Le destin de Sulayman après l'assassinat de Kléber.

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

d'hautpoul

Re: Qui a tué l'assassin de Kléber ?

Message par d'hautpoul »

Bonsoir


Barthélémy SERRA, également connu sous le nom de colonel Barthélémy ou Pierre SAFERLU.
Né à Chio vers 1758 et mort à Marseille en 1813.
Je ne sais si c'est la même personne; mais sur les Mameluks de Napoleon (Savant) on trouve cela :

page 455, N° 180 Pétros Serra, Mameluk
Grec. Né a Chios 1776. Admis le 2 Messidor an X. Ref, Marseille le 16
Pluviôse an XII.

Lors de recherches, le spécialiste des sépultures des soldats de La Grande Armée et des Mameluks de Marseille(Louis Brun ),a trouvé de plus amples informations:
--D'après un acte de naissance en date du 20 brumaire an X

Pierre Serra aurait eu une fille prénommée Hélène Anne Serra.
Née le dix huit du courant à onze heures du soir fille de Pierre Serra
et de Marie Solon son épouse.
Premier témoin : Joseph Afrelian. Arménien réfugié demeurant à Melun,
profession de marchand âgé de quarante et un ans.
Second témoin, Riscal Georges. Grec, à Melun, professions de tailleur du corps, âgé de vingt deux ans.
Constaté suivant la loi, par nous Jean Baptiste Charles Thierry Maire.
Faisant les fonctions d’Officier public de l’état civil, sur la
réquisition à nous faite par Pierre Serra porte enseigne des mameluks
stationné à Melun père de l’enfant.
Et lecture faite du présent acte, lesdits requérant et témoins, ont
signé avec nous.
Deux signatures en arabe et Pierre Serra. Thierry (Maire de la commune).
Le sieur Pierre Serra aurait une parenté avec Abdelal AGA ancien
Gouverneur du Caire, et gaspard Agoub ancien Mameluk de la Garde.
Renseignement recueillis lors des recherches pour les tombes des
familles Abdelal AGA et Agoub à Marseille.
Il a pu être enterré au cimetière Saint Martin puis déplacé lors de la
démolition de celui ci au cimetière Saint Pierre et pourrait être dans
le tombeau de la famille Homsy avec le Général Yacoub, comme lui
réfugier Egyptien
.

:salut:
chebec

Re: L'assassin de Kléber

Message par chebec »

Une telle cruauté s'explique du fait que les Français on voulu appliquer une peine de mort local. selon le droit ottoman. Afin de frapper les esprits, de s'adapter à la culture local et surement un peu par vengeance.
Les Français ont fait preuve d'une cruauté aussi incroyable en massacrant et en lynchant les mameluks réfugiés à Marseille à la fin de l'Empire; ils n'avaient pourtant assassiné personne et avaient versé leur sang pour la France !
Un autre genre de culture locale :(
Drouet Cyril

Re: Qui a tué l'assassin de Kléber ?

Message par Drouet Cyril »

On prête (?) cet échange entre Barthélemy Serra et le supplicié qui, alors qu'on lui brûlait la main, se plaignait de la douleur provoquée par un charbon ardent qui avait roulé jusqu'à son coude :

"Quoi ! un homme tel que toi craint une légère douleur ; qu'est-elle donc auprès de celle que tu éprouves depuis plusieurs minutes avec tant de courage ?
-Chien d'infidèle, sache que tu n'es pas digne de m'adresser la parole ! Fais ton devoir et tais-toi. La douleur dont je me plains n'était point ordonnée par la sentence que mes juges ont prononcée."
L'âne

Pauvre Kleber...

Message par L'âne »

J'ai appris assez tard dans une émission sur le château d'If (Marseille) que la dépouille du Général Kleber étaient restée 19 ans dans une malle. 19 ans c'est le temps qu'a passé la dépouille de l'Empereur avant de rentrer en France.

Le saviez vous ?
L'âne

L'assassinat du général Kléber

Message par L'âne »

Louis XVIII fit rapatrier la dépouille de Kléber en 1818 dans sa ville natale de Strasbourg où il fut inhumé . En 1840 une statue fut inaugurée place Kléber.

