son dévouement à l’Empereur. Le général amène, quelque temps après toute sa famille.
Lorsque le testament de l’Empereur est publié, je suis bien étonné d’y voir que deux millions sont attribués au général Montholon, tandis que le général Bertrand ne doit en recevoir que cinq cent mille francs.
Note de G. Godlewski : Inexact. Le testament et les codicilles attribue à Montholon 2.2000.000 francs et à Bertrand 900.000 francs sur les disponibilités.

En effet le général Bertrand a épousé une parente de l’Impératrice Joséphine, il a été appelé au poste de confiance de Grand Maréchal du Palais, il a accompagné l’Empereur à l’île d’Elbe, il l’a secondé dans les Cent-Jours et pour le suivre à l’île de Sainte-Hélène, il n’a pas craint d’exposer sa femme et ses enfants au plus pénible et au plus dangereux des voyages. Il faut dire que ce testament a été écrit tout-à-fait aux derniers moments de la vie de l’Empereur et que le général Montholon qui ne le quittait pas, devait avoir eu, dans ces circonstances, une grande influence sur lui.
Note de G. Godlewski : Bouges reflète ici la pensée des Bertrand qui souffrirent en silence des manœuvres de Montholon pour capter in extemis l’héritage.

L’Empereur a légué à M. Marchand la somme de quatre cent mille francs, exprimant le désir qu’il épouse la veuve, la soeur ou la fille d’un officier ou soldat de la Vieille Garde. On l’engage à porter son choix sur la fille du général Brayer, qui est sans fortune.
Note de G. Godlewski : Le legs de 400.000 frs à Marchand est exact. Son mariage avec Mathilde Brayer en 1823 est arrangé par Montholon avec qui il s’est lié à leur retour de Sainte-Hélène.

Le général Bertrand veut vivre éloigné du monde et des affaires en s’occupant uniquement de l’éducation de ses enfants et de travaux d‘agriculture. C’est aux Lagnys, propriété qu’il a eue dans ses partages de famille, qu’il occupe de ses travaux. Il y a fait bâtir un châlet où peuvent loger Mme la Comtesse et ses enfants : mais son oncle, M. Bouchet, inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite, qui lui destine son château et sa terre de Laleuf, veut lui en donner tout de suite la jouissance et c’est dans ce château qu’il fait sa résidence d’été.
A Paris, le général a loué , 52 rue de la Victoire, un hôtel qui appartenait à la veuve du général Lefebvre-Desnouettes. C’est celui que le général Bonaparte a habité à son retour d’Egypte et d’où il est parti pour le coups d’état du 18 brumaire 1799.
Note de G. Godlewski : Exact. L’hôtel loué par Joséphine de Beauharnais occupait l’emplacement de l’immeuble situé au 58 actuel de la rue de la Victoire

Le général Bertrand a conservé Buker, son domestique Anglais. C’est un excellent homme, très attaché à la famille : il veut toujours retourner dans son pays mais on le retient. Enfin il prend son parti et Mme la Comtesse lui fait présent d’une montre en or et d’une douzaine de chemises fines. Thomas le domestique pris à Londres , reste aussi ; Mme la Comtesse voulait que l’on parle le plus possible en Anglais à son fils. Je reste moi-même avec le général en qualité de maître d’hôtel chef de la maison et je continue ce service jusqu’en 1830.

