Les Jacobins contre Bonaparte (1802)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Matthieu Brevet

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Matthieu Brevet »

J'ai trouvé sur le Net qu'au 1er février 1780, le 1er adjoint au maire de Rennes s'appelait Rapatel? Le pater familias de notre auguste lignée? :)

Concernant le passage de JB Rapatel à Saint-Domingue, j'ai assez peu de choses: il est aide de camp du général Brunet dès le début de la campagne, et est cité par Brunet, dans son rapport sur la prise de Fort-Dauphin, citation publiée à l'ordre de l'armée par Leclerc. Le 9 février 1802, ce dernier le propose pour une arme d'honneur avec une demi-douzaine d'autres officiers distingués en cette occasion. Le 18 mars, Decrès confirme à Leclerc que toutes les distinctions demandées ont été accordées. Pourtant, le 7 juin de la même année, Leclerc prend la plume pour faire remarquer qu'il a bien reçu tous les brevets pour les armes d'honneur accordées, tous ... sauf celui de Rapatel! Le général Thouvenot, dans une lettre à Dugua, fait savoir que Rapatel est malade, frappé de fièvre, au 1er octobre 1802. Le 11 novembre 1802, Rapatel écrit à un général dont le nom n'apparaît nul part, mais qui semble disposer d'une grande influence ... peut-être Moreau lui-même? Il lui fait part de son amertume de se voir toujours privé, malgré de nombreuses relances du capitaine général et de son chef d'état-major, de la reconnaissance de sa distinction, affirmant "avoir été maltraité" à l'armée de Saint-Domingue. Il demande ensuite à ce général de faire pression sur le général Lemarois pour le faire rapatrier en France. Plus rien sur lui par la suite ...

Pour votre recherche généalogique, un détail dans cette dernière lettre qui pourrait vous intéresser. Rapatel écrit: "je n'ai plus personne à Paris à qui écrire puisque mon malheureux frère est mort" ... ça fait avancer le schmilblik? :)

Matthieu
Modifié en dernier par Matthieu Brevet le 09 déc. 2006, 22:04, modifié 1 fois.
Drouet Cyril

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Drouet Cyril »

Le pater familias de notre auguste lignée?
S'il s'appelait Jean-Michel, c'est bien le père (en tout cas de Paul-Marie et de François-Marie).
Pour votre recherche généalogique, un détail dans cette dernière lettre qui pourrait vous intéresser. Rapatel écrit: "je n'ai plus personne à Paris à qui écrire puisque mon malheureux frère est mort" ... ça fait avancer le schmilblik?
Disons que ça ajoute des éléments concordants. François-Marie-Suzin, le capitaine aide-de-camp d'Haxo, est en effet mort en 1802, et à Paris.
Ainsi, on entrevoit de plus en plus (amis sans certitude) une filiation directe avec nos Rapatel. :)
Matthieu Brevet

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Matthieu Brevet »

Malheureusement, j'ignore le nom de cet adjoint au maire ... J'ai trouvé cette information sur le site suivant:

http://www.ghcaraibe.org/bul/ghc086/p1756.html

Matthieu
Drouet Cyril

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Drouet Cyril »

La lettre date en fait du 14 novembre 1825. A cette époque, Jean-Michel Rapatel est mort depuis 32 ans.
Matthieu Brevet

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Matthieu Brevet »

En effet ... :(

Mea culpa, mea maxima culpa ... :cry:
Drouet Cyril

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Drouet Cyril »

Si ça peut faire avancer la recherche : la femme de Jean-Michel Rapatel (le papa chirurgien) s'appelait Jeanne-Françoise Beauvais.
Drouet Cyril

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par Drouet Cyril »

"Appel aux armées françaises par leurs camarades.

