Religion : Napoléon et l'Islam

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 22 août 2009, 18:57

L'enlèvement de l'évêque de Vannes

Il ne s'agissait pas d'ordonner des exécutions sommaires, mais de traduire les suspects devant une commission militaire. Ici on fait référence à la loi du 19 fructidor an 5 et au décret du 12 messidor an 12.
La traduction devant une commission militaire ne signifiait pas forcément le peloton d'exécution , mais si le crime de conspiration contre l'État était avéré, le sort des inculpés était tout entendu. Napoléon ne fait ici qu'exiger l'exécution rapide de la sentence. On peut à ce sujet se rappeler de la loi du 30 prairial an 3 :
"Art. 2. Les individus qui, contre leur serment de soumission aux lois de la république, auront conspiré ou se seront armés contre elle,
seront punis comme rebelles.
Art. 3. Les chefs, commandants et capitaines, les embaucheurs et les instigateurs de rassemblements armés, sans l'autorisation des autorités constituées, soit sous le nom de Chouans ou sous telle autre dénomination, seront punis de la peine de mort.
Art. 4. Les hommes armés pris dans ces rassemblements, s'ils sont déserteurs, ou étrangers au département où ils seront pris, seront punis de la même peine. »

Nansouty

Re: Religion

Message par Nansouty » 23 août 2009, 10:27

et pafff dans les dents :lol:

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 27 août 2009, 12:13

L'enlèvement de l'évêque de Vannes

Malgré les mesures militaires et les recherches ordonnées par l’Empereur, les monitoires demandés par Portalis (pour mémoire, les monitoires étaient des lettres adressées par l'autorité ecclésiastique aux fidèles leur enjoignant, sous peine d'excommunication, de dénoncer tous les faits répréhensibles dont ils avaient connaissance), Saint-Hilaire passait entre les mailles des filets et multipliait les diffusions de textes hostiles au régime en général et au concordat en particulier.
L'un des Chouans de l'affaire "Pancemont", Pierre Bertin, fut cependant arrêté dans la nuit du 1er au 2 décembre 1806. On le fit parler, un peu, puis, renseignements pris, on le fusilla le 8 du même mois. Si d’autres têtes tombèrent par la suite, Saint-Hilaire courait toujours la lande, ne rêvant, et agissant en ce sens, que d’une descente alliée sur les côtes de l’Ouest.
Le 15 août 1807, paix continentale aidant, le camp volant de Boyer fut dissous. Le préfet Jullien n’en abandonna pour autant sa volonté de mettre à bas la chouannerie du Morbihan. Ainsi, le 22 septembre, Saint-Hilaire fut dénoncé. Les ordres fusèrent : à minuit une petite troupe d'une trentaine de gendarmes à pied et cheval menée par le capitaine Michelot filait vers Monterblanc, au Salo, chez le dénommé François Le Hars. Arrivés sur les lieux (il était quatre heures), les soldats interrogèrent vivement le propriétaire. La discussion fut interrompue par une décharge. D’une lucarne du grenier, Jean-Louis Pourchasse, tentant de s’enfuir, venait d’être foudroyé. Sous les combles, la fusillade se poursuivait ; à l’intérieur : La Haye Saint-Hilaire et Jean Billy, armés jusqu’aux dents. On donna l’assaut. Le brigadier Jean Beaux s’élança sur l’échelle. Saint-Hilaire l’abattit. On regrimpa alors sur le toit, mais cette fois, non pour passer par la lucarne où gisait Pourchasse, mais pour y percer des trous. Les ouvertures pratiquées, la mitraille balaya le grenier. Saint-Hilaire tomba grièvement touché à la tête et au genou. Le combat n'en continua pas moins, et ce ne fut que sous la menace d’incendier la demeure que les deux Chouans acceptèrent de se rendre. Il était cinq heures. Dans la charrette où on les avait placés aux côtés de Le Hars, de Beaux agonisant et du cadavre de Pourchasse, les deux valeureux Chouans filaient vers leur destin…

