Le chien Moustache... et d'autres canidés célèbres

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Moustache

CHIENS

Message par Moustache »

Moustache un héros méconnu


Je me présente,Moustache, et je viens sur ce sympathique forum pour la première fois.
Qui est ce "Moustache" et pourquoi ce pseudo ?
Grand ami des bêtes (en particulier des chiens) et de l'histoire Napoléonienne, je souhaitais ici rendre un hommage à ces braves quadrupèdes qui accompagnèrent les vétérans de la Grande Armée sur les routes et les champs de bataille de l'Europe.
Quelques-uns d'entre eux furent braves voir des héros et se distinguèrent sur le champ de bataille.
Le dénommé "Moustache" fut certainement le plus célèbre (ce qui explique le choix de ce pseudo )
Je ne dois rien apprendre à mon collègue "Mouton la Mascotte" ici présent sur ce forum (et que je salut, d'ailleurs, au passage) car ce chien de régiment, Mouton un brave caniche, fut cité dans les mémoires du sergent Bourgogne.
Moustache lui eut une destinée extraordinaire :
En 1800, la veille de la bataille de Marengo, le jeune "Moustache" sauve son régiment en donnant l'alerte lors d'une attaque surprise des Autrichiens.
Le lendemain, bien que blessé à la cuisse, il se distingue, de nouveau, à Marengo en tenant tête à un autre chien deux fois plus gros que lui et qui tentait de tuer son maître. Il sera cité à l'ordre du jour.
En 1805, à Austerlitz, il rapporte entre ses dents "l'Aigle" de son régiment qui était tombé aux mains de l'ennemi. Cet exploit lui a valu une patte cassée mais aussi une médaille que le Maréchal Lannes en personne lui passa dignement autour du cou.
Le brave chien meurt en Espagne le 11 mars 1811 au siège de Badajoz emporté par un boulet de canon.
Ce jour là, on vit pleurer de vieux grognards devant leur fidèle compagnon d'armes.
Moustache, comme ses autres congénères de régiments n'étaient pas des "toutou à sa maman" n'est-ce pas Mouton ?
Si vous avez des commentaires à faire ou bien des anecdotes sur le sujet...!?
A bientôt donc et vive l'Empereur ![/b][/justify]

Moustache

Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par Moustache »

A vrai dire mon cher Murat je ne sais pas ! :?
Tout ce que je sais c'est que Moustache était très jeune à Marengo ( peut-être 1 an ou un peu plus )
Il était donc assez agé à sa mort en 1811 ( 13 ans environ )

mouton la mascotte

Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par mouton la mascotte »

J'ai oublié, dans l'émotion, de vous demander, cher Moustache, d'où vous tenez cette jolie anecdote. Pour répondre à votre question, Bonaparte un soir durant la 1ière ou seconde campagne d'Italie verra les larmes lui monter aux yeux en voyant un brave canidé défendre le corps de son maître mort. Il dira que cette petite bête fut son dernier ami .Cette anecdote est tirée du "Mémorial"

Moustache

Re: Chiens : Moustache un héros méconnu

Message par Moustache »

