Roustam

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

gdeana

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Message par gdeana »

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Jean-Baptiste Muiron

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Message par Jean-Baptiste Muiron »

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Jean Lannes

Message par Jean Lannes »

Il me semble qu'il s'est marié, mais je ne sais pas s'il a eu des enfants.

Latour-Maubourg

Message par Latour-Maubourg »

""Personnage totalement différent de cet autre mameluk que fut Ali (de son vrai nom Louis-Etienne Saint-Denis, né à Versailles), il a laissé des "Mémoires" dont 2 versions différentes furent publiés vers 1910. Son témoignage est d'un intérêt proche de zéro et très mal écrit...""

De qui voulez-vous parler mon cher Christophe s'agissant d'un témoignage proche de zéro ?
J'ai assisté samedi dernier à une conférence de M. Jacques JOURQUIN du SN sur le Mameluck ALi.

M. JOURQUIN affirme au contraire qu'avec sa fabuleuse mémoire visuelle et sa formation de petit clerc, Louis-Etienne Saint-Denis avait rédigé des mémoires d'une précision remarquable. Je n'ai pas lu cet ouvrage paru en 1910 et réédité chez ARLEA. Je pense d'ailleurs, mon cher Christophe que vous avez collaboré à cette édition ??!!!
:salut:

gdeana

Mameluk

Message par gdeana »

:salut: Cher Latour-Maubourg
J'imagine que Christophe parlait des mémoires de l'autre mameluk c'est-à-dire de Roustam qui a également laissé des témoignages de son histoire, de la façon dont il avait été enlevé en Géorgie et ramené au Caire, et comment il avait été donné à Bonaparte. Ses mémoires sont écrits dans un français très approximatif..
Frédéric Masson certifie dans sa préface l'authenticité du manuscrit publié par P. Cottin. D'après Tulard, ces mémoires sont fertiles en anecdotes sur Murat, Berthier, Duroc et la vie intime de Napoléon aux Tuileries.

Jean Lannes

Message par Jean Lannes »

C'est au moment où Roustam a été donné à Bonaparte qu'il a appris le français ? Il n'a jamais vraiment maîtrisé cette langue ?

Latour-Maubourg

Message par Latour-Maubourg »

"J'imagine que Christophe parlait des mémoires de l'autre mameluk c'est-à-dire de Roustam "

Cela me parait en effet plus logique :salut:

Pour revenir (un court instant) sur Ali, M. Jourquin et M. Chalençon possèdent une partie importante de ses écrits. Nous aurons peut-être un jour l'heureuse nouvelle d'un ouvrage fondé sur ces documents.
:salut:

gdeana

cours du soir

Message par gdeana »

:salut: Apparemment non, car si vous aviez la curiosité de voir l'ouvrage dont je vous ai parlé, vous vous amuseriez assez, pour le style et l'expression...

Joséphine

Roustam Raza, le mamelouk de Napoléon

Message par Joséphine »

C'est au Caire que ce mystérieux garde du corps rendontra pour la première fois Bonaparte.
En lui tirant l'oreille, il lui demanda s'il savait monter à cheval, et s'il savait donner des coups de sabre...

Le soir-même, il servait le dîner du Général, et passait la nuit en travers de sa porte...

Son uniforme coloré émerveille les promeneurs, lorsqu'il sort, accompagnant le Consul, après Brumaire.

Au Sacre, il réussit à être du cortège, habillé d'un costume dessiné par Isabey.
On le voit partout où se montre l'Empereur, et il devient très vite "légendaire" ; tout étranger se rendant à Paris, demande à le voir, le [i]Moniteur[/i] imprime ses mots et son portrait est répandu à des milliers d'exemplaires ...

En toute occasion l'Empereur prend son parti. La confiance accordée est sans limites ...
Rencontrant des obstacles lors de son mariage avec Mademoiselle Douville, parce que le Mamelouk n'est pas catholique romain, l'Empereur interviendra pour lever l'obstacle ...

