Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

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Cyril Drouet
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Cyril Drouet » 26 août 2019, 12:33

L'âne a écrit :
26 août 2019, 10:38
Cyril Drouet a écrit :
26 août 2019, 09:48
Le Pays du Peuple de Géants.
En commençant par y refuser un commandement ?
L'armée de l'Ouest ? A noter qu'il ne s'agit pas ici que de la Vendée ; et puis, et surtout, au commencement, il accepta son commandement comme en témoigne sa lettre à Hoche en date du 19 avril 1795 :
"Une lettre de la commission du mouvement des armées de terre m'apprend que j'ai été nommé à commander l'artillerie de votre armée, du moment que j'aurai remis à celui qui doit me succéder, et que j'attends tous les jours, les papiers et instructions nécessaires, je partirai pour Nantes, très empressé de faire votre connaissance et servir sous vos ordres."
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Cyril Drouet » 26 août 2019, 12:38

Napoléon sur cette affectation donne cette version dans le Mémorial :
« Et revenant sur la guerre de la Vendée, il a rappelé qu'il avait été tiré de l'armée des Alpes pour passer à celle de la Vendée, et qu'il avait préféré donner sa démission à poursuivre un service dans lequel, d'après les impulsions du temps, il n'eût pu concourir qu'à du mal, sans pouvoir personnellement prétendre à aucun bien. »


L’affaire ne s’était pas vraiment passée de cette manière.
Petit retour en arrière :

Le 27 mars 1795, Lacombe Saint-Michel, au nom du Comité de Salut public, avertissait Pelet de la Lozère qu’il devait donner l’ordre à Bonaparte de se rendre de l’armée d’Italie à celle de l’ouest, afin d’y commander l’artillerie. L’instruction en question partit de Paris deux jours plus tard.

Le 19 avril, l’intéressé écrivait favorablement à Hoche, son futur supérieur :
"Une lettre de la commission du mouvement des armées de terre m'apprend que j'ai été nommé à commander l'artillerie de votre armée, du moment que j'aurai remis à celui qui doit me succéder, et que j'attends tous les jours, les papiers et instructions nécessaires, je partirai pour Nantes, très empressé de faire votre connaissance et servir sous vos ordres."

Le 8 mai suivant, Bonaparte quittait Marseille pour Paris. Le lendemain, il écrivait à Désirée Clary :
« J’arrive à Avignon bien affligée de l’idée de devoir être si longtemps loin de toi. La route m’a paru bien maussade. L’espérance que ma bonne Eugénie pensera souvent à son bon ami et lui conservera les sentiments affectueux qu’elle lui a promis peut seule alléger ma peine et rendre ma situation supportable.»

Bonaparte arriva dans la capitale le 25 mai. Là, un nouvel ordre allait tomber. Le 13 juin en effet, il se trouvait affecté à l’armée de l’Ouest, non dans l’artillerie, mais, dans l’infanterie.
Entre l’ordre du 29 mars et la nouvelle affectation du 13 juin, la loi du 7 mai organisant l’artillerie avait été votée et en vertu de ce texte seuls vingt officiers généraux (dont dix-huit généraux de brigade) devaient être maintenus. Or à cette époque, quarante généraux servaient dans l’artillerie ; il fallut donc faire des choix et Bonaparte ne fut pas retenu.

L'empressement apparent de la lettre 29 avril ne résista pas à cette nouvelle affectation. Le 22 juin, il écrivait à Joseph :
" Je suis employé comme général de brigade dans l'armée de l'Ouest, mais non pas dans l'artillerie. Je suis malade, ce qui m'oblige à prendre un congé de deux ou trois mois. Quand ma santé sera rétablie, je verrai ce que je ferai."