Merci à tous pour votre accueil chaleureux !
Pour répondre à mon collègue "Mouton" , Moustache n'était pas un caniche mais un Griffon.
Pour ce qui est des infos sur le sujet, je les glane ici et la par petits bouts avec beaucoup de difficultés. En fait,et pour répondre aussi à Tibule, je n'ai pas énormément d'infos sur les mascottes canines de la Grande Armée.
Néanmoins, il paraîtrait que l'histoire du premier Empire renferme des centaines d'actions d'éclats accomplies par des chiens qui, pour une raison ou une autre, servaient la Grande Armée en campagne.
Je recherche toujours moi-même précisement des récits anecdotiques sur le sujet.
Cela dit, en dehors de "Moustache" il y a, bien sur, "Mouton" !
Ainsi, lors de la retraite de Russie, le sergent Bourgogne, de la Garde Impériale, est le témoin de la scène suivante :
"J'aperçus devant moi un individu que je reconnus, à sa capote, pour être un homme du régiment. Il marchait fortement courbé en paraissant accablé sous le poids d'un fardeau qu'il portait sur son sac...je lui témoignai ma surprise de le voir chargé d'un chien, puisque lui-même avait de la peine à se trainer" En fait, ce chien, c'est Mouton la mascotte du régiment des fusiliers de la Garde.
L'homme qui transporte "Mouton" est un vieux sergent nommé Daubenton.
Mouton était un très beau caniche dont Bourgogne nous donne la biographie :
"Mouton était avec nous depuis 1808, nous l'avions trouvé en Espagne, près de Benavente. Il était venu avec nous en Allemagne et en 1809, il avait assisté aux batailles d'Essling et de Wagram. Ensuite, il était encore retourné en Espagne en 1810 et 1811.
C'est de là qu'il partit avec le régiment pour faire la campagne de Russie. Il fut perdu en Saxe et retrouvé à Moscou.
Triste fin ensuite pour "Mouton" : C'est la retraite et arrivé à Wilna "Mouton" eu les pattes complètement gelées, ne pouvant pratiquement plus marcher.
C'est alors que Daubenton le chargea dans son sac.
Puis lors d'une escarmouche avec les Russes il disparu définitivement. :cry:
Je vous raconterai, un autre jour si vous êtes bien sage, l'histoire de "Patte blanche" une chienne épagneul très brave elle aussi.
Je terminerai ce soir sur une petite anecdote concenant cette fois directement Napoléon ( mon collègue "Mouton" en parle un peu dans son message )
A Sainte-Hélène, Napoléon raconta qu'après une bataille en Italie je crois : "un chien était sortie de dessous un cadavre, s'élança vers nous et retourna presque aussitôt, lécha le visage du soldat mort en poussant des cris douloureux et, à plusieurs reprises, s'élança, de nouveau, vers nous en aboyant"
Et l'Empereur de confier :
"Jamais rien sur aucun de nos champs de bataille ne me causa une impression pareille. Ici je me sentais très ému, j'étais remué par les cris et la douleur d'un chien !... Recueillons-nous messieurs, dis-je alors à ceux qui m'accompagnaient : ce chien nous donne une leçon d'humanité..."
Sur ces belles paroles je vous salut, je vais au dodo :sommeil: et vous dis à bientôt

Moustache

[CHIENS] Patte Blanche

Message par Moustache »

" Patte Blanche " était une superbe et fidèle chienne épagneul qui appartenait au porte-drapeau Burat, sous-lieutenant au 16e régiment de ligne.

Depuis 1809, le bataillon de Burat se trouve en Espagne dans le 3e corps d’Armée.
La chienne accompagnait toujours son maître dans ses déplacements et, un jour, lors d’une reconnaissance, le bataillon du sous-lieutenant, au détour d’un chemin escarpé, fut assailli par l’Armée Portugaise.
Comme il se devait, Burat défend avec rage " l’Aigle " dont la hampe se brisa ; il ressaisit le drapeau et réussit à se dégager de ses assaillants, jusqu'au moment où il reçut un coup de sabre. Un soldat Portugais, tente de lui arracher " l’Aigle " mais, malgré sa blessure à la tête, ne lâcha pas le précieux emblème du régiment.
Le visage ensanglanté, le jeune officier, ne devait plus résister très longtemps et tomba sur les genoux, cerné par les baïonnettes. Un assaillant, alors s’empare du drapeau et s’apprête à achever Burat, lorsque, tout d’un coup, des aboiements de chien retentissent !
C’est " Patte Blanche " qui, comme une bête furieuse, s’élança à la gorge du soldat Portugais et le mit hors de combat.
La bataille tourne à l'avantage des Français.
Le porte-drapeau blessé put ressaisir son " Aigle " mais perd, aussitôt, conscience.
Pendant que l’ennemi en déroute s’éloignait , la brave chienne tentait de réanimer son maître en léchant son visage. Burat est blessé légèrement et lorsqu’il rouvrit les yeux, il voit horrifié, son fidèle compagnon avec une large et atroce blessure au ventre. Il rassemble alors ses forces et arrive à se traîner, tant bien que mal, avec le pauvre animal jusqu’à une rivière qui était toute proche. Il déchira des morceaux de ses vêtements, pansa la chienne et perdit, de nouveau, connaissance.

Quelques heures plus tard, " Patte Blanche " et son maître seront capturés par une patrouille Anglaise et soignés. Hélas, Burat fut ensuite placé sur un navire et, en qualité de prisonnier de guerre, sera envoyé sur les prisons flottantes d’Angleterre : les pontons de Chatham.
Ces prisons ne sont autres que de vieux navires réformés, de vieilles carcasses amarrées, les unes aux autres, par des chaînes et situées à environ 50 km de Londres, dans un estuaire rempli de vase.

