SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Albertuk

SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par Albertuk »

Ce jour, 11 avril (1821), un mercredi, Napoléon sombre dans la dernière phase de sa maladie. Montholon a passé toute la nuit éveillé avec lui depuis minuit, et l'Empereur a eu 4 vomissements depuis 3h du matin. A 6H, le docteur Arnott arrive en urgence et procède à un petit examen physique du corps de Napoléon. Il juge que sa corpulence est normale mais on lui fait remarquer que Napoléon a perdu beaucoup de poids depuis sa maladie (on se souvient de sa corpulence de "gros moine espagnol" vers la fin 1820). Arnott dit qu'il ne peut comparer avec l'état de Napoleon avant, mais il observe les jambes qu'il trouve plutôt maigres. Napoléon s'en étonne lui-même et dit que "le diable a dévoré ses jambes". Montholon rit de bon coeur de cette blague impériale. Au total, Arnott trouve Napoléon plutôt d'aspect cadavérique et d'une grande pâleur.

Depuis le début du mois, Longwood s'est transformé en quasi hôpital comme le signale une lettre de Montholon à Albine. En effet, à part Napoléon, Noverraz est aussi très malade ainsi que Mme Saint-Denis (l'épouse anglaise d'Ali). Ce qui fait que c'est essentiellement Montholon et Marchand qui sont assistent aux derniers moments de l'Empereur la plupart du temps (dont toutes les nuits).

Le 12, Napoléon, prenant conscience de son état, commence à établir les premières brouillons de son testament avec l'aide de Montholon, alors que les autorités anglaises, sur les rapports peu alarmants d'Arnott, continuent de croire à un état d'esprit mélancolique avant tout.

Hypolite

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par Hypolite »

Sait on de quoi souffraient les autres malades de longwood

foxtrot

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par foxtrot »

Le mieux dans ces cas là et description des derniers moment, ce sont les mémoires de Marchand

Albertuk

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par Albertuk »

Je note une contradiction avec la note prise ce même 11 avril par Hudson Lowe sur le rapport d'Arnott:

Les contradictions de la situation clinique de Napoléon trouvent leurs explications surtout dans le manque étonnant d'expertise de la part du Dr Arnott. Par exemple, son rapport du 14 avril (aussi reproduit dans Frémeaux) avoue que les jambes sont "maigres". Le docteur s'en étonne à Antommarchi qui lui dit (ou plutôt lui répète pour la Nième fois) que l'Empereur a énormement perdu de sa corpulence, malgré le fait qu'il soit encore bien bâti en apparence. Comme Arnott n'avait jamais vu Napoléon avant le 1er avril, il ne pouvait juger de ce changement. Cependant, par exemple, ses rapports du 11 et du 14 semblent se contredisent sur la maigreur des jambes (que Napoléon avait aussi remarqué le 11 avec sa blague sur le diable).

Notons que la transcription de Frémeaux omet le rapport du 13 avril notamment, dans lequel Arnott considère carrément "qu'il n'y a rien d'alarmant dans la situation du Général Bonaparte"... Les historiens anglais se sont quelque peu étonnés du mauvais diagnostic d'Arnott car ce docteur avait une bonne réputation... Ils estiment que la seule explication se trouve dans la crainte qu'inspirait au corps médical l'autorité du gouverneur. Le procès du docteur Stokoe était encore dans les esprits de ceux-ci dont Arnott a priori... Puis l'affaire du 15 avril ne rassura pas Arnott sur l'état d'esprit de Lowe. Aussi s'efforcera t'il donc de produire des rapports qu'il sait trouveront grâce auprès de Lowe. C'est ainsi que la situation médicale trouve son explication... En 1822, Arnott essaiera ensuite de polir sa réputation et produira un petit ouvrage dans lequel il se dépeint comme ayant diagnostiqué le mauvais état de l'Empereur... Quelle malhonneteté! C'est pour cette raison que Lowe, une fois à Londres, rédigea le fameux manuscrit 20157 qui fait l'objet de la traduction de Frémeaux (traduction partielle et quelquefois fausse). Ce manuscrit remet les pendules à l'heure vis a vis des mensonges d'Arnott mais n'exonère pas le gouverneur de la crainte qu'il inspirait à tous et qui doit donc expliquer la complaisance des rapports officiels.