Comme indiqué dans sa lettre à Joseph, Bonaparte, avançant un état maladif, avait obtenu un congé lui permettant de gagner du temps ; temps qu’il mettait à profit afin de présenter ses doléances au Comité de salut public, le 5 août (le lendemain du renouvellement de quatre de ses membres) :
« Le général Buonaparte, élève depuis 1782, a été fait Lieutenant d'artillerie en 1785. Il est passé par les différents grades, a été fait Général d'artillerie, confirmé par la Commission, il a, compris ses campagnes, 17 ans de service.
Il a commandé l'artillerie au siège de Toulon, à la fin duquel il a été confirmé Général d'artillerie par un décret de la Convention nationale.
Il a depuis été chargé comme Général d'artillerie de l'inspection et de l'armement de la côte de la Méditerranée qui avait été en partie désarmée par les Anglais.
Il a commandé en chef l'artillerie de l'armée d'Italie pendant deux campagnes où il a obtenu l’estime de l'armée et les suffrages les plus flatteurs des Représentants du peuple et des généraux avec qui il a servi. C’est en suivant le plan de campagne qu’il a donné que l'armée s’est emparée de Saorgio, d’Oneille et d’ Ormea et que nous avons battus les ennemis à Cairo.
Au premier travail qui fut fait pour les officiers généraux il avait été nommé pour commander l’artillerie de l'armée de l’Ouest; il s'y rendait lorsqu'il a appris qu'il n'avait point été compris parmi le nombre des officiers généraux d'artillerie. Lorsqu'à son arrivée à Paris, il a demandé les raisons pour lesquelles il avait été oublié et placé dans l'infanterie, on lui a allégué :
1° Qu'il y avait un grand nombre d'officiers généraux qui avaient servi dans l'artillerie, qu'ils ne pouvaient pas tous être compris parmi ceux de ce corps, ne pouvant y en avoir que vingt.
Cependant, l’on en a créé plusieurs de nouveaux, au moment même du travail, notamment les citoyens Durtubie, Campagnol et Valstin. La nomination du premier a d'autant plus étonné que le citoyen Durtubie n'a point fait la guerre, a refusé de la faire depuis le commencement de la révolution et est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
2° L'on a allégué que le général Buonaparte était trop jeune, comme s'il n'y avait pas même des généraux en chef plus jeunes que lui ! Comme si cette objection, bonne pour qui n'aurait que trois ou quatre ans de service, était applicable à celui qui en a dix-sept, qui a mérité son avancement par des actions d'éclat et est dans la force de l'âge.
Cette raison est d'ailleurs dénuée de tout fondement, car si on compte l'ancienneté à dater du brevet de général, il est un des plus anciens des généraux de brigade d'artillerie et plusieurs de ceux qui sont compris, ont été sous ses ordres. Si l'on compte l'ancienneté, depuis le grade d'élève et d'officier, il est plus ancien que les généraux Delebel et Le Maire ; le premier n'ayant été officier qu'en 1788 et le second en 1790.
Si le général Buonaparte a été exclu du nombre des officiers généraux d'artillerie, il l'a été sans aucune raison et par l’impulsion de quelques intrigants, connus de tous temps dans le corps, par leur assiduité à circonvenir tous les hommes en place, ce qu'ils appellent faire la guerre, et avoir des années de service.
Le général Buonaparte attend de la justice des membres du Comité de salut public chargés de la partie militaire qu'ils voudront bien le restituer à ses fonctions et ne permettront pas qu’il ait la douleur, après avoir commandé l’artillerie dans les circonstances les plus fâcheuses de la guerre et avoir contribué aux succès les plus éclatants, de voir sa place occupée par des hommes qui se sont constamment tenus en arrière, qui sont absolument étrangers à nos succès, inconnus dans nos armées et qui ont l’impudence de se présenter aujourd’hui pour nous arracher le fruit de la victoire dont ils n'ont pas voulu courir les chances. »


En attendant réponse à sa plainte, Bonaparte, toujours en congé pour maladie, se voyait sommé de reprendre du service et était tancé en ces termes le 16 août :
« Le certificat du citoyen Marquis, officier de santé qui vous traite à Paris, citoyen, et que vous m'avez adressé, ne remplît pas le vœu de la loi du 2 thermidor an II, qui exige que vous vous fassiez visiter par le Conseil de santé. D'un autre côté, par votre lettre du 24 messidor [12 juillet] vous m'observiez que l'on vous faisait espérer que dans deux décades, vous seriez dans le cas de rejoindre l'armée. En conséquence, j'ai tout lieu de présumer que vous êtes en état de vous mettre en route et je vous invite à vous rendre au plus tôt à votre poste où votre présence devient de jour en jour plus nécessaire. Si votre santé ne vous permet pas de servir activement, marquez-le moi et je proposerai votre remplacement au Comité. »

Bonaparte, amer, se confiait dès lendemain 17 août, à Sucy :
" L'on m'a porté pour servir à l'armée de la Vendée comme général de la ligne : je n'accepte pas ; nombre de militaires dirigeront mieux que moi une brigade, et peu commanderont avec plus de succès l'artillerie. Je me jette en arrière, satisfait de ce que l'injustice que l'on fait aux services est assez sentie par ceux qui savent les apprécier. "


Pourtant, après s'être plaint auprès de Barras, Fréron, Pontécoulant, Debry, il fut finalement attaché au Bureau topographique du ministère de la Guerre, dès le lendemain 18 août, avant que trois jours plus tard, un arrêté ne confirme son emploi aux travaux de la direction du Comité de salut public chargée de plans de campagne et de la surveillance des opérations de l’armée de terre.

