1813

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

foxtrot

1813

Message par foxtrot »

Un "moment de l'Histoire du Monde"
L'entrevue de Dresde
Robert Ouvrard

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Cette rencontre, ce duel, historique entre l'empereur des Français et le Chancelier d'Autriche, qui eut une importance primordiale dans le déroulement des évènements qui précipitèrent la chute de Napoléon Ier, s'est déroulée "entre quatre yeux" et il n'en existe que deux relations contemporaines : celle de baron Fain, secrétaire du Cabinet (mais qui ne fut pas lui-même présent), et, surtout, celle de Metternich lui-même, écrite le soir même et envoyée à l'empereur François (et reprise dans ses Mémoires). Metternich "fignola" d'ailleurs son propre récit, en 1829 (cinq ans après la parution du récit de Fain) et c'est ce récit, communiqué par le Chancelier, que A. Thiers, utilisa pour raconter les évènements dans son Histoire du Consulat et de l'Empire. Il faut avoir ceci à l'esprit lorsque l'on évoque cette rencontre : l'une et l'autre de ces deux relations sont forcément arrangées à la convenance de chacun.

Quant à la relation qu'en fait Fouché dans ses Mémoires, elle est bien évidemment de seconde main.

Le récit ci-dessous s'appuie sur la version tirée des Mémoires de Metternich, telle que Mme McGuigan le relate dans son livre sur Wilhelmine von Sagan (voir la biographie de Metternich)

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Le contexte

Après les victoires de Lützen (2 mai 1813), Bautzen (20 mai 1813), Liegnitz (27 mai 1813), Napoléon accepte, de façon assez inattendue, un armistice, le 4 juin, à Pleiswitz, valable jusqu'au 20 juillet, alors qu'il se trouve en position de rejeter les Autrichiens sur leur frontière. Bien que considéré plus tard comme une erreur, il faut reconnaître que Napoléon en a alors un besoin urgent, devant la menace de plus en plus évidente d'une intervention autrichienne, qui lui impose de songer à renforcer ses troupes en Italie et en Allemagne, de compléter ses approvisionnements, et de procurer quelque repos à ses jeunes troupes.

Le 10 juin, Napoléon est de retour à Dresde. Le 14 juin, la Prusse et l'Angleterre signent le premier traité de Reichenbach.

Dès le 11 juin 1813, Metternich avait lui-même sollicité une audience. Napoléon va laisser passer quelques jours pour finalement lui faire savoir qu'il pourra se rendre à Dresde quand il lui conviendra. Le Chancelier s'y rend donc, et arriva le 25 juin, en début d'après-midi, chez le comte Ferdinand Bubna (général et négociateur autrichien). Il apprend que Napoléon ne le recevra que le lendemain 26, à 11 heures (ici Fain se trompe, en indiquant le 23, de même que Thiers, qui indique le 28), en audience privée, au quartier-général de l'empereur, installé au palais Marcolini.

L'Empereur alla descendre au palais Marcolini, charmante habitation d'été située dans le faubourg de Frederichstadt. Un immense jardin, les belles prairies de l'Osterwise, sur les bords de l'Elbe, et la plus agréable exposition possible, rendaient ce séjour bien plus attrayant que celui du palais d'hiver: aussi l'Empereur sut-il un gré infini au roi de Saxe de l'avoir fait préparer pour lui. Là, sa vie était comme à Schönbrunn : des revues tous les matins; beaucoup de travail dans la journée, et quelque peu de distraction le soir. Plus de simplicité que de faste, en général. Le milieu du jour était consacré au travail du cabinet; alors il régnait une telle tranquillité dans le palais, que, sans les deux vedettes à cheval et les deux factionnaires, qui annonçaient le séjour d'un monarque, on aurait eu de la peine à supposer que cette belle demeure fût habitée même par le plus simple particulier.

L'Empereur avait choisi pour son logement l'aile droite du palais; l'aile gauche était occupée par le prince de Neufchâtel. Au centre de l'édifice se trouvaient un grand salon et deux autres, plus petits, qui servaient pour les réceptions.(Mémoires de Constant)

Ce soir du 25, Napoléon, comme presque tous les soirs, écrit à Marie-Louise :

Mon amie. J'ai fait aujourd'hui une course d'une vingtaine de lieues dans les bois aux environs de Dresde. Je rentre à 10 h ce soir. Ma santé est fort bonne. Metternich est arrivé ce soir à Dresde. Nous allons voir ce qu'il nous dira et ce que veut papa François. Il augmente toujours son armée en Bohême, je fortifie la mienne en Italie. Donne un baiser à ton fils; j'ai bien envie de le voire. Adio, mio bene.

Laquelle Marie-Louise, apprenant la nouvelle de la venue de Metternich à Dresde, écrira à son père :

Je peux vous dire la vérité qu'aucune nouvelle ne m'a fait autant de plaisir que celle-ci parce qu'elle a terminé toutes mes craintes, tous mes soucis.


