Religion : Napoléon et l'Islam

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

chouan !

Re: Religion : Bonaparte et le Coran

Message par chouan ! » 08 mars 2009, 20:10

Ainsi, disait-il à Roederer :
"C'est en me faisant catholique que j'ai fini la guerre de Vendée ; en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte ; en me faisant ultramontain que j'ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de juifs, je rétablirais le temple de Salomon."


Oui, on retrouve bien là la politique de Bonaparte, pas croyant pour un Kopek mais sachant avec habileté traiter avec la religion et les peuples de religion.

Drouet Cyril

Re: Religion : Bonaparte et le Coran

Message par Drouet Cyril » 08 mars 2009, 20:17

Tous n'étaient cependant pas dupes.
Témoignage de Mou'Allem Nicolas el Turki (Expédition française en Egypte):


"Ni les Cheiks, ni le peuple n'avaient cessé de considérer les Français comme des hommes étrangers à leur foi. Quant au détachement dont le général en chef et l'armée toute entière faisaient preuve à l'égard du catholicisme, il ne suffisait pas à leur enlever le caractère d'Infidèles, que seule une conversion à l'Islam aurait pu effacer.
[Bonaparte] leur promettait d'embrasser leur religion, de faire construire une mosquée en son nom, et de faire tout le bien possible à la religion musulmane. Cependant les ulémas n'étaient pas séduits par ces paroles. Ce sont des mensonges, disaient-ils, qu'il profère pour s'établir en Egypte. N'est-il pas chrétien, fils de chrétiens ?

[...]
Le général en chef voulait que les fêtes musulmanes et la solennité du débordement du Nil fussent célébrées avec beaucoup de pompe [...] Tout cela était employé inutilement pour gagner l'affection du peuple."

louis gaillard

Religion : Le catéchisme impérial

Message par louis gaillard » 26 mars 2009, 23:11

Je suis tombé sur un document intéressant.
Un bel exemple de manipulation et d’endoctrinement…

Le catéchisme impérial de 1806

Catéchisme de toutes les églises catholiques de l’empire français, imprimé par ordre des Son A. E. Mgr le Cardinal Fesch, primat des Gaules, etc.

Citation encadrée sur la 1ère page : « Unus Dominus, una Fides, unum Baptisma »
(Un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême)

Préface du légat pontifical Giovanni-Battista Caprara :
« […] Tout le monde sait […] qu’il serait très utile pour l’instruction des fidèles, principalement des enfants, de suivre une règle commune et invariable dans l’enseignement de la doctrine Chrétienne. Que peut-on en effet concevoir de plus utile et de plus convenable d’une semblable uniformité ? Les Chrétiens qui doivent n’avoir tous qu’une même foi, n’ayant plus qu’un même langage, n’en seroient que plus parfaitement unis dans les mêmes sentiments et les mêmes affections. […] Napoléon 1er, Empereur des Français et Roi d’Italie, ayant résolu de lever tous les obstacles, et ayant ardemment désiré que l’on rédigeât et que l’on publiât un Catéchisme, pour être seul enseigné et mis entre les mains des fidèles, dans tous les diocèses de l’Empire français. […] Nous en recommandons l’usage, pénétrés de cette pensée, que la Foi étant une, il est singulièrement à désirer qu’il n’y ait qu’une seule et même manière d’en exposer les dogmes et d’en instruire les peuples. […] »
Donné à Paris en notre palais, le 30 mars 1806.