Le 30 du même mois, Canclaux, commandant de l’armée de l’Ouest, était averti des nouveaux services de Bonaparte et invité à lui trouver un remplaçant à son poste au sein de son armée.
L’armée de l’Ouest n’était donc plus à l’ordre du jour et la situation du jeune général semblait à présent plus claire. Bonaparte allait pourtant déchanter.
Ainsi, le 1er septembre, un rapport répondait enfin à ses doléances formulées le 5 août :
« La loi du 18 floréal dernier [7 mai], loi relative à l’organisation de l'arme de l’artillerie affecte pour ce service vingt officiers généraux en qualité d'inspecteurs au choix du Comité de Salut public. A l'époque de l'organisation, il s'est trouvé environ quarante officiers généraux, vingt étaient par conséquent dans le cas d'être employés dans la ligne, ou admis à la pension de retraite. Du nombre de ceux-ci se trouve le citoyen Buonaparte qui se plaint de n'y avoir pas été compris, étant général de brigade depuis le mois de nivôse de l’an II, tandis que les citoyens Durtubie, Campagnol et Valsin n'y ont été promus qu'au moment du travail même. Il observe que la nomination du premier a d'autant plus étonné qu'il n'a point fait la guerre, qu'il a refusé de la faire depuis le commencement de la Révolution et qu’il est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
Les inspecteurs généraux d'artillerie ayant été nommés au choix du Comité de Salut public, la Commission ignore quels sont les motifs qui ont exclu le citoyen Buonaparte. Sans doute que le Comité a pensé que pour remplir les fonctions de cet emploi, il ne suffisait pas d'avoir beaucoup de zèle et de courage, mais qu'il fallait y réunir une théorie couronnée par une longue expérience; sous ce rapport, le citoyen Durtubie, méritait la préférence, étant officier depuis 1755 au lieu que le citoyen Buonaparte ne l'est que depuis 1785, c'est-à-dire trente ans après lui. Quant à l'étonnement que le citoyen Buonaparte témoigne de voir le citoyen Durtubie général de brigade sans avoir vu le feu, il ignore sans doute que cet officier a fait une campagne pendant les guerres de Hanovre.
Le citoyen Buonaparte a servi depuis le commencement de la Révolution non seulement avec zèle et autorité, mais il résulte des différents rapports parvenus sur son compte, qu'il a donné des preuves de talent, la commission est même persuadée qu'il peut acquérir toutes les connaissances qui constituent le vrai officier d'artillerie. S'il a paru juste aux représentants du peuple de lui conférer le grade de général de brigade, il l'est également de récompenser d'anciens officiers qui ont quarante ans et plus de service et qui ont également fait des campagnes.
Pour mettre au surplus le Comité de Salut public à même de prononcer sur celle réclamation, on joint les services des différents officiers généraux que le citoyen Buonaparte indique :

Campagnol, 49 ans de service d’officier, 7 campagnes.
Durtubie 40 ans de service d’officier, 1 campagne.
Valsin, 38 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Lemaire, 20 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Debelle, 13 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Buonaparte, 10 ans, lieutenant, le 1er septembre 1785, capitaine, le 6 février 1792, chef de bataillon, le 28 vendémiaire an II, général, le 28 nivôse, an II, vingt-six ans d'âge. »

En conséquence, le 15 septembre, « attendu son refus de se rendre au poste qui lui a été assigné », le Comité de salut public rayait Bonaparte de la liste des officiers généraux employés.
Bonaparte en recevait confirmation deux jours plus tard.


Comme on le voit, et contrairement à ce que dit le Mémorial, Bonaparte ne présenta pas sa démission. De plus, c’est son affectation dans l’infanterie qui déclencha sa colère alors que jusque là la direction de l’artillerie dans l’Ouest n’avait pas officiellement provoqué de rejet comme pourrait le laisser entendre Las Cases.


Le témoignage de Marmont (Mémoires) :

« Le général Bonaparte reçut la mission d’aller commander l’artillerie de l’armée de l’Ouest, en conséquence d’un travail fait et arrêté sur le rapport d’un membre du comité de salut public, Dubois de Crancé. Cette disposition parut un coup funeste au général Bonaparte, et chacun en porta le même jugement. Il quittait une armée en présence des étrangers pour aller servir dans une armée employée dans les discordes civiles. On pouvait espérer raisonnablement que la première serait appelée à frapper de grands coups, à faire des entreprises importantes et glorieuses ; dans l’autre, aucune perspective brillante n’était offerte : des services obscurs, pénibles, quelquefois déchirants, étaient la seule chose à prévoir. Il avait fait sa réputation par ses actions; mais ses actions n’avaient pas encore assez d’éclat pour faire arriver sa renommée hors de l’enceinte de l’armée où il avait servi; et, si son nom était prononcé de Marseille à Gênes avec estime et considération, il était inconnu à Paris et même à Lyon. Ce changement de destination devait donc lui paraître une véritable fatalité, et il ne s’y soumit qu’avec le plus vif regret.
[…]
A la veille de son arrivée [à Paris], un nouveau travail avait été signé, et ce travail l’excluait du service de l’artillerie. Un nommé Aubry, membre du comité de salut public, ancien officier d’artillerie, rempli de passion contre les jeunes officiers de son arme, avait blâmé l’avancement de Bonaparte. Chargé de revoir le travail de Dubois de Crancé, travail ancien déjà de trois mois, il avait rayé Bonaparte du tableau du corps. De tout temps il y a eu dans l’artillerie de grandes difficultés à un avancement extraordinaire, et rien encore n’avait motivé la nécessité de s’écarter de l’usage. Si les circonstances avaient paru expliquer la fortune de Bonaparte, elles n’étaient guère appréciées à une aussi grande distance du théâtre des événements, et un homme comme Aubry, qui n’avait pas fait la guerre, ne pouvait pas les comprendre. Au contraire, il devait apporter et il apporta dans cette affaire les passions résultant de l’âge et des préjugés.
Aubry fut donc sourd aux représentations, et repoussa impitoyablement les réclamations de Bonaparte, appuyées par tous ceux qui l’avaient vu à l’armée. Ces démarches, faites cependant avec toute l’activité de son esprit, toute l’énergie de son caractère, n’obtinrent aucun succès.
[…]
On offrit à Bonaparte de l’employer dans la ligne, c’est-à-dire de lui donner le commandement d’une brigade d’infanterie, et il refusa avec dédain cet emploi. Ceux qui n’ont pas servi dans l’artillerie ne peuvent pas deviner l’espèce de dédain qu’avaient autrefois les officiers d’artillerie pour le service de la ligne ; il semblait qu’en acceptant un commandement d’infanterie ou de cavalerie, c’était déchoir.
[…]
Bonaparte, encore sous l’empire des préjugés de son éducation, refusa donc formellement le commandement offert. »


