Religion : Napoléon et l'Islam

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

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la remonte

Message par la remonte » 15 août 2013, 12:56

L'Islam , la religion la plus belle pour un despote ? Cela semble confirmé encore . :idea:
A t-on de la part de Napoléon à Sainte Hélène un doute ? Il laisse quantités de veuves de mères affligées , d'enfants sans pères , dans la balance de sa vie , fait-il le bilan ?
Ou alors comme pour les nègres , le trop plein de la natalité en Europe n'avait pas de valeur particulière ?
et donc sans impact sur le sommeil du juste .

Lepic34

Message par Lepic34 » 18 août 2013, 14:37

Toutes ces concessions que Bonaparte faisait aux idées religieuses et aux coutumes du peuple vaincu, afin de gagner sa confiance et son affection, étaient jugées diversement et parmi nous et parmi les musulmans eux-mêmes.


:salut:

Un avis des musulmans sur Bonaparte :

"Le 2 septembre, Bonaparte investit des fonctions d'émir-hadgi, ou conducteur de la caravane de La Mecque, l'émir Mustapha-Aga, naguère kiaya (lieutenant) du pacha d'Egypte. A l'occasion de cette cérémonie, les cheiks et ulémas du Caire écrivirent au chérif de La Mecque une lettre où la domination française est présentée comme trés favorable aux intérêts religieux des musulmans :

<<Il (Bonaparte) nous a assurés qu'il reconnaissait l'unité de Dieu, que les français honoraient notre Prophète, ainsi que le Coran, et qu'ils regardaient la religion mahométane comme la meilleure religion. Les français ont prouvé leur amour pour l'islamisme en rendant la liberté aux prisonniers musulmans retenus à Malte, en détruisant les églises et brisant les croix dans la ville de Venise, en chassant le Pape, qui commandait aux chrétiens de tuer les musulmans et qui leur présentait cet acte comme un devoir de religion...>>

L'expédition d'Egypte (1798-1801) de Clément de la Jonquière, tome III, Editions historiques Teissèdre 2003.

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Cyril Drouet
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Religion : Napoléon et l'Islam

Message par Cyril Drouet » 08 sept. 2017, 17:06

Arabisme définition : sentiment d'appartenance à l'ethnie ou la nationalité arabe. Si l'Islam est la clé de voûte de sa politique, l'arabisme va lui permettre de faire progresser les mentalités et, le croit-il, arriver à ses fins : "Il faut endormir le fanatisme en attendant qu’on puisse le déraciner.»
Là encore, Bonaparte avait compris pas mal de choses...[/justify]
[/quote]

si je comprends bien, vous citez Bonaparte ici ?

lorsque ce dernier s'exprime ainsi, je pense qu'il a en tête la fameuse pièce de Voltaire Le fanatisme ou Mahomet le prophète
[/quote]


Il s'agit bien de la prose de Bonaparte. Il coucha ces mots sur la lettre qu'il écrivit à Kléber le 22 août 1799, en lui laissant le commandement de l'armée d'Orient :
« Vous connaissez, Citoyen Général, quelle est ma manière de voir sur la politique intérieure de l'Egypte; quelque chose que vous fassiez, les chrétiens seront toujours nos amis. Il faut les empêcher d'être trop insolents, afin que les Turcs n'aient pas contre nous le même fanatisme que contre les chrétiens, ce qui nous les rendrait irréconciliables. Il faut endormir le fanatisme en attendant qu'on puisse le déraciner. »


Pensait-il à Voltaire ? Je pencherais plus pour de passage prophétique de Volney (Voyage en Egypte et en Syrie) :

"Pour nous approprier l'Egypte, il faudra soutenir trois guerres [celles contre les Turcs et les Anglais]
La troisième enfin, de la part des naturels de l'Egypte, et celle-là, quoiqu'en appaeence la moins redoutable, serait en effet la plus dangereuse. L'on ne compte de gens de guerre que six ou huit mille Mamlouks ; mais si des Francs, si ennemis de Dieu et du Prophète osaient y débarquer, Turcks, Arabes, paysans, tout s'armerait contre eux ; le fanatisme tiendrait lieu d'art et de courage, et le fanatisme est toujours un ennemi dangereux ; il règne encore dans toute sa ferveur en Egypte ; le nom des Francs y est en horreur, et ils ne s'y établiraient que par la dépopulation."


