Expéditions françaises en Irlande de 1796 et 1798

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C-J de Beauvau
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Expéditions françaises en Irlande de 1796 et 1798

Message par C-J de Beauvau »

Qui se souvient des deux expéditions françaises en Irlande de 1796 et 1798 ? Personne, sauf quelques historiens.
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Les Irlandais se souviennent bien de ces deux tentatives françaises - qui ont toutes deux échouées. Tentatives d'invasion pour les uns, tentatives de libération pour les autres.
En 1796, le Directoire français décide d'assister, dans sa lutte contre l'oppresseur anglais, la Société des Irlandais Unis - fondée sur l'exemple de la Révolution française.
La France prépare donc une grande expédition, forte de 15.000 soldats, rassemblée dans le port de Brest sous les ordres du général Hoche.
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Le départ de la flotte est lancé durant l'un des hivers les plus tempétueux de l'époque. Les bateaux et leurs équipages, mal préparés, se dispersent et se perdent de vue au large.
Les Anglais, incapables de stopper militairement une telle flotte se contentent de profiter des tempêtes pour faire prisonniers de guerre quelques soldats français et naufrager leurs bateaux.
Durant ce désastre maritime, 1.000 soldats perdent la vie. Aucun Français n'atteint l'Irlande - à l'exception des prisonniers de guerre.
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En 1798, on recommence. Le chef de la Société des Irlandais Unis, Theobald Wolfe Tone, se rend à Paris pour appeler le Directoire à l'aide. Son objectif : chasser pour de bon les Anglais de son pays.

Partie de Rochefort, la petite flotte française d'environ 1.000 soldats, commandée par le général Humbert, débarque à Kilcummin, dans le nord de l'Irlande. Rejoints par 5.000 rebelles irlandais, les soldats français remportent la victoire sur les Anglais lors de la bataille de Castlebar.

Les soldats français sont stupéfaits par la misère qui règne en Irlande. Le capitaine Jean-Louis Jobit rapporte dans son journal : "Les hommes, les femmes, les enfants presque nus n'ont d'autre asile qu'une étroite et pauvre chaumière qui ne les met pas à couvert des rigueurs des saisons. [...] Leurs aliments sont des pommes de terre, du lait aigre, presque jamais de pain et rarement de la viande. [...] Cette classe du peuple irlandais, qui est la plus nombreuse, offre un contraste révoltant avec la vie douce des Protestants [Anglais] qui presque tous possèdent de grandes richesses."

Les Français instaurent la République éphémère de Connaught. Mais le général Bonaparte et le Directoire sont plus intéressés par la campagne d'Egypte qui débute que par celle d'Irlande - qui aurait pourtant pu être la tête de pont d'une invasion de l'Angleterre, tant redoutée des Britanniques.
La France n'enverra donc pas de renforts au général Humbert. Les troupes françaises sont rapidement battues par les renforts anglais envoyés par Londres.
Lors de la reddition des troupes françaises, le général anglais demande, interloqué, au général Humbert : "Où est votre armée ?" - Le général français répond, en montrant les quelques soldats qui ont survécu aux combats : "La voici toute entière !"
Le général anglais continue, incrédule : "Et que comptiez-vous faire ?" Le général Humbert donne cette réponse superbe : "Aller à Dublin et briser les fers d'une nation qui souffre sous votre joug".
Le général anglais s'exclame alors : "Voilà bien une idée qui ne pouvait sortir que d'une cervelle française !"
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Monument commémoratif - Killala
Les prisonniers français sont échangés contre des prisonniers anglais et renvoyés en France.
Les rebelles irlandais sont tous massacrés sans exception - à même les chemins et les troubières, à coup de sabres ou fusillés à bout portant.
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Monument à la gloire des Pickmen - insurgés irlandais
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Insurgés irlandais (pickmen) - reconstitution historique
Le leader des rebelles, Theobald Wolfe Tone est arrêté et condamné à la pendaison. Par égard à son uniforme français, il demande à être fusillé. On lui refuse cette faveur et il finit par se trancher la gorge dans sa cellule.
https://blogs.mediapart.fr/yolaine-m/bl ... en-irlande
Modifié en dernier par C-J de Beauvau le 18 févr. 2020, 20:20, modifié 1 fois.
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C-J de Beauvau
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Bataille de Castlebar

Message par C-J de Beauvau »