Un mot de Bourrienne (Mémoires):
"Le gouvernement d'alors avait voulu l'envoyer dans la Vendée comme général de brigade d'infanterie. Deux motifs déterminèrent le jeune Bonaparte à refuser d'y aller. Il regardait ce théâtre comme peu digne de ses talents, et ce changement comme une espèce d'outrage. Le second motif et le plus puissant, c'est qu'il ne voulait pas changer d'arme. C'est le seul qu'il alléguait officiellement."


Une hypothèse formulée par Lentz (Le Grand Consulat) :
"La légende nous dit qu'il refusait de se battre contre d'autres Français. La vérité est peut-être plus prosaïque ; selon quelques esprits critiques. Napoléon courtisait alors Eugénie (Désirée) Clary ; fille d'un riche négociant marseillais, qui séjournait à Gênes. Sans doute préférait-il se rapprocher des Alpes plutôt que de s'éloigner un peu plus d'elle."
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par L'âne » 26 août 2019, 13:46

Nous avions évoqué ces faits.
Mais le rappel est opportun.
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Cyril Drouet
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Cyril Drouet » 26 août 2019, 14:18

Cyril Drouet a écrit :
26 août 2019, 09:48
L'âne a écrit :
26 août 2019, 02:36
Napoléon se préoccupa-t-il plus d'autres départements ?
Le Pays du Peuple de Géants. :D
Un ouvrage intéressant sur la question : "Napoléon Bonaparte et la Vendée", aux éditions Somogy.
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Bernard » 26 août 2019, 17:07

Cyril Drouet a écrit :
26 août 2019, 12:38
Napoléon sur cette affectation donne cette version dans le Mémorial :
« Et revenant sur la guerre de la Vendée, il a rappelé qu'il avait été tiré de l'armée des Alpes pour passer à celle de la Vendée, et qu'il avait préféré donner sa démission à poursuivre un service dans lequel, d'après les impulsions du temps, il n'eût pu concourir qu'à du mal, sans pouvoir personnellement prétendre à aucun bien. »


L’affaire ne s’était pas vraiment passée de cette manière.
Petit retour en arrière :

Le 27 mars 1795, Lacombe Saint-Michel, au nom du Comité de Salut public, avertissait Pelet de la Lozère qu’il devait donner l’ordre à Bonaparte de se rendre de l’armée d’Italie à celle de l’ouest, afin d’y commander l’artillerie. L’instruction en question partit de Paris deux jours plus tard.

Le 19 avril, l’intéressé écrivait favorablement à Hoche, son futur supérieur :
"Une lettre de la commission du mouvement des armées de terre m'apprend que j'ai été nommé à commander l'artillerie de votre armée, du moment que j'aurai remis à celui qui doit me succéder, et que j'attends tous les jours, les papiers et instructions nécessaires, je partirai pour Nantes, très empressé de faire votre connaissance et servir sous vos ordres."

Le 8 mai suivant, Bonaparte quittait Marseille pour Paris. Le lendemain, il écrivait à Désirée Clary :
« J’arrive à Avignon bien affligée de l’idée de devoir être si longtemps loin de toi. La route m’a paru bien maussade. L’espérance que ma bonne Eugénie pensera souvent à son bon ami et lui conservera les sentiments affectueux qu’elle lui a promis peut seule alléger ma peine et rendre ma situation supportable.»

