Le Général Moreau

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

C.Douville

Général*** MOREAU

Message par C.Douville »

On a souvent tendance à finir la guerre de seconde coalition par la bataille de Marengo . Même si elle fut incontestablement une victoire de Bonaparte, elle permit seulement la reconquête de l'Italie du Nord par l'intermédiaire de la convention d'Alexandrie signée avec le Baron Von Mélas . Elle n'apporta point la paix que le peuple Français attendait depuis trois ans .
Celui qui allait obtenir cette paix tant attendue, il s'appelait Jean-Victor Moreau, général en chef de l'armée Française d'Allemagne . Dès le moi de Mars 1800, il avait été mis par Bonaparte à la tête d'une grande armée de 100 000 hommes stationnée aux bords du Rhin .
Moreau était assez fort de caractère, assez pour obtenir carte blanche de la part de Bonaparte en ce qui concerne l'élaboration des plans . La campagne d'Allemagne fut aussi belle que celle de Bonaparte en Italie lors des années 1796-1797, cependant les victoires de Moreau furent souvent oubliés par l'histoire, comme celles de beaucoup de généraux Français ayant combattu pour la France Révolutionnaire .
L'armée Française est donc opposée à une forte armée Autrichienne de 100 000 hommes et bien équipée en artillerie et en cavalerie . Elle est commandée par le général Kray, un des meilleurs généraux Autrichien, mais celui-ci sera constamment battu par son adversaire .
Les deux premières batailles se déroulent simultanément le 3 mai 1800 dans les plaines d'Engen et de Stockash .
Les objectifs de Moreau sont de s'établir sur la rive droite du Rhin, il lance tout d'abord le Corps Français du général Lecourbe contre le Corps Autrichien du prince de Lorraine .
Le combat se déroule à Stockash et voit la défaite complète des Autrichiens . Il faut dire que Lecourbe se trouvait en supériorité numérique, disposant de 25 000 hommes contre 9000 . Cependant il avait le mérite d'être atteint de maladie, le Corps Autrichien fut complètement anéanti et Lecourbe captura 5000 prisonniers et 8 pièces d’artillerie . Pendant la bataille, les généraux Nansouty, Molitor, Vandamme et Montrichard avaient largement contribué au succès .
Pendant ce temps, le général Moreau affrontait avec 45 000 hommes les 40 000 Autrichiens de Kray à la bataille d'Engen . La bataille fut assez indécise et très meurtrière, le plateau d'Engen fut pris et repris à cinq reprises par les troupes Françaises de St-Cyr, mais finalement une offensive victorieuse du général Richepanse permit de repousser les deux ailes Autrichiennes . Kray, battu, ordonna la retraite générale, la nouvelle du désastre subi à Stockash acheva de rompre son moral déjà abattu par la défaite d'Engen qu'il venait de subir contre Moreau . Les Français perdaient 6000 hommes tués ou blessés; les Autrichiens perdaient 7000 hommes tués ou blessés et 6000 prisonniers, sans oublier 15 pièces d'artillerie .
Après les deux victoires du 3 mai, les Français avaient réussi à s'installer solidement sur la rive droite du Rhin . A partir de ce moment, les objectifs du général Moreau sont remplis . Il a gagné la première manche mais prépara déjà sa seconde grande offensive en terre Allemande . Son nouvel objectif est de bouter le général Kray sur la rive droite du Danube .