Albertuk

Message par Albertuk »

Bonjour
XIII - RETOUR EN FRANCE
(...)
Lorsque le testament de l’Empereur est publié, je suis bien étonné d’y voir que deux millions sont attribués au général Montholon, tandis que le général Bertrand ne doit en recevoir que cinq cent mille francs.
Napoléon avait considéré qu'il avait déjà beaucoup donné à Bertrand depuis des années pour ses services. Et il lui avait fait épouser une vraie aristocrate lui qui n'avait aucune famille de grand nom. Bertrand devait tout ce qu'il a reçu au bon vouloir de Napoléon. Quant à Montholon, il avait montré son dévouement, et cédé son épouse, dans la période la plus difficile de la vie de Napoléon et ce dernier devait lui rendre ce bien. Comme il n'avait jamais eu l'occasion de lui montrer une reconnaissance avant de se trouver à Ste Hélène, il est donc juste que Napoléon lui donna une plus grande part de ce qu'il lui restait en bas de sa gloire; On peut être certain que Bertrand avait reçu, au cours de sa carrière et par son mariage inespéré pour un homme de son milieu, bien plus que les 2 millions donnés à Montholon. Napoléon a bien fait de faire ce qu'il a fait.
En effet le général Bertrand a épousé une parente de l’Impératrice Joséphine, il a été appelé au poste de confiance de Grand Maréchal du Palais, il a accompagné l’Empereur à l’île d’Elbe,...
Il l'a accompagné à l'île d'Elbe par esprit de reconnaissance, envers les bienfaits qu'il avait reçus de Napoléon, plutôt que par fidélité à sa cause. S'il n'avait pas été le grand maréchal, Bertrand serait sans doute reparti à Chateauroux auprès de sa famille après l'abdication, et sa femme serait restée à Paris pour mener une vie qui avait retrouvé quelque peu la vie "ancien régime" d'antant.
Il faut dire que ce testament a été écrit tout-à-fait aux derniers moments de la vie de l’Empereur et que le général Montholon qui ne le quittait pas, devait avoir eu, dans ces circonstances, une grande influence sur lui.
Note de G. Godlewski : Bouges reflète ici la pensée des Bertrand qui souffrirent en silence des manœuvres de Montholon pour capter in extemis l’héritage.
Napoléon avait toute sa tête lorsqu'il a écrit son testament et savait ce qu'il devait faire pour récompenser au juste les uns et les autres. Il n'a oublié aucun détail ni aucune personne à qui il se sentait redevable. Un grand exclus cependant... Gourgaud !
Note de G. Godlewski : Le legs de 400.000 frs à Marchand est exact. Son mariage avec Mathilde Brayer en 1823 est arrangé par Montholon avec qui il s’est lié à leur retour de Sainte-Hélène.
Montholon s'était sincèrement attaché à réaliser les derniers voeux de l'empereur. Or un tel mariage était ce que Napoléon avait souhaité et il avait dû charger Montholon d'aider à trouver une épouse convenable à Marchand. On ne pouvait faire meilleur choix que la fille de Brayer, ce général qui a lui aussi perdu carrière et fortune par fidélité à Napoléon et avait donc dû fuir aux Amériques pendant la Terreur Blanche. Quant à Bertrand, il s'était retiré à Chateauroux et n'est guère intervenu dans l'exécution des dernières volontés de Napoléon si ce n'est d'aider Antommarchi à récupérer une somme qui n'avait même pas été léguée par Napoléon. Bertrand avait sûrement un intérêt personnel à ne pas décevoir Antommarchi à qui il avait demandé de mentir concernant le masque mortuaire. Il est aussi possible que Fanny, dont on peut supposer qu'elle avait eu une affaire avec Antommarchi, ait influé sur son époux pour faire un sort au docteur.
Le général Bertrand veut vivre éloigné du monde et des affaires en s’occupant uniquement de l’éducation de ses enfants et de travaux d‘agriculture.
On peut imaginer tout le bonheur de Fanny Bertrand dans cet univers, elle qui rêvait de compagnie galante, de fêtes et de robes somptueuses.
Note de G. Godlewski : Exact. L’hôtel loué par Joséphine de Beauharnais occupait l’emplacement de l’immeuble situé au 58 actuel de la rue de la Victoire
Il s'agit de la maison ex-rue Chantereine
Image
Le général Bertrand a conservé Buker, son domestique Anglais. C’est un excellent homme, très attaché à la famille : il veut toujours retourner dans son pays mais on le retient. Enfin il prend son parti et Mme la Comtesse lui fait présent d’une montre en or et d’une douzaine de chemises fines.
Il s'agissait d'un soldat du 66è nommé Baker. Il avait suivi les Bertrand en Europe mais était en fait amoureux d'une miss Everton rencontrée à Ste Hélène. Tous ces arrangements de départ avaient été faits en avril 1821, ce qui n'avait pas été sans surprendre Hudson Lowe qui recevait des bulletins de la part d'Arnott ne mentionnant que de l'hypochondrie. Mais l'état de santé de Napoléon ne donnait plus aucun espoir à son entourage.

