ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

lukian54

ÉCONOMIE

Message par lukian54 » 31 déc. 2006, 16:16

:salut: :salut: :salut:
Bienvenue Tom sur ce forum
Votre question demande a être développé et le temps manque à présent
L'ambition de Napoléon était de faire de la France la plus grande nation du monde
Jamais la France n'a été aussi étendue - 130 départements - d'Amsterdam à Naples, une seule France, amis avec des langages différents des lois et des monnaies différentes.
Aussi le premier souci était d'unifier cet amalgame de populations .
Pour briser le commerce des Anglais l'instauration du Blocuas Continental a eu pour effet de développer la recherche de produits de remplacement ..
Les efforts allaient dans tous les domaines...
Mais c'est un peu long a développer.
Il faudra moduler votre question
A bientôt et encore une fois bienvenue.
:salut: :salut: :salut:

tom

Re: ÉCONOMIE

Message par tom » 02 janv. 2007, 17:25

J'ai trouvé un début de réponse.

A/ L'économie sous l'empire

Hostile au libéralisme politiqque, Napoléon est aussi hostile au libéralisme économique.

Les principes économiques de Napoléon repossent sur le mercantilisme (vendre le plus posssible tout en rendant impossible la concurrence étrangère).

Tout au long de l'empire, l'agriculture se développe (blé, pommes-de-terre, betteraves à sucre, élevage bovin) ainsi que l'industrie (textile, industries mécaniques, mines). Le but est de rechercher l'autosuffisance.

Pour combattre le chômage, une politique de grands travaux est mise en place (routes, ponts, barrages, ports, modernisation urbaine Paris et Rome).

Pour réserver à la France l'exclusivité du marché européen, il faut empêcher les produits britanniques de pénétrer sur le continent. D'où la mise en place d'un blocus continental.

Cette politique a permis l'enrichissement de grands industriels, mais aussi des banquiers et des commerçantrs (sauf ceux des ports) et la mise en place d'une société de notables.

B/ Une société de notables.

Les notables jouent un rôle de plus en plus important dans la société et accèdent rapidement à la noblesse d'empire. C'est sous l'Empire véritablement, que la bourgeoisie supplante la noblesse comme groupe dominant dans la société. Elle a abandonné le pouvoir politique mais détient désormais le pouvoir économique.

Le monde paysan voit dans Napoléon le continuateur de la Révolution car il garantit la conservation des biens nationaux. De plus le monde paysan semble satisfait du régime car les prix des denrées agricoles ne cesse d'augmenter durant tout l'empire.

Par contre, l'empire se désinteresse complètement du monde ouvrier qui est sous une étroite surveillance policière et qui vit dans des conditions très précaires (grèves et droit d'association interdits, obligation de porter le livret de travail, 14h de travail par jour).

C/ Une activité scientifique et artistique brillante

Comme monarque absolu, Napoléon se veut être le protecteur des arts et des sciences à la condition qu'ils soient à son service et qu'ils le glorifient (culte de la personnalité).

Le style empire fait son apparition. Il s'agit d'un style pompeux, grandiose dont les références sont à aller chercher dans le passé de la Rome antique (voir David).

Napoléon lance aussi de grandioses projets de rénovation urbaine à comme le dégagement du Forum à Rome, les constructions de l'Arc de Triomphe du Carousel, du Palais de Chaillot, de l'Eglise de la Madeleine, des Invalides à Paris.

source: http://www.stellamaris-edu.net/2/images ... empire.htm

je ne sais pas ce que cela vaux???

:mrgreen:

tom

Re: ÉCONOMIE

Message par tom » 02 janv. 2007, 18:26

ET POUR FINIR



Le 10 novembre 1799, quand le général Bonaparte prend le pouvoir la situation de la France n'est guère brillante. L'Etat est couvert de dettes, les fournisseurs et l'armée ne sont plus payés, il n'y a plus de numéraire en caisse, et le repli de l'activité est manifeste. De 1789 à 1800, la production de blé a stagné, alors que la population a augmenté de plus de 2,5 %. Dans la soierie lyonnaise, on ne compte plus en 1800 que 5 142 métiers en activité, contre 16 536 en 1790. A Anzin, la production de houille est passée de 300 000 tonnes en 1789 à 220 000 en 1800. Entre ces mêmes dates, la valeur globale du commerce extérieur a diminué de moitié, de 1 100 millions de livres à 550 millions. Le bureau du commerce de Bordeaux se lamente : « La source de ses richesses est tarie, sa culture est découragée, sa navigation est anéantie, tous les ateliers maritimes sont paralysés et tous les moyens de prospérité ont disparu. » Parlant du commerce de Marseille, Français de Nantes écrit : « L'état des importations et des exportations dans les derniers mois de l'an IX [1800] ne présente pas un mouvement égal à celui qu'offraient autrefois quinze jours de paix. » Le préfet de la Seine ne dresse pas un bilan plus optimiste : « L'état des manufactures parisiennes s'est beaucoup détérioré pendant la Révolution. D'une part, l'insubordination des ouvriers, la guerre, la stagnation du commerce, les faillites, ont forcé les entrepreneurs à restreindre leurs spéculations ; de l'autre, les paiements qu'ils ont reçus en assignats ont englouti toutes leurs avances, détruit leurs ressources, et la plupart d'entre eux ont été obligés d'emprunter des capitaux à de très gros intérêts qui les minent journellement en absorbant le plus clair de leurs bénéfices. »

Même si le Directoire avait amorcé des réformes, l'enrichissement insolent d'une poignée de spéculateurs et la paupérisation des masses avaient préparé le terrain à celui qui aurait la volonté et le courage de le labourer.