Kléber a été assassiné le samedi 14 juin 1800, le même jour où tombait Desaix.
L'âne

L'assassinat du général Kléber

Message par L'âne »

Merci Drouet Cyril. J'avais effectivement lu ces passages relatifs à l'assassinat de Kléber. Jean Cocteau de dire : "Le pal, un supplice qui commence si bien et qui finit si mal !". Bon, il s'agit de Cocteau...
Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

Il est certaines gloires passées qu'il convient de ne pas trop mettre en lumière...
Et pourtant…
Le 6 septembre 1800, les Consuls rendaient cet arrêté :

"Art. 1. Il sera élevé un monument à la mémoire des généraux Desaix et Kléber, morts le même jour, dans le même quart d'heure, l'un après la bataille de Marengo, qui reconquit l'Italie aux armes de la République, et l'autre en Afrique, après la bataille d'Héliopolis, qui reconquit l'Egypte aux Français.
2. Ce monument sera élevé au milieu de la place des Victoires. La première pierre en sera posée par le premier Consul, le 1er Vendémiaire prochain.
Un orateur sera chargé de prononcer l'oraison funèbre de ces deux illustres citoyens.
3. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera imprimé au Bulletin des lois."


Comme prévu par ledit arrêté, le 1er vendémiaire suivant, jour anniversaire de la fondation de la République, Bonaparte se rendit place des Victoires pour poser la première pierre du monument. L’éloge funèbre des deux hommes fut prononcé par le sénateur Garat.
Le discours commençait ainsi :
" Au moment où tous les éclats, toutes les expressions de la joie d'une République puissante nous appellent de toutes parts à la fête de sa naissance, organe de deux grandes douleurs publiques, dans cette enceinte décorée par le deuil, par les représentations des tombeaux et de la mort, je dois donc vous entretenir de tout ce que nous coûtent les trophées de l'Italie et de l'Egypte ! O Kléber! ô Desaix ! ombres immortelles, les larmes que la République verse sur vos urnes rendront sa fête plus sainte, plus propre à remplir tous les objets de son institution. Parler de vous, c'est montrer les vertus qu'elle inspire, c'est tracer les exemples et les modèles des talents dont elle a besoin. La paix, offerte par la victoire et par la modération, est repoussée par le désespoir ou par les nouvelles espérances des vaincus ; des rochers de l’Helvétie aux rives du Danube et du Mincio, retentit de nouveau le signal des combats, lorsque la terre attendait les proclamations de la paix, L'éloge funèbre,de Kléber et de Desaix sera pour nos armées comme l'hymne des batailles ; leurs noms, si souvent répétés dans les rangs de nos soldais vainqueurs, y porteront encore leur héroïsme, et mes paroles, dans leur faiblesse même , auront une éloquence, puisqu'elles seront remplies de leurs actions."

Et se terminait pars ces mots :
"O vous, héros de la liberté et ses victimes, Kléber, Desaix ! en vous armant pour la liberté vous vous étiez dévoués ; et en, contemplant vos exploits , en les racontant mon âme s'est trop approchée de la vôtre pour vous donner ici trop de regrets et trop de larmes. La patrie et la gloire ont été les premiers et presque les seuls objets de vos passions ; et ces hommages si augustes que la patrie vous rend, ces monuments où une grande nation verra sans cesse et vos traits et votre gloire, auraient été de votre vivant la plus haute et la plus douce espérance de votre ambition. Les entretiens des générations avec vous ne seront plus interrompus ; votre vie, toujours rappelée par vos images, perpétuera au milieu de la République les services que vous lui avez rendus. Consacrée par vos tombeaux et par vos statues, cette place sera un temple où la nation viendra recevoir les saintes inspirations du patriotisme et de l'héroïsme. Celui qui fut si souvent dans les batailles ou voire modèle ou votre chef, et qui aujourd'hui, à la tête de la République, acquitte sa reconnaissance envers vous ; vous l'aiderez, vous le servirez encore du fond de ces tombeaux qu'il vous érige. Vous lui rendrez plus facile l'exécution de ses grands desseins pour remplir ce que la France et le genre humain attendent de lui ; pour arracher une République de trente millions d'hommes et aux erreurs de ceux qui ont entouré son berceau, et aux fureurs de ceux qui ont voulu l'étouffer dans son berceau même ; pour proposer, aux pouvoirs chargés par la Constitution du débat des lois et de leur sanction, des lois dictées par cette morale universelle qui aurait dû être toujours le génie de la République, des lois dont l'exécution constante et certaine apprenne à tout un peuple à exercer par la sagesse des droits conquis par la force, et calomniés par la terreur ; pour rendre aux générations qui vont nous suivre le peu de vraies lumières qui nous éclairent plus faciles à acquérir et à multiplier, et faire des lumières elles-mêmes non l'ornement de quelques êtres privilégiés et les instruments des usurpations de leur orgueil, mais l'héritage commun des hommes , et les attributs inviolables de leur égalité ; pour faire rendre honneur enfin, par toutes les puissances, aux principes du nouvel ordre social, en fécondant, pour la terre entière comme pour nous, les germes de vertus et de prospérités qu'ils recèlent; en faisant de la République française l'alliée de la justice de toutes les nations, la protectrice de celles qui sont faibles, l'effroi de celles qui voudraient abuser de leurs forces, et le modèle pour toutes du bonheur que l'homme peut trouver dans la vie sociale et dans la nature."