Au moment du départ pour l’Angleterre, le capitaine Anglais refusa de prendre la chienne, qui du rivage, vit le navire s’éloigner et emporter son maître.
Burat, tourne la tête et porte son regard une dernière fois vers le rivage et, à sa plus grande stupéfaction, voit la pauvre bête qui nageait et luttait avec les vagues, pour essayer de rejoindre le navire. Voyant que son fidèle compagnon allait se noyer, Burat, d’un bond se jeta dans les flots pour aller son secours.
Un canot de sauvetage est mis à l’eau, mais l’officier refuse de monter sur celui-ci sans sa chienne. Il obtient satisfaction et remonte avec " Patte Blanche " sur le navire Anglais.
Arrivé dans la rade de Chatham, Burat et son compagnon furent internés sur le " Brunswick " un des plus célèbres pontons Anglais où étaient entassés de nombreux prisonniers les uns sur les autres.

Pendant plusieurs années, " Patte Blanche ", la fidèle chienne, va partager, dans ces horribles prisons flottantes, toute la misère, les privations et les souffrances de son maître.
Un jour, Burat parvint à s’échapper, dans une chaloupe, avec
" Patte Blanche " et un autre prisonnier, et ils réussirent à sortir de la rade et rejoindre Dunkerque.

cette brave et fidèle bête avait tout partagé avec son maître : les dangers des combats, les cauchemars de la captivité et devait encore partager, après la chute de l’Empire, la misérable vie du
" demi-solde " qu’elle vénérait.[/color][/b]

SOURCES :

« Chiens de braves » article du Dr P. Rousselet-Blanc

« Vie des chiens illustres » par Elian-J. Finbert - Editions de la Table Ronde 1954

« Les animaux-soldats » par Martin Monestier – Le cherche midi Éditeur 1996
Modifié en dernier par Moustache le 25 mars 2004, 09:32, modifié 1 fois.

Moustache

CHIENS

Message par Moustache »