Le triomphe du bon sens

Né en 1769, formé à l'école royale militaire de Brienne-le-Château de 1779 à 1784 puis entré en garnison pour y mener la vie insipide d'officier en temps de paix, Bonaparte n'a certainement pas lu la Richesse des nations, d'Adam Smith, publiée en 1776. Même si les doctrines économiques semblent l'intéresser, le libéralisme n'est guère sa tasse de thé - Jean-Baptiste Say, qui se fit le propagandiste de la « main invisible » en publiant en 1803 son Traité d'économie politique, fut écarté du Tribunat. Banquiers, négociants et manufacturiers ne font l'objet de sa part d'aucune sollicitude particulière. Pragmatique, voire opportuniste, indifférent aux exaltations idéologiques, militaire avant tout, Bonaparte est surtout doté d'un solide bon sens et d'une autorité certaine. Napoléon et l'économie, c'est plus l'histoire d'une remise en ordre que celle d'une impulsion à la Schumpeter. L'homme n'est pas innovateur, il est organisateur. Sachant mobiliser les compétences, il a déniché les hommes qui avaient traversé la Révolution sans encombre et qui presque tous conserveront le pouvoir administratif après sa chute. Mollien, Gaudin, Louis, Barbé-Marbois, Bérenger, Lebrun, La Bouillerie, Villemanzy, autant de noms moins célèbres que ceux des maréchaux d'Empire mais dont l'oeuvre a été bien plus durable.

Habile à sentir le pouls du peuple, il a surtout su imposer sans déplaire. Molé confiera à Tocqueville : « J'avoue que j'ai été ébloui en voyant cette reconstruction si rapide du gouvernement. Tout me paraissait pulvérisé, détruit sans ressource. Je n'imaginais pas comment on pouvait rien reconstruire. » C'est le même Tocqueville qui note : « Bonaparte impose 25 centimes additionnels en arrivant au pouvoir, on ne dit rien. Le peuple ne se retourne pas contre lui ; l'ensemble de ce qu'il faisait était populaire. Le gouvernement provisoire prendra la même mesure en 1848 et succombera aussitôt sous l'anathème. Le premier faisait la révolution dont on voulait ; le second, celle dont on ne voulait pas. » De ces noces entre le Premier consul et les Français, Chateaubriand, dans ses Mémoires d'outre-tombe, fera le commentaire le plus profond, qui mérite toujours d'être médité : « Une expérience journalière fait reconnaître que les Français vont instinctivement au pouvoir : ils n'aiment point la liberté ; l'égalité seule est leur idole. Or l'égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. Sous ces deux rapports, Napoléon avait sa source au coeur des Français, militairement inclinés vers la puissance, démocratiquement amoureux du niveau. Monté au trône, il y fit asseoir le peuple avec lui ; roi prolétaire, il humilia les rois et les nobles dans ses antichambres ; il nivela les rangs, non en les abaissant, mais en les élevant : le niveau descendant aurait charmé davantage l'envie plébéienne, le niveau ascendant a plus flatté son orgueil. »

De « bonnes finances »

En quelques années - on dirait aujourd'hui en moins d'une législature - sont prises les mesures de « bon sens » qui vont remettre l'économie française en ordre.

Première et urgente nécessité, rétablir les finances publiques, mises à mal par dix années de troubles révolutionnaires. Au lendemain du 18 Brumaire, il ne restait, dit-on, dans les caisses de l'Etat que 167 000 francs. Cette gêne extrême parle à celui qui, de tous les hommes d'Etat de l'époque, est le seul à avoir personnellement connu la gêne relative dans l'enfance, la misère comme sous-lieutenant, la voracité des fournisseurs de l'Etat dans ses campagnes d'Italie.

Estimant que la dette publique est un malheur et que l'emprunt, moyen immoral d'anticiper sur les recettes et source funeste de charges supplémentaires, doit être banni, se montrant curieux de tout et tranchant les « affaires » selon son « bon plaisir », il jette en quelques mois les bases d'une organisation capable d'assurer la rentrée régulière et rapide des impôts, et, surtout, de garantir la sécurité du recouvrement. Le 24 novembre 1799, quinze jours seulement après le coup d'Etat de brumaire, est créée la Direction générale des contributions directes. Et, pour mieux exercer son contrôle sur la « chose », Bonaparte cultive la rivalité entre deux ministères, les Finances pour les recettes et la préparation du budget, le Trésor pour les dépenses et le « service » quotidien. Une séparation qui affaiblit aujourd'hui la productivité de Bercy et faisait déjà dire à Mollien, directeur de la Caisse d'amortissement et lecteur d'Adam Smith en anglais : « La condition du ministre du Trésor devait être d'avoir l'action sans la prévoyance, en laissant au ministre des Finances la prévoyance sans l'action : il n'y avait alors de ministère proprement dit ni pour l'un ni pour l'autre. » Mais il y avait Bonaparte.