Ainsi, à Sainte-Hélène, Napoléon dicta-t-il à Bertrand (Guerre d’Orient – Campagnes d’Egypte et de Syrie) :
"Les politiques qui avaient le mieux observé le génie des peuples de l'Egypte, regardaient la religion comme le principal obstacle à l'établissement de l'autorité française.
[...]
Maîtres d'Alexandrie et du Caire, vainqueurs à Chobrakhit et aux Pyramides, la position des Français était incertaine. Ils n'étaient que tolérés par les fidèles qui, étourdis par la rapidité des événements, avaient fléchi devant la force, mais qui déjà déploraient ouvertement le triomphe des idolâtres, dont la présence profanait les eaux bénies. Ils gémissaient de l'opprobre qui rejaillissait sur la première clef de la sainte Kaaba ; les imams récitaient avec affectation les versets du Coran les plus opposés aux infidèles.
Il fallait arrêter la marche de ces idées religieuses ; ou l'armée, malgré ses victoires, était compromise. Elle était trop faible, trop dégoûtée pour qu'il fût possible de soutenir une guerre de religion.
[...]
La prédiction de Volney allait se réaliser ; il fallait se rembarquer ou se concilier les idées religieuses, se soustraire aux anathèmes du Prophète, ne pas se laisser mettre dans les rangs des ennemis de l'islamisme ; il fallait convaincre, gagner les muphtis, les ulémas, les chérifs, les imams, pour qu'ils interprétassent le Coran en faveur de l'armée."


Concernant la pièce de Voltaire, Napoléon en fit quelques commentaires à Sainte-Hélène :


« Sa Majesté lit Mahomet.
« Il y a de beaux vers, mais cela pèche contre l’histoire. Mahomet amoureux ! allons donc ! il aurait violé, et voilà tout. Et puis pourquoi entrer à la Mecque sur la foi de la trêve ? il y est venu après le combat héroïque de Bender.
Pourquoi ne pas parler du combat sacré ? Et cet empoisonnement qui arrive juste à temps ! Voltaire voulait tout dénigrer, il a atteint Jésus-Christ dans Mahomet ! Il suppose que les grands hommes emploient les petits moyens, des empoisonnements, mais ce n’était pas cela. Mahomet est venu dans un moment où toute l’opinion était pour un seul Dieu. Il est probable qu'alors toute l'Arabie était agitée par des guerres civiles qui, seules, forment des hommes de courage. Dès Bender, on le voit comme un héros. Un homme n'est toujours qu'un homme, mais souvent, il peut beaucoup : c'est souvent un briquet au milieu des matières inflammables. Je ne crois pas que Mahomet réussirait à présent en Arabie.
Le religion de Jésus découle de la morale de Socrate ; dans ce temps-là aussi, l’opinion penchait vers un Dieu unique. Ce qui est supérieur en Mahomet, c’est qu’en dix ans il a conquis la moitié du globe, tandis qu’il a fallu trois cents ans au christianisme pour s’établir.
Le religion du Christ est trop subtile pour les Orientaux, il leur fallait des opinions plus politiques. A leurs yeux, Mahomet est supérieur à Jésus, on le voit agir. Tandis qu’il y a des gens qui doutent de l’existence même de Jésus.
[…]
Sa Majesté lit ensuite Mahomet, et y trouve de beaux vers. « Mais, nous autres musulmans, voudrions qu’il y eût plus de vérité historique, que cela sentît plus l’arabe. Quand il parle du combat sacré, j’aime beaucoup Mahomet. Voltaire le suppose amoureux, c’est ridicule. On lui prête des crimes affreux : on croit toujours que les grands hommes commettent toujours des crimes, des empoissonnements : on a bien tort, ils ne réussissent pas par de tels moyens»
(Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)


« Le soir, lecture de Mahomet : Omar n’est qu’un figaro »
(Montholon, Récit de la captivité de l’Empereur Napoléon à Sainte-Hélène)