Route Napoleon

SITE CITE

Message par Route Napoleon »

En page titre du site, du nouveau ?

http://ameliefr.club.fr/cheveux-napoleon.html

Albertuk

Message par Albertuk »

Cher Route

Etant un sujet "post-mortem", j'ai posé cette même question sur http://www.napoleon1er.org/forum/viewtopic.php?t=17013

Route Napoleon

AIE !!!

Message par Route Napoleon »

Désolé, je ne vais jamais dans cette partie du Forum...

Route Napoleon

REQUIESCAT IN PACE

Message par Route Napoleon »

XIV - MA NOMINATION COMME VERIFICATEUR DES POIDS ET MESURE

A la fin de cette année 1830, Mme la Comtesse Bertrand a la bonté de me faire obtenir, par M. Meynadier, préfet de l'Indre, la place de vérificateur des poids et mesure de l'arrondissement du Blanc et peu de temps après, je me marie avec Mlle Alphonsine Monlusson, de Clion. J'ai occupé la place de vérificateur jusqu'en 1855, époque à laquelle ayant pris ma retraite, je retourne demeurer à Lye, auprès de mon père, très âgé et à qui j'ai eu le bonheur de fermer les yeux. Ma soeur, non mariée demeura avec moi.
En 1862, on me persuade que je ferais bien de dema,der à l'Empereur Napoléon III, la croix de la Légion d'Honneur. Je fais en ces termes :

" Sire,
J'ai l'honneur de soumettre à Votre majesté, que soldat de 1815 et récemment médaillé de sainte-Hélène, je partis en 1818, pour ctte île, dans le but de porter à l'Empereur Napoléon des nbouvelles de la France et à M. le général Bertrand les tendresses de sa famille. Arrivé à destination, je fus présenté à Sa Majestyé et je répondis aux questions qu'Elle daigna me faire, pendant trois années j'ai partagé son exil et j'ai assisté à sa triste agonie ainsi qu'à ses funérailles.
J'ai secondé le Grand Maréchal pour ramener en France, sans que le gouverneur de Sainte-Hélène et la douane angalise aient pu les découvrir, les armes de l'Empereur et les manuscrits qu'Il avait dictés.
Tels sont, Sire, les services pour lesquels j'ose prendre la liberté de solliciter de la bienvaillance de Votre Majesté, la croix de la légion d'Honneur qui comblerait tous les voeux de ma vieillesse. "
Lye (Indre ), le 21 juillet 1862.
Cette pétition est remise à M. Pietri, par les soins de M. begeaud, sous-chef au ministère de la Guerre. Elle parvient sous les yeux de l'Empereur Napoléon III qui voulut bien y faire attention et m'accorder la grâce que je lui demandais.

Aujourd'hui, presque complètement aveugle, par suite de cataracte et âgé de 80 ans; j'habite Châteauroux avec ma femme, depuis quelques années, pour être plus à portée de secours qu'exige ma santé et j'attends avec résignation le moment où il plaira à Dieu de me rappeler à Lui.
Note de G. Goidlewski : Cette précision sur l'âge où Bouges dicte ses souvenirs au Docteur Fauconneau-Dufresne en situe donc la date à 1875. Il mourut nonagénaire en 1888.

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