Dès 1802, le budget est en équilibre, et les frais de fonctionnement du système financier, essentiellement constitués des salaires des fonctionnaires, ne représentent plus que 3,5 % du total des recettes ordinaires, qui s'élèvent à 800 millions de francs. Des recettes qui, prenant le contre-pied des principes de 1789, assurent les intérêts du propriétaire plutôt que ceux du consommateur. A la fin de l'Empire comme aujourd'hui, les impôts directs entrent pour 29 % seulement du total des recettes, car, dans la pensée de Napoléon, il convenait de rechercher des taxes indirectes et variées, d'une application facile et d'une productivité automatique. C'est ainsi qu'ont été rétablis les droits sur le tabac, les boissons et... le sel, l'odieuse gabelle dont l'impopularité n'a pas fait reculer celui qui pensait - avec un grand pragmatisme - que l'impôt indirect était l'impôt idéal.

Reste évidemment que ces recettes ne pouvaient guère couvrir les dépenses de guerre « extraordinaires », qui, au total, se sont élevées à 6 360 millions de francs entre 1806 et 1814, soit une moyenne annuelle de 706 millions, à comparer aux 800 millions de recettes ordinaires ! Rappelons toutefois que les dépenses militaires anglaises ont atteint pendant la même période 11 337 millions de francs, pour une population moitié moindre... Ainsi, au total, le poids de la fiscalité ne s'est pas accru, la charge de la dette s'étant même allégée au point de ne représenter, en 1814, que 129,5 millions de francs, contre 310 en 1789. Pour les mêmes dates, celle de l'Angleterre était passée de 235 à 682,3 millions de francs.

Un franc sonnant et trébuchant

Autre leçon apprise par Bonaparte : puisque la monarchie avait sombré, asphyxiée par ses dettes, et que la Révolution avait été ensevelie par l'assignat, ce papier-monnaie dont on avait symboliquement détruit les planches à imprimer, il fallait rétablir une monnaie stable et convertible à tout moment en métal précieux. Ce fut le franc germinal, qui régla le problème de la monnaie pour plus d'un siècle. Les dispositions générales de la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) tiennent en une phrase : « cinq grammes d'argent, au titre de neuf dixièmes de fin, constituent l'unité monétaire qui conserve le nom de franc. » L'événement est de taille, et le Premier consul, comme les grands hommes d'Etat, a eu le mérite de faire triompher les solutions les plus simples et les plus claires. Le 16 janvier 1804, il écrit au Sénat : « La refonte des monnaies s'exécute sans mouvement, sans secousse ; elle était un fléau quand les principes étaient méconnus ; elle est devenue l'opération la plus simple depuis que la foi publique et les règles du bon sens en ont fixé les conditions. »

Quelle était, en la matière, la formule du « bon sens » ? Donner des garanties à la propriété et une certaine sécurité à l'économie. Trois principes la guidaient : appliquer le système décimal en établissant « une échelle méthodique et uniforme des coupures » et en éliminant l'ancienne monnaie duodécimale ; écarter de la monnaie républicaine tous les signes de la monarchie ; obtenir une uniformité monétaire qui permette d'obtenir un pair exact avec l'étranger et de « faciliter les paiements en établissant un rapport exact entre toutes les monnaies ». Certes, la loi de germinal n'offre rien de très nouveau comparé à Calonne, qui, en 1785, avait entrepris la refonte de la monnaie d'or du royaume sur la base d'un rapport de 15,5 par rapport à l'argent, ni comparé à la Convention thermidorienne, qui, le 15 août 1795, avait promulgué que « l'unité monétaire [porterait] désormais le nom de franc ». Reste que, en affichant sur une face l'image du Premier consul, c'est-à-dire en affirmant le principe d'autorité, la monnaie devenait brutalement « certaine et fidèle », ce qui n'était pas rien.

Restait à ranimer le crédit. Ce fut la tâche de la Banque de France, à laquelle Bonaparte donna symboliquement son soutien en souscrivant 30 actions. Il s'agissait en fait, après le désastre de Law, au début du XVIIIe siècle, d'émettre un papier-monnaie admis par tous, de faciliter l'escompte du papier commercial et de consentir au Trésor ses premières avances. Fondée le 13 février 1800, là encore quelques semaines seulement après le coup d'Etat, la Banque de France, société privée par actions dirigée par des régents, reçut en 1803 le privilège exclusif d'émission des billets de banque à Paris pour quinze ans, selon les principes définis en ces termes par l'Empereur en 1806 : « La Banque n'appartient pas seulement aux actionnaires [mais] aussi à l'Etat puisqu'il lui donne le privilège de battre monnaie... Je veux que la Banque soit assez dans les mains du gouvernement et n'y soit pas trop. » En 1814, le pari était gagné : les Français, surtout les plus riches, avaient admis qu'un billet de la Banque de France - elle n'avait émis que des grosses coupures - pouvait coexister avec le métal.