Il vient alors attaquer l'armée Autrichienne de Kray à Moëskirch le 5 mai 1800 . La bataille est de nouveau assez meurtrière, St-Cyr faillit compromettre le succès de la journée car il n'osa point attaquer la ligne ennemie, ce qui lui valut de se faire joliment enguirlander par Moreau après la bataille . Le village de Moëskirch fut finalement emporté par les troupes Françaises du général Lecourbe ( avec l'aide du général Molitor) à la baïonnette . Kray essaya en vain de contre-attaquer les Français avec ses réserves mais il fut constamment repoussé. Finalement une offensive de Richepanse sur la droite décide de la défaite Autrichienne . Kray laissa 5000 hommes sur le champ de bataille, les Français 4000 .
Moreau, après sa nouvelle victoire de Moëskirch, chassa complètement les Autrichiens de la rive gauche du Danube par de nouvelles victoires sur Kray aux combats de Sinmaringen, Menningen et Biberach . Kray, désabusé par les manoeuvres de son adversaire, se retira sur la rive droite du Danube . Moreau atteignait de nouveau ses objectifs et remportait la seconde manche .
Le général en chef Français de l'armée Française d'Allemagne ne s'arrêta pas en si bon chemin . Il continua sa conquête méthodique de la Bavière et sa percé sur l'Autriche . Son nouvel objectif était d'établir une tête de pont sur la rive droite du Danube, c'est-à-dire y installer toute son armée .
Le 20 mai 1800, Moreau fit passer à une partie de son armée le Danube, mais se rendant compte de la formidable position qu'occupait l'armée Autrichienne de Kray, il ordonna à son armée de revenir sur la rive gauche du Danube . Le 22 mai, Kray tenta une offensive contre la droite Française, il fit passer le Danube aux colonnes de l'archiduc Jean, une bataille s'engagea contre les troupes Françaises de St-Suzanne . Le général Français repoussa à plate couture les Autrichiens et leur infligea de lourdes pertes .
Le 19 juin 1800, Moreau tenta enfin son passage pour créer sa tête de pont sur la rive droite du Danube, s'engagea alors la fameuse bataille d'Hochstadt . Le Corps Français du général Lecourbe passa le fleuve et s'installa solidement sur la rive droite du Danube, l'armée Autrichienne de Kray ne campait pas loin et ne tarda pas à intervenir . Le général Lecourbe fit des prodiges de valeur et résista à toutes les attaques autrichiennes, enfin le général Moreau lui envoya après l'installation de tous les ponts des renforts considérables .
Lors du combat, le capitaine Hugo ( l'oncle de Victor Hugo), prend la tête de sa compagnie, traverse, un drapeau à la main, un pont et culbute une compagnie Autrichienne à la baïonnette . Finalement l'offensive finale des Français met en déroute les Autrichiens, pendant celle-ci lé général d'Hautpoul fit une très belle charge de cavalerie et contribua à la victoire Française . Les Autrichiens laissent 4000 prisonniers, 20 pièces d'artillerie et 4 drapeaux .
Pendant la bataille d'Hochtadt, le général Gudin avait remporté le même jour une bataille sur un Corps Autrichien à Blindheim . La victoire Française de Gudin fut spectaculaire puisqu'il écrasa très sévèrement les ennemis, faisant 5.000 prisonniers, capturant 20 pièces d'artillerie et 5 drapeaux . Il s'était installé à son tour sur la rive droite du Danube .
Moreau atteignait de nouveau ses objectifs puisqu'il avait installé son armée sur la rive droite du Danube . Il remportait sa troisième manche sur Kray et se permettait de prendre de nouveau l'offensive pour battre de nouveau le général Autrichien au combat de Neresheim le 23 juin 1800 .
