Quand Jérôme Bonaparte était capitaine de vaisseau...

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Modérateur : Général Colbert

SCHNAPS

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par SCHNAPS »

Ah Môssieur "Route N..." "fait le jacques" !

comme si vous ne saviez pas que j'en fait toujours des tonnes !
:lol: :salut:

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

Et moi, si j'étais éditeur, je vous ferai signer pas dans la Garde, mais dans la page de garde !

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

1813 :

Catherine toujours à Meudon, va chez Madame Mère à Pont-sur-Seine puis visite souvent l’ex-roi Joseph Primero à Mortefontaine où elle se plaît se plaignant de l’Empereur qui abandonne son mari.
Tous deux, Joseph et Catherine, se rejoignent dans leurs plaintes…

16-18 Octobre 1813 :
On connaît l’issue de la Bataille des Nations à Leipzig. Trois jours de batailles indécises, le 18 Napoléon contient Schwartzenberg, mais à Paunsdorff une division Saxon, lancée contre Bernadotte se retourne soudain et fait feu contre les français entraînant une panique monstre que Nansouty a du mal à contenir avec Drouot .
Repli général et ce pont sur l’Elster qui saute trop tôt…

Jérôme, après avoir envisagé, lui aussi, de s’allier avec les Alliés, pour sauver son trône, abandonne, le 26 octobre, son royaume aux alliés victorieux, qui le supprimeront officiellement au Congrès de Vienne.

Le 8 novembre Napoléon après la bataille de Hanau du 30 octobre est rentré à Saint-Cloud.
Catherine est à Mortefontaine chez Joseph, elle rentre à Meudon où elle apprend l’évacuation de Cassel et le départ du roi "obligé de faire sa retraite avec un habit sur le corps"…
Elle écrit à son père le roi de Wurtemberg pour se plaindre de Napoléon : " Si, depuis la reprise des hostilités il eût voulu accorder des forces suffisantes au roi qui le lui avait demandé à Dresde, celui-ci ne se serait pas trouvé dans la cas d’abandonner son royaume. Le roi, lui a prédit tout ce qui vient d’arriver et lui a fait connaître ce malheureux peuple exaspéré par la manière dont le Gouvernement français l’a traité. "

Alors qu’il était encore en Wesphalie, Jérôme a acheté 300.000 francs, sans le voir, sous le nom de baron de Sorsum, le château de Stains, propriété de MM. de Catelan qui ont crée un parc superbe avec toutes sortes d’oiseaux magnifiques, des cerfs , des biches et un troupeau de mérinos ce qui est très tendance. Il en est devenu propriétaire le 22 octobre…
D’après le Statut de Famille, un prince monté sur un trône étranger ne peut rien posséder sans la permission de l’Empereur, ce qui n’a pas empêché Joseph d’avoir Mortefontaine, Louis Saint-Leu et l’ hôtel de la rue Cérutti…
Que peut dire Napoléon et il ne sait pas encore que Jérôme va aussi acheter le château de Villandry dans la même combinaison qui lui a permis d’obtenir Stains.
Jérôme a en outre placé des millions à la Banque de France mais ceux-là ne font pas scandale puisque invisibles.
Napoléon très en colère écrit à Cambacérès :
" Le roi a fait acheter la terre de Stains. Ordonnez au Grand Juge de faire venir le notaire qui a fait l’acte, de lui faire connaître les dispositions des statuts et d’annuler la vente. J’ai ordonné au roi de se fixer à Aix-la-Chapelle. Je suis indigné de ce que lorsque tous les particuliers sacrifient leurs intérêts pour la défense de la Patrie, un roi, qui perd son trône, ait assez peu de tact pour choisir ce moment pour acheter des terres et avoir l’air de penser à leurs intérêts particuliers. J’ai fait connaître au roi de Westphalie que mon intention était que la reine allât le rejoindre."
La mission de préparer le séjour à Aix-la-Chapelle est dévolu le 8 novembre au ministre westphalien Reinhart, qui se replie sur le ministre des Relations Extérieures Le Camus de Furstenstein.
Jérôme est déjà en route pour la France. Reinhart lui fait sentir le mécontentement de l’Empereur, à quoi Jérôme réplique :
- Le Statut de Famille n’a pas empêché le roi d’Espagne d’habiter Mortefontaine
- Il l’a acquis de l’agrément de l’Empereur et l’habite sans voir personne et dans le plus grand incognito.
- Sans voir personne ! Le roi d’Espagne va seulement coucher à paris toutes les nuits et ce n’est pas pour conjurer mais pour s’amuser. Jamais je ne ferai venir la reine à Aix-la-Chapelle. 500 Cosaques peuvent venir par Düsseldorff. La place de la reine n’est pas aux avant-postes.