Bonaparte arriva dans la capitale le 25 mai. Là, un nouvel ordre allait tomber. Le 13 juin en effet, il se trouvait affecté à l’armée de l’Ouest, non dans l’artillerie, mais, dans l’infanterie.
Entre l’ordre du 29 mars et la nouvelle affectation du 13 juin, la loi du 7 mai organisant l’artillerie avait été votée et en vertu de ce texte seuls vingt officiers généraux (dont dix-huit généraux de brigade) devaient être maintenus. Or à cette époque, quarante généraux servaient dans l’artillerie ; il fallut donc faire des choix et Bonaparte ne fut pas retenu.

L'empressement apparent de la lettre 29 avril ne résista pas à cette nouvelle affectation. Le 22 juin, il écrivait à Joseph :
" Je suis employé comme général de brigade dans l'armée de l'Ouest, mais non pas dans l'artillerie. Je suis malade, ce qui m'oblige à prendre un congé de deux ou trois mois. Quand ma santé sera rétablie, je verrai ce que je ferai."

Comme indiqué dans sa lettre à Joseph, Bonaparte, avançant un état maladif, avait obtenu un congé lui permettant de gagner du temps ; temps qu’il mettait à profit afin de présenter ses doléances au Comité de salut public, le 5 août (le lendemain du renouvellement de quatre de ses membres) :
« Le général Buonaparte, élève depuis 1782, a été fait Lieutenant d'artillerie en 1785. Il est passé par les différents grades, a été fait Général d'artillerie, confirmé par la Commission, il a, compris ses campagnes, 17 ans de service.
Il a commandé l'artillerie au siège de Toulon, à la fin duquel il a été confirmé Général d'artillerie par un décret de la Convention nationale.
Il a depuis été chargé comme Général d'artillerie de l'inspection et de l'armement de la côte de la Méditerranée qui avait été en partie désarmée par les Anglais.
Il a commandé en chef l'artillerie de l'armée d'Italie pendant deux campagnes où il a obtenu l’estime de l'armée et les suffrages les plus flatteurs des Représentants du peuple et des généraux avec qui il a servi. C’est en suivant le plan de campagne qu’il a donné que l'armée s’est emparée de Saorgio, d’Oneille et d’ Ormea et que nous avons battus les ennemis à Cairo.
Au premier travail qui fut fait pour les officiers généraux il avait été nommé pour commander l’artillerie de l'armée de l’Ouest; il s'y rendait lorsqu'il a appris qu'il n'avait point été compris parmi le nombre des officiers généraux d'artillerie. Lorsqu'à son arrivée à Paris, il a demandé les raisons pour lesquelles il avait été oublié et placé dans l'infanterie, on lui a allégué :
1° Qu'il y avait un grand nombre d'officiers généraux qui avaient servi dans l'artillerie, qu'ils ne pouvaient pas tous être compris parmi ceux de ce corps, ne pouvant y en avoir que vingt.
Cependant, l’on en a créé plusieurs de nouveaux, au moment même du travail, notamment les citoyens Durtubie, Campagnol et Valstin. La nomination du premier a d'autant plus étonné que le citoyen Durtubie n'a point fait la guerre, a refusé de la faire depuis le commencement de la révolution et est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
2° L'on a allégué que le général Buonaparte était trop jeune, comme s'il n'y avait pas même des généraux en chef plus jeunes que lui ! Comme si cette objection, bonne pour qui n'aurait que trois ou quatre ans de service, était applicable à celui qui en a dix-sept, qui a mérité son avancement par des actions d'éclat et est dans la force de l'âge.
Cette raison est d'ailleurs dénuée de tout fondement, car si on compte l'ancienneté à dater du brevet de général, il est un des plus anciens des généraux de brigade d'artillerie et plusieurs de ceux qui sont compris, ont été sous ses ordres. Si l'on compte l'ancienneté, depuis le grade d'élève et d'officier, il est plus ancien que les généraux Delebel et Le Maire ; le premier n'ayant été officier qu'en 1788 et le second en 1790.
Si le général Buonaparte a été exclu du nombre des officiers généraux d'artillerie, il l'a été sans aucune raison et par l’impulsion de quelques intrigants, connus de tous temps dans le corps, par leur assiduité à circonvenir tous les hommes en place, ce qu'ils appellent faire la guerre, et avoir des années de service.
Le général Buonaparte attend de la justice des membres du Comité de salut public chargés de la partie militaire qu'ils voudront bien le restituer à ses fonctions et ne permettront pas qu’il ait la douleur, après avoir commandé l’artillerie dans les circonstances les plus fâcheuses de la guerre et avoir contribué aux succès les plus éclatants, de voir sa place occupée par des hommes qui se sont constamment tenus en arrière, qui sont absolument étrangers à nos succès, inconnus dans nos armées et qui ont l’impudence de se présenter aujourd’hui pour nous arracher le fruit de la victoire dont ils n'ont pas voulu courir les chances. »