En 1807, la Cour des comptes, chargée de vérifier « le maniement et l'emploi des deniers publics », était rétablie. Cette même année, l'établissement d'un cadastre pour mettre sur pied un dénombrement général des terres dans toutes les communes du pays, avec arpentage et évaluation de chaque parcelle, marquait la volonté de mettre un terme aux inégalités choquantes entre propriétaires. En 1808, 1 248 communes étaient déjà cadastrées. On en comptait 5 242 en 1811, et le double environ à la chute de l'Empire. Le moins qu'on puisse dire est qu'en ces temps fort éloignés on perdait moins de temps qu'aujourd'hui ! En quelques années avaient été posées les bases financières de la France contemporaine.

Les frémissements de l'« évolution » industrielle

Encore fallait-il stimuler la croissance, qui avait été vive au XVIIIe siècle, mais que la Révolution avait brisée. Napoléon a pu confier à Caulaincourt en 1812 : « C'est moi qui ai créé l'industrie française. » Le propos est trop vaniteux pour être retenu, même si le gouvernement s'est montré réellement plus attentif aux problèmes économiques que ses prédécesseurs. Incontestablement, les années napoléoniennes coïncident avec une vigoureuse expansion industrielle qui amène la production de 1810 à un niveau largement supérieur à celui de 1789, pourtant élevé. C'est que le protectionnisme de guerre du Blocus continental a été opportunément exploité par tous ceux qui ont saisi l'occasion de recueillir la clientèle européenne de l'industrie britannique et de s'abriter de sa concurrence. Ainsi le royaume d'Italie est-il contraint de diriger ses soies brutes vers Lyon et d'accueillir les toiles françaises, à l'exclusion des helvétiques. L'industrie cotonnière, qui s'était affirmée dans les années 1760, monte en puissance. A Rouen, l'indice de production des indiennes, à partir d'une base 100 en 1789, s'établit à 169 en 1800 et à 300 en 1810. Dans le même temps, le nombre des métiers qui tissent le coton quintuple en Picardie. En Alsace, la production de tissus triple dans les six dernières années de l'Empire. L'équipement en broches du département du Nord passe de 45 000 unités en 1806 à 200 000 en 1810. Pour le coton, l'Empire a bien été une véritable aubaine.

Stimulée par la demande militaire, la sidérurgie lourde n'est pas en reste. La production de fer (dans les limites territoriales de 1790) est passée de 65 000 tonnes en 1789 à 100 000 en 1809. L'extraction de charbon, qui s'élevait à environ 600 000 tonnes en 1789, atteint 941 000 tonnes à la fin de l'Empire. La productivité a fortement progressé. Alors que la main-d'oeuvre, les matériaux, les outils et les chevaux ont vu leurs prix doubler par rapport à 1789, le charbon est proposé au marché à peine un tiers plus cher qu'en 1789. Surtout, rompant avec la loi du 28 juillet 1791, qui laissait toute liberté aux « propriétaires de la surface », le nouveau droit minier, codifié par la loi du 21 avril 1810, sépare la propriété du sol et celle du sous-sol, attribuant à l'Etat le droit de concéder l'exploitation de ce dernier, moyennant le paiement d'une redevance modique. C'était abolir les survivances de l'Ancien Régime et favoriser la concentration.

L'industrie chimique, enfin, connaît un essor spectaculaire dont témoignent assez l'activité et la réussite de Chaptal. Industriel et ministre de l'Intérieur, il a le souci de favoriser tout ce qui contribue à l'essor de l'industrie et au renforcement de la puissance française. Il développe l'enseignement technique, crée le Conservatoire national des arts et métiers, transfère l'Ecole des mines de Paris sur un lieu d'extraction, à Moûtiers, à proximité des mines de plomb de Pesey, monte la première exposition des produits de l'industrie française, en 1801, stimule la Société d'encouragement à l'industrie nationale, fait appel aux conseillers généraux pour qu'ils donnent « leur opinion sur l'état et les besoins de chaque département », met les préfets à contribution pour élaborer les statistiques qui constituent le premier outil de connaissance de la France. Il crée aussi la première école nationale de sages-femmes, organise des écoles de pharmacie, fait assécher les marais du Cotentin par des immigrés hollandais, sans oublier de développer ses propres affaires : l'usine parisienne des Ternes, l'usine de la Folie à Nanterre et l'usine de soude montée au Plan d'Aren, près de Martigues, un ensemble qui devient le plus grand complexe chimique français. Autre leçon à tirer de cette expérience : dans la mesure où il jouissait d'une grande aisance matérielle et d'une incontestable supériorité intellectuelle, Chaptal put contribuer à la grandeur de la France sans servilité, mais avec le zèle d'un remarquable serviteur de l'Etat.