« Mahomet a été l'objet de sa plus vive critique, dans le caractère et dans les moyens. Voltaire, disait l'Empereur, avait ici manqué à l'histoire et au cœur humain. Il prostituait le grand caractère de Mahomet par les intrigues les plus basses. Il faisait agir un grand homme, qui avait changé la face du monde, comme le plus vil scélérat, digne au plus du gibet. Il ne travestissait pas moins inconvenablement le grand caractère d'Omar, dont il ne faisait qu'un coupe-jarrets de mélodrame, et un vrai maque....
Voltaire péchait ici surtout par la base, en attribuant à l'intrigue ce qui n'appartient qu'à l'opinion. « Les hommes qui ont changé l'univers, observait l'Empereur, n'y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses. Le premier moyen est du ressort de l'intrigue, et n'amène que des résultats secondaires; le second est la marche du génie, et change la face du « monde! »
De là, l'Empereur, passant à la vérité historique, doutait de tout ce qu'on attribuait à Mahomet. « Il en aura été sans doute de lui comme de tous les chefs de sectes, disait-il. Le Coran, ayant été fait trente ans après lui, aura consacré bien des mensonges. Alors l'empire du Prophète, sa doctrine, sa mission, étant déjà fondés, accomplis, on a pu, on a dû parler en conséquence. Néanmoins il reste encore à expliquer comment l'événement prodigieux, dont nous sommes certains, la conquête du monde, a pu s'opérer en si peu de temps; cinquante ou soixante ans ont suffi. Par qui a-t-elle été opérée? par des peuplades du désert, peu nombreuses, ignorantes, nous dit-on, mal aguerries, sans discipline, sans système. Et pourtant elles agissaient contre le monde civilisé, riche de tant de moyens ! Ici le fanatisme ne saurait suffire; car il lui a fallu le temps de se créer lui-même, et la carrière de Mahomet n'a été que de treize ans... »
L'Empereur pensait, qu'indépendamment des circonstances fortuites qui amènent, parfois , les prodiges, il fallait encore qu'il y eût ici, en arrière, quelque chose que nous ignorons. Que l'Europe avait sans doute succombé sous les résultats de quelque cause première qui nous demeurait cachée ; que peut-être ces peuples, surgis tout à coup du fond des déserts, avaient eu chez eux de longues guerres civiles, parmi lesquelles s'étaient formés de grands caractères, de grands talents , des impulsions irrésistibles, ou quelqu'une cause de cette nature, etc.,etc…
En somme, Napoléon, sur les affaires de l’Orient, s'éloignait beaucoup des croyances communes, tirées de nos livres habituels. Il avait, à cet égard, des idées tout à fait à lui, et pas bien arrêtées, disait-il ; et c'était son expédition d'Egypte qui avait amené ce résultat dans son esprit. »
(Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène)


« Il lit Mahomet et, après, le critique : « La tragédie est contraire à l’histoire. On ne sache point que personne ait fait périr Mahomet comme Zopire l’annonce. Il n’entra point à la Mecque par suite d’une trêve, d’un assassinat ou d’un empoisonnement, mais à la suite du combat de Bender qui est l’un des plus étonnants dont on ait conservé le souvenir, où Mahomet avait un homme contre dix ou quinze.
Mahomet est le continuateur de Jésus-Christ et de Moïse. Il venait éteindre l’idolâtrie et annoncer le culte d’un seul Dieu. Il paraît que les Arabes adoraient le soleil.
[…]
Un homme n’est qu’un homme. Il lui faut des éléments pour agir. Quel est le feu qui a fait bouillir la chaudière ? Il faudrait connaître la situation de l’Arabie deux siècles avant Mahomet. Quels sont les secours qu’il a trouvés ? C’est ce que nous ne savons pas. C’est ce qu’il faudrait savoir. Comment Mahomet et ses successeurs ont pu faire tant et de si étonnantes conquêtes avec un peuple mou ? Il ne les ferait pas aujourd’hui avec les Arabes tels qu’ils sont. C’est toujours après les révolutions que les hommes sont portés à de grandes choses. Si la France eût réussi à dominer l’Europe, c’est à la Révolution qu’elle l’aurait dû. Sans doute c’est moi l’ai dirigée, mais en profitant des éléments que j’ai trouvés.
Il est probable que ce fut le cas de Mahomet. »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)


