MODE & COUTURE

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Comte de Mortigliengo

MODE & COUTURE

Message par Comte de Mortigliengo »

viewtopic.php?p=840548#p840548

Bonjour,
J'ai entendu, dans une conversation familiale, que l'un de mes ailleux plus ou moins éloigné, aurait été l'un des couturiers de Napoléon 1er.
Afin de m'en apporter la preuve, je sollicite vos connaissances, pour me communiquer les noms des couturiers de l'Empereur entre 1799 et 1815.

Je vous remercie d'avance!
CDM :salut:

Moustache

Re: MODE & COUTURE : Louis-Hypolite Leroy, Isabey

Message par Moustache »

Bonsoir mon cher comte ! :salut:

Pas grand chose sur le sujet "chiffons"...!?

Un nom revient souvent c'est celui du couturier de la cour Impériale : Louis Hippolyte LEROY, surnommé "le Talleyrand du ciseau" et "l'Empereur de la Haute couture".
Il était la coqueluche de Joséphine mais en revanche détesté de Napoléon...

Comte de Mortigliengo

Re: MODE & COUTURE : Louis-Hypolite Leroy, Isabey

Message par Comte de Mortigliengo »

Merci beaucoup cher Jonathan! Hélas, c'est bien ce que je craignais! Les conversations de famille ne sont plus ce qu'elles étaient! :mrgreen:
Je vais me renseigner auprès de ma grand mère afin de savoir s'il ne s'agissait pas plutôt de Napoléon III, comme c'était le cas à l'origine de la conversation familiale ... avant qu'un fauteur de trouble vienne lancer l'hypothèse d'un couturier de Napoléon 1er ! :furieux: :fou:

Jonathan

Re: MODE & COUTURE

Message par Jonathan »

Quelques infos, peut-être instructif quant à l'utilisation de autrefois :?: :?:

Dictionnaire de l'Académie Française, éd. 6e (1835)

COUTURIÈRE. s. f. Celle qui travaille en couture, de linge ou d'habits. Habile couturière. Couturière en linge. Couturière en robes. Couturière pour femme.
COUTURIER. s. m. Celui qui fait métier de coudre. Bon couturier. Mauvais couturier. Il est vieux.
-------------------------------------
Dictionnaire de l'Académie Française, éd. 5e (1798)

COUTURIER. subst. mascul. Qui fait métier de coudre. Bon couturier. Mauvais couturier. Il n'est guère en usage.
COUTURIÈRE. s. f. Qui travaille en couture, soit de linge ou d'habits. Habile couturière. Couturière en linge. Couturière pour femme, pour enfans, c'est--à--dire, Qui fait des habits de femme, d'enfans.


Très bien amicalement,

-Jonathan

Joséphine

Re: MODE & COUTURE : Louis-Hypolite Leroy, Isabey

Message par Joséphine »

Coiffeur de son métier sous la Révolution, Louis-Hippolyte Leroy s'imposa en arbitre de l'élégance sous l'Empire.
Il est à la Haute Couture d'aujourd'hui, ce que, dans un tout autre domaine, Moncey est à la Gendarmerie actuelle.

C'est lui qui exécutera, sur les dessins d'Isabey, les costumes des dignitaires, pour le Sacre de Napoléon.
Son habileté dans son nouveau métier n'aura d'égal que ses talents de créateur, incontestablement reconnus.

Il fut , en effet, l'éminence grise de la politique somptuaire de Napoléon, habillant les élégantes de son époque.

Pour s'établir il choisit la Rue de Richelieu, là où s'installent tous les artisans de la beauté féminine...
Son goût pour les effets théâtraux l'amènent à exécuter des robes d'apparât pour un grand bal, transformant pour l'occasion sa maison en salle d'exposition.

Plus versatile encore que le peintre Louis David, il se montrera néanmoins toujours fidèle au Maître du jour ...

