Bataille de La Corogne, 15 au 17 Janvier 1809

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Joker
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Bataille de La Corogne, 15 au 17 Janvier 1809

Message par Joker »

PREAMBULE
La bataille de la Corogne marque le dernier combat d'arrière-garde des Britanniques en Espagne avant leur réembarquement vers l'Angleterre.
Fin 1808, après la prise de Madrid, de Salamanque, Napoléon confie à Soult et son 2e corps, le soin de se lancer à la poursuite des Britanniques commandés par le général Moore. Ces derniers mal soutenus par leurs alliés espagnols et portugais se replient au nord-ouest, vers la Galice, livrant ca et là des combats éparses.
Selon la description de Soult, "La Corogne est située sur une presqu'ile qui s'avance en mer, et ne tient à la terre que par une étroite langue de sable". La route vers Madrid se dirige vers le sud-est et passe par deux chaines surélevées, le Monte Nero (alt.100m), et plus au sud les hauteurs de Penasquedo et Palavea (150m ). Deux villages Elvina et Piedralonga au pied du Monte Nero seront l'objet de combats féroces. Le terrain très accidenté ne permet pas d'engager la cavalerie.
Moore dispose alors de 15 000 fantassins, et de 12 pièces d'artillerie, le reste étant embarqué ou détruit. Il organise sa ligne de défense autour du Monte Nero, et du village d'Elvina. Les troupes détachées de Fraser et Paget, plus au nord protègent le sud de la ville d'un éventuel contournement (voir carte).
Dans la journée du 15 janvier les avants-postes britanniques chassés du Penasquedo se replient vers le Monte Nero.
Soult arrivé le même jour, déploie ses troupes sur la chaine de hauteurs de Penasquedo et Palavea.
Il dispose de 11000 fantassins, 2 500 cavaliers, et 800 hommes du train et de l'artillerie.
Son parc d'artillerie ( 12 pièces)disposé sur une hauteur plus élevée lui confère un léger avantage.


L'OUVERTURE
La matinée du 16 janvier se déroule dans le calme, laissant présager que Soult a renoncé à livrer bataille.
L'activité du port de la Corogne ne faiblit pas, soldats et bagages remplissent les quais prêts à embarquer. Lorsque vers 13h, les avants postes britanniques sont pris d'assaut par les tirailleurs francais. "à deux heures, la canonnade s'amplifia et fut très vite suivie d'une terrible fusillade; les hauteurs et les vallées adjacentes se couvrirent de nuages de fumée" - Auguste Schaumann, commissaire ordonnateur à la Corogne.


L'ENGAGEMENT
Sur son aile gauche, Soult lance trois colonnes (division Mermet) vers le village d'Elvina.
En face la position est alors occupée par la brigade Bentlinck (division Baird).
La réserve de Paget se porte en avant pour soutenir l'aile droite britannique, et fait refluer une partie des troupes françaises.
Le général Moore est mortellement blessé durant les combats d'Elvina. Le combat fait rage jusqu'en début de soirée, le village finit par tomber aux mains des Français au prix de pertes significatives.
Au centre, la division Merle passe à son tour à l'assaut des postes avancés britanniques, les Anglais cèdent un peu de terrain sur les pentes du Monte Nero. Le combat s'arrête à la tombée de la nuit.
En fin d'après midi, Soult lance un dernier assaut sur son aile droite cette fois, la division Laborde tente de prendre d'assaut le village de PiedraLonga. De multiples assauts ne viendront pas totalement à bout de la résistance des Britanniques qui conservent le nord du village.


LE DERNIER ACTE.
A partir de 21 heures, les brigades britanniques sur le Monte Nero quittent une à une leur position et se replient vers La Corogne afin de procéder à leur embarquement. Seuls quelques piquets sont laissés afin d'observer et tromper l'attention des Français.
Ce n'est que le matin du 17 janvier, que les Français s'approchent de la ville et établissent une batterie de 6 canons sur les hauteurs de Santa Lucia. Boulets et obus balaient la rade, où l'embarquement des troupes continue son va et vient.
Certains vaisseaux se voient obligés de couper les câbles, d'autres sont endommagés par les tirs d'artillerie ou la manoeuvre d'autres navires. Quelques vaisseaux abandonnés par leurs équipages, s'échouent sur le rivage.
L'embarquement ayant été effectué à la hâte, les unités à bord sont mélangées, La flotte gagne finalement le large.


UN BILAN MITIGE
Après une quinzaine de jours en mer, la flotte britannique arrive en vue de Portsmouth.
Beaucoup d'hommes malades sont dans un état pitoyable.
L'opinion publique anglaise se déchaîne alors contre feu Moore, malgré le soutien de ses défenseurs. Ce tumulte fait le jeu des partis politiques. Avec le temps, les passions s'apaiseront, et les véritables causes du désastre révélées permettront de réhabiliter le personnage.
Bien des années plus tard, Wellington reconnaîtra que cette guerre d'Espagne n'aurait jamais été gagnée sans lui.
De son coté, Soult tentera de minimiser le bilan de cette opération, s'en tenant à une reconnaissance forcée, par manque de moyens. Il essuiera plus tard, quelques critiques (Thiebault, Fantin des Odoards...) le jugeant trop "prudent".
Les moyens de Soult étaient plus faibles sans être disproportionnés non plus (7 contre 10).
Le terrain escarpé limitait le déploiement des fantassins en bataille, et empêchait aussi les mouvements de cavalerie.
Le combat sera principalement une suite d'escarmouches violentes en ordre lâche, de combats de rues dans les villages.
Seule l'artillerie française va s'avérer extrêmement efficace.


- Les pertes britanniques (tués, blessés, prisonniers) sont évaluées approximativement à 800 hommes (Napier), ou 900-1000 hommes selon d'autres sources.
- Les pertes françaises (tués, blessés, prisonniers) sont évaluées à un peu plus de 800-1000 hommes (Soult, Balagny), 1 500 selon l'historien britannique Oman.
- L'armée française récupèrera entre autres 44 canons (ou 170 selon une autre source),12 000 fusils, 150 caissons.

Sources : Revue GLOIRE ET EMPIRE N. 19 (N. de GRIFFON DE PLEINEVILLE)



« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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