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La rencontre

Mais revenons dans ce palais baroque où se pressent bientôt, à l'annonce de cette entrevue, tous ceux qui, de près ou de loin, gravitent autour de Napoléon. Parmi eux, beaucoup de militaires, car ce sont eux, surtout, qui, en ce début d'été, aspirent à la paix, même si ce désir de paix atteint aussi les troupes :

Le soldat Warland :"On a dit que la paix était faite et que notre empereur est retourné à Paris pour couronner l'Impératrice"

Soldat Piot, de la Garde : "La paix doit être faite avec les Cosaques, et on dit que nous allons retourner en France"

En haut de la hiérarchie, le ton est le même. Lorsqu'il entrera dans l'anti-chambre qui précède la pièce où il va rencontrer Napoléon, le maréchal Berthier lui-même glissera à Metternich :

N'oubliez pas que l'Europe a besoin de paix, la France surtout, elle qui ne veut que la paix !

(Thiers : Eh bien, nous apportez-vous la paix ?... Soyez donc raisonnable... terminons cette guerre, car nous avons besoin de la faire cesser, et vous autant que nous.)

Metternich est enfin introduit, à 11 heures du matin, dans la grande galerie où Napoléon a choisi de le recevoir. Ce dernier va au devant de lui, avec empressement (simulé ou non). Il a l'épée au coté, le chapeau sous le bras, et commence par demander des nouvelles de son beau-père, l'empereur François. Mais les choses vont, rapidement, changer.

Napoléon :

Vous voilà donc, Monsieur de Metternich ! Si vous souhaitez rompre notre alliance, pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ? Entre temps, j'ai gagné deux batailles. Mes ennemis sont battus, lèchent leurs plaies. Et soudain vous voilà, vous intervenez au milieu des évènements et tenez des discours plein de miel sur une médiation et un armistice. Sans votre intervention, tout serait déjà réglé entre moi et les Alliés et tout aurait été fini !

Il paraît, monsieur, qu'il ne vous convient plus de garantir l'intégrité de l'Empire français; pourquoi ne me l'avoir pas déclaré plus tôt ? Je gagne deux batailles, et vous venez me parler d'armistice et de médiations ! Sans votre funeste intervention, la paix entre les Alliés et moi serait faite aujourd'hui. Convenez-en, depuis que l'Autriche a pris le titre de médiateur, elle n'est plus de mon coté, elle n'est plus impartiale, elle est ennemie !



Mais vous aussi vous voulez la guerre. D'accord, vous l'aurez. J'ai anéanti les Prussiens à Lützen, battu les Russes à Bautzen. Maintenant, vous voulez votre tour. Très bien. Je vous donne rendez-vous à Vienne

J'ai, rendu trois fois son trône à l'empereur François; j'ai même commis la faute d'épouser sa fille, espérant me le rattacher, mais rien n'a pu le ramener à de meilleurs sentiments. L'année dernière, comptant sur lui, j'ai conclu un traité d'alliance par lequel je lui garantissais ses États, et par lequel il me garantissait les miens. S'il m'avait dit que ce traité ne lui convenait point, je n'aurais pas insisté, je ne me serais même pas engagé dans la guerre de Russie. Mais enfin il l'a signé, et après une seule campagne, que les éléments ont rendue malheureuse, le voilà qui chancelle, et ne veut plus ce qu'il semblait vouloir chaudement, s'interpose entre mes ennemis et moi, pour négocier la paix, à ce qu'il dit, mais en réalité pour m'arrêter dans mes victoires, et arracher de mes mains des adversaires que j'allais détruire (...)

Napoléon (qui commence à s'agiter) :

Si vous ne teniez plus à mon alliance, si elle vous pesait, si elle vous entraînait avec le reste de l'Europe à une guerre qui vous répugnait, pourquoi ne pas me le dire? Je n'aurais pas insisté pour vous contraindre; votre neutralité m'aurait suffi, et à l'heure qu'il est la coalition serait déjà dissoute.

Mais sous prétexte de ménager la paix en interposant votre médiation, vous avez armé, et puis, vos armements terminés, ou presque terminés, vous prétendez me dicter des conditions qui sont celles de mes ennemis eux-mêmes; en un mot, vous vous posez comme gens qui sont prêts à me déclarer la guerre. Expliquez-vous : est-ce la guerre que vous voulez avec moi ?... Les hommes seront donc toujours incorrigibles ?... les leçons ne leur serviront donc jamais ? ... Les Russes et les Prussiens, malgré de cruelles expériences, ont osé, enhardis par les succès du dernier hiver, venir à ma rencontre, et je les ai battus, bien battus, quoiqu'ils vous aient dit le contraire. Vous voulez donc, vous aussi, avoir votre tour ? Eh bien, soit, vous l'aurez... Je vous donne rendez-vous à Vienne, en octobre.

