AUSTERLITZ : Illuminations d’Austerlitz

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 12 août 2009, 12:50

vu que ce personnage est toujours et toujours a sont importance, dans les endroit ou les chose celebre se passe, il est fort probable qu'il embeli enormement sinon invente a posteriori
Sur le sauvetage ("surhumain" dixit Marbot), Hourtoulle (Austerlitz. Le soleil de l'Aigle) commente :
"Il se vante peut-être"

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 14 août 2009, 16:13

Après la légende dorée, un peu de légende noire :

« Des milliers d’hommes disparurent, mais plusieurs ne purent se noyer dans ces eaux peu profondes ; ils luttèrent, et le lendemain, on entendait encore les cris les gémissements de ceux qui ne pouvaient mourir.
[…]
Cette scène affreuse m’a été contée dans les moindres détails par un témoin, alors bien jeune, et qui, avec la vive et forte mémoire qu’ont les enfants, n’en avait perdu aucune circonstance.
Cet enfant, l’un des fils du général ministre Pétiet, était alors page de l’empereur, et se tenait derrière lui, lorsqu’il vit l’ennemi aller d’abord aux marais, puis sombrer tout à coup, s’engouffrer dans les glaces. C’est ce que Bonaparte avait prévu. Et, comme il arrive au chasseur qui voit le gibier lui venir, il eut un accès de sauvage hilarité. Dans ces moments, Napoléon avait un tic désagréable : il chantonnait. Cette fois il lui revint certain air d’opéra-comique, où un sot tombe de lui-même au piège préparé ; les acteurs chantent : « Ah ! comme il y viendra ! Larira ! ». Le désaccord si choquant de cette chanson vulgaire, chantée par une voix fausse, à cette heure suprême, frappa l’enfant de manière à ne l’oublier jamais. »

(Michelet, Histoire du XIXe siècle)

mouton la mascotte

Message par mouton la mascotte » 14 août 2009, 23:49

:salut:
J'en parlais ce matin avec de jeunes lieutenants qui se rappellaient l'épisode de l'étang. Je leur expliquais la différence entre la légende et la réalité et leur envisageais une vingtaine de cavaliers russes perdus dans l'étang et quelques caissons (quoique je sois moins sur pour les caissons) :?:

Christophe

"Avec ou sans glace ?"

Message par Christophe » 15 août 2009, 01:23

Voici un témoignage (de plus) sur cet épisode : « Vers le soir [du 2 décembre 1805], une colonne d’environ 15 milles hommes s’est trouvée acculée sur un des lacs glacés dont les environs d’Austerlitz sont coupés. Ne pouvant la forcer à se rendre, on s’avise de pointer sur elle les pièces de canons, qui, tirant de haut en bas, parviennent à rompre la glace, et les 15 mille hommes sont engloutis. J’ai été témoin de cette catastrophe ; j’ai vu cette glace s’entrouvrir et cette masse disparaître sous ses débris ; j’ai entendu leurs cris de détresse…Jamais un spectacle aussi horrible ne s’effacera de ma mémoire. » (« Journal » du général FANTIN DES ODOARDS, LCV, 2009, p.55).

On observera que FANTIN écrit : « Ne pouvant la forcer à se rendre », ce qui laisse supposer que cette canonnade était la dernière extrémité possible. Pour ma part, je pense que cette dernière a réellement existé et qu’elle fit de nombreuses victimes. Les étangs ont peut-être été curés à une époque antérieure à celle de la découverte des 2 ou 3 cadavres, mentionnée par le Dr Hourtoulle.

Pour ce qui est du beau dessin de JOB [Jacques Onfroy de Bréville], il s’agit d’une légende. Il ne faut pas oublier que l’œuvre de ce grand illustrateur était d’abord destinée à un public d’enfants et d’adolescents. De p lus ses ouvrages sont parus au cours d’une époque où la légende napoléonienne fut « sublimée » dans un contexte revanchard « post-défaite de 1870 » ; Napoléon apparaissant tout auréolé de sa gloire appliquant le fameux « Vae victis ! » était le bienvenu…

Drouet Cyril

Message par Drouet Cyril » 15 août 2009, 18:13

Pour revenir à la prose de Michelet et au sujet en cours :

"Cette scène affreuse m’a été contée dans les moindres détails par un témoin, alors bien jeune, et qui, avec la vive et forte mémoire qu’ont les enfants, n’en avait perdu aucune circonstance.
Cet enfant, l’un des fils du général ministre Pétiet, était alors page de l’empereur, et se tenait derrière lui"


Il convient de préciser que le jeune Sylvain Pétiet (au moment d'Austerlitz, il n'avait pas encore 12 ans) devint page de l'Empereur le 18 octobre 1807 (Pétiet, Souvenirs d'un page de l'Empereur)... :roll:

Christophe

AUSTERLITZ !