Sa réputation fut si considérable qu'un jour il se vit remettre une convocation qui l'invitait à se présenter devant quelques sommités de la Convention.
Angoissé tout d'abord, il fut vite rassuré de savoir qu'on ne lui demandait que la réalisation d'un croquis pour la tenue qui saurait le mieux exprimer l'esprit patriotique.
Sans hésiter, il fit l'esquisse d'un costume bleu-blanc-rouge, tenu par une ceinture portant les lettres brodées suivantes :

"La Liberté ou la mort"....

Sa carrière fut alors assurée.

Pourtant ce costume ne sera jamais porté, pas plus que celui esquissé par David :"L'habit du citoyen français", une commande datant de 1793 qui ne descendit pas dans la rue.

Leroy avait-il "flairé" l'ascension de Bonaparte ?

Sans doute, au vu de son désir d'approcher l'Impératrice Joséphine, bien que le domaine de La Malmaison lui était fermé.
Mais de petits cadeaux de sa part à la domesticité firent leurs effets, et, peu à peu, mais sûrement, il réussit à éloigner les marchands de mode habituels pour prendre place dans la confiance de Joséphine.

C'est ainsi qu'il habilla Joséphine, femme du Premier Consul, puis l'Impératrice qu'elle deviendra, ainsi que toutes ses dames d'honneur.

Mais qui réalisa tous les costumes du Sacre de Napoléon ?

Bien que des factures au nom de Leroy, et concernant l'exécution de constumes d'hommes, furent retrouvées, rien n'indique que ce fut pour le Sacre.
Ce qui importait à Leroy étaient les toilettes féminines ; aussi prépara-t-il l'ébauche de ces costumes, attendant patiemment la commande dont il ne doutait pas un seul instant.
Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il apprit que, dans un premier temps, c'est Isabey, élève de David, qui devait l'emporter, expressément demandé par Napoléon en personne.
Isabey, en effet, avait déjà séduit Napoléon avec son Portrait du Général Bonaparte dans les jardins de la Malmaison ...

Si les dessins retenus sont ceux d'Isabey, Leroy se trouve sollicité pour la confection des robes.
Furieux d'avoir à exécuter des toilettes à partir des dessins d'un autre artiste que lui, il refusa.

Joséphine , désolée, insista, et le supplia tant et si bien que Leroy finit par céder ...
Les trente-deux dessins d'Isabey pour le Sacre sont visibles au Louvre.
Tels quels, ils étaient utiles pour être reproduits sur les poupées en carton grandeur nature, avec lesquelles on procéda à de nombreuses répétitions de la cérémonie.

Mais le jour du glorieux finale, c'est bien Leroy, et lui seul qui l'emporte...
Sous les mains de ce "magicien" tous les dessins sans âme deviennent charmants, car il sait leur conférer cette grâce indispensable pour entourer le corps de la femme...
A la Cour , alors que l'on s'exaltera de la splendeur des toilettes du Sacre, le nom du dessinateur tombera sous silence, lorsqu'en ce mémorable et somptueux 2 Décembre 1804, les plis tomberont avec une harmonieuse élégance sur le manteau de la future Impératrice, agenouillée devant son Empereur ...




:salut:

Drouet Cyril

Les costumes sous l'empire, et tenues de Napoléon

Message par Drouet Cyril »

Pour revenir au sujet :
http://digital.library.mcgill.ca/napole ... B00643.jpg

Les Buonaparte presque au complet.
Moins de dentelles et de fils d'or. Autres temps...

l'Empereur

MODE & COUTURE : les tenues de Napoléon

Message par l'Empereur »

La tenue, ou l'uniforme, contient en elle-même un message fort.

Il n'y a rien de plus faux que l'adage "l'habit ne fait pas le moine" car, si, l'habit fait le moine justement.