Jérôme ne veut pas d’établissement sur le Rhin, mais aux environs de Paris, tout au plus Laeken…
Reinhart lui démontre que les Cosaques iront aussi bien à Dusseldorff qu’à Laeken. La discussion tourne à l’aigre Jérôme avance Pont-sur-Seine où est sa Mère.
Dans la nuit Jérôme se prépare à parti pour Pont-sur-Seine avec Le Camus et la princesse de Löwenstein, quand arrive un message de Napoléon lui assignant Compiègne pour résidence.
C’est Catherine qui obtenu cette grâce.

Et le 14 novembre Jérôme arrive à Compiègne avec seulement deux voitures suivant son carrosse. La reine Catherine arrive dans le soir. Suivront la Löwenstein, la cour et une sorte de gouvernement en exil avec gardes et secrétaires, médecins, préfets du palais, etc…
Joseph avec sa cour espagnole viendra rendre visite aux Westphaliens ce qui n’est pas pour plaire à l’Empereur qui va s’engager dans la nouvelle campagne de France.
Jérôme pousse la reine à intercéder en sa faveur auprès de son père Frédéric, roi du Wurtemberg.

Début décembre elle écrit :
" Mon cher Père,
La paix qu’on nous fait espérer doit assurer l’existence de tous les souverains et sans doute, après les sacrifices que vous avez faits à la cause des Alliés, vous avez des droits à obtenir que celle de vos proches ne soit pas oubliée. Si la politique admet quelques principes de justice, on pourra savoir mauvais gré au roi et je ne pourrais me persuader qu’on voulût le rendre victime de l’impossibilité où il se trouvait d’agir comme tous les autres membres de la Confédération du Rhin…"

Jérôme, en victime, écrit lui-même à son beau-père :
"...le royaume de Westphalie a été formé avec le concours de la Russie et de la Prusse. Il a été reconnu par toutes les Puissances actuellement en guerre avec la France. Tous les actes émanant de leur autorité le reconnaissent comme existant et, en effet, je ne vois pas dans la guerre des Alliés contre la France, en quoi ma qualité de prince français pourrait influencer sur la conservation de mon royaume, même dans le cas où la paix donnerait lieu à changements dans la considération politique de l’Allemagne auxquels je n’hésiterais pas à souscrire…"

Catherine dira que c’est avec l’accord de Napoléon que Jérôme fait cette démarche.
Or Napoléon n’a pas voulu le voir depuis qu’il est à Compiègne et c’est Lebrun, duc de Plaisance, qui lui porte le courrier.
Le 2 décembre, les bases du Traité de Francfort sont acceptées par Caulaincourt et dans le paragraphe 5 on lit que la France renonce à toute possession en Allemagne et la lettre de Jérôme est du 8...

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

...Hiver 1813-1814 :
Deux autres lettres qui résument les relations entre Napoléon et Jérôme :

L' Empereur écrit le 13 jnavier 1814 à Savary, ministre de la police :
" Vous ferez appeler l'architecte qui travaille à Stains... Vous lui donnerez l'ordre de congédier tous les ouvriers et qu'on y fasse plus aucun travail... Vous ferez dire, par son homme d'affaires, au roi de Westphalie, que j'ai ordonné qu'on fît cesser tous les travaux, qu'on y reçu personne et que la maison fût fermée. Vous ferez connaître en outre au roi qu'il est nécessaire qu'il reste tranquille à Compiègne et ne s'en éloigne pas à deux lieues, qu'il est scandaleux, que dans la situation des affaires, on ne voit que ses cuisiniers et sa livrée aller dans tous les sens...
Qu'on fasse bien comprendre au roi qu'on ne trangresserait pas mon ordre impunément. "

Jérôme pour apaiser la colère impériale demande à reprendre du service ! Napoléon ne veut pas le voir et interdit à Marie-Louise de le recevoir. Joseph intercède en sa faveur...

