Les chiens sous le Ier Empire

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

gardrep

Message par gardrep »

a propos de chien ,
sait-on ce qu'est devenu le compagnon du duc d'Enghien? Mohiloff je crois?
qu'est devenu cette pauvre bête et d'où lui viens ce nom ?
cordialement... :cheval:
Diana Borelli

le carlin du duc d'Enghien

Message par Diana Borelli »

:rose: Il y a déjà un bon petit bout de temps, que François nous avait raconté la touchante histoire de Nohiloff le petit chien du duc d'Enghien et en recherchant dans les archives voici ce qu'il nous raccontait:

http://ameliem.free.fr/phpbb/viewtopic.php?t=520
Moustache

Mohiloff

Message par Moustache »

Bonjour Diana et merci pour ce rappel. :salut:
Pour compléter le récit de François, j’ajouterai que c’est le Duc qui, à l’origine, offrit le carlin à son épouse, la princesse Charlotte de Rohan.
Mohiloff est un carlin Russe, que le Duc acheta en Volhynie (Russie) en 1798, lors de son séjour en Russie, avec l’armée de Condé, qui fut à la solde du Tsar à l’époque.

En revanche, la veuve du Duc ne récupéra jamais le petit chien.
Après l’exécution du Duc, le pauvre animal hurlera, durant plusieurs jours, dans les fossés du château sur la tombe de son maître, jusqu’à ce que les habitants du quartier demandent au gouverneur, le Commandant Harel, de le recueillir.
Confié d’abord à la femme de celui-ci, il fut ensuite hébergé par le Marquis Charles de Béthizy qui, après la mort du chien, (date ?) le fit naturaliser et fut exposé au Musée du Palais de Rohan à Strasbourg.

SOURCES :

« Le Duc d’Enghien », Henri Welschinger - Plon 1913
« La vie des chiens célèbres » , Bernheim - Noêsis 1997
« La vie des chiens illustres », Finbert - La table ronde 1954
Internet : http://www.conciencianimal.org/es/Cultu ... ngheim.htm
Route Napoleon

Re: Chiens

Message par Route Napoleon »

La scène se passe le 22 mai 1813, après Bautzen.

Combat de cavalerie dans les plaines de Reichenbach. A Gorlitz en Silésie, le général Duroc vient d' être touché par un boulet qui en ricochant tue le général Kirgener.

Duroc va mourir, Napoléon est effondré.

" Sorti de la chaumière où l' on avait placé Duroc mourant, il alla s' asseoir sur des fascines, assez près des avant-postes. Il était là, pensif, les mains étendues sur ses genoux, les yeux humides, entendant à peine les coups de fusils des tirailleurs, et ne sentant pas les caresses d' un chien appartenant à un régiment de la Garde, qui galopait souvent à côté de son cheval, et qui en ce moment s' était posé devant lui pour lui lécher les mains..."

Adolphe THIERS, Hist. du Consulat et de l' Empire, tome 15, page 586.

A Moustache, cordialement.
Drouet Cyril

Re: Chiens

Message par Drouet Cyril »

Une autre histoire de chien contée par l’Empereur :

« C’était par un beau clair de lune et dans la solitude profonde de la nuit ; tout à coup un chien, sortant de dessous les vêtements d’un cadavre, s’élança sur nous et retourna presque aussitôt à son gîte, en poussant des cris douloureux ; il léchait tour à tour le visage de son maître, et se lançait de nouveau sur nous ; c’était tout à la fois demander du secours et rechercher la vengeance. Soit disposition du moment, soit le lieu, l’heure, le temps, l’acte en lui-même, ou je ne sais quoi, toujours est-il vrai que jamais rien, sur aucun de mes champs de bataille, ne me causa une impression pareille. Je m’arrêtai involontairement à contempler ce spectacle. Cet homme, me disais-je, a peut-être des amis ; il en a peut-être dans le camp, dans sa compagnie, et il gît ici abandonné de tous excepté de son chien ! Quelle leçon la nature nous donnait par l’intermédiaire d’un animal ! ce qu’est l’homme ! et quel n’est pas le mystère de ses impressions ! J’avais sans émotion ordonné des batailles qui devaient décider du sort de l’armée ; j’avais vu d’un oeil sec exécuter des mouvements qui amenaient la perte d’un grand nombre d’entre nous ; et ici je me sentais ému, j’étais remué par les cris et la douleur d’un chien ! »