Le général Autrichien Kray; découragé par ses nombreux revers, se rendant compte que son armée complètement affaiblie par les grandes pertes qu'elle avait subies, n'était plus capable de tenir la campagne; demanda un armistice au général Moreau qui fut accepté . Moreau le signa le 15 juillet à Parsdorff . Le général en chef Français pensait que l'Empereur d'Allemagne s'apprêtait à demander une paix définitive, il se trompait lourdement . Une semaine après l'armistice, l'Empereur d'Allemagne vint visiter les Corps de son armée . Déçu par les revers que son armée venait de subir, il limogea promptement le général Kray et le remplaça par l’archiduc Jean. Un choix qui allait s'avérer encore plus désastreux.
Pendant cet armistice, Moreau ne restait pas innactif . N'étant pas naïf au point de croire que les Autrichiens n'étaient pas capable de mener une contre-offensive, il étudia avec ses généraux les cartes de la Bavière et chercha un terrain apte à recevoir une probable offensive . Moreau n'avait pas l'intention de rester sur une défensive bornée, il pensait livrer une bataille décisive ou il alternerait la défensive et l'offensive . Son choix porta sur le village d'Hohenlinden, petit village où avoisinent les terrains boueux et marécageux, suffisamment gênants pour l'attaquant .
En conclusion, l'objectif de Moreau était tout simple : recevoir l'ennemi sur un terrain apte à la défensive et gênant pour celui qui attaque en premier, une fois que l'ennemi sera désorganisé par la nature même du terrain réaliser une contre-offensive et écraser l'ennemi, pour finir vaincre l'ennemi de façon à ce que celui-ci ne puisse reprendre l'offensive et enfin l'écraser définitivement dans sa retraite .
En novembre 1800, l'armistice est rompu par l'Autriche . L'archiduc Jean prend la tête d'une armée de 100 000 hommes et s'en va attaquer les Français du général Moreau retranchés en Bavière . Le 1er décembre, les colonnes de Jean se trouvent à 40 km des Français . Moreau averti par ses éclaireurs s'organise pour la bataille qu'il veut décisive .
Il organise trois groupes d'armées . Le premier groupe sera placé sur la droite du dispositif Français, il sera positionné de façon à attaquer le flanc du centre des ennemis et y semer un certain désordre, il sera commandé par les généraux Decaen et Richepanse . Le second groupe sera placé au centre du dispositif Français et devra attaquer frontalement le centre ennemi mais uniquement au moment où le premier groupe d'armée aura désorganisé les premières colonnes du centre ( Richepanse et Decaen), ce premier groupe sera commandé par Moreau lui-même et composé des troupes des généraux Ney et Grouchy . Enfin le troisème groupe d'armée n'aura qu'un rôle de diversion mais aura pour mission de résister à la droite ennemie, il sera commandé par le général Grenier .
Le 2 décembre 1800, Moreau souhaite mettre en pleine confiance l'ennemi, il simule un revers de son avant-garde à Lemptig . L'archiduc Jean est alors en pleine confiance, l'objectif moral que voulait obtenir Moreau est atteint, il sait que maintenant Jean viendra sans méfiance dans les plaines boueuses et marécageuses d'Hohenlinden .
Le 3 décembre 1800, la bataille s'engage, les colonnes autrichiennes abordent les positions Françaises, mais déjà tout ne va pas très bien pour les Autrichiens . Les marécages et les boues empêchent l'artillerie Autrichienne de suivre les colonnes ennemies, premier constat . C'est Grouchy qui avec sa cavalerie s'oppose à l'avant-garde ennemie, il résiste tant bien que mal . Cependant l'attaque de flanc du premier groupe d'armée commence, les vieux soldats français de Richepanse attaquent de flanc les colonnes ennemies, les culbutent à la baïonnette et y sèment un désordre indescriptible .