Message par Christophe » 02 déc. 2013, 07:10

]« Le 2 décembre [1805], ou 11 frimaire an XIV, à la pointe du jour, on battit la générale partout, la cavalerie monta à cheval ; chacun prit son rang et se disposa à combattre. L’ennemi avança dans le lointain, par division, en colonnes serrées et commença l’attaque ; le canon ronfle partout ; la lutte s’engage ; et ce jour fut donnée la fameuse bataille d’Austerlitz, où les empereurs de France, de Russie et d’Autriche commandaient en personne ; la bataille des Trois Empereurs ! Chacun fit son devoir. L’armée française s’est immortalisé là par son intrépidité en luttant contre deux armées coalisées, de force supérieures. L’affaire a été générale, et, en moins de quatre heures, l’armée ennemie fut coupée ou dispersée et noyée dans les lacs [on sait qu’il s’agit d’une légende]. Le succès de cette journée nous a valu quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canons, vingt généraux et plus de trente mille prisonniers [en fait 9 767 prisonniers russes et 1 686 prisonniers autrichiens, soit 11 453 hommes au total, selon Alain Pigeard].

Jamais on n’a combattu avec tant d’acharnements de part et d’autre. Nous avons bivaqué sur le champ de bataille. ».

(Lieutenant Georges Bangofsky, du 7ème hussards, « Mes campagnes (1797-1815). Présenté et annoté par Ch. Bourachot », Editions du Grenadier, 2012).

Bastet

Message par Bastet » 02 déc. 2013, 14:18

« Je t’ai expédié Lebrun du champ de bataille. J’ai battu l’armée russe et autrichienne commandée par deux empereurs. Je me suis un peu fatigué, j’ai bivouaqué huit jours en plein air, par des nuits assez fraîches. Je couche ce soir dans le château du prince Kaunitz, où je vais dormir deux ou trois heures. L’armée russe est non seulement battue, mais détruite. Je t’embrasse » ( Napoléon à Joséphine le 3 décembre 1805)
« Vous dites c’est la bonne cause qui sanctifie même la guerre ! Moi je vous dis : c’est la bonne guerre qui sanctifie toute cause.
La guerre et le courage ont fait plus de grandes choses que l’amour du prochain. Ce n’est pas votre pitié, c’est votre vaillance qui, jusqu'à présent , a sauvé les victoires. […]. Vivez donc votre vie d’obéissance et de guerre ! Que peut vous importer une longue vie ! Quel guerrier veut qu’on l’épargne ? " (Ainsi parlait Zarathoustra , Nietzsche)

" Pour chanter dignement un Héros invincible,
Sous qui tremblent les autres rois,
[....]
Il n'est point d'assez fortes voix'" ( Anonyme, XVII°siècle)


« Une vie heureuse est impossible ; le plus haut point que l’homme puisse atteindre, c’est une carrière héroïque . Elle est le partage de celui qui, en n’importe quel ordre de choses, lutte avec les plus grandes difficultés pour le bien de tous et finit par triompher, mal ou nullement récompensé de ses efforts. Ensuite, quand tout est terminé, il reste là, débout, pétrifié, comme le prince dans le Roi Corbeau de Gozzi, mais dans une noble attitude et avec un air magnanime. » ( Du néant de la vie, Schopenhauer)

:salut:

la remonte

Message par la remonte » 05 déc. 2013, 09:20

ceux qui ont regardé "Des racines et des ailes " hier soir ont pu visualiser le parcours de la grande armée , 1805 et 1809 . Ulm Ratisbonne Melk Vienne :salut:
Ratisbonne et sa Diète qui disparait avec la Confédération du Rhin en 1806 .
je ne connaissais pas le Befreiungshalle sur le Mickelsberg , énorme monument commémorant toutes les victoires des peuples Allemands sur Napoléon édifié par Louis 1

Image
Modifié en dernier par la remonte le 05 déc. 2013, 10:35, modifié 1 fois.