Salutations respectueuses.
GARCINION

Re: Chiens

Message par GARCINION »

Bonjour,

Pour le récit de Cyril, il s'agît-là du célèbre chien de Bassano, dont l'histoire nous est racontée dans le Mémorial, mais je ne sais plus où exactement... :Ane:

Une très belle anecdote en tout cas -bon, belle et tragique- qui a inspiré le peintre JPM Jazet pour son fameux tableau... Le chien de Bassano. :mrgreen: ;-)

Cordialement,
Moustache

Re: Chiens

Message par Moustache »

Le caniche de la Corvette « Badine »

D’après ce témoignage on peut voir que les marins, effectivement, emmenaient avec eux des compagnons à 4 pattes.

Le Vice-Amiral Jean-Baptiste Grivel ( 1778 - 1869 ) nous rapporte dans ses mémoires une petite histoire canine datant de sa participation à la campagne d’Égypte à bord de la corvette « Badine ».
L’action se déroule dans la rade de Cagliari ( Sardaigne ) en juin 1798.

Grivel, jeune Aspirant à l’époque, nous narre cette anecdote qui met en scène le chien de son camarade.

« Envoyé chez le Consul pour porter un message, cet élève Aspirant, avait pris avec lui un beau caniche qu’on n’était pas dans l’usage de laisser descendre à terre du coté de la ville, et il l’avait, étourdiment, lancé sur des enfants qui se baignaient dans le bassin du port, comme on avait l’habitude de le lancer au milieu de nos mousses, sans qu’il en résultât jamais le moindre inconvénient.
L’animal, accoutumé à ces jeux nautiques, se porta vers les enfants, mais ceux-ci s’effrayèrent et cherchèrent à gagner la rive en poussant de grands cris.
La populace accourut, et un cordonnier s’étant écrié : « Que les Français faisaient manger les enfants par leurs chiens... », il n’en fallait pas davantage pour animer les gens de la jetée. »

« Mémoires du Vice-Amiral Baron Grivel » - Editions Plon 1914.
Moustache

Re: Chiens

Message par Moustache »

Pour le chien de Bassano, voici, ci-après, l'image :

Image

sources :

http://wwwcano.lagravure.com/Vernet_nap ... assano.htm


:salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: :salut: [/url]
GARCINION

[CHIENS] Un chien à la demi-solde

Message par GARCINION »

Drôle d'histoire, complètement surréaliste! :-D
Moustache

Chiens : des chiens en Espagne

Message par Moustache »

Voici, à ce propos, quelques anecdotes de chiens durant la guerre d'Espagne :

Le chien de Salamanque

En 1812, à Salamanque, s’élève au sommet d’une falaise au bord du « Rio Tormes », les murailles fortifiées de trois couvents, mis en état de défense par le Maréchal Marmont qui, poursuivit par Wellington, en fit un poste avancé pour couvrir son repli.
Ce bastion, défendu par une garnison de 800 hommes et un peu plus de 30 pièces d’artillerie, devait tenir tête, durant 10 jours, à près de 50 000 anglo-hispano-portugais.
Le siège commença, le 17 juin 1812, les canonnades et les tentatives d’assaut se succédèrent. L’ennemi eut même l’intention d’attaquer par les mines en voulant creuser les glacis qui s’étendaient en avant des fortifications.
Sur l’enceinte, un chien de régiment - dont l’Histoire, hélas, n’a pas retenu le nom - montait la garde aux côtés des assiégés. Chaque jour, les soldats pouvaient voir leur fidèle gardien à quatre pattes faire des rondes continuelles le long des remparts.
Le brave et intrépide animal, toujours aux aguets, poussait de furieux aboiements à la moindre petite agitation à l’extérieur de l’enceinte. Grâce à sa vigilance, il empêchera , à plusieurs reprises, les sapeurs et mineurs anglais d’approcher le talus des murailles.
Wellington vint, néanmoins à bout de la résistance des assiégés, qui, débordés par le nombre et les moyens mis en oeuvre, capituleront le 27 juin 1812.