Moreau lance alors une attaque frontale avec le second groupe d'armée . Le général Ney se lance sur les colonnes autrichiennes déjà ébranlées par l'attaque de Richepanse . Les vétérans de Ney sèment la terreur avec la terrible baïonnette et écrasent, en compagnie des soldats de Richepanse, littéralement le centre de l'armée ennemie . Celui-ci n'est plus qu'un ramassis de fuyards .
Pendant ce temps, l'aile gauche Française commandée par Grenier avait résisté tant bien que mal à la droite de l'ennemi, mais les renforts de Moreau avaient permis de rétablir la situation . L'archiduc Jean sachant son centre écrasé, n'ayant obtenu aucun résusltat sur sa droite, comprend alors que sa situation est compromise . S'il décide de continuer le combat, il risque de voir sa droite broyée par une attaque de flanc menée par Ney et Richepanse . Il s'avoue battu et décampe aussitôt . Les Français sont encore vainqueurs, ils perdent 1.500 tués et 3.000 blessés; les Autrichiens perdent 5.000 tués et 11 000 prisonniers, soit 20 000 hommes, il faut compter la capture de 100 pièces d'artillerie, deux généraux et 200 caissons, sans oublier une vingtaine de drapeaux . La bataille s'est déroulée sous une tempête de neige .
Sur cette fameuse bataille, Dessolles écrivit : " L'histoire de la guerre n'offre point d'exemples d'une aussi grande quantité d'artillerie de bataille prise à une armée Autrichienne en une seule affaire..."
Moreau ne s'arrête pas là, il met en place la seconde phase de sa contre-offensive : celle-ci se transforme en une gigantesque poursuite, un peu comme celle des Français après les victoires d'Iéna et d'Auerstaedt contre les Prussiens en 1806, j'exagère un peu mais ça y ressemble .
Moreau lance à la poursuite des ennemis les généraux Richepanse, Lecourbe et Decaen . Ceux-ci infligent défaites sur défaites aux colonnes ennemies, ce n'est plus une retraite, c'est plutôt une déroute . Le résultat de la poursuite amène la capture de 25 000 prisonniers et la mort de 15 000 soldats Autrichiens . En vingt jours, les Autrichiens avaient reculé de 310 km et avaient abandonné 140 pièces d'artillerie .
Moreau avait suffisamment désorganisé l'armée ennemie pour imposer la paix à l'Empereur d'Allemagne, il menaçait en plus de marcher sur Vienne . L'archiduc Charles remplaça en toute hâte l'archiduc Jean, mais hélas pour lui il était trop tard, sur les 100 000 Autrichiens engagés au début de la campagne, il n'en restait que 50 000 à peine, de plus l'armée était complétement désorganisée . Il demanda la paix à l'Empereur .
Je pense que si Charles avait commandé, cela n'aurait probablement rien changé à l'histoire . Il ne faut pas oublier qu'il fut battu à trois reprises par Moreau en 1796 ( Neresheim, Rastadt et Ettlingen) . Le 9 février 1801, la paix de Lunéville est signée . L'Autriche reconnaît alors les conquêtes Françaises ( Belgique, Hollande, rive gauche du Rhin et Palatinat, Nord de l'Italie) .
La paix va durer jusqu'en 1804 . Il faut également préciser que l'alliance avec la Bavière date justement d'Hohenlinden, d'ailleurs, les blondes Bavaroises ne se montreront pas égoïstes envers nos vaillants soldats français après cette victoire justement .
Les victoires de Moreau lui valurent un grand prestige en France et auprès de la population Parisienne, les soldats Français de l'armée d'Allemagne le vénéraient . Tout ce beau monde n'apprécia guère le résultat du procès truqué de 1803 et l'exil de Moreau aux Etats-Unis d'Amérique .
Les soldats Frannçais de l'armée de Moreau étaient les futurs vainqueurs d'Austerlitz, d'Iéna, d'Auerstaedt ou de Frieldand . C'étaient tous des vétérans des campagnes de la révolution .
A+ :salut:[/justify]