Extraits des leçons VI et VII
Demande : Le quatrième commandement ne regarde-t-il que les devoirs des enfants envers leurs père et mère ?
Réponse : Il regarde aussi les devoirs des inférieurs envers leurs supérieurs.
D : Qu’entendez-vous par les supérieurs ?
R : Tous ceux que Dieu a établi au-dessus de nous, comme sont dans l’Eglise, le Pape, les Evêques, et tous les Pasteurs ; dans l’Etat, le Monarque, les Princes et tous les Magistrats.
D : Quels sont les devoirs des Chrétiens à l’égard des Princes qui les gouvernent, et quels sont en particulier nos devoirs envers Napoléon premier, notre Empereur ?
R : Les Chrétiens doivent aux Princes qui les gouvernent, et nous devons en particulier à Napoléon premier, notre Empereur, l’amour, le respect, l’obéissance, la fidélité, le service militaire, les tributs ordonnés pour la conservation et la défense de l’empire et de son Trône ; nous lui devons encore des prières ferventes pour son salut et pour la prospérité spirituelle et temporelle de l’Etat.
D : Pourquoi sommes-nous tenus de tous ces devoirs envers notre Empereur ?
R : C’est premièrement, parce que Dieu, qui crée les Empires et les distribue selon sa volonté, en comblant notre empereur de dons, soit dans la paix, soit dans la guerre, l’a établi notre Souverain, l’a rendu le ministre de sa puissance et son image sur terre. Honorer et servir notre Empereur, est donc honorer et servir Dieu même. Secondement, parce que Notre seigneur Jésus-Christ, tant par sa doctrine que par ses exemples, nous a enseigné lui-même ce que nous devons à notre Souverain : il est né en obéissant à César Auguste ; il a payé l’impôt prescrit ; et de même qu’il a ordonné de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, il a aussi ordonné de rendre à César ce qui est à César.
D : Que doit-on penser de ceux qui manqueraient à leur devoir envers notre Empereur ?
R : Selon l’apôtre saint Paul, ils résisteraient à l’ordre établi de Dieu même, et se rendraient dignes de la damnation éternelle.
D : Les devoirs dont nous sommes tenus envers notre Empereur nous lieront-ils également envers ses successeurs légitimes, dans l’ordre établi par les constitutions de l’Empire ?
R : Oui, sans doute ; car nous lisons dans la sainte Ecriture, que Dieu, Seigneur du ciel et de la terre, par une disposition de sa volonté suprême et par sa providence, donne les Empires, non seulement à une personne en particulier, mais aussi à sa famille.
D : Quelles sont nos obligations envers nos Magistrats ?
R : Nous devons les honorer, les respecter et leur obéir ; parce qu’ils sont les dépositaires de l’autorité de notre Empereur.
D : Que nous est-il défendu par le quatrième commandement ?
R : Il nous est défendu d’être désobéissants envers nos supérieurs, de leur nuire et d’en dire du mal. […]

NB - Le cardinal Caprara figure à la droite du pape Pie VII sur le célèbre tableau de David représentant le Couronnement de Joséphine (Sacre). Il est inhumé au Panthéon… (le cardinal Fesch, oncle de l’Empereur, est aussi présent dans le tableau)

Drouet Cyril

Re: Religion : Le catéchisme impérial

Message par Drouet Cyril » 12 avr. 2009, 19:54

Napoléon a autant admiré Bossuet que Corneille, ils représentent des modèles d'éducateurs politiques, Bossuet, disait-il, entra dans l'ordre établi de l'époque " à pleines voiles d'obéissance" .
Voici ce que l'on trouve dans les Souvenirs contemporains d'histoire et de littérature d'Able-François Villemain :

"Avant tout, mettons la jeunesse au régime des saines et fortes lectures. Corneille, Bossuet, voilà les maîtres qu'il faut. Cela est grand, sublime, et en même temps régulier, paisible, subordonné. Ah ! ceux-là ne font pas de révolutions ; ils n'en inspirent pas. Ils entrent, à pleines voiles d'obéissance, dans l'ordre établi de leur temps ; ils le fortifient, ils le décorent.
[...]
Bossuet, c'est la plus grande parole de l'univers chrétien et le meilleur conseiller des Princes. Ce que j'ai appris de lui depuis mes difficultés avec Rome, me le fait encore plus grand.
[...]
Le jour où par bonheur je rencontrai Bossuet, où je lus, dans son Discours sur l'Histoire universelle, la suite des empires et ce qu'il a dit magnifiquement des conquêtes d'Alexandre, et ce qu'il dit de César qui, victorieux à Pharsale, parut en un moment par tout l'univers, il me sembla que le voile du temple se déchirait du haut en bas et que je voyais les dieux marcher. Depuis lors, cette vision ne m'a plus quitté, en Italie, en Egypte, en Syrie, en Allemagne, dans mes journées les plus historiques. Et les pensées de cet homme me revenaient plus éclatantes à l'esprit, à mesure que ma destinée grandissait en moi. Mais en même temps, et c'est ce que je sens bien aujourd'hui comme le côté pratique du génie fondé sur le bon sens, voyez comme ce pieux évêque, si digne d'être cardinal et qui ne le fut pas, si grand défenseur de l'Eglise contre les dissidents et les incrédules, s'est montré le champion fidèle de la Royauté devant l'Eglise. Tout ce que je lis de lui, tout ce que m'en ont dit le bon évêque de Casal et l'évêque de Nantes, me remplit d'admiration. Si cet homme existait, il serait depuis longtemps archevêque de Paris, et le Pape, ce qui vaudrait mieux pour tout le monde, serait encore au Vatican : car il n'y aurait pas alors dans le monde de Chaire pontificale plus élevée que celle de Notre-Dame, et Paris ne pourrait avoir peur de Rome."

Léo erre...