Le chien de Saragosse

A Saragosse, lors du second siège de la ville (21 décembre 1808 - 21 février 1809), il y avait parmi les assiégés, un chien, qui appartenait à un contrebandier espagnol qui servit de messager pour communiquer avec l’extérieur.
Le Général Lejeune(1), dans ses mémoires, nous cite la petite histoire suivante :

«Julian Perez, un des nombreux contrebandiers des Pyrénées, qui se trouvait alors enfermé dans la ville, se servait de son chien, Mira, qui était dressé à faire de la contrebande, pour procurer des renseignements à Palafox. Il lui entourait le col d’une peau velue de même poli que la bête, et sous ce collier bien cousu et difficile à reconnaître était caché cet avis : Llega noticias (« fais parvenir des nouvelles »).
Le fidèle animal obéissant à regret à la volonté de son maître, lorsqu’à l’entrée de la nuit il lui commandait impérieusement de la voix et du geste d’aller à la maison, partait triste et traversait lentement les lignes françaises sans être remarqué : il continuait sa route jusqu’à Barbastro, où demeurait la femme de Perez. Déjà, à deux différentes reprises, elle avait placé sous l’enveloppe velue les avis qu’elle adressait aux assiégés, et le chien les avait rapportés à son maître ; lorsqu’enfin, au troisième voyage, l’intrépide messager, dont le nom même, Mira, signifie : prends garde à toi, rentra un matin à Saragosse ayant la cuisse percée d’une balle, et ne retourna plus à Barbastro».

Saragosse capitula le 21 février 1809.

(1) Lejeune (Louis-François, Baron), 1775-1848, Général, peintre et mémorialiste.


Les chiens de Burgos

Espagne 1810.
Un jour, « le Dragon » Marie-Thérèse Figueur, dite « Sans-gêne », apprend que les autorités Espagnoles de Burgos, avaient ordonné l’extermination de tous les chiens errants.
Sensible à cette décision cruelle, elle décida aussitôt de ramasser tous les vagabonds de la race canine de Burgos. Ainsi, ces animaux se retrouvaient abrités dans une grange, protégés, nourris et soignés grâce à la générosité de la femme d’action au grand cœur.
Les jours passent, et la guérilla devient, de plus en plus, active dans la région.
Un beau matin, on suggéra à Marie-Thérèse d’utiliser ses pensionnaires, comme chiens de patrouille, pour accompagner les convois Français.
Le dressage s’effectua alors dans la grange et elle habitua les chiens à suivre les soldats et à les alerter en cas de danger.
Ces braves animaux seront d’une très grande utilité pour escorter, et avertir par leurs aboiements, les colonnes françaises qui, sans cesse menacés, évoluaient au milieu des embuscades.
Chaque fois qu’un convoi quittait Burgos, Marie-Thérèse, lui remettait un chien. Grâce à elle, ces chiens étaient devenus des gardiens, des dépisteurs précieux et des compagnons sympathiques pour tout le convoi. [/color][/b]


SOURCES :

-« Mémoires du Général Lejeune 1792-1813 » – Editions du Grenadier 2001.
- "L'animal et la guerre" par René Thenlot et Pierre Jarnac extrait "Des animaux et des hommes"- Les dossiers de l'Histoire n° 62, F. Carbonnel Editeur Paris 1986
-« Les animaux-soldats » de Martin Monestier – Le cherche midi éditeur 1996.
-« Les soldats de Napoléon » de J. Lucas-Dubreton – Ed.Tallandier 1977
-« Les soldats de la Grande Armée » de Jean-Claude Damanne – Perrin 1998
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