Bataille de Castlebar
Le débarquement
La bataille de Castlebar s’est déroulée le 27 août 1798 pendant la Rébellion irlandaise de 1798 où une force combinée de 2 000 Français et rebelles irlandais l’emportèrent sur une force de 6 000 Britanniques. Elle faisait suite au débarquement français de l'expédition d'Irlande de 1798.
La bataille fut plus tard surnommée la « course de Castlebar » pour se moquer de la vitesse et la distance que les Anglais parcoururent dans leur fuite.
Les renforts français, attendus depuis longtemps pour aider la rébellion irlandaise arrivèrent le 22 août. Environ 1 100 soldats sous les ordres du général Humbert débarquèrent dans le comté de Mayo. Bien que les forces aient été peu nombreuses, le site isolé avait permis un débarquement sans grande opposition, loin des dizaines de milliers de soldats britanniques concentrés dans l’Est dans Leinster, occupés dans des opérations contre les poches de résistance des rebelles. La ville voisine de Killala fut rapidement occupée après une brève résistance par des petits propriétaires locaux. Ballina fut prise à son tour deux jours plus tard, après la déroute d’une force de cavalerie envoyée par la ville pour s’opposer aux républicains. Les volontaires irlandais se joignirent progressivement aux Français surtout après la victoire à Ballina.
Le Lord lieutenant d'Irlande Cornwallis, demanda d’urgence des renforts d’Angleterre mais toutes les forces disponibles ont été concentrées à Castlebar sous le commandement du général Lake, le vainqueur de la bataille de Vinegar Hill. Les forces britanniques de Castlebar comprenaient 6 000 soldats, une douzaine de pièces d’artillerie et disposaient d’un important approvisionnement.
Les préparatifs
aissant environ 200 soldats à Killala pour couvrir ses arrières, Humbert prit la tête d’une force combinée d’environ 2 000 Français et Irlandais et marcha le 26 août sur Castlebar. Devinant sans difficulté son objectif, les Anglais s’y fortifièrent, forts de leur avantage numérique et de leur artillerie pour repousser une attaque frontale à partir de la route de Ballina. Cependant, les rebelles irlandais, connaissant bien le terrain, conseillèrent aux Français d’utiliser un autre itinéraire pour se rendre à Castlebar, en passant à l’ouest, par les rives du lac Lough Conn que les Britanniques croyaient infranchissable pour une armée moderne équipée d'artillerie. Quand les avant-postes repérèrent l’ennemi en approche, les Anglais, surpris, durent à la hâte déplacer leur artillerie.
L’attaque
Celle-ci était à peine redéployée quand l’armée franco-irlandaise apparut à proximité de la ville, à environ 6 heures du matin. Les Britanniques ouvrirent le feu. Les Français cependant identifièrent rapidement un défilé offrant une certaine protection, qui faisait face au centre de la ligne d’artillerie. Les grenadiers français et irlandais de l'adjudant général Jean Sarrazin firent face aux canons anglais au centre du dispositif.
L'adjudant général François-Xavier Octavie Fontaine et le capitaine Louis de Crestou, à la tête de 43 hommes du 3e régiment de chasseurs à cheval, prirent à revers les Anglais sur leur flanc gauche, firent mettre bas les armes à un régiment, lui enlevèrent 4 pièces de canon et mirent les canonniers en fuite. La panique gagna alors les rangs britanniques, qui furent mis en déroute.
Quelques soldats des milices de Longford et de Kilkenny coururent pour rejoindre les rebelles et prendre part à la lutte contre leurs anciens alliés. Une unité de cavalerie et l’infanterie régulière britannique essayèrent bien de tenir tête, mais furent rapidement submergées
La « course de Castlebar »
Dans la déroute des soldats britanniques, des quantités importantes de fusils et d’équipements furent abandonnés, parmi lesquels les bagages personnels du général Lake. Bien que n’étant plus poursuivis un mile ou deux au-delà de Castlebar, les Anglais ne s’arrêtèrent pas avant d’atteindre Tuam, quelques unités se sauvèrent jusqu’à Athlone. La panique était telle que seule l’arrivée de Cornwallis à Athlone stoppa la fuite devant le Shannon. La ballade, Races of Castlebar, raconte l'épopée des cavaliers français dans les rues de la ville.

Bien que réalisant une victoire spectaculaire, les pertes des Français et des Irlandais furent élevées, environ 150 hommes, tués pour la plupart lors de la canonnade au début de la bataille. Les Anglais ont souffert de plus de 350 pertes dont environ 80 morts et peut-être 150 qui se joignirent aux rebelles. Après la victoire, les milliers de volontaires se sont assemblés pour rejoindre les Français qui ont également envoyé une demande de renforts en France et ont formellement déclaré la république de Connaught.
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260px-Castlebar_Races_WynneC.jpg (17.33 Kio) Vu 138 fois
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Castlebar
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la remonte
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Re: Expéditions françaises en Irlande de 1796 et 1798

Message par la remonte »

merci pour ce rappel souvent méconnu , quel gâchis !
" les bateaux mal préparés se dispersent ...
il manque des hommes tels Charette et combien d'autres compétences ;
dans la biographie de ce dernier on peut lire ; " . Il entre à l'école des Gardes de la Marine en 1779, sert ensuite sous le comte de La Motte-Picquet et l'amiral comte de Guichen. À l'âge de vingt-quatre ans, il obtient en 1787 le grade de lieutenant de vaisseau. Il compte trois ans plus tard onze campagnes à son actif, dont quelques-unes en Amérique. Il est envoyé en mer du Nord, en Russie, puis se bat contre les Barbaresques, et aux côtés des Ottomans contre les Grecs.

Le 25 mai 1790, à vingt-sept ans, il épouse à Nantes, dans la paroisse de Saint-Denis, Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, veuve de son cousin Louis Charette, âgée de quarante et un ans, et s'établit au manoir de Fonteclose, à La Garnache, près de Challans en Vendée. Très vite, il s'ennuie ... ""
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C-J de Beauvau
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Re: Expéditions françaises en Irlande de 1796 et 1798

Message par C-J de Beauvau »

par la remonte » 19 févr. 2020, 09:22
...Le 25 mai 1790, à vingt-sept ans, il épouse à Nantes, dans la paroisse de Saint-Denis, Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, veuve de son cousin Louis Charette, âgée de quarante et un ans, et s'établit au manoir de Fonteclose, à La Garnache, près de Challans en Vendée. Très vite, il s'ennuie ... ""
Merci pour ces précisions.
A noter également la répression très dure des Anglais envers les insurgés irlandais ("Les rebelles irlandais sont tous massacrés sans exception - à même les chemins et les tourbières, à coup de sabres ou fusillés à bout portant.") C'est digne des colonnes infernales de Louis-Marie Turreau ! Certes à une moindre échelle pour le nombre de victimes .
:salut:
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