Soldats de la patrie,

Est-elle enfin comblée la mesure d'ignominie que l'on déverse sur vous depuis plus de deux ans ? Etes-vous assez abreuvés de dégoût et d'amertume ? Jusqu'à quand souffrirez-vous qu'un tyran vous asservisse ? Qu'est devenue votre gloire, à quoi ont servi vos triomphes ? Etait-ce pour rentrer sous le joug de la royauté que pendant dix ans de la guerre la plus sanglante vous avez prodigué vos veilles et vos travaux, que vous avez vu périr à vos côtés plus d'un million de vos camarades ?
Sodats, vous n'avez plus de patrie, la République n'existe plus et votre gloire est ternie. Votre nom est sans éclat et sans honneur. Un tyran s'est emparé du pouvoir, et ce tyran, qui est-il ? Bonaparte !
Quel était votre but en combattant pour la République ? D'anéantir toute classe noble ou religieuse, d'établir l'égalité la plus parfaite. Votre but était rempli, mais votre ouvrage ne subsiste plus. Les émigrés sont rentrés de toutes parts, des prêtres hypocrites sont salariés par le tyran. Les uns et les autres composent son conseil ; les uns et les autres occupent les emplois, les dignités...
Soldats, vous n'avez pas un moment à perdre, si vous voulez conserver votre liberté, votre existence et votre honneur.
Et vous, officiers généraux, qui vous êtes couverts de lauriers, qu'est devenue votre énergie ? Que sont devenus ces élans sublimes de patriotisme qui vous ont fait braver tant de dangers ? Etes-vous aussi tombés dans l'apathie, ou êtes-vous devenus les amis du tyran ? Non, nous n'osons le croire. Pourquoi souffrez-vous que votre ouvrage soit détruit, que vos enfants soient proscrits et que vos ennemis triomphent ? Le repos, les richesses, les rivalités, ont-elles anéanti votre courage ? Grands Dieux ! Serait-il possible que ceux qui ont fait de si grandes choses pour conquérir la liberté fussent devenus assez lâche pour croupir dans l'esclavage ? Est-il besoin pour ranimer vos forces et votre énergie de vous retracer les maux auxquels votre faiblesse vous expose ? Déjà plusieurs d'entre vous ont été proscrits, exilés, pour avoir osé élever la voix. Eh bien, le même sort vous menace tôt ou tard. Si l'on vous ménage encore, c'est que l'on vous craint. Mais vos dangers sont les mêmes, vous êtes tous proscrits. Si vous tardez plus longtemps, la honte et l'infamie seront votre partage ; vos noms ne rappelleront plus ces époques glorieuses de vos triomphes ; on ne les prodiguera plus qu'aux lâches et aux esclaves."



Salutations respectueuses.
FRIEDERICHS

Re: Complot des pots à beurre (complot des libelles)

Message par FRIEDERICHS »

:salut:
Je découvre que l'on parle beaucoup de la famille RAPATEL .
J'ai noté dans mes documents que le RAPATEL qui était adjudant-général
à l'état-major de l'armée de Rhin-et-Moselle ( hélas , je n'ai pas noté son prénom ) avait eu un destin tragique . Devenu ( voir tous les messages précédents ) officier d'ordonnance de l'Empereur de Russie , il était allé
au combat de Fère-Champenoise , supplier, au nom du Tsar , les carrés français de se rendre . Dans le carré devant lequel il se trouvait , servait un de ses frères , comme capitaine d'artillerie .
De ce carré , partit un coup de feu qui le tua .
Je ne me rappelle plus la source hélas , mais j'ai noté cette anecdote comme une chose certaine .
En tous cas , il ne faut pas mépriser ce Rapatel comme un simple traitre .
Du temps de l'armée du Rhin , c'était un franc républicain , excellent camarade , très ami avec des gens hautement recommandables tels que les FRIRION . Mais il eût le malheur , en 1800 , de faire un mauvais jugement sur les mérites comparés de Bonaparte et de Moreau et de prendre parti pour ce dernier . ( Comme Lahorie , qualifié par Hastrel dans sa correspondance de " meilleur camarade du monde " , du temps également de l'état-major de l'armée de Rhin-et-Moselle ). Dès lors , ulcérés par ce qu'ils croyaient être une injustice , ils prirent la route de l'opposition plus ou moins déclarée . :salut: :salut:
Le Briquet

Le complot des libelles dit "complot des pots de beurre"

Message par Le Briquet »