Février 1814, la Campagne de France le 21 février au lendemain de Montereau,
Napoléon écrit à son beau-père pour lui proposer de conclure la paix sur les bases de Francfort, à Augereau commandant à Lyon, pour le réveiller
et enfin à Joseph, lieutenant-général à Paris :

"Voici mes intentions sur le roi de Westphalie : Je l'autorise à prendre l'habit de grenadier de ma garde...Il donnera congé à toute sa maison westphalienne. Immédiatement après, le roi et la reine seront présentés à l' impératrice. Cela fait, le roi se rendra à mon quartier-général, d'où mon intention est de l'envoyer à Lyon prendre le commandement de la ville, du département et de l'armée, si, toutefois il veut me promettre d'être toujours aux avant-postes, de n'avoir aucun train royal, aucun luxe, de bivouaquer avec sa troupe et qu'il soit le premier exposé. "

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

Eh bien non, on ne verra pas le roi Jérôme à la tête de l'armée des Alpes.
La rapidité des événements empêchera sans doute Jérôme de se rendre à Lyon car il se trouve encore à Paris le jour du départ de l’Impératrice pour Rambouillet le 29 mars 1814 :

Conseil de Régence du 28 mars 1814, une des plus pathétiques délibérations dont sait qu’en découle la chute de la dynastie impériale, sans que l’Empereur puisse le reprocher à ses conseillers, car la résolution ne fut l’exécution des ses ordres formels…
L’Impératrice régente préside ce Conseil composé du roi Joseph, Lieutenant général, Talleyrand vice grand-électeur, Cambacérès archi-chancelier, Lebrun archi-trésorier, Molé grand-juge, Montalivet ministre de l’ Intérieur, Clarke ministre de la Guerre, Bigot de Préameneu, ministre des Cultes, de Sussy ministre du Commerce, Gaudin ministre des Finances, Mollien ministre du Trésor Public, Daru ministre de l’Administration de la Guerre, Savary ministre de la Police, Champagny, secrétaire d’Etat, Decrès ministre de la Marine, Lacépède président du Sénat, Reignier président du Corps Législatif, Regnault de Saint Jean d’Angély, Boulay de la Meurthe, Merlin de Douai, Muraire, de Cessac et de Fermont ministres d’Etat.

La séance commence à huit heures du soir...
On sait que Joseph, lors de ce Conseil de Régence, a sorti une ancienne lettre de Napoléon préconisant :

" …Si l’ennemi s’avance sur Paris avec des forces telles que toute résistance devînt impossible, faites partir dans la direction de la Loire, la Régente, mon fils, les grands dignitaires, les ministres, les officiers du Sénat, les présidents du Conseil d’Etat, les grands officiers de la Couronne, le baron de La Bouillerie et le Trésor. Ne quittez pas mon fils et rappelez-vous que je préférerais le savoir dans la Seine que dans les mains des ennemis de la France. Le sort d’Astyanax, prisonnier des Grecs, m’a toujours paru le sort le plus malheureux du monde. "

Après trois votes, il est résolu que l’Impératrice et l’enfant partiraient le lendemain pour Rambouillet, accompagnés de l’Archichancelier Cambacérès et du Président du Sénat Lacépède, tandis que Joseph resterait dans la capitale pour diriger la défense…

Sortant de la séance du Conseil, Boulay de La Meurthe, ancien Conventionnel, approche Savary pour lui dire
" Si j’étais ministre de la Police, demain Paris serait insurgé et Marie-Louise ne partirait pas ! "

Dans la nuit du 28 au 29 mars, les passants attardés peuvent voir une précipitation anxieuse dans les couloirs et les cours des Tuileries. Le Trésor et les effets les plus précieux sont chargés sur des fourgons qui doivent suivre ceux de l’Impératrice.

A huit heures tout est prêt. Chacun est conscient que le départ de Marie-Louise est une sottise, que sa présence est une garantie contre les excès des ennemis, qu’on ne peut pas bombarder, incendier ou piller une ville où se teint la fille de l’Empereur d’Autriche et son petit-fils.
Au moment de monter en voiture, les Officiers de la Garde Nationale viennent la supplier de rester lui promettant de la défendre, elle et son fils, comme ils l’ont juré, jusqu’à la mort. Par instinct, Marie-Louise sent bien qu’elle devrait rester mais, comment résister aux ordres formels ?

L’ Impératrice attend jusque onze heures un contre-ordre venant de Joseph parti en inspection, dès 6 heures du matin, sur les hauteurs de Montmartre, avec son frère Jérôme, son aide de camp le général Stroltz et une escorte.

Rien ne vient. Il lui faut donc partir quand le petit Napoléon se révolte :
"Je ne veux pas quitter ma maison, je ne veux pas m’en aller. Puisque Papa est absent c’est moi le maître ! "
L’ écuyer de service de Canisy le prend dans ses bras.
" Non je ne veux pas aller à Rambouillet ! C’est un vilain château ! Je veux rester ici ! "...