Metternich :

Sire, nous ne voulons pas vous déclarer la guerre, mais nous voulons mettre fin à un état de choses devenu intolérable pour l'Europe, à un état de choses qui nous menace tous à chaque instant, d'un bouleversement universel. Votre Majesté y est aussi intéressée que nous, car la fortune pourrait bien un jour vous trahir, et dans cette mobilité effrayante des choses, il ne serait pas impossible que vous-même rencontrassiez des chances fatales.

Napoléon :

Mais que voulez-vous donc, que venez-vous me demander ?

Metternich

Une paix, une paix nécessaire, indispensable, une paix dont vous avez besoin autant que nous, une paix qui assure votre situation et la nôtre..

Napoléon :

Parlez plus clairement ! Venez-en au cœur du sujet ! Je vous ai offert l'Illyrie comme prix de votre neutralité ! Que veut donc mon beau-père maintenant ?

Metternich alors, avec ménagement, insinue plutôt qu'il n'énonce, une condition après l'autre. Pour l'Autriche, "seulement" l'Illyrie (mais c'est quand même le Frioul, la Carniole, la Croatie, la Dalmatie, Fiume et Trieste, Venise, la Galicie occidentale !) et, en arrière-plan, le protectorat de la Confédération du Rhin et de la Suisse. Pour l'Angleterre, la Hollande et la Belgique. La Pologne pour la Russie, la Saxe pour la Prusse.

Metternich essaye alors de montrer à Napoléon qu'une guerre imprudemment prolongée peut peut-être faire renaître les prétentions, que sans doute il y a en Europe des fous dont les événements de 1812 ont exalté la tête, qu'il y en a bien quelques-uns de cette espèce à Saint- Pétersbourg, à Londres ou à Berlin, mais qu'il n'y en a pas à Vienne; que là on demande juste ce qu'on veut, rien au delà; du reste le vrai moyen de déjouer les prétentions de ces fous, c'est d'accepter la paix, et une paix honorable, car celle qu'on offre est non seulement honorable, mais glorieuse.

Un peu radouci, Napoléon répond que, s'il ne s'agit que de l'abandon de quelques territoires, il peut bien céder; mais on s'est coalisé pour lui dicter la loi, pour le contraindre à céder, pour lui ôter son prestige, et, avec une naïveté d'orgueil singulière, laisse voir que ce qui le touche sensiblement ici, ce sont moins les sacrifices exigés de lui, que l'humiliation de recevoir la loi après l'avoir toujours faite.

Metternich lui réplique :

Quand donc finira cet état de choses, si les défaites comme les victoires sont un égal motif de continuer ces guerres désolantes ? Victorieux, vous voulez tirer les conséquences de vos victoires; vaincu, vous voulez vous relever. Sire, nous serons donc toujours les armes à la main, dépendant éternellement, vous comme nous, du hasard des batailles

La décision entre guerre et paix est dans les mains de Votre majesté. Le Monde a besoin de paix. Vous pouvez aujourd'hui encore la conclure. Demain il peut être trop tard.

Napoléon :

Que veut-on de moi que je puisse faire. Dois-je me dégrader moi-même ? Jamais ! Je saurais, s'il le faut, mourir, mais je ne céderai pas un pouce de terrain. Vos souverains, qui sont nés pour le trône peuvent être battus vingt fois, ils retrouvent toujours leur palais. Je suis le produit de la chance. Mon règne ne survivrait pas le jour où je perdrais mes forces et que le peuple cesserait de me craindre.

Metternich assure l'empereur

que c'est le vœu le plus cher du cabinet autrichien d'amener les belligérants au moins à la conclusion d'une paix continentale (...) une paix durable, honorable et satisfaisante pour tous les participants.

Napoléon :

Mais l'Angleterre, elle, ne veut pas la paix !

Metternich :

Cela est vrai, une paix générale incluant l'Angleterre semble pour le moment irréalisable. Mais l'Europe continentale peut arriver à la paix et à l'équilibre des puissances, et cette paix pourrait être garantie dans le temps, en la mettant dans les mains d'une union d'États indépendants.

Metternich :

L'Empereur (d'Autriche) a proposé aux Puissances sa médiation, non sa neutralité. La Russie et la Prusse ont accepté ce rôle. C'est à vous de prendre position.

Puis, continuant, Metternich précise que si Napoléon accepte, ces Puissances décideront immédiatement de la date et du lieu des négociations. S'il refuse, alors l'Autriche aura bientôt 250.000 hommes en Bohême et - devenant menaçant - ils ne pourront pas rester là longtemps.

Napoléon :

Allons-donc !

