Le chien Moustache... et d'autres canidés célèbres

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Modérateur : Général Colbert

la rose

Re: CHIENS : Patte Blanche

Message par la rose »

Comme toute histoire fantastique qui devient de légende de l'épopée, maintenant, il est bien de la croire. :)

:salut: de la rose.

Moustache

CHIENS : Le chien du lieutenant de Lignières

Message par Moustache »

Le chien du lieutenant de Lignières

Affecté au Luxembourg, Marie-Henry de Lignières (1), lieutenant au 3e bataillon du 59e régiment de ligne, quitta Salamanque (Espagne) fin 1809.
Arrivé à Paris, en ce début d’année 1810, de Lignières sollicita un congé de deux mois pour aller se rendre dans la somme, à Ham sa ville natale.
C’est durant ce séjour que le lieutenant fit connaissance du chien "Caro" à Viefville, près de Ham. Le sympathique quadrupède fut adopté et devint l’inséparable et dévoué compagnon de l’officier.
Le congé terminé, le lieutenant de Lignières, partit de Ham, avec son chien, pour rejoindre le dépôt de son régiment au Luxembourg.
En 1811, il fut envoyé à Cherbourg pour y tenir garnison.
Le lieutenant de Lignières nous relate la disparition tragique de son chien "Caro" :


- Ce fut à Cherbourg que je perdis mon charmant et excellent chien Caro, que j’avais eu à Viefville, qui avait été avec moi à Amiens, Thézy, Luxembourg, Paris et Cherbourg. M. Gigault de Bellefonds m’avait prêté un fusil qui partait au repos et ne voulait pas partir étant armé. Étant à la chasse sur le bord de la mer, voulant tirer une bécassine, le fusil ne partant pas, je regardais pourquoi il ne voulait pas partir ; le coup partit et tua raide mort mon malheureux chien à quatre pas de moi.
Il avait une rare intelligence. Je le mettais hors d’une chambre, je cachais une pelote que j’avais toujours dans la poche pour le faire rapporter, ou un gant, dans une armoire, la poche de quelqu’un, n’importe où. S’il ne pouvait prendre, il grattait avec la patte pour montrer où. S’il ne pouvait prendre, il grattait avec la patte pour montrer où était ce que j’avais caché. Il nageait comme un poisson, plongeait, rapportait dans la perfection. Tous les matins, à Luxembourg, j’ouvrais la porte de ma chambre, il allait faire ses besoins dans la rue ; il rapportait toujours quelque chose, des bas, des souliers, etc. Une fois, il rapporte une galette toute chaude ; une femme vint me dire : "Votre chien n’a-t-il pas apporté une galette ?" Je lui dis : "La voilà, elle est intacte."
Il portait un œuf sans le casser. Quand je voulais l’attraper, je lui donnais un morceau de sucre à porter ; au bout d’un certain temps qu’il me suivait, je lui disais de me donner le morceau de sucre ; il était fondu dans sa gueule ; il croyait l’avoir laissé tomber, l’avoir perdu, il cherchait de tous côtés. Il portait tout ce que je voulais lui faire porter. Il avait porté, le matin, le paquet de poudre que j’avais été acheter ; c’est avec cette poudre qu’il a été tué. Quand j’allais dans des sociétés particulières passer la soirée, on voulait toujours que je le mène ; il escamotait les tabatières, les mouchoirs, les pelotes ou ouvrages, etc., m’apportait tout cela sur mes genoux ; on se doutait que c’était lui qui avait escamoté.
Il nageait dans la mer. Le capitaine de la frégate m’autorisa à l’embarquer. Un jour, un matelot fit le simulacre de jeter quelque chose à la mer ; il s’y jeta du haut de la frégate ; on mit de suite une embarcation pour aller le chercher. Le capitaine voulait punir celui qui en était la cause. Il fut très mécontent que j’aie donné 5 francs à ceux qui avaient été le chercher.
Sa mort m’a causé un chagrin extrême. Le curé, logé vis-à-vis de ma chambre, me dit en pleurant : "Vous avez perdu votre meilleur ami."