En attendant réponse à sa plainte, Bonaparte, toujours en congé pour maladie, se voyait sommé de reprendre du service et était tancé en ces termes le 16 août :
« Le certificat du citoyen Marquis, officier de santé qui vous traite à Paris, citoyen, et que vous m'avez adressé, ne remplît pas le vœu de la loi du 2 thermidor an II, qui exige que vous vous fassiez visiter par le Conseil de santé. D'un autre côté, par votre lettre du 24 messidor [12 juillet] vous m'observiez que l'on vous faisait espérer que dans deux décades, vous seriez dans le cas de rejoindre l'armée. En conséquence, j'ai tout lieu de présumer que vous êtes en état de vous mettre en route et je vous invite à vous rendre au plus tôt à votre poste où votre présence devient de jour en jour plus nécessaire. Si votre santé ne vous permet pas de servir activement, marquez-le moi et je proposerai votre remplacement au Comité. »

Bonaparte, amer, se confiait dès lendemain 17 août, à Sucy :
" L'on m'a porté pour servir à l'armée de la Vendée comme général de la ligne : je n'accepte pas ; nombre de militaires dirigeront mieux que moi une brigade, et peu commanderont avec plus de succès l'artillerie. Je me jette en arrière, satisfait de ce que l'injustice que l'on fait aux services est assez sentie par ceux qui savent les apprécier. "


Pourtant, après s'être plaint auprès de Barras, Fréron, Pontécoulant, Debry, il fut finalement attaché au Bureau topographique du ministère de la Guerre, dès le lendemain 18 août, avant que trois jours plus tard, un arrêté ne confirme son emploi aux travaux de la direction du Comité de salut public chargée de plans de campagne et de la surveillance des opérations de l’armée de terre.

Le 30 du même mois, Canclaux, commandant de l’armée de l’Ouest, était averti des nouveaux services de Bonaparte et invité à lui trouver un remplaçant à son poste au sein de son armée.
L’armée de l’Ouest n’était donc plus à l’ordre du jour et la situation du jeune général semblait à présent plus claire. Bonaparte allait pourtant déchanter.
Ainsi, le 1er septembre, un rapport répondait enfin à ses doléances formulées le 5 août :
« La loi du 18 floréal dernier [7 mai], loi relative à l’organisation de l'arme de l’artillerie affecte pour ce service vingt officiers généraux en qualité d'inspecteurs au choix du Comité de Salut public. A l'époque de l'organisation, il s'est trouvé environ quarante officiers généraux, vingt étaient par conséquent dans le cas d'être employés dans la ligne, ou admis à la pension de retraite. Du nombre de ceux-ci se trouve le citoyen Buonaparte qui se plaint de n'y avoir pas été compris, étant général de brigade depuis le mois de nivôse de l’an II, tandis que les citoyens Durtubie, Campagnol et Valsin n'y ont été promus qu'au moment du travail même. Il observe que la nomination du premier a d'autant plus étonné qu'il n'a point fait la guerre, qu'il a refusé de la faire depuis le commencement de la Révolution et qu’il est le premier exemple peut-être d'un officier fait général sans avoir vu le feu.
Les inspecteurs généraux d'artillerie ayant été nommés au choix du Comité de Salut public, la Commission ignore quels sont les motifs qui ont exclu le citoyen Buonaparte. Sans doute que le Comité a pensé que pour remplir les fonctions de cet emploi, il ne suffisait pas d'avoir beaucoup de zèle et de courage, mais qu'il fallait y réunir une théorie couronnée par une longue expérience; sous ce rapport, le citoyen Durtubie, méritait la préférence, étant officier depuis 1755 au lieu que le citoyen Buonaparte ne l'est que depuis 1785, c'est-à-dire trente ans après lui. Quant à l'étonnement que le citoyen Buonaparte témoigne de voir le citoyen Durtubie général de brigade sans avoir vu le feu, il ignore sans doute que cet officier a fait une campagne pendant les guerres de Hanovre.
Le citoyen Buonaparte a servi depuis le commencement de la Révolution non seulement avec zèle et autorité, mais il résulte des différents rapports parvenus sur son compte, qu'il a donné des preuves de talent, la commission est même persuadée qu'il peut acquérir toutes les connaissances qui constituent le vrai officier d'artillerie. S'il a paru juste aux représentants du peuple de lui conférer le grade de général de brigade, il l'est également de récompenser d'anciens officiers qui ont quarante ans et plus de service et qui ont également fait des campagnes.
Pour mettre au surplus le Comité de Salut public à même de prononcer sur celle réclamation, on joint les services des différents officiers généraux que le citoyen Buonaparte indique :

Campagnol, 49 ans de service d’officier, 7 campagnes.
Durtubie 40 ans de service d’officier, 1 campagne.
Valsin, 38 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Lemaire, 20 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Debelle, 13 ans de service d’officier, campagnes de la révolution.
Buonaparte, 10 ans, lieutenant, le 1er septembre 1785, capitaine, le 6 février 1792, chef de bataillon, le 28 vendémiaire an II, général, le 28 nivôse, an II, vingt-six ans d'âge. »

En conséquence, le 15 septembre, « attendu son refus de se rendre au poste qui lui a été assigné », le Comité de salut public rayait Bonaparte de la liste des officiers généraux employés.
Bonaparte en recevait confirmation deux jours plus tard.