En la matière, l'Empereur était fort fin, comme d'habitude, et choisissait ses tenues en fonction de ce qu'il allait faire : à la guerre, il était en uniforme militaire, en sa qualité de chef de guerre.
Pour les actes civils, ou constitutionnels (comme la prestation de serment en mai 1815 ou son mariage en 1811), il revêt son petit habillement d'Empereur, tenue essentiellement civile.
Pour une cérémonie exceptionnelle, comme celle du sacre, ou celle de la remise des aigles, il revêt un grand costume de sacre : même si à l'époque, quelque uns se sont gaussés de cette tenue, on voit mal dans quel autre uniforme un empereur pouvait être sacré !
Après lui, le roi Charles X revêtira également une grande tenue de sacre, actuellement conservée à Reims.
Pour les actes mixtes (Une entrevue avec un autre souverain, comme à Erfurt), il revêt son uniforme de grenadier, qui renvoie à une image plus détendue, moins "belliqueuse", puisque c'était son uniforme de détente, le dimanche ou en famille.
Il fera d'ailleurs ce choix pour le débarquement le 1er mars 1815.

benito

MODE & COUTURE

Message par benito »

Encore une fois, ces tenues étaient à l'image de l'époque, extravagante, il faut dire que depuis les extraordinaires et les merveilleuses on s'est tout de même calmé sous l'Empire, et le retour de la monarchie amènera encore plus d'austérité à l'affaire, petit à petit le XIXème siècle sera celui de la bourgeoisie triomphante, hypocrite et véritable grenouille de bénitier, l'usage du corset chez la femme, devenant un véritable carcan pour celles-ci en est une très bonne illustration...

l'époque impériale est d'un point de vue vestimentaire, la plus riche et la plus lâchée du XIXème il faudra attendre l'après guerre et les années folles pour voir autant de liberté vestimentaire ne serait-ce que chez les femmes.

Le goût pour l'antique avait amené la mode des cheveux courts chez les femmes, à la "Titus", 20 ans auparavant souvenez vous des fameuses perruques de Marie Antoinette pouvant faire dans certains cas plus d'1 mètre de hauteur...

Une liberté dans la façon de s'habiller, imaginez certaines femmes sortaient dans la rue avec des toilettes quasiment transparentes, des décolletés très larges, chez les hommes la mode n'est pas à l'ample, on est près du corps, rien à envier aux jeans slim d'aujourd'hui,

Mais la mode reste toujours une "dictature", l'homme bien mis, se devait d'être élancé, maigre, de ne pas abuser des bonnes choses, de toute façon das le cas contraire sa tenue trahissait ses kilos en trop... la femme à la Cour par la suite sera obligée de porter par tout temps ce fameux décolleté, très large, comme l'Empereur pouvait aimer, au risque en hiver d'attrapper la mort.

Les extravagances vestimentaires d'un personnage comme Murat ne sont pas étrangers à cela, Murat est le reflet de son époque,
et il était fréquent que certains officiers ajoutent à leur uniforme quelques touches personnelles.

Le fait est que la société impériale est une société militaire, et les vêtements pour femme vont trouver inspirations de ce coté là, on retrouve alors dans certaines tenues, vestes, bottes des détails pris à la vie militaire, les bottes à la hussarde par exemple vont être féminisées, ou bien des vestes courtes ressemblant fortement au fameux Dolman des hussards encore une fois et faut-il encore parler de cette profusion de couleurs dans les uniformes militaires, elle influencera la mode de l'époque dans son ensemble...

Pour la Cour on s'inspire d'autrefois, les hommes de service continuent de porter la perruque et les habits de livrée à "l'ancienne", pour les tenues d'apparat des grands hommes, on adopte encore les grandes tuniques brodées de motifs, dans le cas présent, les broderies florales font place aux ornements plus "viriles", le style Empire joue beaucoup sur les symboles, rien n'est mis au hasard. L'époque s'inspire beaucoup des tenues de Cour Renaissance française, époque Valois, dans les coiffes et les capes pour les hommes en particulier... la liberté vestimentaire de la révolution va petit à petit se raidir, des règles étant établies.