Ce fut, effectivement, son meilleur ami…qu’il supprima ! ; certes, accidentellement, mais enfin, il est tout de même inconcevable, inimaginable et même inacceptable de penser que le militaire qu’il était ; cet officier, qui était passé maître dans le maniement des armes, n’est pas eu, tout simplement, le réflexe, avant toute manipulation ou inspection, de pointer le canon de son arme vers le haut. Cette impardonnable négligence eut comme triste et tragique résultat d'entraîner la mort de son très fidèle compagnon.
Grand passionné des chiens et de la chasse, le capitaine Elzéar BLAZE (2), qui servit dans la Grande Armée, nous relate, à ce propos, les précautions à prendre avec son fusil à la chasse :


[...] En général, ne marchez en ligne qu'avec des chasseurs expérimentés, des gens raisonnables, fuyez les jeunes fous, ils blessent quelquefois les hommes, manquent toujours les perdreaux, et tuent souvent les chiens.
Quand le fusil rate, relevez le canon et tenez-le quelque temps dans la position verticale ; souvent c'est un long feu, et il part un instant après.[...]


C'est exactement ce qui s’est produit avec le fusil du lieutenant de Lignières et la règle vitale qu'il aurait dû observer pour éviter cette grave et regrettable conséquence.

(1) Marie-Henry, comte de Lignières (1785-1866) laissera des souvenirs militaires qui seront publiés en 1933, sous le titre : "Souvenirs de la Grande Armée et de la vieille Garde Impériale", aux éditions Pierre Roger et plus récemment ( Octobre 2005 ) sous le titre : "Souvenirs d'un Chasseur à pied de la Vieille Garde", à la Librairie des Deux Empires.

(2) Elzéar Blaze (1788-1848). Officier et écrivain français.
Après la publication de "souvenirs" intitulés "La vie militaire sous l’Empire", il écrira une série d’ouvrages sur l’Art de la chasse et sur "L’Histoire du chien".

Sources :

- "Souvenirs d'un Chasseur à pied de la Vieille Garde" - Librairie des Deux Empires 2005.
- "Le chasseur au chien d'arrêt" par Elzéar Blaze - Librairie Tresse, Paris 1846


:salut:

othello

CHIENS : le chien du capitaine Muzy

Message par othello »

Trouvé sur le site :
rep
Le chien du Capitaine Muzy »

Le pauvre Capitaine Muzy, des Chasseurs à cheval de la vieille Garde, perd le même jour : son chien, son cheval et …sa vie
L’action se passe le 6 juillet 1809, lors de la bataille de Wagram.
Le lieutenant Chevalier ( qui était Brigadier à ce moment là ) raconte :
« Les boulets, les obus, la mitraille nous criblaient. Mon chef de file fut tué, je le remplaçai…celui qui me remplaça fut tué. Mes deux voisins, de gauche et de droite, tombèrent aussi.
Mon Capitaine ( Muzy ) avait un fort beau chien qui courait après les boulets qui roulaient dans la plaine.
Au moment où il courait après un, un autre le tuait.
Le Capitaine Muzy tourne alors la tête et s’écrie : Ah ! mon pauvre chi…, il ne peut achever sa phrase, un boulet le frappa au milieu de la poitrine, tandis qu’un troisième tua son cheval… »

Sources : « Souvenirs du Lieutenant Chevalier » Éditions Hachette 1970

bon, je sens que je vais chercher ce livre...

L'âne

Re: Chiens

Message par L'âne »

Si vous permettez, je crois que la phrase était : "J'appartiens au Général Moreau"

Vive l'Épopée !