Comme on le voit, et contrairement à ce que dit le Mémorial, Bonaparte ne présenta pas sa démission. De plus, c’est son affectation dans l’infanterie qui déclencha sa colère alors que jusque là la direction de l’artillerie dans l’Ouest n’avait pas officiellement provoqué de rejet comme pourrait le laisser entendre Las Cases.


Le témoignage de Marmont (Mémoires) :

« Le général Bonaparte reçut la mission d’aller commander l’artillerie de l’armée de l’Ouest, en conséquence d’un travail fait et arrêté sur le rapport d’un membre du comité de salut public, Dubois de Crancé. Cette disposition parut un coup funeste au général Bonaparte, et chacun en porta le même jugement. Il quittait une armée en présence des étrangers pour aller servir dans une armée employée dans les discordes civiles. On pouvait espérer raisonnablement que la première serait appelée à frapper de grands coups, à faire des entreprises importantes et glorieuses ; dans l’autre, aucune perspective brillante n’était offerte : des services obscurs, pénibles, quelquefois déchirants, étaient la seule chose à prévoir. Il avait fait sa réputation par ses actions; mais ses actions n’avaient pas encore assez d’éclat pour faire arriver sa renommée hors de l’enceinte de l’armée où il avait servi; et, si son nom était prononcé de Marseille à Gênes avec estime et considération, il était inconnu à Paris et même à Lyon. Ce changement de destination devait donc lui paraître une véritable fatalité, et il ne s’y soumit qu’avec le plus vif regret.
[…]
A la veille de son arrivée [à Paris], un nouveau travail avait été signé, et ce travail l’excluait du service de l’artillerie. Un nommé Aubry, membre du comité de salut public, ancien officier d’artillerie, rempli de passion contre les jeunes officiers de son arme, avait blâmé l’avancement de Bonaparte. Chargé de revoir le travail de Dubois de Crancé, travail ancien déjà de trois mois, il avait rayé Bonaparte du tableau du corps. De tout temps il y a eu dans l’artillerie de grandes difficultés à un avancement extraordinaire, et rien encore n’avait motivé la nécessité de s’écarter de l’usage. Si les circonstances avaient paru expliquer la fortune de Bonaparte, elles n’étaient guère appréciées à une aussi grande distance du théâtre des événements, et un homme comme Aubry, qui n’avait pas fait la guerre, ne pouvait pas les comprendre. Au contraire, il devait apporter et il apporta dans cette affaire les passions résultant de l’âge et des préjugés.
Aubry fut donc sourd aux représentations, et repoussa impitoyablement les réclamations de Bonaparte, appuyées par tous ceux qui l’avaient vu à l’armée. Ces démarches, faites cependant avec toute l’activité de son esprit, toute l’énergie de son caractère, n’obtinrent aucun succès.
[…]
On offrit à Bonaparte de l’employer dans la ligne, c’est-à-dire de lui donner le commandement d’une brigade d’infanterie, et il refusa avec dédain cet emploi. Ceux qui n’ont pas servi dans l’artillerie ne peuvent pas deviner l’espèce de dédain qu’avaient autrefois les officiers d’artillerie pour le service de la ligne ; il semblait qu’en acceptant un commandement d’infanterie ou de cavalerie, c’était déchoir.
[…]
Bonaparte, encore sous l’empire des préjugés de son éducation, refusa donc formellement le commandement offert. »
Merci pour ces informations très claires.

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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Joker » 26 août 2019, 18:56

L'âne a écrit :
26 août 2019, 02:36
et qu'il finit même par ne plus jamais y remettre les pieds une fois sacré empereur.
À l'époque et compte tenu des moyens de transport conjugués à la lenteur de la transmission des informations (pas de relais poste en mer Méditerranée...), un chef d'état pouvait-il se permettre un tel voyage (à titre personnel) ? Nous sommes bien loin des visites électorales...
Napoléon aurait-il été en Corse pour visiter ses Cousins ?
A-t-il seulement pris une semaine de vacances au cours de son règne, là où il aurait fallu un mois au moins ?
Ce que j'ai voulu dire dans mon propos, c'est que très souvent on constate dans l'histoire des grands hommes ou de ceux qui ont fait l'Histoire, que ce soit en bien ou en mal, le besoin irrépressible d'aller se recueillir sur les lieux de leur enfance.
Même Hitler, devenu chancelier du Reich, a sacrifié à ce rituel.
Or, Napoléon semble ne pas avoir éprouvé ce besoin de retourner aux sources lorsqu'il régna sur l'Empire français.
C'est ce surprenant paradoxe que je voulais mettre en exergue.
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par L'âne » 27 août 2019, 01:30