« Malgré les taches qui obscurcissent la tragédie de Mahomet, de M. de Voltaire, les beautés dont ce chef-d'œuvre est plein l'ont placé au premier rang et font encore les délices de notre scène; mais serait-il donc bien difficile de faire disparaître des taches qui ne tiennent point à la nature de l'ouvrage?
1° L'amour de Mahomet pour Palmyre, placé à côté de celui de Séide, est un objet de dégoût et du plus mauvais effet, d'autant que cet amour est inutile et comme hors-d'œuvre ; il ne produit rien, car on ne saurait admettre que la mort de Palmyre, privant Mahomet de sa maîtresse, est une punition de ses crimes; sans doute que la mort de Palmyre eût été un châtiment pour l'amoureux Séide, mais à qui fera-t-on croire que c'en pût être un pour Mahomet ?
2° La seconde tache que l'on remarque dans cette pièce est le poison, employé deux fois par Mahomet pour arriver aux moyens de succès et pour préparer ses triomphes. Quoi ! Mahomet, qui a détruit les faux dieux, renversé le temple des idoles dans la moitié du monde, propagé plus que qui que ce soit la connaissance d'un seul Dieu dans l'univers, Mahomet, considéré comme prophète à Constantinople, à Dehli, au Grand-Caire, au Maroc, Mahomet ne serait arrivé à ces grands résultats que par les moyens qu'ont employés les Damiens et les Bastide pour s'emparer de la succession de leurs voisins ? Les plus petites sociétés ont peu de durée et se détruisent d'elles-mêmes, parce qu'elles ne sont point cimentées par les liens de la moralité, si nécessaire à la société.
Hercide est faible, dit Mahomet à Omar, lui-même n’eût servi qu’en tremblant un scélérat sacrifiant et désavouant ses principaux instruments.
Séide, instruit qu'il vient d'assassiner son père, se met à la tête du peuple contre Mahomet, qui semble perdu, et ne se sauve d'un pas si dangereux qu'en ordonnant au poison d'agir sur Séide, afin d'arrêter le bras de ce jeune assassin, et de forcer ainsi le peuple à se déclarer. Quoi ! toutes les destinées de Mahomet, qui ont tant influé sur l'univers, n'étaient fondées que sur l'art de [mots restés en blanc] et de [mots restés en blanc] ?
Pour que l'ouvrage de Mahomet soit vraiment digne de la scène française, il faut qu'il puisse être lu sans indignation aux yeux des hommes éclairés de Constantinople comme de Paris. Mahomet fut un grand homme, intrépide soldat ; avec une poignée de monde il triomphe au combat de Bender ; grand capitaine, éloquent, grand homme d'État, il régénéra sa patrie, et créa au milieu des déserts de l'Arabie un nouveau peuple et une nouvelle puissance.
3° La situation des esprits et la force des factions dans la Mecque n'est pas suffisamment développée. La politique de Mahomet est à peine et très faiblement tracée. C'est la troisième tache que nous désirerions voir disparaître de notre scène.
Pour faire disparaître l'amour de Mahomet pour Palmyre, il n'y aurait rien à changer au premier acte. A la scène troisième du second acte, Mahomet dit à Séide : « Vous, Séide, en ces lieux ! » C'est, dans l'intention de l'auteur, un mouvement de jalousie; mais ce vers peut être laissé parce qu'il peut être attribué à l'étonnement de voir Séide chez son père. A la quatrième scène, il paraîtrait que le dernier vers que prononce Mahomet : « De quel œil revois-tu Palmyre avec Séide ? » devrait être retranché, car c'est un vers de jalousie ; mais on pourrait l'y laisser ; il peut aussi être l'effet de la surprise de voir les deux enfants de Zopire dans sa maison. Mais il faudrait supprimer la réplique de Mahomet et celle d'Omar jusqu'à ce vers :
Tous deux sont nés ici du tyran que je hais.
Plus bas:
Déjà sans se connaître ils m'outragent tous deux. J'attisai de mes mains leurs feux illégitimes. Le ciel voulut ici rassembler tous les crimes.
et dire, au lieu de ces trois vers, que ces enfants lui serviraient à détourner Zopire, à s'en faire un partisan, ou à s'en venger. S'il ne pouvait y réussir, à la scène sixième, il faudrait effacer:
De son maître offensé rival incestueux…
et toute la tirade de Mahomet, de douze vers, qui finit le second acte. A l'acte troisième, il faut supprimer la scène quatrième ; à la scène cinquième, l'hémistiche d'Omar :
Et de ravir Palmyre…
Au quatrième acte, scène première, il faudra effacer :
Son cœur m’aime en secret, ambitieux peut-être…
Sentira quelque orgueil à captiver son maître.
Au cinquième acte, il faudra effacer, à la scène seconde :
Sachez qu'un sort plus noble, un titre encor plus grand
Si vous le méritez, peut-être vous attend.
Et, enfin, les vingt-quatre vers de Mahomet qui terminent la pièce. Ainsi, avec ces très légères suppressions, sans même ajouter un seul vers, on ferait disparaître de ce chef-d'œuvre sa plus grande tache. Pour effacer la seconde tache, l'empoisonnement d'Hercide, il faudrait peu de changements. Au quatrième acte, il suffirait de supprimer Hercide est faible…, ainsi que la réponse d'Omar : J'ai fait ce que tu veux.
A la scène cinquième du quatrième acte, il faudrait effacer :
Je suis puni, je meurs des mains de Mahomet,
et à la scène première du cinquième acte, supprimer les vers d'Omar:
Qui pourrait l'en instruire ? Un éternel oubli
Tient avec ce secret Hercide enseveli.
Pour supprimer l'empoisonnement de Séide, il faudrait un changement dans tout le dénouement. D'abord, au quatrième acte, il faudrait effacer :
Réponds-tu qu'au trépas Séide soit livré,
Réponds-tu du poison qui lui fut préparé?
Dans ce système, toute la scène sixième du quatrième acte serait à retrancher ; il faudrait, à la place, y substituer une scène où Séide serait tué par les partisans de Zopire, le surprenant couvert du sang de leur maître, ou dans laquelle il se tuerait lui-même de désespoir d'avoir tué son père. Omar arriverait alors et enlèverait Palmyre.
Dans ce système, le cinquième acte serait tout à changer; Séide serait avoué par Mahomet, il aurait commis le combat sacré, ordonné par Dieu dans le Coran. Le parti de Zopire dans la Mecque, abattu par la mort de son chef, ne saurait faire aucune résistance contre le parti de Mahomet, soutenu par l'armée déjà aux portes de la ville, et qui apparaîtrait sur les remparts. Cela, avec la mort de Palmyre, terminerait le cinquième acte. »
(Marchand, Mémoires)
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Message par Cyril Drouet » 01 oct. 2017, 14:55