La souveraine fugitive est accompagnée de madame Lannes Duchesse de Montebello dame d’honneur, la comtesse de Luçay dame d’atour , Mmes de Castiglione, de Brignole et de Montalivet dames du Palais, le comte Claude de Beauharnais chevalier d’honneur, MM. De Gontaut et d’Haussonville chambellans, le prince Aldobrandini premier écuyer, MM. D’Héricy et de Lambertye écuyers, de Cussy et de Bausset préfets du palais, de Seyssel maître des cérémonies, de Gérény maréchal des logis du Palais.
Corvisart, Bourdier, Lacourner et Royer composent à eux quatre le service de santé.
Le roi de Rome est accompagné de la comtesse de Montesquiou, sa gouvernante, Mmes de Boubers et de Mesgrigny, de Canisy écuyer et docteur Auvity.

Dix lourdes berlines, escortées de 1.200 hommes pris dans les dépôts des grenadiers, chasseurs, dragons et lanciers de la Garde et dans les gendarmes d’élite. On sort par le guichet du Pont Royal, les quais des Tuileries, les Champs-Elysées, l’ Arc-de-l’Etoile, direction Rambouillet par la barrière de Passy.

Le 30 mars, on quitte Rambouillet pour Chartres.

Le 30 mars, le roi Joseph quitte la capitale, pour arriver à Chartres dans la nuit...

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

Joseph après avoir fait placardé ces affiches :

" Le roi Joseph lieutenant général de l’Empereur, commandant en chef la Garde Nationale, aux Citoyens de Paris : Une colonne s’est portée sur Meaux. Elle s’avance par la route d’Allemagne, mais l’Empereur la suit de près à la tête d’une armée victorieuse.
Le Conseil de Régence a pourvu à la sûreté de l’ Impératrice et du roi de Rome. Armons-nous pour défendre cette ville, ses monuments, ses richesses, nos femmes, nos enfants, tout ce qui nous est cher.
Que cette vaste cité devienne un camp pour quelques instants et que l’ennemi trouve sa honte sous les murs qu’il espère franchir en triomphe !
L’Empereur marche à notre secours secondez-le par une courte résistance et conservons l’Honneur Français ! "

avait inspecté avec Jérôme, les lignes ennemis depuis Montmartre.

Vers midi un quart, Joseph envoie son aide de camp porter au maréchal Marmont puis au maréchal Mortier, défenseurs de la capitale, une autorisation d’entrer en pourparlers avec l’ennemi écrite au conditionnel :
" Si, M. le maréchal duc de Raguse et M. le maréchal duc de Trévise, ne peuvent plus tenir leur positions, ils sont autorisés à entrer en pourparlers avec le prince Schwarzenberg et l’ empereur de Russie qui sont devant eux. Ils se retireront sur la Loire "...
Marmont recevant ce billet ne pense pas que le moment est venu et envoie un aide de camp à Joseph pour lui signaler que si la ligne de défense de son côté
N’est pas en plus mauvais état que de son côté, on peut encore attendre la nuit qui peut apporter des changements dans les affaires…
Mortier se défend à La Villette et Marmont à Belleville. L’ennemi par des prisonniers est informé du peu de monde participant à la défense de paris ; D’autre part il ne reste que deux jours de munitions et de ravitaillement. Il faut aller vite et les Coalisés s’étendent au-delà du canal de l’Ourcq vers l’ouest.
Fin de l’après-midi, Marmont comprend que le moment de négocier est venu. Il expédie Charles de La Bédoyère précédé d’un trompette pour proposer une suspension d’arme. La Bédoyère et le trompette ne peuvent pas passer leur chevaux avaient été tués. Alors Marmont envoie un aide de camp du général Compans mieux situé pour entrer en communication avec l’ennemi au pied des buttes de La Villette.

Au même moment un cavalier arrive auprès du maréchal Mortier, c’est le général Dejean aide de camp de Napoléon qui annonce que l’Empereur arrive sur la route de Paris et qu’il est à deux jours et qu’il faut tenir en occupant l’ennemi au moyen de pourparlers disant que Napoléon avait ouvert des négociations avec son beau-père…
Le premier émissaire de Compans est tué…
Le troisième M. de Quélen arrive jusqu’au prince de Schwarzenberg qui consent à une conférence immédiate pour une suspension d’armes.
Cette conférence s’ouvre sans tarder au cabaret "Au Petit Jardinet" entre Marmont, Mortier d’une part et MM. De Nesselrode, Orloff et Paar.
Pendant la conférence, le lutte continue et le général Langeron émigré au service de la Russie enlève Montmartre sans autre défense que la cavalerie de Belliard et 240 pompiers. Le général Hulin dit "Bouffe la Balle" depuis l’Affaire Mallet, un des premiers a entrer dans la bastille en 1789, sommeillant dans sa fonction de Gouverneur de paris, n’a pas pu faire monter des batteries faute d’ attelages et le Brave Hulin n’avait pas pensé réquisitionner des chevaux…
De Montmartre, Langeron n’hésite pas à envoyer quelques boulets et obus qui tombent jusqu’au boulevard du Temple. Quelques compagnies de Garde nationale sortent et perdent trois cents hommes. Cent cinquante élèves de Polytechnique, transformés en canonniers, tiennent dans les redoutes de Vincennes. Le maréchal Moncey, soixante ans, tient la barrière de Clichy…
"Au Petit Jardinet" la suspension d’arme est conclue, Marmont et Mortier acceptant d’ évacuer la capitale dans la nuit et de livrer les barrières aux Alliés, au matin.