Et d'expliquer qu'il sait parfaitement combien de soldats l'Autriche dispose, et pas seulement ceux qui sont actuellement sous les armes, mais également combien elle est en mesure d'aligner. Narbonne a envoyé des espions, qui ont même compter les tambours ! Et il ajoute :

Mais je ne me fie qu'à mes propres calculs, qui se sont toujours révélé exacts. Aucun pays ne peut avoir une armée plus importante qu'il est en mesure d'aligner.

Napoléon, saisissant Metternich par le bras, le conduit dans son cabinet de travail, lui montre ses notes et ses cartes, lui montre des listes concernant l'armée autrichienne, régiment par régiment. Metternich est abasourdi de ce que Napoléon semble si bien connaître les forces autrichiennes. Les deux hommes discutent ainsi près d'une heure, puis retournent dans la galerie

Metternich :

Dans des temps normaux, on ne tire, pour recruter une armée, qu'une petite partie de la population. Aujourd'hui, vous avez appelé sous les armes tout un peuple. J'ai vu vos soldats - ce sont encore des enfants. Qu'en sera-t-il demain, si cette armée d'enfants est battue ?

Napoléon :

Vous n'êtes pas militaire, Monsieur et vous ne les comprendrez jamais ! Vous n'avez, pas vécu dans les camps; vous n'avez pas appris à mépriser la vie d'autrui et la vôtre, quand il le faut. J'ai grandi sur le champ de batailles. Pour un homme comme moi, la vie d'un million d'hommes ne vaut pas plus que de la m.....

(note : dans ses Mémoires, Metternich ajoute qu'il n'ose pas utiliser les mots terribles que Napoléon utilisa)

A ces mots, Napoléon jette son chapeau dans un coin de la pièce. Metternich s'est accoudé à une console.

Metternich (maintenant accoudé à une commode) :

Pourquoi me dîtes vous cela, ici, entre ces quatre murs ? Ouvrez les portes, que vos paroles soient entendues d'un bout de la France à l'autre !

(ou : Ouvrons, Sire, les portes et les fenêtres, que l'Europe entière vous entende, et la cause que je viens défendre auprès de vous n'y perdra point ! Louis Madelin croit pouvoir dire que cet épisode ne peut qu'avoir été ajouté a posteriori par Metternich, car n'étant pas du style du Chancelier.)

Cela ne calme pas Napoléon, qui va et vient dans la pièce, donnant à un moment un coup de pied à son chapeau.

Napoléon :

Les français ne peuvent pas se plaindre de moi ! Pour les épargner, j'ai sacrifié des Allemands et des Polonais. J'ai perdu 300.000 hommes en Russie, parmi eux il n'y avait pas plus de 30.000 Français.

ou

Après tout, les Français dont vous défendez ici le sang, n'ont pas tant à se plaindre de moi. J'ai perdu, cela est vrai, deux cent mille hommes en Russie; il y avait dans le nombre cent mille soldats français des meilleurs; ceux-là je les regrette, oui, je les regrette vivement... Quant aux autres, c'étaient des Italiens, des Polonais, et principalement des Allemands... ajoutant d'un geste, que cette dernière perte le touchait peu.

Metternich :

Vous oubliez, Sire, que vous parlez à un Allemand

Napoléon :

Vous parliez pour les Français, je vous ai répondu pour eux.

Mais cette répartie de Metternich a le mérite de calmer Napoléon. Il va et vient de nouveau dans la pièce, et reprend son chapeau. La conversation reprend.

Napoléon :

Je peux opposer ma ténacité aux hommes, pas aux éléments. C'est le froid qui m'a ruiné. J'ai perdu 30.000 chevaux en une seule nuit. J'ai tout perdu sauf l'honneur et la conscience de ce que je dois à mon brave peuple. J'ai compensé les pertes de l'année dernière. Regardez seulement mon armée, et les batailles que j'ai déjà remportées. Je vais faire faire une revue pour vous.

Metternich (qui se remémore sans doute ce que Berthier, à son arrivée, lui a dit) :

Mais c'est cette armée, justement, qui maintenant veut la paix !

Napoléon :

Non, pas mon armée ! Mes généraux qui veulent la paix ! Je n'ai plus de généraux, ils ont tous été démoralisés à Moscou, par le froid. J'ai vu les plus vieux soudards pleurer comme des enfants. Il y a deux semaines j'aurais encore signé la paix. Aujourd'hui, je ne le peux plus. J'ai gagné deux batailles; je ne signerai pas la paix.

Napoléon continue ainsi sa longue description de la catastrophe de Russie, pendant des heures rapportera le Chancelier. Ce qui ne l'empêche pas, de temps à autre, de changer de thème.

Napoléon :

Vous voulez que je cède plus de territoires que je devrais, même si j'avais perdu quatre batailles ? Et c'est mon beau-père qui avance de telles suppositions ? Il se trompe s'il pense qu'un trône mutilé puisse être un refuge pour sa fille et son fils !