Cependant, la fin fut quelque peu différente de celle annoncée…
Ainsi, le 1er octobre 1802 était rendu ce nouvel arrêté :

« Article 1. Une statue colossale sera érigée sur la place des Victoires à la mémoire du général Desaix, mort à la bataille de Marengo.
Art. 2. Sur le piédestal, il sera placé des bas-reliefs relatifs à la conquête de la haute Egypte et à la bataille d'Héliopolis, que ce général a gagné.
Art. 3. L'exécution de cette statue sera confiée au citoyen Dejoux, sculpteur.
Art. 4. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté. »



Ainsi, le monument dédié au Lion de Strasbourg était jeté aux oubliettes.
On notera que le vainqueur d’Héliopolis se voyait arraché les honneurs de la victoire. Le 20 mars 1800, Desaix n’était même plus en Egypte… :roll:
Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

Kléber, même s'il apparaît comme une figure emblématique de la République, est mort trop tôt pour être considéré comme un véritable opposant politique. Néanmoins, l’arrêté du 1er octobre 1802 remplaçant celui du 6 septembre 1800 s’inscrit dans un contexte particulier où la grogne de certains militaires s’était transformée en opposition radicale. Je pense ici au complot des libelles du printemps 1802. Peut-être faut-il y voir un signe ?

L'attitude de Kléber en Egypte qui aurait déplu à Napoléon ?
Les deux hommes aux caractères bien trempés se sont opposés en Egypte. Leur rivalité marqua la campagne de Syrie. On peut se souvenir également du départ d’Egypte et de la lettre un mois plus tard de Kléber où ce dernier dressa un bilan assez calamiteux du généralat de son prédécesseur. La lettre logiquement arriva dans les mains du premier Consul.
Napoléon ne le tenait pas vraiment dans son cœur. Sans doute faut-il y voir aussi la cause majeure de l’oubli d’If et du jeté aux orties de l'arrêté du 6 septembre.
L'âne

Message par L'âne »

J'ai lu quelque chose dans ce sens Drouet Cyril. Je crois qu'effectivement l'oubli au Chateau d'If n'est pas un hasard...
Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril »

Je ne l'ai jamais vu à Paris. A dire vrai, je n'en avais jamais entendu parler...
Pour faire court, il s'agit du monument, dit "court vêtu", inauguré, bien tardivement, le 15 août 1810. La statue ne plaisait pas. Elle fut, en attendant une autre, remisée.
En 1814, elle fut envoyée au creuset pour servir à couler le Henri IV du Pont-Neuf.
  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Assassinat plénipotentiaires français
    par Jeff M. » 10 sept. 2018, 11:50 » dans Espace visiteurs
    5 Réponses
    494 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    11 sept. 2018, 10:36
  • La tentative d'assassinat par Friedrich Staps
    par L'âne » 20 juin 2018, 13:16 » dans L'actualité napoléonienne
    5 Réponses
    428 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    22 juin 2018, 10:29
  • Ajaccio : le destin impérial de la « maison Bonaparte »
    par Joker » 14 août 2019, 20:15 » dans Livres - Revues - Magazines
    0 Réponses
    793 Vues
    Dernier message par Joker
    14 août 2019, 20:15
  • Médecin oublié au destin exceptionnel , François Girardot (1773-1831)
    par Joker » 04 sept. 2020, 20:07 » dans Salon Ier Empire
    4 Réponses
    113 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    05 sept. 2020, 09:47