Le 30 mars 1814, vers 10 heures du soir Napoléon arrive à fond de train à Juvisy, dans une carriole accompagné de Caulaincourt et de Berthier.
Par Belliard qui rétrograde, il apprend la capitulation…

Joseph, craignant d’être pris comme otage, s’apprête, à quatre heures de l’après-midi et malgré son appel à la résistance, à quitter Paris.

C’est avec sa Madame Mère, Jérôme et la reine Catherine, ainsi que Louis ex-roi de Hollande, qu’ils partiront pour Chartres.
A Chartres, le soir il écrit à son frère :
" Sire, je vous ai écrit ce matin un billet par un courrier déguisé. Je reçois ce soir la lettre de votre majesté de ce matin. J’envoie à l’Impératrice celle qui lui est destinée. Je partirai cette nuit pour suivre l’ Impératrice. Elle avait dû d’abord se rendre à Tours. D’après ce que Votre Majesté me mande, elle se rendra, avec tout ce qui concerne le gouvernement, à Blois. C’est aussi l’opinion des ministres qui sont ici et qui partent ce soir. L’Impératrice et le roi de Rome sont bien portants, je les ai vus ce matin. Ce soir ils seront à Châteaudun… Votre Majesté doit connaître tout ce qui s’est passé par les rapports des maréchaux, par ce que j’en ai dit à M. Dejean, aide de camp de Votre Majesté. L’armée ennemie était très nombreuse. Il était impossible aux corps des ducs de Trévise et de Raguse de lui tenir tête."

Le 31 mars Marie-Louise couche à Châteaudun et le 1er avril date anniversaire de son mariage elle est à Vendôme. Elle loge à l’Hôtel de Soisy, aujourd’hui la sous-préfecture, le roi Joseph a été hébergé au collège de l’Oratoire l’actuel Lycée Ronsard, Madame Mère est chez M. Le Moine de la Godelinière et le roi Jérôme a trouvé refuge chez une Mme de Paris…

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

Les nouvelles de Fontainebleau ne sont pas bonnes.

Le 2 avril le Sénat ou ce qu’il en reste, sous un nouveau président, Barthélemy, se prépare à déclarer la déchéance de l’Empereur.

Le 2 avril, Joseph, de Vendôme, écrit :
" Sire l’Impératrice vient de partir pour Blois où elle désire pourvoir séjourner demain pour laisser reposer les escortes et les attelages. Elle montre un courage et un calme au-dessus de son sexe et de son âge. J’attends pour repartir l’arrivée des chevaux et de la famille. Les ministres de l’Intérieur et de la Guerre écrivent à Votre Majesté. L’état des départements est tel, que je ne doute pas que Votre Majesté ne fasse l’impossible pour traiter…"

Le 2 avril, Joseph écrit à Berthier qui est à Fontainebleau :
" Nous serons ce soir à Blois, l’ Impératrice est partie pour y être ce soir. La difficulté des armes est toujours insurmontable…En deux mots, tout respire ici le besoin de repos. Je vous prie d’agréer Votre Altesse mon ancienne et constante amitié…"

De Vendôme à Blois le trajet est pénible, il pleut à torrents, les routes sont mauvaises. Il n’y a que huit lieues mais on reste neuf heures en chemin. Une dame d’honneur raconte :
" La route n’est pas terminée, la plupart des voitures, celles surtout les plus chargées sombrent dans la fange. Il faut pour les en retirer appliquer la force de tous les chevaux sur quelques-unes d’elles. Pour tout arranger un ressort casse au carrosse impérial et le cortège se trompe de route et se retrouve à Oucques sur la route d’Orléans. Il faut rebrousser chemin..."

Le château de Blois est plein de prisonniers et de blessés. Le préfet le baron Christian installe l’ancien Palais de l’ Evêché, devenu l’ Hôtel de la Préfecture.