Une nation agricole

Cependant, avec son « bon sens » et ses lectures physiocratiques, Napoléon estimait toujours que l'agriculture était « la base de la richesse de l'Etat » et « l'atelier principal où tous les autres viennent se pourvoir ». Au total, toutefois, hormis la culture de la betterave, encouragée par le décret impérial de 1811, et l'extension accélérée de celle de la pomme de terre, la routine n'a guère été bousculée, même si l'abbé Delille, qui régnait alors souverainement sur le Parnasse français, lançait sans son Homme des champs, publié en 1800 : « N'allez pas, trop superstitieux,/ Suivre fidèlement les pas de vos aïeux ;/Créant à l'art des champs de nouvelles ressources,/Tentez d'autres chemins, ouvrez-vous d'autres sources. »

Reste que, et c'est bien l'essentiel pour les campagnes, le salaire agricole journalier masculin a augmenté de plus de 30 % au cours de la période, alors qu'il avait stagné pendant tout le siècle précédent. Ainsi, note le maire de Carpentras dès l'an XI, « les haillons de la misère ont presque disparu de notre sol malgré l'excessive quantité de non-propriétaires que nous comptons parmi nos citoyens ».

Agriculture puissante et rétive au changement, industrie repliée sur le marché national et largement soumise aux impulsions étatiques, administration renforcée et corps social remodelé, la France économique que Napoléon laisse en héritage est plus organisée que celle de Louis XVI, mais elle est sans doute aussi, paradoxalement, plus conservatrice. Les brillants échanges maritimes qui animaient les arrière-pays et amorçaient un développement économique « à l'anglaise » ont été anéantis. La France retourne à ses plaines, à ses montagnes, à ses frontières. Au grand arc du golfe de Gascogne, entre Brest et Bayonne, se sont substitués les foyers du Nord et de l'Est. Paris, surtout, avec ses presque 700 000 habitants, est le gagnant de ce nouvel ensemble jacobin où se marient la politique, les métiers d'art et du luxe, les ronds-de-cuir et les rentiers. Napoléon Ier avait déposé les masses de granit destinées à stabiliser une société chamboulée par le choc de 1789. Le soin de la plier aux exigences et aux contraintes de la révolution industrielle devait échoir à Napoléon III. De quoi le rendre moins populaire que son oncle, tant il est difficile, en France, de préférer le marché à l'Etat.


:aigle: :salut: :salut: :salut:

Le grenadier

Re: ÉCONOMIE

Message par Le grenadier » 03 janv. 2007, 17:14

Avec les 130 départements français de 1811 , la France napoléonienne allait en fait d' Hambourg , département des Bouches de l'Elbe , à Rome , département du Tibre . Largement plus loin qu'Amsterdam en direction du Nord-est .

Yves Martin

Re: ÉCONOMIE

Message par Yves Martin » 03 janv. 2007, 22:04

En fait - on est là au coeur du problème et de l'incompréhension entre vision anglaise et française de Napoléon.

La vision anglaise du monde est simple. Ils ont déjà entamé la révolution industrielle et toute la prospérité de la nation et des peuples doit se développer à partir du libre commerce et de la liberté de chacun d'entreprendre.

La prospérité s'organise

Pour Napoléon, au contraire, l'économie reste fondamentalement dirigiste au sein d'un carcan mercantiliste.

La prospérité est organisée

Les guerres de conquêtes organisent la prospérité future...et empêchent la prospérité de s'organiser.

Si l'on s'arrête un peu sur ces nuances on comprend totalement la vision anglaise. Napoléon ets pire qu'un empêcheur de tourner en rond...la guerre n'est pas bonne pour le commerce, car l'Angleterre ne se conçoit que comme le fournisseur du monde - d'ailleurs les seuls qui vont tenter d'un jouer un rôle similaire vont se retrouver en guerre aussi contre eux: les USA.

Il faut se rappeller (ce que je citais dans un article de G&E sur la guerre de 1812) que le cri de guerre américain du début de ce conflit ne fut pas pour conquérir le Canada ou abattre le tyran anglais mais plutôt "free trade and sailors' rights" en clair "libre échange et droit des marins"...

Autre condition de la prospérité anglaise - intérieure celle-là - la démocratie (ou plutôt ploutocratie en l'occurence) permettant à la société de gérer la prospérité économique, pas de se la voir imposer...

On comprend mieux dans ce contexte les analyses d'un Richard Holmes. Au final, l'argent étant le nerf de la guerre et l'économie anglaise étant bien plus efficace...on connait le résultat. On a eu droit à un remake de cela au 20e siècle d'ailleurs et à une plus grande échelle: économie libérale contre économie dirigiste...

bon je repose ma casquette d'économiste...

YM

Brigadier 4H

Re: ÉCONOMIE

Message par Brigadier 4H » 03 janv. 2007, 23:32

Je partage complètement cette analyse. En cherchant l'asphyxie complète de l'Angleterre, Napoléon la mit en état de lutte pour sa survie. De là, une détermination mortelle!
C'est déjà Milton contre Keynes...

Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
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ÉCONOMIE : Face à la crise

Message par Cyril Drouet » 07 nov. 2017, 14:17

C-J de Beauvau a écrit :
05 nov. 2017, 12:53
Hier j'ai par obligation été en Italie pour acheter du beurre !!! :shock:

Il n'y a plus que des pâtes à tartiner dans les petits, supers, hypers, etc...... de ma région de Nice ! Pas de fermiers aux alentours ! :cry:
qu'aurait fait l’Empereur Napoléon ? fusiller quelques décideurs? une concertation ? Ou bien des dissertations sur le commerce comme de nos jours ? :twisted:

Décret du 4 mai 1812 :
« Nous étant fait rendre compte de l'état des subsistances dans toute l'étendue de notre empire, nous avons reconnu que les grains existants formaient une masse non-seulement égale, mais supérieure à tous les besoins.
Toutefois cette proportion générale entre les ressources et la consommation ne s'établit dans chaque département de l'empire qu'au moyen de la circulation. Et cette circulation devient moins rapide, lorsque la précaution fait faire aux consommateurs des achats anticipés et surabondants, lorsque le cultivateur porte plus lentement aux marchés, lorsque le commerçant diffère de vendre, et que le capitaliste emploie ses fonds en achats qu'il emmagasine pour garder, et provoquer ainsi le renchérissement.
Ces calculs de l'intérêt personnel, légitimes lorsqu'ils ne compromettent point la subsistance du peuple, et ne donnent point aux grains une valeur supérieure à la valeur réelle, résultat de la situation de la récolte dans tout l'empire, doivent être défendus lorsqu'ils donnent aux grains une valeur factice et hors de proportion avec le prix auquel la denrée peut s'élever d'après sa valeur effective, réunie au prix du transport et au légitime bénéfice du commerce.
A quoi voulant pourvoir par des mesures propres à assurer à la circulation toute son activité, et aux départements qui éprouvent des besoins, la sécurité;
Sur le rapport de notre ministre des manufactures et du commerce,
Notre Conseil-d'Etat entendu,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Section 1ère. De la circulation des grains et farines.
Art. 1er. La libre circulation des grains et farines sera protégée dans tous les départements de notre empire. Mandons à toutes les autorités civiles et militaires d'y tenir la main, et à tous les officiers de police et de justice de réprimer toutes oppositions, de les constater, et d'en poursuivre ou faire poursuivre les auteurs devant nos cours et tribunaux.
Art. 2. Tout individu, commerçant, commissionnaire ou autre qui fera des achats de grains et farines au marché pour en approvisionner les départements qui auraient des besoins, sera tenu de le faire publiquement, et après en avoir fait la déclaration au préfet ou au sous-préfet.

Section 2. De l'approvisionnement des marchés.
Art. 3. Il est défendu à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, de faire aucun achat ou approvisionnement de grains ou farines pour les garder et les emmagasiner et en faire un objet de spéculation.
Art. 4. En conséquence, tous individus ayant en magasin des grains et farines seront tenus :
1° de déclarer aux préfets ou sous-préfets les quantités par eux possédées, et les lieux où elles sont déposées;
2° de conduire dans les halles et marchés qui leur seront indiqués par lesdits préfets ou sous-préfets, les quantités nécessaires pour les tenir suffisamment approvisionnés.
Art. 5. Tout fermier, cultivateur ou propriétaire ayant des grains, sera tenu de faire les mêmes déclarations, et de se soumettre également à assurer l'approvisionnement des marchés, lorsqu'il en sera requis.
Art. 6. Les fermiers qui ont stipulé leur prix de ferme payable en nature pourront en faire les déclarations et justifications par la représentation de leurs baux. En ce cas, sur la quantité qu'ils seront tenus de porter aux marchés pour les approvisionnements, une quote-part proportionnelle, sera pour le compte des bailleurs; et le fermier leur en tiendra compte en argent, sur le pied du marché où il aura vendu, et d'après la mercuriale.
Art. 7. Les propriétaires qui reçoivent des prestations ou prix de fermes en grains pourront obliger leurs fermiers habitants les mêmes communes, de conduire ces grains au marché, moyennant une juste indemnité, s'ils n'y sont tenus par leurs baux.

Section 3. De la police des marchés.
Art. 8. Tous les grains et farines seront portés aux marchés qui sont ou seront établis à cet effet. Il est défendu d'en vendre ou acheter ailleurs que dans lesdits marchés.
Art. 9. Les habitants et boulangers pourront seuls acheter des grains pendant la première heure, pour leur consommation. Les commissionnaires et commerçants qui se présenteraient au marché, après s'être conformés aux dispositions de l'article 2 du présent décret, ne pourront acheter qu'après la première heure.
Art. 10. Nos ministres sont chargés de l'exécution du présent décret. »