Christophe

Re: Chiens

Message par Christophe »

[aligner]Le trésorier G. Peyrusse, et qui participa à la cmapgne de 1813, écrit dans ses "Mémoires":
"Un lévrier, portant un collier sur lequel était gravé : J’appartiens au général Moreau, était resté à Nottnitz, et avait été amené au Roi de Saxe, qui s’était empressé de faire passer le collier au prince de Neuchâtel [maréchal Berthier]".
----------
Dans une lettre à son frère André, ce même Peyrusse précise: « On a assuré aussi que le général Moreau, quartier-maître général de l’armée russe a été blessé grièvement à la dernière affaire devant Dresde, et qu’il n’a pas survécu à l’opération qui a eu lieu dans la maison d’un des gardes chasses du roi ; son chien a été trouvé [et] amené ici, j’ai vu son collier il y était dit : « Au général Moreau. » L’arrivée de ce général avait été annoncée comme le rédempteur dans toutes les familles prussiennes. Tout le monde croit ici à cette mort. Ce général pouvait paraître plus grand aux Etats-Unis que dans les rangs Russes. Il y a même de la lâcheté à être venu s’y ranger dans cette circonstance ; seulement que ne venait-il nous arrêter lorsque nous marchions sur Moscou ? … Si le fait de sa mort est vrai, comme il paraît certain, l’Empereur est bien vengé, et son exil était une punition bien douce. » (Dresde, 8 septembre 1813).
--------
Le chirurgien Lagneau précise que c'est à Napoléon lui-même que l'animal fut porté.
[/aligner]

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L'âne
 
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Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par L'âne »

À propos de chien, petite digression. Quelqu'un connaît-il une anecdote concernant un chien ayant défendu le drapeau d'un régiment. Il y a de nombreuses années, j'avais vu un tableau représentant la scène chez un antiquaire (magnifique, mais hors de prix).
Aurea mediocritas

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C-J de Beauvau
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Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par C-J de Beauvau »

Une émouvante cérémonie se déroula au cimetière d’Asnières- sur- Seine le 11 mars 2006. Une stèle fut alors érigée en l’honneur d’un héros des guerres napoléoniennes tué d’un boulet de canon en Espagne, exactement 195 ans auparavant, soit le 11 mars 1811. De nombreux dignitaires assistèrent à la cérémonie, dont le député-maire de la ville d’Asnières. Vous avez bien sûr compris que le cimetière d’Asnières- sur-Seine est un cimetière pour chiens. Le héros de cette journée s’appelait Moustache, un chien « soldat » ayant participé à la quasi-totalité des batailles menées par Napoléon pendant douze ans.
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Son histoire débuta en 1799 lorsque le jeune barbet, sans doute attiré par la musique militaire, commença à suivre une compagnie de grenadiers défilant dans les rues de Caen. Les soldats de la garnison locale l’adoptèrent immédiatement et le nommèrent Moustache pour des raisons évidentes à quiconque a déjà croisé la route d’un barbet. Il devint rapidement la mascotte de la 40e demi-brigade. Les soldats, disposant de beaucoup de temps entre les batailles, apprirent un tas de trucs à Moustache qui devint rapidement extrêmement bien dressé.

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Moustache, célèbre chien soldat
. Il adorait monter la garde pendant la nuit ; aucun bruit inhabituel ne lui échappait. C’est ainsi qu’à la veille de l’importante bataille de Marengo ( juin 1800 ), il dépista un espion autrichien qui avait réussi à pénétrer dans le cantonnement français afin de planifier une attaque surprise. Alertés par ses aboiements, les français réussirent à repousser l’attaque ennemie, non sans peines et au prix, entre autres, d’un coup de baïonnette à la cuisse pour Moustache.
En récompense de son excellent travail, il fut cité à l’ordre du jour
en plus de recevoir une double ration dans sa gamelle. Le lendemain eut lieu l’affrontement principal et décisif de Marengo. Malgré sa légère blessure, Moustache trottinait fièrement en tête des troupes, en dépit de son boitillement. À cette époque d’honneur et de gloire, le drapeau d’un bataillon ou d’un régiment représentait un puissant symbole pour toute armée. Honte au bataillon qui se faisait ravir le sien.
Bien sûr, l’ennemi faisait tout en son pouvoir pour s’en emparer ; car en plus du symbole, la perte du drapeau amenait un effet démoralisant très puissant chez les troupes. Pas besoin d’insister sur le fait que les pauvres porte-drapeaux n’avaient vraiment pas un job de tout repos. Donc à Marengo, Moustache, s’apercevant qu’un énorme dogue de l’armée autrichienne s’apprêtait à attaquer le porte-drapeau français, se précipita sur son ennemi canin lorsqu’une balle tua ce dernier raide. Moustache, malgré une oreille transpercée par une balle, demeura aux côtés du porte-drapeau afin de le protéger d’autres attaques éventuelles.