On arrive dans la soirée, une foule immense est massée. Il fait sombre et à la lueur des lanternes on aperçoit quelques ombres. Deux ou trois cris de Vive l’Empereur !

Les principaux habitants et fonctionnaires, surtout voisins de la Préfecture, ont été invités à préparer des logement pour Madame Mère pour les rois Joseph, Louis et Jérôme, l’Archichancelier, l’administration et toute la troupe.

Cambacérès voyage avec une mallette en acajou sous les pieds, la surveillant de très près, si lourde que pour la transporter il faut se servir des poignées vissées. Il est logé dans un hôtel voisin du carrefour Saint-Michel et refuse de monter les escaliers des Petits-Degrés-Saint-Louis. On lui procure une chaise à porteur…

Le 2 avril Napoléon écrit de Fontainebleau à Joseph :
" Je vous ai fait écrire par le Grand maréchal sur la nécessité de ne pas encombrer Blois. Que le roi de Westphalie aille en Bretagne ou du côté de Bourges. Je pense que Madame ferait bien d’aller retrouver sa fille à Nice et que la reine Julie avec ses enfants se rapprochent de Marseille. La princesse de Neufchâtel et les femmes des maréchaux doivent aller dans leurs terres. Il est naturel que le roi Louis, qui a toujours cherché à habiter les pays chauds, aille à Montpellier. Il est nécessaire d’avoir le moins de monde possible sur la Loire et que chacun se case sans exciter de rumeur. Toute colonie en grand en occasionne toujours chez les habitants. La route de Provence est libre et peut ne l’être pas un jour. Dans la note des ministres, vous ne me parlez pas de celui de la Police. Est-il arrivé ? Je ne sais pas si le ministre de la Guerre a son chiffre . je n’en ai pas avec vous ainsi je ne puis vous écrire des choses importantes faute de chiffre. Recommandez à tous la plus stricte économie. "

Le 3 avril, la nouvelle de la déchéance est portée à Blois par le colonel Galbois. Marie-Louise est très surprise ne pouvant croire que son père eut l’intention de détrôner son mari. Aussitôt elle écrit à son père le suppliant de ne pas les abandonner :
" Je suis persuadée que vous écouterez ma prière et que vous ne sacrifierez pas la paix et les intérêtes de votre petir-fils à l’avidité de l’Angleterre et de la Russie… ma santé souffre de tous ces malheurs et je suis sûre que vous ne me souhaitez pas vivre longtemps dans cette cruelle anxiété. Encore une fois mon très cher Papa, je vous supplie ayez pitié de moi ! "
Lettre expédié par porteur à Dijon où est encore l’Empereur d’Autriche qui ne se presse pas d’assister au détrônement de son gendre.
Marie-Louise cherche alors à rejoindre son mari à Fontainebleau et le colonel Galbois a du mal à l’en dissuader, car napoléon a besoin d’être libre de ses mouvements pensant encore possible une tentative de résistance armée avec les troupes réunies à Fontainebleau et les troupes de l’armée de Lyon, plus celles de Soult et de Suchet qu’il fait rappeler.


Le 3 avril , Joseph répond à son frères :
" Sire je reçois votre lettre du 2. Maman et Louis sont prêts à remplir vos vues. La première aura besoin d’argent, il lui est dû six mois de pension. Jérôme non plus n’a pas d’argent. Ma femme n’a plus personne à Marseille. Ce qui augmente tant le convoi, ce sont les voitures de luxe de la cour. Je n’ai reçu aucune lettre du Grand maréchal sur ce objet, ni sur aucun autre. Le ministre de la Police est arrivé ici venant de Tours…Le ministre du Trésor et des Finances ne savent plus comment faire leur service. M. de La Bouillerie demande des ordres pour la sûreté de son convoi. Il est arrivé à Orléans un des fourgons contenant deux millions qui avait été laissé à Paris lors du départ de l’Impératrice. Jérôme ne pourrait-il pas être envoyé au commandement de l’armée de Lyon ? "

Quant au roi Louis, resté à l’écart, est uniquement préoccupé de ses devoirs religieux à remplir durant la semaine Sainte qui va commencer.
Le dimanche 3 avril, c’est jour des Rameaux. Marie-Louise assiste pieusement à la messe de la paroisse Saint-Louis, dite par l’ abbé Gallois. On avait oublié les aumôniers à Paris.