foxtrot

Général*** MOREAU

Message par foxtrot »

Cette campagne est aussi très bien détaillée par Thiers, qui ne la passe aucunement sous silence au contraire

Dominique Contant

Général*** MOREAU

Message par Dominique Contant »

Je n'aime pas Moreau, et je le dis tout net.
Pour moi, et vous pouvez me convaincre du contraire, il était militairement hésitant, personnellement fourbe ( influencé par sa femme jalouse) , et de toute façon je ne lui pardonne pas d'avoir pris les armes contre la France.
Il n'aimait pas Napoléon, c'était son droit, qu'il fasse alors comme les autres au lieu de s'allier avec l'ennemi !
Amicalement
Dominique

C.Douville

Général*** MOREAU

Message par C.Douville »

Moreau, un général hésitant ? La critique vient peut-être du fait qu'après les victoires remportées de mai à juin 1800 contre le général Kray, il a non seulement accepté un armistice et n'a pas voulu profiter de l'épuisement de l'armée Autrichienne pour foncer directement sur Vienne . Il attendit plusieurs mois en Bavière puis repoussa l'offensive Autrichienne en plein mois de décembre à Hohenlinden .
La critique en ce cas serait sévère puisque Moreau avait besoin de cet armistice pour refaire les provisions et le fourrage de son armée, son armée était l'équivalent, il faut le rappeler, de 100 000 hommes .
De plus je me méfierai du commentaire de certains biographes de Napoléon, ceux-ci ont peut-être tendance, par l'effet de la passion, à vouloir à tout prix rendre Napoléon supérieur à Moreau en cherchant par ci par là à lui trouver des défauts .
Cependant, les mentalités commencent à changer et certains historiens voient en Moreau un général de talent . J'ai lu un commentaire d'un journaliste qui le voyait carrément supérieur à Napoléon . Je pense que le commentaire n’était pas modéré .
Bref, pour moi un général qui remporte des batailles rangées et qui est capable de terminer des campagnes en pays hostile et donc de ce pas capable d'apporter la paix à son pays, c'est un général compétent et qui sait obtenir des résultats . En définitive Moreau est un bon général .
En 1796, il a battu à trois reprises l'archiduc Charles à Rastadt, Neresheim et Etlingen . Moreau, cependant, recule sur la rive gauche du Rhin à cause des mésaventures de Jourdan contre ce même Charles ( Jourdan était malade) . En 1797, il conserve son commandement et à la tête de l'armée du Rhin il inflige une défaite totale aux Autrichiens de Staray à Diersheim . Dans cette bataille, un certain Davout s'est illustré, les ennemis ont perdu 3000 tués ou blessés et 3000 prisonniers, une vingtaine de canons et une dizaine de drapeaux, l'ennemi est en déroute.. Moreau s'ouvre un passage sur la rive droite du Rhin pour la seconde fois.
En 1799, il commande en Italie mais manque de chance, les armées Austro-Russe sont trop supérieure en nombre . Cela ne l'empêche de réaliser quelques exploits et de sauver l'armée Française d'Italie .
En 1800, il reçoit enfin un commandement en chef et a enfin les moyens de mener une grande campagne . La suite on la connaît, un chapelet de victoires en Allemagne et la paix apportée au premier consul .
La carrière est tout de même couronnée d'un bon nombre de victoires . J'ai le vague souvenir d'avoir lu un commentaire de Clausewitz . L'écrivain Prussien nous donnait une liste des meilleurs chef de guerre : on trouvait Marlborough, Condé, Turenne, Luxembourg, le grand Frédéric, Napoléon et puis Moreau.. à ma grande surprise d'ailleurs .
Si Moreau se place dans les rangs des coalisés en 1813, c'est surtout par vengeance envers Napoléon .