Excommunication
L'âne a écrit :
01 oct. 2017, 14:47
Cyril Drouet a écrit :
01 oct. 2017, 14:42
Les orthodoxes ne disent-ils pas que les corps des excommuniés ne pourrissent pas ? :lol:
Voilà !
On parle souvent d'éviction d'un forum, on peut parler d'excommunication (mettre hors la communauté)...
"J'ai été excommunié du forum Napoleon1er.net" ça sonne bien en plus...LOL

Voilà comment ça sonnait en 1809 :

"Pie VII, Pape,
A l'Empereur des Français.
Par l'autorité de Dieu tout puissant, des SS. Apôtre Pierre et Paul, et de la Nôtre, nous déclarons que vous et tous vos coopérateurs, d'après l'attentat que vous venez de commettre, avez encouru l'excommunication dans laquelle nous déclarons être tombés tous ceux qui, depuis la dernière invasion violente de cette ville, qui eut lieu le 2 février de l'année dernière, ont commis soit dans Rome, soit dans l'Etat Ecclésiastique, les attentats contre lesquels nous avons réclamé, non seulement dans le grand nombre de protestations faites par nos Secrétaires d'Etat, qui ont été successivement remplacés, mais encore dans nos deux allocutions consistoriales des 14 mars et 11 juillet 1808. Nous déclarons également excommuniés tous ceux qui ont été les mandataires, les fauteurs, les conseillers, et quiconque aurait coopéré à l'exécution de ces attentats, ou les aurait commis lui-même.
Donné à Rome à Sainte-Marie-Majeure, le 11 juin 1809, et l'an 10e de notre Pontificat.
Pie VII, Pape."
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Re: Religion

Message par L'âne » 01 oct. 2017, 15:14

Excommunication
Cyril Drouet a écrit :
01 oct. 2017, 14:42
"Je reçois à l'instant la nouvelle que le Pape nous a tous excommuniés. C'est une excommunication qu'il a portée contre lui- même. Plus de ménagements ; c'est un fou furieux qu'il faut enfermer."
La suite vaut la peine d'être citée :
"Faites arrêter le cardinal Pacca et les autres adhérents du Pape."