Bonjour,

En 1802 le Premier Consul est loin de faire l'unanimité, même dans l'armée. Concentration quasi-monarchique des pouvoirs et Concordat ne sont pas du goût d'une partie des anciens officiers républicains de l'armée du Rhin. Des libelles venant de Rennes sont diffusées (transportées dans pots de beurre) dans les grandes villes de France. Elles critiquent ouvertement le Premier Consul et sa politique et cherchent à inciter l'armée à la révolte. Ces libelles seraient parties de l'état-major de Bernadotte. Le général Simon en a endossé la responsabilité. Mais qu'en est-il de celle de Bernadotte ?
Marbot dans ses mémoires n'est pas tendre avec le futur maréchal. Mais le frère de Marbot fut impliqué et disgracié à cause de cette affaire. Marbot cherche-t-il aussi à dédouaner un peu son frère en mettant tout sur le dos de Bernadotte ?

Le Briquet.
Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3676
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: Le complot des libelles dit "complot des pots de beurre"

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
18 juil. 2017, 12:53
Je vais m'intéresser à cette pratique des libelles placées dans les pots à beurre.
Vive l'Épopée !

Il s'agit du complot de Rennes, aussi appelé complot des libelles, mais resté dans l'histoire sous le nom de complot du pot à beurre (ou des pots à beurre). Cette appellation que l'on doit à Moreau tire son origine du fait que les écrits séditieux (puisque c'est de ceci qu'il s'agit) étaient envoyés de Bretagne dans des paniers destinés normalement au transport du beurre. Trois pamphlets étaient en cause : « Appel aux armées françaises par leurs camarades », « Les moines des ordres de Saint-François au Premier Consul Bonaparte » et « Adresse des armées aux différents corps et militaires réformés, épars et isolés de la République ».
Le préfet de Police Dubois en fut informé le 28 mai par la maîtresse du capitaine Auguste Rapatel, un proche de Moreau, à qui des exemplaires desdits libelles avaient été envoyés. Fouché prit immédiatement en main l'affaire, en collaboration avec Mounier, le préfet de Rennes.

L'enquête, basée notamment sur des aspects typographiques, mena vers l'imprimeur rennais Chausseblanche, un jacobin, puis vers Jourdeuil, l'homme qui avait envoyé les écrits à Rapatel pour le compte de Bertrand, sous-lieutenant à la 82e demi-brigade et ancien chef des transports et de la poste à l'armée de l'Ouest.
Les soupçons se portèrent alors sur le général Simon, ancien chef d'état-major de l'armée de l'Ouest. Simon et Bertrand avouèrent finalement être les auteurs des pamphlets et avoir agi sans complices.

Le nom de Bernadotte, ancien commandant en chef de l'armée de l'Ouest et ami du général Simon, fut bien évidemment prononcé. L'imprimeur Chausseblanche affirma d'ailleurs tenir du sous-lieutenant Bertrand que l'ordre était venu du colonel Pinoteau, commandant de la 82e, suite à une visite à Paris, lieu de résidence de Bernadotte.
Ce dernier ne fut finalement pas inquiété, et force est de constater qu'il est bien difficile d'entrevoir le véritable rôle du Sergent Belle-Jambe dans cette affaire.
  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Bonaparte contre Toussaint Louverture
    par Joker » 30 janv. 2020, 18:32 » dans Napoléon à travers les Arts
    0 Réponses
    507 Vues
    Dernier message par Joker
    30 janv. 2020, 18:32
  • Garnison de Paris en 1802
    par Pique51 » 12 sept. 2016, 14:05 » dans Bivouac des reconstitueurs & militaria
    15 Réponses
    1647 Vues
    Dernier message par La Béquille
    20 sept. 2016, 17:39
  • 25 mars 1802 : paix d'Amiens
    par Joker » 25 mars 2020, 20:14 » dans Monuments Napoléoniens
    10 Réponses
    222 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    25 mars 2020, 22:19
  • La grippe à Paris pendant l’hiver 1802-1803
    par C-J de Beauvau » 15 mars 2020, 11:35 » dans Salon Ier Empire
    0 Réponses
    417 Vues
    Dernier message par C-J de Beauvau
    15 mars 2020, 11:35
  • Le souvenir contre l'ignorance de l'Histoire
    par J-B Laborde » 14 août 2016, 09:30 » dans Salon Ier Empire
    7 Réponses
    4197 Vues
    Dernier message par J-B Laborde
    16 août 2016, 09:06