Croyez vous que je puisse rendre l'Europe entière, quand j'en occupe la moitié ? Retirer mes légions sur le Rhin, les Alpes et les Pyrénées ? Signer un traité, qui ne serait qu'une simple capitulation ? Me livrer moi-même comme un clown à mes ennemis, alors que mes drapeaux flottent sur la rive de la Weichel et de l'Oder, et que mon armée victorieuse se trouve devant les portes de Berlin et de Breslau ?

Saisissant Metternich par le bras, Napoléon le conduit dans sa salle des cartes. Là, sur une table, des cartes, sur lesquelles, durant les derniers jours, il a marqué, avec des épingles, chaque route et chaque col qui, de Saxe, conduisent en Autriche.

Napoléon :

Voulez-vous me dépouiller ? Voulez-vous l'Italie, le Brabant, la Lorraine ? Je ne céderai pas un pouce de terrain, je fais la paix sur la base du statu qua ante bellum. (Première version de Metternich)

Eh ! bien, qu'est-ce donc qu'on veut de moi ? Que je me déshonore ? Jamais ! Je saurais mourir, mais je ne céderai pas un pouce de territoire. (Deuxième version de Metternich)

Je vous devine... Aujourd'hui vous me demandez seulement l'Illyrie pour procurer des ports à l'Autriche, quelques portions de la Westphalie et du grand-duché de Varsovie pour reconstituer la Prusse, les villes de Lubeck, Hambourg et Brême pour rétablir le commerce de l'Allemagne, et pour relever sa prétendue indépendance l'abolition du protectorat du Rhin, d'un vain titre, à vous entendre ... Mais je sais votre secret, je sais ce qu'au fond vous désirez, tous... Vous Autrichiens, vous voulez l'Italie tout entière; vos amis les Russes veulent la Pologne, les Prussiens la Saxe, les Anglais la Hollande et la Belgique, et si je cède aujourd'hui, demain vous me demanderez ces objets de vos ardents désirs. Mais pour cela préparez-vous à lever des millions d'hommes, à verser le sang de plusieurs générations, et à venir traiter au pied des hauteurs de Montmartre...

Je donnerai même une partie du duché de Varsovie à la Russie; je ne vous donnerai rien, parce que vous ne m'avez pas battu; je ne donnerai rien à la Prusse parce qu'elle m'a trahi; si vous voulez la Galicie occidentale, si la Prusse veut une partie de ses anciennes possessions, cela peut se faire, mais pas sans compensations. Il faudra alors que vous indemnisiez mes alliés.

Napoléon, est maintenant hors de lui, se laissant aller à des paroles outrageantes pour Metternich. C'est, d'après Fain, le fameux :

Ah ! Metternich, combien l'Angleterre vous a-t-elle donné pour vous décider à jouer ce rôle contre moi ?

qui "fait changer de couleur" Metternich.

(Metternich ne parlera pas de cet incident, mais Napoléon, à Sainte-Hélène, dictera à Montholon une version un peu différente : "Je croyais l'avoir ramené à ma cause, et je me laissai aller à lui dire : je vous ai donné vingt millions, en voulez-vous vingt autres ? Je vous les donnerai. Mais combien l'Angleterre vous offrait-elle donc ? La foudre n'a pas d'effet plus prompt. La pâleur de M. de Metternich me prouva l'énormité de ma faute. je venais de m'en faire un ennemi irréconciliable." En tout état de cause, le "vous" ne s'adresse pas nécessairement à Metternich, ad persona, mais plus certainement à la Cour de Vienne - mais le doute est permis

A Caulaincourt, il dira aussi : Cette accusation a du être un choc pour lui. Metternich est bien entraîné. Il a bien retenu les leçons apprises à Paris. Il est décidément devenu un bon homme d'État - l'avez-vous remarqué ?)

La conversation entre les deux hommes va continuer durant toute la journée. Ils vont et viennent, passant de temps à autre devant le chapeau de Napoléon, toujours au sol, et que Metternich se gardera bien de ramasser : c'est Napoléon qui, finalement, reprendra son couvre chef lui-même.

Vers la fin, Napoléon a retrouvé son calme. Il évoque son mariage avec Marie-Louise :

Napoléon :

J'ai fait une grande bêtise, lorsque j'ai épousé une archiduchesse autrichienne !

Metternich :

Si Votre Majesté veut savoir mon sentiment, je lui dirai ouvertement que Napoléon le Conquérant a fait une faute !

(ou : faute pour Napoléon conquérant, mais non pas faute pour Napoléon politique et fondateur d'empire. )

Napoléon :

Faute ou non, vous voulez donc me déclarer la guerre ? Soit, quels sont vos moyens ? deux cent mille hommes en Bohême, dites-vous, et vous prétendez me faire croire à des fables pareilles ! C'est tout au plus si vous en avez cent, et je soutiens que ces cent se réduiront probablement à quatre-vingt mille en ligne.

Mais enfin ! L'Empereur François ne va quand même pas détrôner sa fille ?