Mais Moustache réservait son plus haut fait d’armes pour la plus grande victoire de Napoléon. Austerlitz, 2 décembre 1805, le porte-drapeau de sa demi-brigade, devenue le 40e régiment d’infanterie, se retrouva isolé et aux prises avec de nombreux soldats russes. Le pauvre porte-drapeau ne pouvait qu’opposer une résistance risible en accomplissant de furieux moulinets avec la hampe de son drapeau. « Au drapeau », s’époumonait le brave soldat, songeant davantage à sauver le drapeau que sa pauvre vie.
Malheureusement, trop éloigné de sa brigade, personne ne put lui venir en aide, sauf Moustache. Ses aboiements furieux figèrent un instant sur place les soldats ennemis, mais le porte-drapeau avait déjà été blessé mortellement et il s’écroula sur le drapeau. Rendu encore plus furieux par la mort de son compagnon d’armes, Moustache s’acharna contre les ennemis qui voulaient s’emparer du drapeau. Il allait être traversé par les coups de baïonnette lorsqu’une fusillade éclata, forçant les russes à se retourner contre leurs adversaires humains.
Profitant de cet instant, Moustache s’empara à pleine gueule de la hampe du drapeau, réussit à l’extirper de sous le cadavre de son ami et ramena en triomphe les lambeaux du drapeau vers l’armée française. En récupérant « l’aigle », les soldats français s’aperçurent que Moustache avait eu une patte cassée par une balle ennemie, mais l’honneur de son régiment l’avait emporté sur sa douleur.
Pour ce formidable exploit, Moustache fut décoré par le célèbre général Lannes en personne. Le futur maréchal de l’Empire lui remit un collier avec une médaille d’argent gravée de l’inscription suivante « Moustache, chien français. Qu’il soit toujours respecté comme un brave. À la bataille d’Austerlitz, il eut la patte cassée en sauvant le drapeau de son régiment ».

Moustache devint très célèbre, au point qu’on lui fit l’immense honneur d’une rencontre avec le grand Napoléon lui-même. Sans doute remis de ses mésaventures avec son grand ennemi canin, Fortuné, le chien de Joséphine, l’empereur prit un immense plaisir à cette rencontre. Surtout qu’à cette occasion, un brave soldat fut royalement récompensé des nombreuses heures passées à apprendre un truc inusité à Moustache, lorsque le brave barbet leva la patte avant droite à la hauteur de ses yeux, adressant un superbe salut militaire à l’empereur.

Moustache et ses amis grognards vécurent encore de nombreuses aventures jusqu’à ce jour fatidique du 11 mars 1811 où le brave chien, devenu vieux et moins rapide, fut mortellement touché par un boulet ennemi. C’est en pleurant que ses amis, de vieux grognards qui avaient tout souffert et tout enduré, l’enterrèrent sous une grosse pierre marquée de l’épitaphe suivante « Ci-gît Moustache, un brave, mort au chien d’honneur ».
40 Chiens célèbres et leur fascinante histoire
Ray Rainville

Légende ? Belle si il en est!

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Maria Kel
 
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Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par Maria Kel »

Les chiens étaient les inséparables compagnons de nos grognards dont ils savaient calmer les angoisses. :P
“Le grand orateur du monde, c'est le succès.”

Napoléon

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Napolitaine
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Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par Napolitaine »

Maria Kel a écrit :
10 oct. 2017, 21:18
Les chiens étaient les inséparables compagnons de nos grognards dont ils savaient calmer les angoisses. :P
Generalement, il n'y a pas plus fidèle qu'un chien. Je n'ai jamais lu de belles histoire sans rapport avec les chiens. ;)
Il est fou de constater que certaines personnes peuvent dire des insanités sans paraître vulgaire, alors que d'autres le sont juste en vous disant bonjour.

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Maria Kel
 
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Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par Maria Kel »

Effectivement, et nombre d'armées à toutes les époques avaient des chiens
“Le grand orateur du monde, c'est le succès.”

Napoléon

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