L'histoire du brave Moffio

Après les récits de « Moustache », « Mouton » et « Patte blanche » voici le récit d’un brave caniche nommé « Moffino ».
Nous sommes en 1812, Napoléon décide de l’ouverture d’une campagne contre la Russie.
Outre les centaines de milliers de Français, autant de Polonais, Allemands, Suisses, Espagnols, Croates et autres Italiens du nord et du sud étaient réunis.
C’est ainsi que Carlo Caldini, jeune homme de Milan, appelé par la conscription, se vit obliger de quitter son foyer familial et se retrouve incorporé dans les troupes du Prince Eugène de Beauharnais, vice Roi d’Italie.
Carlo décida d’emmener avec lui son fidèle chien « Moffino » un superbe caniche noir dont les yeux extrêmement mobiles révélaient la plus vive intelligence.
Moscou, à quelques pas du bivouac, la ville flambe, l’hiver approche et va commencer la plus tragique des retraites qu’une armée ait connue.
Carlo et Moffino sont jetés dans cette cruelle et longue retraite. Neige, froid, faim et une maigre couverture pour ce protéger tous les deux.
Puis, les unités approchent, en désordre, de la Bérézina.
Il faut établir des ponts de chevalets pour permettre à l’armée de passer sur la rive gauche.
La troupe affolée par le harcèlement des Cosaques s’y précipite. Carlo est entraîné par la ruée, il est obligé d’avancer et cherche, en vain, son chien.
Tout d’un coup, une rafale de boulets vint, avec une atroce précision, détruire quelques chevalets et une partie du tablier du pont ou se trouvait Carlo.
Le Milanais arrive, tant bien que mal, à reprendre pied sur les débris du tablier.
Momentanément à l’abri du danger, Carlo s’inquiéta de son fidèle compagnon quand soudain, à quelque cent mètres en aval, il aperçut dans l’eau une petite masse noire qui cherchait à lutter contre le courant.
C’était le pauvre « Moffino » qui, moins heureux que son maître, avait été précipité dans la rivière glacée.
Heurtée par les énormes glaçons en dérive, la malheureuse bête par un suprême effort, réussit enfin à se hisser sur l’un d’eux. Et, petite tache sombre et hurlante sur la blancheur de son mobile refuge, « Moffino » ne fut bientôt plus qu’un point sombre à l’horizon.
Blessé dans un des derniers combats qu’eurent à livrer les débris de la grande Armée, Carlo, dès sa guérison, obtint son congé et reprit le chemin de sa ville natale en Italie, joyeux de retrouver la quiétude du foyer.
Son expression reste triste malgré tout. Il s’en veut pour « Moffino », il se l’imagine encore sur cette Bérézina qui s’est montrée tellement cruelle…
De nombreux mois passent, la vie reprend son cours. Or un jour, les gens de sa maison virent arriver un animal qui jadis avait dû être un chien mais qui ne méritait plus ce nom.
C’était quelque chose de hideux, de galeux, boitillant, les pattes en sang, le poil collé par la crasse, bref, d’une saleté repoussante que l’on chassa, sans pitié, malgré les cris plaintifs de la pauvre bête.
Après plusieurs tentatives infructueuses pour pénétrer dans la maison, l’animal affaibli par son état, resta allongé sur le sol près de la maison.
Un peu plus tard, Carlo qui rentrait chez lui, vit se traîner vers lui ce quadrupède informe en poussant des gémissements.
Carlo le regarde étonné et dans un premier mouvement de répulsion, l’ancien soldat de la Grande Armée, repoussa ce singulier visiteur. Ensuite, se ravisant, il examina avec plus d’attention l’animal.
Puis, son regard se trouble, sa voix se serre, un étrange émoi l’envahit.
« Moffino » ? murmura-t-il soudain.
À l’appel de ce nom, l’animal essaya de se relever en gémissant de joie et retomba épuisé de fatigue.
Son maître qui l’avait enfin reconnu s’empressa de le rentrer à la maison et le secourut.
« Moffino » vivra encore quelques années près de son maître et lorsqu’il mourut, Carlo Caldini le pleura à l’égard d’un humain.
Émouvante histoire n’est-ce pas ? :cry:
Personne ne pourra jamais savoir comment « Moffino » a pu parcourir ces milliers de kilomètres depuis la Bérézina. Cette dangereuse traversée entreprise par un animal, ces fleuves, ces montagnes franchis par un être faible au prix de souffrances terribles, tout cela pour retrouver son maître… !
Mystère de cette nature, de cet instinct, de ce sixième sens qui, programmés par l’amour, fait faire à certains animaux des exploits qui les surclassent.
SOURCES :
Anecdote tirée de :
1) Revue « Notre Temps » - Article du Dr P. Rousselet-Blanc
2) « Le Perroquet » bulletin d’informations du Garde Chauvin – Article de Daniel Dieu

mouton la mascotte

Re: CHIENS

Message par mouton la mascotte »

Si tu voulais des larmes aux yeux , camarade, c'est réussi...Mais ces petites bêtes sont si adorables et si fidèles... Ah, les caniches ...
Emouvoir un marin, bravo Moustache !!!!!

Philippe Osché

Re: CHIENS

Message par Philippe Osché »

Excellent, cher Moustache !
J'avoue que j'en ai eu la larme à l'oeil !
Cela nous change des récits "guerriers"...
Enfin pas de morts du fait de la folie des hommes, mais un animal qui n'oublie pas son "maître" ; bien que ce mot soit impropre pour qualifier les liens qui unissent un chien à un humain. En effet, rien n'oblige un animal en liberté de traverser des lieues pour retrouver un bipède d'un autre espèce.... ;-)

Moustache

Re: CHIENS

Message par Moustache »

Tout a fait vrai mon cher Philippe !
Et pour ce qui est de "la larme" :cry: , idem pour moi durant l'écriture du texte !!!
Tu vois "Mouton" le marin a été attendri mais le "Moustache grognard" aussi !
@+

caron

Re: CHIENS

Message par caron »

je ne vois plus rien sur mon écran, :oops:
en regardant de ma fenêtre j'ai cru un instant qu'il pleuvait dehors, :cry: et bien non les larmes dans les yeux :fou:
Ce petit chien avait pris la force de plusieurs de nos grognards de l'époque pour enfin revenir chez son maitre! :mrgreen: :mrgreen:
une preuve de plus que...... :idea: :idea:

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