Metternich :

L'Empereur connaît parfaitement son devoir, et il le remplira. L'Empereur François est le premier de tous les monarques, et les intérêts de ses peuples auront toujours la première place dans ses pensées.

Napoléon :

Ce que vous me dites ne me surprend pas. Je sais que j'ai fait une faute impardonnable. Cela peut me coûter le trône - mais j'ensevelirai le monde sous ses ruines

Metternich, revenant à l'idée de la médiation, s'efforce encore de la montrer non comme une contrainte qu'il s'agit de faire subir à Napoléon, mais comme une intervention officieuse d'un allié, d'un ami, d'un père, qui, au jugement du monde, quand on connaîtrait les conditions proposées, seront encore considéré comme bien partial pour son gendre.

Napoléon ne peut plus cacher sa colère :

Ah ! vous persistez, vous voulez toujours me dicter la loi ! eh bien, soit, la guerre ! mais au revoir, à Vienne !

Il est maintenant près de huit heures et demie du soir, "il fait presque nuit noire" et les deux interlocuteurs se distinguent à peine, car personne n'a osé entrer dans la pièce pour apporter des chandelles. Un dernier échange de paroles :

Napoléon :

Nous nous reverrons je l'espère ! Savez-vous ce qui arrivera ? Vous ne me ferez pas la guerre.

Metternich :

Vous êtes perdu, Sire; j'en avais le pressentiment en venant ici; maintenant que je m'en vais, j'en ai la certitude.

Mais Napoléon lui donne quand même un nouveau rendez-vous pour les jours suivants.

L'entrevue a duré près de 8 heures. De quoi inquiéter ceux qui attendent au-dehors. Berthier, l'accompagne jusqu'à sa voiture, et, une fois seul avec lui, se hasarde à lui demander s'il est satisfait de l'entrevue :

Oui, j'en suis content, car il a éclairé ma conscience, et, je vous le jure, votre maître a perdu la raison !


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Les conséquences

Le lendemain de l'entrevue, Napoléon écrit à Marie-Louise :

Ma bonne amie. J'ai causé bien longtemps avec Metternich, cela m'a fatigué. Ma santé est cependant bonne. Ce que tu me dis de la jalousie du petit roi m'a fait rire. Je voudrais bien le voir. Embrasse-le pour moi 3 fois. As-tu vu au Jardin des Plantes l'éléphant ? J'espère que dans peu de jours l'on va négocier la paix. Je la désire, mais il faut qu'elle soit honorable. Adio, mio bene. Tout à toi.

Metternich, au lendemain de l'entrevue, envoie un compte-rendu à ses souverains, les priant de rester à Gitschin jusqu'à son retour, et leur fait un résumé de son entrevue.

Il restera encore quelques jours à Dresde, mais on ignore complètement quel fut son emploi du temps. Le 27, le deuxième traité de Reichenbach est signé, entre la Prusse, la Russie et l'Autriche, premier pas vers l'entrée de cette dernière dans la Coalition. Le 30, il a une nouvelle conférence de quatre heures avec Napoléon puis quitte la ville, emportant l'adhésion de Napoléon à la convention, rédigée avec le duc de Bassano et portant l'acceptation : de la médiation armée de l'Autriche, d'une conférence des puissances belligérantes à Prague, d'une prolongation de l'armistice jusqu'au 10 août.

La suite est une autre histoire....
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Repères bibliographiques

En plus des références données dans l'article sur Metternich (celles en allemand s'appuient sur les Mémoires de Metternich) on consultera :

L. Madelin. Histoire du Consulat et du Premier Empire.

A. Thiers. Histoire du Consulat et du Premier Empire (consultable en ligne sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France)

foxtrot

Message par foxtrot »

Il en reçu beaucoup des Russes après 1815...
ce qui a fait jaser et mis un peu en problème...

Même durant son exil Londonien en 1848/49, il put survivre avec des subsides Russes...


Plus centré, le noeud du problème est là de toutes les manières

Sans les Anglais point de véritable et définitif accord

et les Anglais voulaient surtout Anvers et la belgique retiré aux Français, les frontières naturelles etc..., donc Napoléon ne pouvait s'illusionner mêmes avec les fausses douceurs Autrichiennes.

Au final , même avec des evnetuelles 1eres concessions à Prague ou ailleurs, au fur et à mesure tout lui aurait été réclamé et à la moindre rupture de sa part, les conflits repris...


Alors, alors... le sort des armes étaient encore le moins hasardeux, ne pas s'en remettre à des ennemis non encore vainqueurs, voilà ce que fut la reflexion de l'Empereur

Duc de Reichstadt

Message par Duc de Reichstadt »

:salut: Merci Foxtrot pour cette relation :aime:
J'ai le sentiment que ce coup-ci les roles furent inversés, par là nous sommes en présence d'une coallition (russo-prussienne) aguérrie par le fait qu'elle sait jauger son adversaire, la coallition c'est un peu Bonaparte qui prend le commandement de l'armée d'Italie, cette armée qui connut tant de guerres depuis la Révolution et qui piétine pour défendre les frontières du sud...