Les goûts de l'Empereur donnent le ton, mais surtout les folies vestimentaires de l'Impératrice Joséphine en son temps, et les ouvrages de broderies réalisés sur les tenues d'apparat des grands du régime étaient la vitrine du savoir faire français de l'époque.

Le régime se devait d'être le premier client des manufactures impériales, mais cela ne s'est pas limité aux habits, mais aussi aux arts décoratifs dans son ensemble... devenir la vitrine de l'excellence française, cette façon de faire existait avant Napoléon, et a continué par la suite.

Chaque régime dans l'Histoire a usé de luxe, a laissé sa marque dans l'Histoire de l'Art, son Style, l'Empire ne déroge pas à la règle, certes la Cour de Napoléon n'était pas coûteuse comme put l'être celle de Louis XIV ou d'autres, mais l'important en politique et surtout au milieu de ses grandes familles tenant l'Europe, s'était de paraître...

Napoléon tout le long de son règne a souhaité s'élever au niveau de ces grandes familles, être des leurs, être accepté par ces gens là, non par envie mais par besoin pour renforcer son pouvoir et sa légitimité sur le pays... en établissant une noblesse impériale, une Cour impériale et tout ce qui va derrière, Palais, domaines de la couronne, chasses, cérémonies, bals, collections d'oeuvres d'Art etc etc...

Le Napoléon à l'habit vert c'est pour l'image d'Épinal, l'Empereur était un monarque, il a pensé qu'en se créant un monde de monarque il arriverait d'une part à séduire l'ancienne noblesse française, et rallier les familles d'Europe à sa cause, même s'il fallait pour cela user de la force pour faire rentrer cette idée dans leur tête.

Mais bon comme on dit "l'habit ne fait pas le moine."
Modifié en dernier par benito le 08 oct. 2008, 15:24, modifié 1 fois.

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MODE & COUTURE : Les tenues de Naoléon, une tache indélébile

Message par L'âne »

Le journal de nos amis Belges "La Libre.be" évoque la maladresse d'un serveur et la suite pour reconditionner l'habit du Premier Consul.

"Napoléon aimait beaucoup l’habit qu’il porte sur le tableau. Un jour, au cours d’un repas, un serveur renversa de la sauce sur la manche du précieux habit… Il fit tailler une autre manche et, par souci d’économie, il fit transférer les broderies d’or de la vieille manche sur la nouvelle. La manche a été soigneusement conservée par le tailleur puis revendue en 1910."

https://www.lalibre.be/regions/liege/un ... 1dbd05b757

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Cyril Drouet
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Re: MODE & COUTURE : les tenues de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

LILY PORTUGAELS a écrit :
27 août 2019, 11:02
Cet habit a accompagné Napoléon à Sainte-Hélène et l’on dit que, de temps en temps, le célèbre exilé demandait à le voir.
A ce sujet, voici un extrait de "Lettres sur l'expédition de Sainte-Hélène en 1840", d'Arthur Bertrand :
" Des divers cadeaux que Napoléon a faits à ma sœur, le plus intéressant est celui dont je vais parler. Lyon, cette ville sans rivale dans l'univers, et qui est en possession de fournir de ses riches étoffes les diverses contrées de l'ancien et du nouveau monde, Lyon, sous le consulat, avait donné à Napoléon un habit de premier consul, en velours rouge, élégamment brodé en soie et or. Cet habit, il l'avait toujours conservé, et il voulut l'emporter avec lui à l'île d'Elbe, puis à Sainte-Hélène, ainsi que le service en porcelaine qui lui avait été donné par la ville de Paris. Oh! le bel habit, dit un jour ma sœur, en voyant le costume de premier consul. « Je te le donne, » répondit l'Empereur. En même temps, il en passe les manches dans ses petits bras, et Hortense de courir vers sa mère traînant après elle les basques du bel habit brodé qui balayaient le gazon."

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