Notons aussi que Frémeaux traduit mal certains rapports importants. Par exemple, le 16, il traduit que, pour Arnott, "le torse lui a paru plus maigre que la dernière fois qu'il avait eu l'occasion de le voir", alors que le vrai rapport d'Arnott de 1821 et le manuscrit de Lowe disent que "l'amaigrissement lui paraissait plus important que la dernière qu'il l'avait vu nu."... On se demande pourquoi Frémeaux a juge bon de dévier cette traduction... Mais cet auteur a fait d'autres boulettes dans d'autres ouvrages. En tout cas, ceci montre que, de l'avis d'Arnott, en quelques jours dans ce même mois d'avril, il a pu DEJA constater un amaigrissement de Napoléon... Donc Napoleon maigrissait de jour en jour, en fait, et je pense qu'au 5 mai, il n'avait plus la corpulence que les empoisonistes voudraient lui voir. Et même s'il en avait une au 5 mai, résiduelle, ça n'enlevait rien à la réalité de son très grand amaigrissement en quelques mois et qui avait choqué son entourage!

Albertuk

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par Albertuk »

Cher Hypolite
Sait on de quoi souffraient les autres malades de longwood
"Noverraz est toujours malade assez sérieusement du foie. Il est au mercure et aux frictions pour toute nourriture. On lui a mis hier le troisième vésicatoire sur le foie ou le ventre depuis quinze jours. Mme Saint-Denis est aussi malade, le mercure qu’elle a pris pour la maladie du bas-ventre lui a occasionné, par suite du froid, des douleurs affreuses dans les articulations."
Source: Lettres du Comte et de la Comtesse de Montholon (1819-1821) publiées avec une introduction et des notes par Philippe Gonnard, Paris, Picard et Fils, 1906

Albertuk

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par Albertuk »

Bonsoir Foxtrot
Le mieux dans ces cas là et description des derniers moment, ce sont les mémoires de Marchand
Le mieux est plutôt une étude comparative des différents témoignages qui n'ont pas forcément tous la même vision des choses, selon la position des témoins. Et dans le cas d'Arnott, le témoignage de 1821 (officiel) est en opposition avec celui de 1822 (qu'il a voulu laissé à la postérité... s'il n'y avait pas eu la mise au point de Lowe).

foxtrot

Re: SAINTE-HÉLÈNE : Les derniers moments de Napoleon et sa mort (5 mai 1821)

Message par foxtrot »

Je me suis mal fait comprendre,
Je ne me positionne pas sur une enquête scrupuleuse pour déterminer tel ou tel fait, mais seulement sur un témoignage "au plus près" et un des plus désinteressés, s'il n'en fallait qu'un pour se faire une idée des derniers moments intimes de l'Empereur.

JaNjAk

SAINTE-HÉLÈNE

Message par JaNjAk »

:salut: Bonjour a tous!
J'aurais besoin d'un petit éclaircissement :
Longwood (la derniere demeure imperiale) fût racheté par la France, mais qui en eût l'idée? Est-ce un gouvernement ou bien un passionné fortuné qui effectua les demarches nécessaires aupres de l'angleterre? Et en quelle année?
Tout comme le retour des cendres de l'Empereur, le rachat de Longwood était indispensable, A quand le retour des cendres de Napoleon III?

En attente de vos indications.
Amicalement :salut: :fou:

Drouet Cyril

Re: SAINTE-HÉLÈNE

Message par Drouet Cyril »

Bonjour,

Longwood devint, à l’initiative de Napoléon III, propriété française en 1858, après quatre ans de négociations.
L’Empereur, dans son achat, était en concurrence avec l’industriel américain Barnum. Il en coûta à la France la somme de 80 000 francs.

Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: SAINTE-HÉLÈNE

Message par Drouet Cyril »

Il convient de préciser qu’à ce prix là, Napoléon III acquit Longwood et la Vallée du Tombeau (ex Vallée du Géranium)
La France obtint également, en 1959, suite au don de Mabel Brookes (descendante de William Balcombe), la propriété du pavillon des Briars.

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message