Mémoires de Talleyrand :
"Napoléon en fut outré, et, dans un premier mouvement, il écrivit aux évêques de France une lettre dans laquelle il parlait, en termes presque révolutionnaires, «de celui qui voulait, disait-il, faire dépendre d’un temporel périssable l’intérêt éternel des consciences et celui de toutes les affaires spirituelles»."
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Re: Religion

Message par Cyril Drouet » 01 oct. 2017, 15:40

L'âne a écrit :
01 oct. 2017, 15:14
Mémoires de Talleyrand :
"Napoléon en fut outré, et, dans un premier mouvement, il écrivit aux évêques de France une lettre dans laquelle il parlait, en termes presque révolutionnaires, «de celui qui voulait, disait-il, faire dépendre d’un temporel périssable l’intérêt éternel des consciences et celui de toutes les affaires spirituelles»."
Ca donnait ceci (13 juillet 1809 ) :
« Monsieur l'Évêque de . ... .. ., les victoires d'Enzersdorf et de Wagram, où le Dieu des armées a si visiblement protégé les armes françaises, doivent exciter la plus vive reconnaissance dans le cœur de nos peuples. Notre intention est donc qu'au reçu de la présente vous vous concertiez avec qui de droit pour réunir nos peuples dans les églises et adresser au ciel des actions de grâces et des prières conformes aux sentiments qui nous animent.
Notre Seigneur Jésus-Christ, quoiqu’issu du sang de David, ne voulut aucun règne temporel ; il voulut, au contraire, qu'on obéît à César dans le règlement des affaires de la terre. Il ne fut animé que du grand objet de la rédemption et du salut des âmes. Héritier du pouvoir de César, nous sommes résolu à maintenir l'indépendance de notre trône et l'intégrité de nos droits. Nous persévérerons dans la grande œuvre du rétablissement de la religion. Nous environnerons ses ministres de la considération que nous seul pouvons leur donner. Nous écouterons leur voix dans tout ce qui a rapport au spirituel et au règlement des consciences.
Au milieu des soins des camps, des alarmes et des sollicitudes de la guerre, nous avons été bien aise de vous donner connaissance de ces sentiments, afin de faire tomber dans le mépris ces œuvres de l'ignorance et de la faiblesse, de la méchanceté ou de la démence, par lesquelles on voudrait semer le trouble et le désordre dans nos provinces. On ne nous détournera pas du grand but vers lequel nous tendons et que nous avons déjà en partie heureusement atteint, le rétablissement des autels de notre religion, en nous portant à croire que ses principes sont incompatibles, comme l'ont prétendu les Grecs, les Anglais, les Protestants et les Calvinistes, avec l'indépendance des trônes et des nations. Dieu nous a assez éclairés pour que nous soyons loin de partager de pareilles erreurs ; notre cœur et ceux de nos sujets n'éprouvent point de semblables craintes. Nous savons que ceux qui voudraient faire dépendre de l'intérêt d'un temporel périssable l'intérêt éternel des consciences et des affaires spirituelles sont hors de la charité, de l'esprit et de la religion de celui qui a dit : Mon empire n'est pas de ce monde. »




Bien que l'Empereur multiplia les démarches afin que la bulle papale ne soit point diffusée, on la vit apparaître en certains lieux où l'on savait qu'elle ne serait pas lue avec indifférence.
Ainsi, elle fut affichée le 12 février 1810 à Tiffauges (Vendée), le jour de la foire, puis le 24 mars, dans les bourgs voisins de la Gaubretière et de Beaurepaire. On accusa un vieil opposant, l'abbé Jean Vigneron. Il fut arrêté et envoyé à Aizenay, sous la surveillance du maire.


En ces terres de Petite Eglise, on pouvait donc dire que l'Antéchrist avait excommunié l'autre Antéchrist. :lol:

Ca mériterait un petit transfert dans un autre sujet.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Religion

Message par L'âne » 03 oct. 2017, 09:07

Voilà ce que dit l'abbé Félix COQUEREAU dans "Souvenirs du voyage à Sainte-Hélène" (ouvrage que l'on peut récupérer sur Gallica) :
"À un commandement tacite , un signe de la main, les ouvriers se mirent aux cordages, et la dalle déplacée, cédant à leurs efforts, s'éleva carrément et avec lenteur; puis, déposée sur le sol, laissa apercevoir un cercueil : il était alors neuf heures et demie [...] Il était une heure et un quart alors, et quelques minutes après , la constatation ayant été faite de manière à ne laisser planer pas même l'ombre d'un doute touchant l'identité."

Si l'on tient ses écrits pour vrais, il faisait jour lorsque le corps de Napoléon fut révélé.