Drouet Cyril

Re: Religion : Le catéchisme impérial

Message par Drouet Cyril » 28 août 2009, 11:33

Une fois les Chouans incarcérés, le préfet de Morbihan ordonna de procéder aux interrogatoires et avertit Fouché et Réal.
On ne tira rien de Billy. Saint-Hilaire, affaiblit par ses blessures, attendit le lendemain. Là, il refusa de fournir toute information relative à ses complices et accepta seulement les questions le concernant directement :
« Je suis entré dans le parti royaliste parce que j’ai cru que mon honneur y était engagé comme gentilhomme français, et surtout encore par patriotisme, vu les malheurs de la Révolution ; il est vrai que ce parti est désespéré, mais un homme qui a de l’âme tient au parti qu’il a pris et reste attaché à des personnes dont il n’a pas à se plaindre ; j’avais profité des amnisties accordées aux royalistes ; je serais probablement tranquille chez moi sans le soupçon qu’on a eu que j’avais participé à l’affaire du 3 nivôse – soupçon injuste ; les poursuite intentées contre moi, en mettant ma tête à prix, devaient me faire prévoir les suites les plus fâcheuses. Quant à l’indulgence du gouvernement actuel, je suis entre ses mains ; on peut m’accorder ma grâce ; je n’y compte pas ; mais jamais je ne rachèterai ma vie par des bassesses ; le soupçon seul qu’on pourrait avoir que j’en aurais fait me serait plus cruel que le supplice qui m’attend. Si l’on m’accorde la vie, on peut examiner quel usage j’en ferai d’après ma vie passée. Je serai toujours digne de moi, digne de l’estime de mes compatriotes ; si mes ennemis, ou plutôt ceux qui n’ont pas partagé mes opinions, mettaient un instant de côté les passions qui animent les hommes dans un moment de révolution, ils plaindraient mes malheurs, ma constance ; ils conviendraient que j’étais digne d’un meilleur sort. Dans ma position, c’est un soulagement pour moi d’avoir cette idée. »

« Quant à l’indulgence du gouvernement actuel, je suis entre ses mains ; on peut m’accorder ma grâce ; je n’y compte pas. » Saint-Hilaire ne croyait pas si bien dire ; sa cause était réglée. Le 29 septembre, Napoléon s’adressait à Fouché en ces termes :
« Des individus de la famille de La Haye-Saint-Hilaire se sont rendus de Rennes à Paris pour solliciter la grâce de ce misérable.
Donnez ordre à ces individus de ne point se présenter devant moi ; ils doivent se cacher de honte d'avoir produit un pareil monstre. »


Ce même jour, Saint-Hilaire écrivait à ses proches afin de leur dire adieu.
La veille, Fouché avait ordonné au général Demont, commandant de 13e division, de former une commission militaire. Le général Paillard, commandant du Morbihan, s’en chargea. Le 2 octobre suivant, le Tribunal spécial dessaisi, le procureur général impérial, Lucas-Bourgerel remettait les pièces concernant les captifs à la commission militaire.
Celle-ci, sous la présidence de Coroller, chef d’escadron de la gendarmerie impériale, se réunit quatre jours plus tard à la mairie de Vannes afin de juger les trois Chouans.

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 28 août 2009, 15:14

L'enlèvement de l'évêque de Vannes

Les chefs d’inculpation étaient les suivants :
- Avoir porté les armes contre la France ;
- Avoir fait partie des brigands qui infestaient le département du Morbihan ;
- Avoir été pris, les armes à la main, faisant feu sur les personnes qui voulaient les arrêter, et d'avoir tué le brave Jean Beaux, dit Thivier, brigadier de la gendarmerie ;
- Etre ceux qui, le 23 août 1806, enlevèrent M. de Pancemont, évêque du Morbihan, et M. l'abbé Jarry, son secrétaire, qu'ils mirent à contribution d'une somme de vingt-quatre mille francs.

Autant d’accusations gravissimes : chacune d’elles menait à la mort. L’avocat, maître Riallan, ne put empêcher l’inévitable. A l’unanimité, la commission déclara Saint-Hilaire et Billy coupables, et en conséquence les condamna à mort.
Le Hars, convaincu d’avoir accueilli chez lui les deux Chouans et d’avoir, par son silence lors de la perquisition, contribué à la mort du brigadier Beaux était remis à la disposition du ministre de la Police générale.
Reconduits en leur geôles, Saint-Hilaire et Billy furent à nouveau interrogés. Là encore, et pour une dernière fois, aucun aveu ne fut obtenu.
Le 7 octobre, Saint-Hilaire, encore convalescent et assis sur un fauteuil à la manière de d’Elbée, et Billy à son côté, tombaient sous les balles du peloton d’exécution.

Six jours plus tard, étaient publiées dans le Journal de l’Empire ces courtes lignes :
« Une lettre de Rennes nous apprend que le brigand Lahaye Saint-Hilaire, qui avait dirigé l’enlèvement de l’évêque de Vannes, vient de subir le jugement qui l’a condamné à mort. Telles est l’horreur qu’inspirent dans les départements de l’Ouest les agents que l’Angleterre envoie pour les troubler, que Saint-Hilaire n’a pu obtenir asile même dans sa famille, et trouver d’autres complices de ses crimes que les misérables qu’il avait amenés, et qui, comme lui, viennent de tomber sur l’échafaud. »

Dans sa prison, attendant son jugement, Saint-Hilaire avait griffonné ces quelques mots :
« Que m’arrivera-t-il aujourd’hui ô mon Dieu ! Je n’en sais rien ; tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que vous m’ayez prévu, réglé, voulu et ordonné de toute éternité. Cela me suffit. J’adore vos desseins éternels et impénétrables. Je m’y soumets de tout mon cœur pour l’amour de vous ; je veux tout, j’accepte tout, je vous fais le sacrifice de tout, et j’unis ce sacrifice à celui de J-C. mon divin Sauveur. Je vous demande en son nom et par ses mérites infinis la patience dans mes peines et la parfaite soumission qui vous est due, pour tout ce que vous voulez ou permettez.
Ainsi soit-il »