Face aux russo-prussiens, l'armée de Napoléon n'est plus celle qui pouvait tout endurer, les jeunes "Marie-Louise", meme si ils ne manquaient pas de courage, ne pouvaient etre autant sollicités, Metternich le sait, de plus Berthier ne fait qu'assombrir le tableau, les grands capitaines de la Grande Armée sont las eux aussi.
D'un coté il y a une coallition qui a soif de revanche, de l'autre il y a l'inexpérience des jeunes soldats et un désir de paix qui me rappelle celui de la fin des années trente au XXème siècle.
L'Empereur François, on ne peut guère compter sur lui, piètre souverain, c'est du coté de Metternich qu'il s'appuie et, mis à part l'or anglais ou russe, Metternich sait bien que l'Autriche réarmée et renforçant le dispositif allié, ne pouvait qu'etre fatale à l'Empereur.
Encore une fois, c'est au volume du son des baionettes et à celui des bruits de bottes que Metternich put dicter sa volonté et imposer à l'Empereur un conflit inéluctable.

Comment peut-on, sans faire de la sémantique, parler de médiation armée? C'est un non-sens ou au contraire cela a tout son sens car il s'agit de déclarer la guerre à la France sans le dire afin de pousser cette dernière à frapper la première. Du coup la responsabilité du conflit change de camps, c'est Napoléon, alors victime, qui devient l'agresseur.
Et lorsque l'on est un agresseur à la tete d'un peuple qui aspire à la paix, on devine les conséquences à long terme.

Finement joué effectivement, c'est un beau pari de la part de Metternich.
Un échec lui aurait valu sa tete à mon avis!

Bien à vous.
:salut:

Lodi

1813, METTERNICH, PRAGUE, etc....

Message par Lodi »

Bonsoir,

Vos brillants et pertinents écrits renforcent la thèse que l'AUTRICHE a joué un rôle essentiel voire décisif dans la chûte de l'Empire Napoléonien car elle fait "pencher la balance" dans le sens de la PRUSSE, la RUSSIE et l'ANGLETERRE à une période particulièrement primordiale pour l'avenir de celui-ci. C'était un faux "ami" dont NAPOLEON aurait du se méfier (sans doute plus que ses ennemis plus déclarés). Pour ma part, elle me confirme dans l'opinion que NAPOLEON n'aurait pas du "jouer la carte autrichienne" notamment avec son mariage avec Marie Louise. Il aurait du être aussi plus dur avec l'AUTRICHE en la démantelant après WAGRAM et la campagne de 1809 et en favorisant ses Etats alliés Allemands.

Karl

Message par Karl »

oui cher Foxtrot, tout cela est passionant !!! :salut:

Duc de Reichstadt

Message par Duc de Reichstadt »

:salut: C'est vrai que l'Autriche ne commit pas l'erreur de la Prusse de tergiverser pour rentrer en guerre immédiatement en 1805 contre la France aux cotés des russes et des autrichiens.
La leçon fut retenue en 1813 malheureusement! Austerlitz ne pouvait donc plus etre rejouée.
Bien à vous.
:salut:

SCHNAPS

Message par SCHNAPS »

:croixhonneur: Médaille de Ste-Hélène Salut et félicitations, Foxtrot pour c
ette belle contribution ,que je me suis délecté à lire ! :salut: :vive-histoire:
Bien à vous , SCHNAPS

Route Napoleon

ENCORE !!!

Message par Route Napoleon »

Oui, du grand Fox qui nous fait du teasing. Car il en garde sous la pédale le coquin et ne dit pas tout. Il a des munitions après son hold-up sur les trois volumes d'Albert Vandal " Napoléon et Alexandre "...
S'il vous plaît Fox, encore, éclairez nous sur Prague et le Congrès de Châtillon qui va bientôt commencer...

Route Napoleon

Pleiswitz - Prague - Châtillon ! tout le monde descend !

Message par Route Napoleon »

Pour répondre à Monsieur Fox :
C’est évident que cette période 1813-1814 est passionnante.
Derrière les grandes batailles, Dresde, Leipzig, Campagne de France se dessine la fin du duel Napoléon Bonaparte contre le reste du Monde.
Avant le Big Bug de décembre, quelques messages avaient parlé du " Pouvoir du plus fort " en insinuant que Napoléon Bonaparte n’avait que ce qu’il méritait en allant croupir sur une petite île au milieu de l’Atlantique.
Le pouvoir du plus fort, l’Homo Tapdur, au temps de l’Homo Sapiens l’avait déjà découvert en mettant un caillou pointu au bout d’un bâton. Napoléon Bonaparte en arrivant, par hasard, presque, a hérité des coalitions qui de 1792 à 1815 vont perdurer...
Mais la neige de l’hiver 1812 qui tombe en automne va modifier la donne et la balance va influer sur la trajectoire de son étoile.
Il en la prémonition.
L’Affaire Malet sert de révélateur…