Joker a écrit :
26 août 2019, 18:56
Ce que j'ai voulu dire dans mon propos, c'est que très souvent on constate dans l'histoire des grands hommes ou de ceux qui ont fait l'Histoire, que ce soit en bien ou en mal, le besoin irrépressible d'aller se recueillir sur les lieux de leur enfance.
Je crois très sincèrement que c'est plus la distance qu'autre chose qui a dissuadé Napoléon à entreprendre un pèlerinage en Corse.
Peut-être remettait-il à plus tard ce jubilé ?
N'a-t-il pas fait venir la Corse à lui ?
Lorsqu'il a pu se poser et ainsi se replonger dans son passé, faire un point de situation, (séjour à l'Île d'Elbe et exil à Sainte-Hélène) il s'est entouré de Corses.
Il pouvait ainsi converser dans sa langue maternelle et se sentir proche de son île en l'évoquant à travers des conversations privées.
Il a fait venir la Corse à lui en quelques sortes et s'en ai contenté.
Je peux me tromper bien entendu. C'est juste un ressenti sincère.
Il ne s'agit ni de justifier, ni de trouver des excuses pour jointoyer la Corse et Napoléon.
Aurait-il tourné le dos à la Corse, cela ne me gêne pas du tout.
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Joker » 27 août 2019, 19:00

L'âne a écrit :
27 août 2019, 01:30
Je crois très sincèrement que c'est plus la distance qu'autre chose qui a dissuadé Napoléon à entreprendre un pèlerinage en Corse.
Peut-être remettait-il à plus tard ce jubilé ?
N'a-t-il pas fait venir la Corse à lui ?
Je suis sceptique par rapport à l'argument de la distance.
Pour quelqu'un qui est allé en Egypte et en Russie, ce déplacement n'était guère un obstacle.
A moins de craindre d'être capturé par une escadre anglaise, bien entendu.
Mon ressenti personnel, c'est qu'il avait rompu tout lien avec la Corse depuis son exil forcé.
Il est des trahisons difficiles à pardonner...
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par Soldat Inconnu » 28 août 2019, 00:43

Joker a écrit :
27 août 2019, 19:00
L'âne a écrit :
27 août 2019, 01:30
Je crois très sincèrement que c'est plus la distance qu'autre chose qui a dissuadé Napoléon à entreprendre un pèlerinage en Corse.
Peut-être remettait-il à plus tard ce jubilé ?
N'a-t-il pas fait venir la Corse à lui ?
Je suis sceptique par rapport à l'argument de la distance.
Pour quelqu'un qui est allé en Egypte et en Russie, ce déplacement n'était guère un obstacle.
A moins de craindre d'être capturé par une escadre anglaise, bien entendu.
Mon ressenti personnel, c'est qu'il avait rompu tout lien avec la Corse depuis son exil forcé.
Il est des trahisons difficiles à pardonner...
Napoléon en viligiature :roll: ça colle au personnage selon vous ? Et de quelle trahison parlez-vous ? Celle dont Napoléon fut accusé par ses compatriotes ?
:salut:
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Re: Napoléon, hier, aujourd'hui et toujours - Libre Journal avec David Chanteranne, 18.08.19

Message par L'âne » 28 août 2019, 01:31

Joker a écrit :
27 août 2019, 19:00
Mon ressenti personnel, c'est qu'il avait rompu tout lien avec la Corse depuis son exil forcé.
Emmanuel de LAS CASES "Le Manuscrit original retrouvé" :

"Samedi 18 [novembre 1815]
L'Empereur a été sur le point de se réserver la Corse
Après le travail accoutumé, l'Empereur m'a amené au jardin vers les quatre heures. Il venait de finir la dictée sur la Corse. Après avoir épuisé le sujet sur cette île, celui de Paoli, parlé de l'influence que lui-même s'y était créée si jeune encore, lors de sa séparation de Paoli, il ajouta que dernièrement il eût été bien sûr d'y réunir tous les vœux, toutes les opinions, tous les efforts ; que s'il s'y était retiré en quittant Paris, il eût été à l'abri de toute puissance étrangère. Il en avait eu la pensée en abdiquant pour son fils ; il avait été sur le point de se réserver la jouissance de la Corse durant sa vie, ce qui ne souffrait aucune difficulté. Aucun obstacle de mer ne l'eût empêché de s'y rendre.

Mercredi 29 [mai 1816]
Quelqu'un lui disait qu'il avait couru dans le monde qu'il eût été le maître en 1814 d'avoir la Corse au lieu de l'île d'Elbe. « Sans doute, disait l'Empereur, et quand on saura bien les affaires de Fontainebleau, on sera bien surpris ! J'eusse pu alors me réserver ce que j'eusse voulu ; l'humeur du moment me décida pour l'île d'Elbe. Toutefois, si j'avais eu la Corse, il est à croire que le retour de 1815 n'eût pas été tenté. … »


En lisant les "136 lettres de Napoléon relatives à la Corse" (échelonnées du 21 mai 1796 au 21 mai 1815), extraites des 32 tomes de la correspondance, publiées par l'abbé Letteron on se persuade d'un attachement drapeautique de Napoléon à son île.
Aurea mediocritas

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