Le monsieur propriétaire du Sphinx, ancien magasin d'antiquités se situant près de la place Beauvau, m'avait raconté une anecdote.
Je n'ai jamais pu la vérifier.

L'abbé Coquereau aurait récupéré un morceau de bois de l'un des cercueils. Il l'aurait divisé en petits morceaux, placer dans de petites enveloppes accompagnées d'une lettre attestant lors origines. Je ne me souviens plus si c'était à des fins commerciale. Deux mois durant la traversée du retour, l'abbé se serait livré à cette opération. Seulement voilà, le nombre de reliques (petits morceaux de bois), aurait dépassé largement le volume de la pièce que l'abbé aurait récupérée...
L'abbé Félix Coquereau était, paraît-il, amateur de cigares...contenus...dans des boîtes en...bois...
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Re: Religion

Message par Général Colbert » 16 oct. 2017, 01:26

L'âne a écrit :
01 oct. 2017, 15:59
Cyril Drouet a écrit :
01 oct. 2017, 15:40
Ca mériterait un petit transfert dans un autre sujet.
Oui, tout à fait.
Ce transfert est désormais effectué : fort de votre bénédiction, je n'ai pas fait une croix sur ce sujet de l'excommunication. Je ne sais si les propos qui sont ou seront tenus dans ce sujet devront être pris pour parole d'évangile, ni si la rapide exécution de ce transfert me sanctifiera ou vous rendra "bienheureux" de voir cette demande satisfaite.
A propos, une petite devinette (dont on peut trouver la solution sur la façade de la basilique Notre Dame de Brebières à ALBERT) : savez-vous quelle différence on fait dans la représentation d'un bienheureux ou d'une bienheureuse (personne béatifiée) et dans celle d'un saint ou d'une sainte (personne canonisée) ? J'ai appris cette différence il y a seulement quelques mois.
Note : La béatification est normalement un préalable à la canonisation, qui suivra ou pas.....(il y a quelques conditions supplémentaires).
L'auréole des saints est circulaires, celle des bienheureux est octogonale ou hexagonale.

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Religion : Crèche des Bonaparte

Message par Maria Kel » 21 déc. 2017, 15:35

Sujet de circonstance à quatre jours de Nöel :D

http://mariakelhistoire.over-blog.com/p ... 520d5b22d5

Voici une photo

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“Le grand orateur du monde, c'est le succès.”

Napoléon

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Re: Religion : Crèche des Bonaparte

Message par Cyril Drouet » 21 déc. 2017, 17:38

Bonaparte à Nazareth :
"Nous trouvâmes à Nazareth Bonaparte avec une partie de ses troupes. Il était descendu au couvent des Pères de la Terre-Sainte, et dans le moment même il assistait au Te Deum que les bons Pères chantaient en action de grâces de la victoire du mont Thabor. Je me rendis à l’église, et je crus entrer dans une de ces belles cathédrales que j’avais tant admirées en Italie. Elle était resplendissante de l’éclat des cierges allumés; le saint Sacrement était exposé; l’orgue remplissait les voûtes de ses sons majestueux; l’air était embaumé des parfums de l’encens. Il me serait impossible de rendre l’impression que ce spectacle inattendu produisit en moi. Aux pensées qui m’avaient occupé toute la journée, à celles que m’inspiraient le lieu et la ville où je me trouvais, se mêlait le souvenir de mon enfance, quand j’allais avec ma pieuse mère assister à quelques-unes des belles et touchantes cérémonies de notre sainte religion. Hélas ! ce culte de nos pères était aboli dans ma patrie, et je le retrouvais avec toute sa pompe dans les lieux qui furent son berceau. Je tombai à genoux, et je sentis mes yeux se remplir de larmes... Puis, en voyant Bonaparte agenouillé lui-même au pied de l'autel, je me disais : Oui , voilà la place du chef d’une armée française, et non pas dans une mosquée.
Je quittai l’église profondément ému, et j’étais bien loin de me douter que, de retour dans mon pays, je verrais le culte catholique rétabli par Bonaparte lui-même. Plus d’une fois j’ai assisté sous son règne à des Te Deum chantés pour célébrer ses victoires; mais jamais je n’éprouvai d’émotion semblable à celle que j’ai ressentie à celui de Nazareth."
(Chalbrand, Les Français en Égypte, ou Souvenirs des campagnes d'Égypte et de Syrie, par un officier de l'expédition)
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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