Il est désormais devenu le confident indispensable de la famille impériale.

Lorsque Napoléon apprend par courrier la naissance d'Achille Roustam, il s'écrie :
-"Achille ! J'ai un Mameluk de plus !" ...

Au retour de Russie, l'Empereur emmène son Mameluk dans son traîneau, s'inquiétant de sa santé.

La familiarité inévitable, la promiscuité continuelle avaient ainsi créé une sorte de camaraderie entre le Maître redouté, devant qui les plus puissants monarques s'inclinaient, et ce pauvre Turc, jadis cinq fois vendu comme esclave, et dont l'âme n'était pas de solidité à porter cet écrasant bonheur.

Alors, que s'est-il passé ensuite ?
Ce brave Roustam, a-t-il comme presque tous les autres ressenti une lassitude de l'épopée ?
Voulait-il jouir en paix du bien-être dû aux libéralités de l'Empereur ?
Il reçut, en effet, comme supplément d'étrennes, un bureau de loterie et 50.000 francs.

Trois mois plus tard, prêt à suivre l'Empereur à l'île d'Elbe, il se rendit à Fontainebleau.
Mais alertés par les serviteurs qui entouraient encore l'Empereur, de la tentative d'empoisonnement de ce dernier, il prit peur, et s'enfuit du palais pendant la nuit ...

Ainsi, il déserta cette porte, en travers de laquelle il couchait, tel un chien fidèle, depuis quatorze ans.

Lorsqu'enfin, à force de réflexions, il se décida à remettre en route pour l'île d'Elbe, il ne parvint pas à trouver une voiture, et se résigna très vite.

Telle fut sa version, mais tout n'est certainement pas mensonger.

Lorsque l'Empereur revint de l'île d'Elbe, il n'accepta pas de le reprendre à son service, trop amer de cette trahison, et de voir cette confiance installée depuis si longtemps, s'écroulait comme un château de cartes ...

Mais Roustam, probablement, ne souhaitait rien d'autre, et en tout cas se contenta de son sort ; il avait désormais l'allure d'un paisible rentier, dont il avait la bonhomie mais aussi la pruidence...

Après son retour définitif de Londres, où il s'était rendu à plusieurs reprises pour se produire dans son costume du Sacre davant les badauds londoniens, il se fixa à Dourdan, petite ville silencieuse où les heures devaient être lentes et le bonheur sans secousses ...
Il était devenu "bouffi" rond et large ; et, si son titre d'ancien Mameluk de l'Empereur lui valut au début quelques curiosités, dès qu'on le voyait, lui, tout prestige s'évanouissait ...
C'est à cette époque qu'on l'appella "Papa Tam" ; il riait de tout, et se montrait toujours content pourvu qu'il ait à manger et à boire à profusion.

Mais il parlait peu de sa "belle époque" ; ses récits de guerre n'étaient que des histoires d'argent empoché ou de ripailles.
Un jour, alors qu'on le questionnait sur Austerlitz, il raconta ainsi la journée :

"- Grande faim ; pas de viande ; des pommes de terre cuites sous la cendre ..."

Il ne voulait rien narrer d'autre, sûrement parce que c'est vers cette époque qu'il entreprit d'écrire ses Mémoires, dont il a su faire un précieux et très amusant document.

Papa Tam mourut le 7 Décembre 1845, à soixante-quatre ans.

Au cimetière de Dourdan, sur la stèle effritée de sa tombe on peut lire :

"Ici gît Roustam Raza, ancien Mameluck de l'Empereur Napoléon, né à Tiflis, en Géorgie".

De sa fin alourdie et piètre, tout disparaît dans ces simples mots gravés , et le fantôme de ce figurant de "la sublime Histoire" passe ainsi dans l'imagination, en une majestueuse galopade à l'allure frémissante et superbe ...



:salut:

Joker

Re: Roustam Raza, mamelouk de Napoléon

Message par Joker »

Grandeur et décadence des courtisans !
Merci pour ce beau récit. :)