Ce décret fut suivi d’un autre quatre jours plus tard :
« Par notre décret du 4 de ce mois nous avons assuré la libre circulation des grains dans tout notre empire, encouragé le commerce d'approvisionnement, pris des mesures pour que les achats qu'il fait, les transports qu'il effectue, soient à la fois connus et protégés par l'autorité publique.
En même temps nous avons défendu à tous nos sujets de se livrer à des spéculations dont les avantages ne s'obtiennent et ne se réalisent qu'en retirant pendant un temps les denrées de la circulation, pour en opérer le surhaussement, et les revendre avec de plus gros bénéfices.
Enfin nous avons fixé les règles du commerce, prévenu sa clandestinité, établi la police des marchés, de manière que tous les grains y soient apportés et vendus; pourvu aux besoins des habitants de chaque contrée, en leur réservant la première heure à l'ouverture des marchés pour effectuer leurs approvisionnements.
Mais ces mesures salutaires ne suffisent pas cependant pour remplir l'objet principal que nous avons en vue, qui est d'empêcher un surhaussement tel, que le prix des subsistances ne serait plus à la portée de toutes les classes de citoyens.
Nous avons d'autant plus de motifs de prévenir cet enchérissement, qu'il ne serait pas l'effet de la rareté effective des grains, mais le résultat d'une prévoyance exagérée, de craintes mal entendues, de vues d'intérêt personnel, des spéculations de la cupidité qui donneraient aux denrées une valeur imaginaire, et produiraient par une disette factice les maux d'une disette réelle.
Nous avons donc résolu de prendre des moyens efficaces pour faire cesser en même temps les effets de tous les calculs de l'avidité et les précautions de la crainte.
Nous avons été secondés dans ces intentions par les propriétaires, fermiers et marchands de six départements centraux de l'empire, qui se sont engagés à en approvisionner les marchés au prix de trente-trois francs l'hectolitre.
En prenant ce prix pour régulateur de celui des grains dans tout l'empire, il sera porté aussi haut qu'il ait été dans les années les moins abondantes, notamment en l'an 10; et cependant, à ces époques diverses, on avait à pourvoir par des achats journaliers aux besoins de la capitale, dont l'approvisionnement est aujourd'hui entièrement assuré jusqu'après la récolte.
Nous attendons de ces nouvelles mesures des effets salutaires; nous comptons que les propriétaires, fermiers et commerçants y concourront avec empressement, et que les administrateurs y apporteront le zèle, l'activité, la prudence et la fermeté nécessaires à leur exécution.
En conséquence, sur le rapport de notre ministre du commerce,
Notre Conseil-d'Etat entendu,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
Art. 1er. Les blés, dans les marchés des départements de la Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Aisne, Oise, Eure-et-Loir, ne pourront être vendus à un prix excédant trente-trois francs l'hectolitre.
Art. 2. Dans les départements où les blés récoltés et existants suffisent aux besoins, les préfets tiendront la main à ce qu'ils ne puissent être vendus au-dessus de trente-trois francs.
Art. 3. Dans les départements qui s'approvisionnent hors de leur territoire, les préfets feront la fixation du prix des blés, conformément aux instructions du ministre du commerce, et en prenant en considération les prix de transport et les légitimes bénéfices du commerce.
Art. 4. Cette fixation sera faite et publiée par les préfets, conformément aux articles 2 et 3, dans les trois jours de la réception du présent décret; elle sera obligatoire jusqu'à la récolte seulement.
Art. 5. Les dispositions des articles précédents ne seront pas applicables aux départements où le prix du blé ne sera pas au-dessus de trente-trois francs l'hectolitre.
Art. 6. Nos ministres sont chargés de l'exécution du présent décret, lequel ne pourra se prolonger au-delà de quatre mois, à compter de sa publication. »


Suite à ces décrets qui finalement ne furent pas efficaces, Napoléon quittait Saint-Cloud le lendemain ; il ne devait revenir qu’au mois de décembre.

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L'âne
 
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Re: ÉCONOMIE : Face à la crise

Message par L'âne » 07 nov. 2017, 14:32

Pierre BRANDA "Joséphine - Le paradoxe du cygne" :
"Ainsi, pour faire face à la crise économique de 1810, il [Napoléon] fit commander aux soieries de Lyon plus de 80 kilomètres de tapisseries pour remeubler Versailles - ils ne furent pas utilisés, si bien que les administrations françaises en furent dotées jusque dans les années 1950."

La nouvelle Société philanthropique (novembre 1802) crée cinq dispensaires et surtout assure des distributions de soupe.
Catherine DUPRAT "Le temps des philanthropes" :
"La crise de 1812 entraînant une explosion de cet effort avec 4,342 millions de portions distribuées en une année."
Aurea mediocritas

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Re: ÉCONOMIE : Face à la crise

Message par C-J de Beauvau » 07 nov. 2017, 14:58

intéressants parallèles :)
La guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas
Paul Valéry

Cyril Drouet
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Re: ÉCONOMIE : Face à la crise

Message par Cyril Drouet » 07 nov. 2017, 15:25

[quote="L'âne" post_id=7762 time=1510061524 user_id=52]
Catherine DUPRAT "Le temps des philanthropes" :
"La crise de 1812 entraînant une explosion de cet effort avec 4,342 millions de portions distribuées en une année."
[/quote]

Décret du 24 mars 1812 :
« Titre Ier. De la distribution des secours.
Art. 1er. Il sera fait, à compter du 1er avril prochain jusqu'au 1er septembre, une distribution journalière et gratuite de deux millions de soupes , dites à la Rumfort.
Art. 2. Les soupes devront être composées d'une telle quantité de légumes, que deux soupes équivalent à au moins une livre de pain.
Art.3. Cette quantité de deux millions de soupes à la Rumfort sera répartie entre les départements.
Art. 4. Les quantités allouées à chaque département seront réparties par les préfets entre les cantons de leur département, vingt-quatre heures après la réception du présent décret. Cette répartition sera indépendante des secours ordinaires affectés au soulagement de la classe indigente.
Art. 5. Les villes formant plusieurs cantons ne seront comprises que pour un seul article dans cette répartition, mais en raison de leur population , et en proportion de leurs besoins.

