Juillet 1789 : le regard d'un jeune officier

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Joker
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Juillet 1789 : le regard d'un jeune officier

Message par Joker »

Où le jeune Bonaparte, officier à la garnison d'Auxonne réagit aux premiers événements.

Lettre à son oncle, l'archidiacre Lucien : "... Je recois dans le moment des nouvelles de Paris. Elles sont étonnantes, et faites pour singulièrement alarmer. La fermentation est à son comble. L'on ne peut prévoir ou tout cela finira. M. Necker s'est acheminé du coté de la Picardie, probablement pour passer en Hollande. Peut-être ce soir, peut-être cette nuit, battra-t-on la générale pour nous faire aller à Dijon ou à Lyon...."

Lettre à son frère Joseph : "... Au milieu du bruit des tambours, des armes, du sang, je t'écris cette lettre. La populace de cette ville renforcée d'un tas de brigands étrangers qui sont venus pour piller, se sont mis dimanche au soir à renverser les corps des bâtiments ou logent les commis de la Ferme, ont pillé la douane et plusieurs maisons. ... Après bien des manoeuvres, nous en avons arrêté 33 et les avons mis au cachot. L'on va en pendre trois je crois, prévôtalement."

Napoléon ne semble pas nourrir un sympathie excessive pour la "canaille", mais il considère avec moins de sympathie encore ces privilégiés, une caste à laquelle il appartient pourtant : "Par toute la France, le sang a coulé, mais presque partout cela a été le sang impur des ennemis de la liberté, de la Nation, et qui depuis longtemps s'engraissent à leur dépens.". C'est qu'il confond dans une même haine, les privilégiés et la monarchie qui a mis en coupe réglée sa patrie corse.

Sa lettre à Paoli du 12 juin, est assez explicite : "... Je naquis quand la patrie périssait, 30000 francais vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberté dans le sang. tel fût le spectacle odieux qui vint frapper le premier mes regards ... L'esclavage fût le prix de notre soumission. Accablés par la triple chaîne du soldat, du légiste, et du percepteurs d'impots, nos compagnons vivent méprisés ..."


SOURCES : "Napoléon", Jean Tulard, 1978.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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