Christophe

[AUSTERLITZ]

Message par Christophe » 02 déc. 2014, 08:40

Jean-Stanislas Vivien (1777-1850) s’engage dès 1792 en pleine tourmente révolutionnaire. Il participe à la défense de Lille en 1792 ; il est engagé dans les batailles de Hondschoote et de Wattignies. Il fait campagne à l’Armée de Sambre-et-Meuse. Nommé sergent-major, puis adjudant, on le retrouve sous-lieutenant début 1796. Il participe à la campagne d’Italie. Son régiment, le 55ème de ligne, rejoint le camp de Boulogne puis Vivien part pour la campagne de 1805. Il est présent à Iéna, à Eylau, à Heilsberg. Il participera à la campagne d’Espagne. Le passage qui suit est extrait de ses «Souvenirs » parus la première fois en 1907 et réédités en 2003.
-------------
Le 2 décembre 1834, dans sa retraite paisible, Vivien se remémore la grande journée d’Austerlitz.

« Je me rappelai l’Empereur passant, écrit-t-il, la veille de la bataille, à dix heures du soir, dans les bivouacs de ses divisions d’infanterie, massée autour du Santon, position qu’il avait fait fortifier la veille et armer de dix-huit pièces de gros calibre ; et les soldats brandissant au-dessus de sa tête des torches de paille allumée ; c’était ainsi qu’ils célébraient leur général, aux cris mille fois répétés de « Vive l’Empereur ! ». Je me rappelai l’armée rangée en bataille, le lendemain, à sept heures du matin, s’ébranlant simultanément : l’infanterie l’arme au bras, marchant en colonnes échelonnées par régiment, contre des lignes doubles d’une étendue incommensurable ; se déployant et, après quelques bons feux à courte distance, les enlevant au pas de charge, les baïonnettes croisées ; et la cavalerie chargeant à fond les nombreux escadrons russes, dispersant ou sabrant des colonnes d’infanterie moscovites, noire de profondeur, ou leur faisant poser les armes. Je me rappelai le corps d’armée du maréchal Soult, dont j’avais l’honneur de faire partie, partant du ravin de Kobelnitz, enlevant le vaste plateau de Praztzen, centre d’opérations de l’armée austro-russe, où commandaient le feld-maréchal Kutusoff et l’empereur Alexandre, rejetant le centre de l’armée ennemie sur Wisschau en lui enlevant ses canons ; et de ce point, par une savante demi-conversion à droite, combinant ses mouvements avec ceux des divisions Bourcier et Friant, du corps du maréchal Davout, et prenant à revers l’aile gauche de l’armée ennemie commandée par les généraux Buxhowden et Langeron, l’acculant aux lacs de Telnitz et de Sokolnitz, où tout son matériel et beaucoup de Russes furent engloutis. Je me rappelai que, de compte fait, il y eut, ce jour-là, dans l’armée austro-russe, huit généraux, dix colonels et quarante-cinq mille hommes tués, blessés ou faits prisonniers ; que deux cents pièces d’artillerie et quarante-sept drapeaux tombèrent en notre pouvoir. Je me rappelai aussi et je n’oublierai jamais la générosité du grand homme envers deux Empereurs vaincus qui, le lendemain de la bataille, imploraient sa clémence, et qui, dix ans plus tard, après l’avoir cité au ban de l’Europe, ne lui laissaient pas même où poser sa tête ! Je fus blessé, à neuf heures du matin, d’un coup de mitraille à l’épaule qui ne me mit pourtant pas hors de combat. Quelques mois plus tard, je reçois la décoration de la Légion d’honneur et le commandement d’une compagnie de grenadiers ; j’avais alors vingt-huit ans.

En ce temps-là, le chef de l’armée, qui était aussi celui de l’Etat, était entouré des respects et de l’amour de la nation française… »

(Commandant VIVIEN : « Souvenirs de ma vie militaire, 1792-1822 », A la Librairie des Deux Empires, 2003.)

Remy du 9eme

[AUSTERLITZ]

Message par Remy du 9eme » 10 mai 2016, 15:50

Bonjour.Voici un résumé de la bataille. Napoléon à laissé occuper les hauteurs aux austro-russes, notamment le plateau de Pranzen (je ne suis pas sur pour l'orthographe). Durant la bataille, il a fait croire aux Russes que la grande armée reculait(la grande armée occupait la route de Vienne), encourageant les Austro-Russes à avancer et à dégarnir les plateaux occupés. Ceci fait, la cavalerie de Bernadotte à attaquée le plateau de Pranzen et celles de Murat et Lannes ont pris les Russes et les Autrichiens à revers. Ainsi, Napoléon à anéanti les armées Russes et Autrichienne.
Cordialement Rémy du 9eme

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