Congrès de Prague, il aurait pu faire la paix …
On peut rêver avec le grand naïf Caulaincourt, vous avez raison là-dessus…
Les jeux sont faits avec Metternich qui renifle après l’échec en Russie, et Talleyrand qui s’offre au plus offrant.
Et Napoléon est tout seul, sans Talleyrand et sans Fouché, rien ne marche comme avant...
Car on peut les traiter de traîtres " le vice et le crime " mais ce sont les piliers du régime, qu’il vaut mieux avoir avec soi que contre soi…

Et en face, qui avons -nous :
- Le Tsar Alexandre 1er, assassin de son père, feu-follet qui finira dans un monastère…
- Le régent Georges IV, L’odieux Georges IV, bigame, confit au Porto et au Sherry…qui gouverne à la place de son père devenu fou…
- François II d’Autriche entre trois mariages et deux enterrements, bigot et pas très intelligent au point d’être obsédé par les rapports de police…
- Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern, mal remis de sa fessée d’Iéna, et du décès de son épouse la Reine Louise célèbre pour sa beauté. Après avoir été l’allié de la France, il marche dans l’ombre du tsar pour ramasser les miettes.

Et ce sont ces souverains qui se feront les défenseurs de la morale en mars 1815 en décrétant hors-la-loi Napoléon, rentrant après Golfe-Juan !
(" l’ assassinat " comme l’a souligné si justement le général Joker)...

Ces souverains ont le pouvoir mais ce sont leurs ministres qui travaillent, et quels ministres ! :
Nesselrode pour la Russie, Castlereagh pour l’Angleterre, Metternich pour l’Autriche, Hardenberg et Humbolt pour la Prusse, sans compter les transfuges Pozzo di Borgo, Bernadotte…
Congrès de Prague, Pacte de Chaumont, Congrès de Châtillon, Napoléon n’avait pas beaucoup de chance de s’en sortir seul contre tous. Car il est seul et c’est pour respirer qu’il accepte l’armistice de Pleiswitz, le 4 juin 1813...
Mais l’Angleterre signe le 14 et 15 juin un traité avec la Russie et la Prusse stipulant qu’elles ne pouvaient plus négocier avec la France sans l’accord de Londres.
Jean Massin donne le prix : 1.333.334 livres sterling pour la Russie, 666.666 livres pour la Prusse
Il ne reste qu' à convaincre Metternich de faire pencher François II malgré le mariage autrichien.
Et c’est l’ entrevue orageuse Napoléon-Metternich, du 26 juin :
" Combien l’Angleterre vous paie ? "
Pour le reste…
Napoléon est seul, mais à qui la faute ?

Duc de Reichstadt

De la neutralité armée à la médiation armée.

Message par Duc de Reichstadt »

:salut: Route Napoléon "Napoléon est seul, mais à qui la faute ?"

A Napoléon lui-meme et c'est logique, lorsqu'il demanda des troupes à l'Autriche à la fin 1811, l'Empereur François consentit à 30.000 hommes à la condition expresse que l'Autriche demeurat neutre et armée, le territoire autrichien ne pouvant servir de route aux armées françaises et de celles de ses alliés, de plus le corps de 30.000 hommes autrichiens n'interviendrait pas sur le sol russe. Ce fut une façon de donner des gages au Tsar en cas d'échec de Napoléon et de rassurer ce dernier.
Napoléon, selon Metternich, n'en demanda pas d'avantage, il était sur qu'Alexandre attaquerait le premier alors que le Prince pensait le contraire, le Tsar se déroberait...

Cette situation permettait à Napoléon d'une part, de garder la haute main sur les opérations en Russie, en cas de victoire il en serait le seul maitre et d'autre part, l'Autriche devenait incontournable dans la mesure ou, en cas défaite de l'Empereur, elle aurait les moyens armés pour devenir l'arbitre de l'Europe, l'Autriche disposant de tout son potentiel militaire.
Napoléon fixait ainsi les limites géographiques de l'empire d'Autriche, Metternich (et les autres alliés) ne pouvait espèrer que peu de choses en cas de succès de son allié français. En meme temps il garda la sourde oreille aux appels pressants des prussiens comme Stein qui tentaient de convaincre le Roi Frédéric-Guillaume III de se retourner contre Napoléon au moment ou celui-ci serait trop engagé en Russie, en bref, en cas d'échec!

Chacun joua sa carte finalement dans cette coalition contre la Russie et une fois la débacle de l'armée impériale devenue inévitable, le sort des armes ne pouvait que conduire l'Autriche à faire chuter le "Titan"!

Bien à vous.
:salut:

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