Tout commence en fait après la victoire que Moreau remporte à Diersheim en avril 1797 . Il prend alors possession de mystérieux documents Autrichiens dans lesquels il est prouvé la correspondance que tient Pichegru avec les émigrés Français Royalistes réfugiés en Angleterre . La logique aurait voulu que Moreau envoie immédiatement ses documents compromettant au Directoire puisque Moreau était républicain, mais Pichegru est l'ami de Moreau . Moreau décide alors de conserver ses fâcheux documents pendant quatre mois puis décide de les donner au directoire une fois qu'il sait Pichegru en sûreté .
Pendant la période allant de Hohenlinden à 1803, Napoléon commence à se méfier de la gloire du général Moreau . Napoléon craint pour son trône car il sait que le général Moreau est très populaire, il craint une prise de pouvoir par ce général . Il est vrai que Moreau aurait pu renverser Napoléon : les 100 000 soldats Français de l'armée d'Allemagne le vénéraient, de même pour la population Parisienne .
C'est pourquoi Moreau fut victime, en 1803, d'un procès truqué dans lequel il fut condamné à l'exil . Ce procès avait été truqué par Napoléon qui avait donc envie de se débarrasser de cet élément qu'il pensait gênant pour son avenir politique . Pour juger Moreau, il s'est tout simplement servi de la correspondance que Moreau avait cachée au directoire pour défendre son ami royaliste : Pichegru . Il était donc facile, à partir de cet élément, de faire passer Moreau pour un royaliste et donc de le compromettre avec Cadoudal !
Hors bien sur, comme je l'expliquai plus haut, Moreau n'était pas royaliste mais bien républicain . Moreau avait-il vraiment l'intention de renverser Bonaparte ? A priori non, sinon il l'aurait fait dès Hohenlinden . Une marche de Vienne jusqu'à Paris . Il aurait pu encore le renverser en 1801 ou en 1802 .
Il ne l'a pas fait . Pourquoi ? La politique n'intéressait pas Moreau . La preuve : En 1799, Sieyès était venu le voir car celui-ci recherchait une épée . Sieyès avait proposé à Moreau de l'aider à renverser le pouvoir et venir diriger en sa compagnie le nouveau gouvernement . Cependant Moreau refusa tout en expliquant à Sieyès que la politique ne l'intéressait pas . Moreau conseillait même de se reporter sur Bonaparte qui venait à peine de débarquer de Fréjus, de retour d'Égypte . Si Moreau n'avait pas donné ce conseil, Sieyès serait-il venu voir Bonaparte ? Pas si sûr.. et l'on ne sait pas si Bonaparte aurait eu l'opportunité de prendre le pouvoir .
Moreau part donc en exil . Il se fait fermier aux États-Unis de 1803 à 1813 . Pendant ces dix années, il n'oublie pas de prendre des nouvelles de la France . Il apprend dans le New-York Times les victoires de Napoléon mais quand il apprend la désastreuse retraite de Russie de 1812, il décide de se mettre au service du Tsar . On connaît la suite : il est mortellement blessé par un boulet Français à la bataille de Dresde .
Reste à savoir si l'on peut vraiment le considérer comme un traitre ? A-t-il voulu faire la guerre à la France ou à Napoléon ? Il est certainement probable qu'il ait voulut se venger de son procès de 1803 . Reste à savoir ce que les alliés lui avaient proposé ? Dans le cas ou les alliés lui avaient proposé de faire la guerre à Napoléon et de le remplacer par un nouveau dirigeant sans toucher à un seul morceau du territoire Français, on ne peut guère reprocher d'avoir trahi la France, plutôt Napoléon .
En ce qui concerne la jalousie de sa femme, c'est vrai . Mais Joséphine, épouse de Bonaparte, n'était pas tellement différente . Quand les deux femmes se croisaient, elles se faisaient savoir qu'elles ne s'appréciaient pas trop mais elles le faisaient avec politesse .
A+[/justify]