Drouet Cyril

Re: Religion

Message par Drouet Cyril » 28 août 2009, 16:19

Les derniers mots écrits par Edouard La Haye Saint-Hilaire sont ceux de l' Acte de Résignation de Madame Elisabeth au Temple

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 23 sept. 2009, 09:22

L'évêque d'Arras

Un autre évêque zélé : Hugues-Robert-Charles de La Tour d'Auvergne-Lauragais, évêque d’Arras. Voici ce qu’il écrivait à ces diocésains en novembre 1803, suite à des désertions :

« Nous ne pouvons garder le silence ; nous devons vous retracer vos devoirs ; la loi vous rappelle à vos drapeaux ; nous devons vous engager et vous presser même de vous y soumettre.
[…]
Si nous sommes les ministres d’un Dieu de Paix, nous savons que nous sommes aussi les ministres du Dieu des armées. Nous disons donc : voler au combat lorsque la patrie le demande, pour un chrétien c’est le devoir de la religion.
N’avez-vous pas appris de celui qui commande à tous les hommes, qu’il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

[…]
Rendez donc à César ce qui est à César. Retournez à l’armée, et en cela vous rendrez à Dieu ce qui est à Dieu.
[…]
Nous ordonnons à tous nos fidèles coopérateurs qu’ils aient à représenter aux pères et mères et que l’amour de la patrie n’est pas étranger à la tendresse filiale, et qu’il est des circonstances où le sacrifice de son cher fils Issac ne doit éprouver aucun obstacle. Nous leur enjoignons de faire sentir à leur troupeau, qu’après Dieu, ils doivent tout à l’Etat, et que la désertion est un crime. »

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 11 oct. 2009, 16:05

Extraits de la lettre de Portalis aux évêques et archevêques de l'Empire (5 décembre 1806) :

"[Napoléon] appelle autour de ses aigles triomphantes l'heureuse jeunesse destinée à vaincre sous ses ordres. Il vous appartient, monsieur l'évêque, de présenter aux hommes confiés à votre sollicitude pastorale, les raisons imposantes d'une mesure qui devance seulement de quelques mois la marche ordinaire de la conscription, et dont les résultats infaillibles seront le bonheur de la France et le repos du monde. Il vous appartient de manifester les dispositions paternelles et bienfaisantes de l'Empereur, et d'appuyer de toute l'autorité de la religion les devoirs sacrés qui lient si étroitement les sujets à leur prince et à leur patrie. Il vous appartient enfin d'inspirer ces sentiments nobles et élevés qui sont la source de toutes les vertus civiles et morales, et qui constituent le vrai courage, ce dévouement généreux des âmes fortes.

Dites aux jeunes braves : Le Dieu de nos pères conduit nos bataillons ; il a béni les vastes et mangnanimes projets de l'auguste monarque qui a relevé ses autels. Nos armées comptent autant de héros que de soldats. Ses drapeaux sous lesquels vous allez vaincre, sont les drapeaux de la paix. Vous ne partez que pour la conquérir. Les espérances publiques ne seront plus trompées par les trèves perfides. L'Empereur veut que vous rapportiez dans vos cités et dans vos familles une paix solide et durable. C'est alors qu'il pourra réaliser tous les grands biens qu'il a résolu d'accomplir aux jours de son repos. Sachons tous, par notre zèle, par notre dévouement, par notre amour, nous montrer dignes des hautes destinées auxquelles la Providence nous a appelés, en nous donnant un souverain devant qui la terre se tait, et qui, dans les combats, est toujours précédé de l'ange de la victoire."


Amen. :lol:

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 27 oct. 2009, 13:42

Discours tenu début février 1803 par Mgr Duvoisin, évêque de Nantes :

"Les jours de l'anarchie sont passés. Nous vivons sous un gouvernement établi, reconnu par le monde entier, sanctionné par l'acquiescement de tous les Français ; sous un gouvernement dont la conservation est si étroitement lié à la prospérité commune, qu'on ne pourrait l'attaquer sans se déclarer l'ennemi de la nation. Vous lui devez soumission, obéissance, fidélité ; et ce devoir est fondé, non seulement sur les principes du droit public, mais encore sur un des préceptes les plus exprès du christianisme. "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu... Que toute personne soit soumise aux puissances ; car il n'est point de puissance qui ne vienne de Dieu ; et les puissances qui existent, c'est à dire les puissances établies, reconnues, affermies, c'est Dieu qui les a ordonnées."

Drouet Cyril

Re: Religion : Bonaparte et le Coran

Message par Drouet Cyril » 14 déc. 2009, 16:39

De l'utilité des minarets :

Ordre du 4 septembre 1798 :
"[...]
Au 1er vendémiaire [fête de la fondation de la République], le pavillon tricolore sera arboré sur le plus haut minaret du chàteau du Caire et sur les plus hauts minarets des chefs-lieux des provinces."

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