Titre 2. Des fonds.
Art. 6. Une somme de vingt-deux millions cinq cent mille francs, présumée nécessaire pour subvenir à cette dépense, sera mise à la disposition des préfets. Art. 7. Dans les vingt-quatre heures qui suivront la réception du présent décret, les préfets feront la répartition des sommes par canton, en proportion de la quantité des soupes allouées à chacun par la répartition que prescrit l'article 4 ci-dessus, et mettront, chaque mois, le cinquième de cette somme à la disposition des maires, ou des comités de bienfaisance établis ci-après.
Art. 8. Il sera pourvu aux fonds nécessaires,
1 ° Par l'emploi de ce qui reste disponible sur le budget des communes ;
2° Par un emprunt que les communes feront à la caisse d'amortissement, et qui sera égal au quart du produit net de leur octroi ;
3° Par l'emploi des fonds restant disponibles sur le vingtième du revenu des communes, affecté aux compagnies de réserve, sur le fonds de non-valeurs, sur les centimes variables et facultatifs ;
4° Enfin, par une addition de nouveaux centimes sur les contributions directes, soit en prenant les centimes variables qui n'auraient pas été imposés, soit en prenant les centimes facultatifs qui n'auraient pas été imposés , soit en imposant de nouveaux centimes.
Art. 9. Dans le cas où l'on imposerait de nouveaux centimes, ils ne pourront excéder le nombre de trois pour cette année.

Titre 3. Des comités de bienfaisance.
Art. 10. Les sous-préfets nommeront, par chaque canton de leur arrondissement, un comité comoosé,
Du juge-de-paix, président ;
De deux maires des principales communes ;
Art. 11. Le comité se réunira sur-le-champ au chef lieu de canton, et fera la distribution des soupes affectées au canton, en les subdivisant en autant de sections qu'il y a de principales communes, et en formant des sections de la réunion des communes moins considérables.
Art. 12. Dans les villes ayant plus de dix mille francs de revenu, ce comité sera composé,
Du maire, président ;
De deux notables ;
D'un curé ;
Du président du comité de bienfaisance de la ville.
Art. 13. Les notables et le curé seront désignés par le préfet.
Art. 14. Les comités de bienfaisance feront établir sur-le-champ le nombre de fourneaux nécessaires pour la préparation des soupes.
Art. 15. Si, par quelque cause que ce soit, il y avait des difficultés à donner les secours en soupes à la Rumfort, et qu'il fût jugé plus économique et plus avantageux, vu les usages et les localités, de convertir ces secours en d'autres espèces d'aliments, les comités sont autorisés à faire ce qu'ils jugeront le plus utile. Leurs délibérations seront exécutées pendant les quinze premiers jours d'avril ; passé ce temps, ils exécuteront ce qui sera ordonné par les préfets.
Art. 16. Les préfets, maires et comités de bienfaisance sont autorisés à profiter de l'établissement des fourneaux pour faire faire une plus grande quantité de soupes aux légumes, que celle qui devra être distribuée gratuitement , afin de les délivrer au prix coûtant à tous ceux des habitants qui auront les moyens de les payer.
Art. 17. Les comités de bienfaisance rendront compte, chaque mois, de l'emploi des fonds mis à leur disposition.
Art. 18. Les comptes seront arrêtés par le sous-préfet de l'arrondissement, et adressés au préfet, qui en fera l'objet d'un rapport général qu'il adressera à notre ministre de l'intérieur.

Titre 4. De la levée des centimes additionnels.
Art. 19. Dans les départements où il sera nécessaire de lever des centimes additionnels, pour pourvoir au complément de cette dépense, ainsi qu'il est prescrit par l'article 8 ci-dessus, les conseils généraux de département seront convoqués sans délai; les centimes seront perçus par émargement, et les receveurs pourront être autorisés par notre ministre du Trésor, s'il y a lieu, à en faire l'avance. Si les trois centimes n'étaient pas suffisants, il y sera pourvu par le moyen d'un emprunt, dont la demande sera faite par le conseil général du département , avec la clause du remboursement en 1813 et 1814.

Titre 5. De l'emprunt.
Art. 20. Les maires des communes souscriront des bons de remboursement des sommes qui seront prêtées par la caisse d'amortissement : ces sommes seront remboursées, moitié en 1813, et moitié en 1814, par douzième chaque mois. Ils seront de cinq mille francs, et porteront la date de leur remboursement : ils seront signés du receveur de la commune, visés par le maire et le préfet.
Art. 21. Ces bons seront versés dans la caisse du receveur du département, qui les enverra à la caisse d'amortissement.
Art. 22. Le directeur général de la caisse d'amortissement prendra les mesures pour faire parvenir sans délai, au chef-lieu du département, le cinquième de la somme à prêter à chaque commune , afin d'assurer la distribution des secours pendant le mois d'avril, et avant d'avoir reçu lesdits bons.
Art. 23. Le second cinquième ne sera envoyé par le directeur général de la caisse d'amortissement, que lorsque les bons des communes, remboursables moitié en 1813 et moitié en 1814, lui auront été adressés ; mais il ne suspendra l'envoi des fonds que pour les communes en retard.
Art. 24. Le remboursement des bons sera porté au premier article du budget de la commune en 1813 et 1814. »
[/justify]

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