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

...Le 4 avril, Joseph et Jérôme accompagnés de Clarke, ministre de la Guerre, prennent la route d’Orléans pour s’assurer, s’il est encore possible d’installer la Régence dans cette ville, afin d’améliorer les communications avec l’ Empereur et Orléans est plein de troupes redescendues de Versailles ou venant de l’Ouest. Le roi Joseph veut lui-même monter à Fontainebleau.
Mais il est trop tard les Cosaques de Czernitcheff, lui qui avait, on s’en souvient, envahi la Westphalie, coupent les routes.

On revient à Blois où le 7 avril Napoléon s’est enfin décidé à expédier le colonel Galbois avec un message présentant l’abdication sans conditions, la souveraineté de l’île d’Elbe et le duché de Parme pour Marie-Louise.
Marie-Louise, jusqu’alors préservée par son entourage, tombe de sa chaise…

Colonel Galbois :
« J’arrivais de bonne heure à Blois, l’ Impératrice me reçut aussitôt. L’abdication de l’Empereur la surprit beaucoup, elle ne pouvait croire que les souverains alliés eussent l’intention de détrôner l’Empereur Napoléon . L’impératrice voulut rester seule pour méditer. Alors je vis le roi d’Espagne et le roi de Westphalie. Joseph était profondément affligé . Jérôme s’emporta contre napoléon. Marie-Louise me fit appeler. Elle m’annonça qu’elle voulait rejoindre l’Empereur. Je lui fis observer que la chose n’est pas possible. Alors Sa Majesté me répondit avec vivacité
– Vous y aller bien vous ! Ma place est auprès de l’Empereur dans un moment où il est si malheureux ! "
Je représentai à l’ Impératrice que tout était dangereux dans cette course. On eut de la peine en l’en dissuader, elle se décida à écrire.
Je retournai heureusement auprès de l’Empereur. Napoléon lut la lettre de Marie-Louise avec un empressement extrême. Il me parut très touché du tendre intérêt que cette princesse lui témoignait. L’Impératrice parlait de la possibilité de réunir cent cinquante mille hommes. L’ Empereur lut ce passage à haute voix et il m’adressa ces paroles remarquables :
" Oui sans doute je pourrais tenir campagne et peut-être avec succès mais je mettrais la guerre civile et je ne veux pas. D’ailleurs j’ai abdiqué et je ne reviendrai pas sur ce que j’ai fait…"
Marie-Louise commande en secret une voiture pour partir avec le roi de Rome, en profitant de l’escorte du colonel Galbois. La maréchale Lannes duchesse de Montebello, qui ne porte pas Napoléon dans son cœur, l’en dissuade et lui fait remarquer que de toutes façons il lui faut attendre l’arrivée annoncée d’un aide de camp du Tsar et qu’ainsi elle voyagera avec plus de sécurité …

Le 8 avril, Vendredi Saint, entre huit et neuf heures du matin, Joseph et Jérôme se présentent à l’improviste chez l’ Impératrice. Ils lui disent qu’elle n’est plus en sûreté à Blois, que les troupes alliées se rapprochent, qu’il est urgent de passer la Loire pour se mettre à l’abri et établir le siège du Gouvernement.
Ils lui font bien sentir que " les liens qui l’unissent à la famille impériale le rendent pour cette famille et pour l’Etat, un otage volontaire et nécessaire et qu’ils sauraient la faire monter de force dans les voitures qui sont prêtes…"

Marie-Louise résiste, supplie, pleure.
C’est alors que Joseph et Jérôme prennent leur belle-soeur chacun par un bras et pour la conduire vers la sortie.
Marie-Louise pousse des cris alertant son Chambellan M. de Bausset
- Monsieur de Bausset ! Les frères de l’Empereur veulent me faire partir de Blois malgré moi. Ils menacent de me faire enlever ainsi que mon fils. Que dois-je faire ?
Le général Caffarelli, le Chambellan comte d’Haussonville et d’autres officiers se présentent, et " Tout rentra dans l’ordre accoutumé "...

M. de Bausset, dans ses mémoires, ajoute :
" On a diversement parlé des motifs des frères de l’Empereur qui se flattaient de prolonger une lutte inégale ou d’obtenir des conditions plus favorables. Ce qu’il y a de certain c’est qu’aucun d’entre nous n’avait approuvé ce parti pris de quitter Paris et que nous étions effrayés d’une seconde fuite…"

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

Ce Vendredi Saint, 8 avril 1814, tout va basculer à l’arrivée de l’aide de camp du tsar, le général Schouwaloff.
A Blois, il descend à l’auberge La Galère, accompagné du baron de Saint-Aignan, écuyer de l’Empereur et beau-frère de Caulaincourt.
Sa mission est de conduire l’ Impératrice et son fils, à Orléans.
Aussitôt, l’arrivée du général Schouwaloff est le signal du départ des personnages importants qui ont suivis depuis Paris, et chacun court à la Mairie chercher un passe-ports pour le faire viser à La Galère qui ne désemplit pas de la journée.