fadg

Général*** MOREAU

Message par fadg »

Quel gâchis tout de même que de voir ce grand talent finir conseiller de la coalition !
Imaginez Moreau en Maréchal d'Empire (à la place d'un Bernadotte par exemple :furieux: ) !
Mais l'homme devait trop encombrant pour que Napoléon s'en accommode.

Route Napoleon

Général*** MOREAU

Message par Route Napoleon »

HOHENLINDEN :
Je sais que ça n'intéresse personne, mais aujourd'hui j'ai ciré mes sabots, brossé mon chapeau rond à guides en castor et capelé mon plus beau chupen brodé pour fêter la victoide d' Hohenlinden !
J'ai grandi à l'ombre des hauts murs du couvent des Cordeliers à Morlaix devenu le Musée du général MOREAU...

Le général MOREAU Jean Victor, né à Morlaix le 14 février 1763., est
l'un des premiers révolutionnaire puisqu' en 1788, étudiant en droit, il participe aux premières luttes, en défendant le Parlement de Rennes.
Son père sera pourtant, guillotiné à Brest.

Cette bataille d'Hohenlinden, le 3 décemebre 1800, verra s'illustrer des grands noms de l'épopée : Ney, Decaen, Grenier, Richepanse fort décrié depuis...
Après Marengo en juin, des négociations se sont ouvertes à Lunéville entre Joseph Bonaparte et l' Autrichien Cobenzl.
Rompues, la guerre reprend en novembre. Les généraux Brune et Macdonald contiennent les Autrichiens dans le nord de l'Italie.
Le coup décisif sera porté en Autriche par l'armée du Rhin où l'archiduc Jean sera mis en déroute par le général Moreau.
Les Français passeront Noël à Salzbourg, menaçant Vienne.
L'archiduc Charles signera l'armistice le 25 décembre...

Plus tard, Moreau perdra la vie à Dresde...

S' ILS TE MORDENT, MORDS LES !!!
Gloire aux Héros !

Route Napoleon

Général*** MOREAU

Message par Route Napoleon »

Extrait du livre de Marie-Hélène LEGRAND,
CITOYENS OFFICIERS DE NAPOLEON :
page 165 :
" Le premier Consul confie au général Moreau le commandement de l'Armée du Rhin, formée par l'ancienne Armée Rhin et Helvétie. Parmi ces troupes les mieux organisées de la République, nous retrouvons le général Gudin, toujours chef d'état-major du général Lecourbe....
Dès le 26 novembre, les armées françaises et autrichiennes manoeuvrent. Les intempéries y sont sûrement pour beaucoup car la neige vient de faire son apparition, succèdant au froid glacial...
Le 1 décembre 1800, dans la forêt de Hohenlinden, à quelques kilomètres de Ratenkirchen, le général Moreau attend que l'ennemi débouche par un défilé..."
L'archiduc Charles battu sera remplacé par son frère Jean qui demande une armistice à Moreau qui refuse d'abord.
Mme Legrand poursuit :
" Le 25 décembre, il accepte, en expilquant " Il vaut mieux nous arrêter et nous contenter de la paix, car c'est pour elle seule que nous combattons...
Le général Gudin est à 150 kms de la capitale autrichienne..."

benapo14

Général*** MOREAU

Message par benapo14 »

:salut:
En face de Moreau, il y avait l'archiduc Charles, non?
Merci de me corriger, ou de me donner raison

Fabien L

Général*** MOREAU

Message par Fabien L »

Moreau fut tué par un boulet à la bataille de Dresde le 27 août 1813 aux côtés du Tsar.
"Napoléon vit la scène dans sa lorgnette sans savoir qui avait été touché.
Welley, le chirurgien du Tsar dut l'amputer des deux jambes. Il mourut le 02 septembre 1813 à 07 heures du matin". Source :in le Magazine Napoléon 1er, numéro 25 page 44,45 - article sur le Général MOREAU par Jacques JOURQUIN.

A la bataille de HOHENLINDEN le commandant en chef était l'Archiduc Jean (in TRADITION MAGAZINE n°29 La campagne d'Allemagne - HOHENLINDEN - 1800).

Bien amicalement

Fabien :salut: :salut:

C.Douville

Hohenlinden (victoire de Moreau)

Message par C.Douville »

Bonjour,

La victoire du général Moreau à Hohenlinden. Vienne est menacée et l'armée Austro-Bavaroise du prince Jean est désorganisée et vient de subir en outre de lourdes pertes. Devenu nouveau commandant en chef des forces Autrichiennes, le prince Charles pense plus prudent de demander la paix.

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