Le 8 avril la reine Catherine écrit à son cousin le tsar pour obtenir des sauf-conduits et à son père le roi Frédéric de Wurtemberg pour lui demander asile...
On le sait mal disposé vis à vis d’un gendre " König Lustig ", devenu encombrant.
Jérôme envoie son épouse à Paris pour rencontrer son frère le prince de Wurtemberg, victorieux sous Paris, afin qu’il intercède auprès de leur père.
La reine Catherine est toujours aussi follement amoureuse de son Fifi et de plus elle est enceinte. Elle refuse bien sûr de quitter son royal époux, fermement décidée à faire son bonheur, l'heureux homme...

Catherine, arrivée à Paris le 12, descend chez son oncle, le Cardinal Fesch…
Son père lui fait dire par son ministre Wintzigerode qu’il juge la présence du coupe indésirable sur ses états. Son frère le prince de Wurtemberg ne veut pas se mêler de l’affaire.
Catherine, genre petite boulotte obstinée, répond : " que rien ne la ferait abandonner un époux dans le malheur "...
Pendant son séjour chez le Cardinal Fesch, elle relance le cousin Alexandre et le Tsar, plus humain que son père, lui envoie les passeports.

Le 16 avril elle reçoit une lettre de Jérôme lui annonçant qu’il va se réfugier à Lamotte-Beuvron en attendant de passer en Suisse…

Maubreuil l’ancien écuyer de la reine en Westphalie, vient s’enquérir du jour de départ de la reine.
Ayant vécu en Westphalie on l’avait rapidement identifié et Maubreuil se faisait renseigner par le baron de Hommerstein, général Westhalien sous les ordres duquel il avait servi.
La reine part dans la nuit du 17 au 18 avril, prend la route d’Orléans, pour rejoindre son mari à Lamotte-Beuvron…

Route Napoleon

Re: JÉRÔME BONAPARTE

Message par Route Napoleon »

On a vu sur un autre sujet que Maubreuil s’est fait remarqué pour avoir accroché sa Légion d’Honneur à la queue de son cheval, Place de la Concorde, dans ce rassemblement de joyeux drilles, où se trouvait Sosthène de La Rochefoucault.
Il est approché par l’avocat Roux de Laborie, secrétaire et éminence grise de Talleyrand, pour assassiner l’Empereur, bien gênant, retranché à Fontainebleau et qu’on ne soupçonne pas capable d’abdiquer aussi simplement, aussi rapidement...
L’abdication de Napoléon rend la tentative d’assassinat inutile.

Maubreuil se sent floué, il pensait se refaire la bourse dans cette affaire.
Il lui reste donc Catherine, d’autant plus qu’il sait que le nommé Dudon va être envoyé sur les routes pour intercepter le Trésor impérial accroché aux basques de Marie-Louise.
Dans la tentatvie d’assassinat, Maubreuil avait recruté Dasies et Colleville avec qui il est resté en contact, traînant dans les milieux royalistes, la maison Vanteaux en particulier.

Dasies est en uniforme de la Garde Nationale qu’il s’était commandé pour aller au devant du Comte d’Artois. Maubreuil a revêtu un uniforme de colonel de Hussards.
La reine Catherine arrive à Etampes à la tombée de la nuit.
Elle y est rejointe par un courrier qui venant à sa recherche de la Lamotte-Beuvron lui porte une lettre du roi Jérôme lui disant qu’il est en route pour Berne en Suisse car il n’est plus en sécurité et lui demande de le rejoindre. Il faut donc changer de direction et d’Etampes obliquer sur Montargis pour atteindre Dijon.
Catherine le 20 avril est sur la route de traverse du côté de Malherbes et arrive à Nemours, où elle croise l’équipage de Napoléon, partant pour l’île d’Elbe !
Napoléon et la reine n’ont pas d’entrevue, Napoléon ne pardonnant pas à Jérôme son attitude par trop légère et il jugeait inconvenant que Catherine implore la protection de son cousin Alexandre 1er, tsar de toutes les Russies…

Dans la nuit du 20 au 21, Catherine quitte Nemours et craignant les mauvaises routes remonte sur Moret pour rejoindfre la grande route de Fontainebleau à Sens. Arrivés à Moret on prend à droite et la première ville près de laquelle on doit passer est Montereau…

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