Re: Religion : Le catéchisme impérial

Message par Léo erre... » 12 avr. 2009, 21:18

Dites-moi, braves gens, c'est étonnant que ce polyvalent de Bossuet ne sache rien faire avec ses oreilles? A vous entendre vous gargariser sur ses qualités, je pense qu'il aurait aussi bien pu guérir les écrouelles, remplacer le fil à couper le beurre et rester en 5ème semaine avec l'intellectuel Julien Lepers...
Pour revenir à du "sérieux", je lui reconnais bien volontiers la qualité d'excellent orateur(une éloquence réglée pile-poil, un rythme maîtrisé, un souffle épique...), ça nous change des rappeurs à la cadence pétouillante où l'on ne comprend qu'un mot sur 5 les bons jours; respect aussi dans la tenue de sa plume, c'est incisif, c'est efficace, c'est Bossuet quoi!... Ca nous change aussi des pisse-copies contemporains qui se grattent le nombril jusqu'à se l'infecter, en affectant de croire que le monde ne pourra que s'extasier à l'espèce de salmigondis placentaire qu'ils nous font l'honneur de produire.
Méfiance les amis, toujours garder son libre-arbitre et son esprit critique. Douter de tout, tout remettre en question, ne jamais consommer tel-quel ce qu'on voudrait bien nous faire gober...
Ah cornegidouille, voilà qui nous éloigne du topic sur le Mle 1777! J'en ai un authentique(hélas, "retaillé" chasse), je vous conterai son acquisition en 1981 et surtout sa restauration un de ces jours...

Drouet Cyril

Re: Religion : Le catéchisme impérial

Message par Drouet Cyril » 20 août 2009, 10:29

Extraits de la lettre circulaire de Mgr Pancemont, évêque de Vannes, adressée fin 1805 au clergé de son diocèse :

"Les rois ne règnent que par Dieu ; c'est lui qui met le sceptre entre leurs mains, qui commande dans leurs personnes, qui leur communique l'autorité par laquelle ils font les lois, et qui oblige les sujets à s'y soumettre. Vous savez encore que le péché de désobéissance aux lois humaines est plus ou moins grief, à proportion que la loi oblige plus ou moins étroitement par l'importance de sa matière et par l'intention du législateur. Il suit de ces vérités qu'enseigner aux peuples la soumission aux lois divines, c'est leur enseigner la soumission aux lois humaines ; car, toute puissance venant de Dieu, résister à l'autorité c'est résister à Dieu et à sa volonté.
[...]
Celui qui se soustrait à la conscription et qui déserte ses drapeaux se rend coupable d'un grand crime envers Dieu, dont il transgresse la loi, en transgressant la loi du souverain ; il est parjure au serment qu'il a fait à son prince ; il jette sa propre famille dans la désolation et dans la misère ; il commet une injustice criante envers autrui, et s'expose à l'occasion prochaine de perdre bientôt tout principe de moeurs et de religion, après avoir perdu l'honneur que les Français ont toujours regardé comme le plus précieux de tous les biens."

Bastet

Re: Religion : Le catéchisme impérial

Message par Bastet » 20 août 2009, 12:30

"Créer une liturgie et un catéchisme nationaux c'est encore une belle entreprise gallicane...Mais , au fait, pourquoi ne pas glisser dans un catéchisme purement religieux quelques - unes de ces notions bien senties sur les devoirs de ses sujets à son égard, d'autant plus impératives, alors, qu'elles seraient appuyées sur l'autorité de la religion" et ce fut le travail du vicaire général d'Astros, futur cardinal. :)

Drouet Cyril

Religion

Message par Drouet Cyril » 22 août 2009, 11:28

L'enlèvement de l'évêque de Vannes

Le zèle de Mgr Pancemont faillit lui coûter cher.
Tout commença le 23 juillet 1806 à Coëtruhel en Sulniac. Là, dans un cabaret, suite à une rixe, deux Chouans, Jean-Louis Pourchasse et Pierre Bertin, blessèrent mortellement un villageois. Arrêtés, les deux hommes furent emprisonnés à Vannes.
L’ancien lieutenant de Cadoudal, Lahaie Saint-Hilaire décida de les libérer, et pour ce faire, opta pour l’enlèvement de l’évêque si obéissant. L’affaire eut lieu le 23 août à une demi-lieue de Monterblanc. Au matin, la voiture de Mgr Pancemont fut stoppée par Saint-Hilaire et quatre acolytes. L’évêque et le chanoine Jarry en furent extraits et conduits en lieux sûrs, tandis que le vicaire général Allain était relâché et chargé de transmettre le billet rédigé pour l’occasion :
« Si les prisonniers arrêtés dernièrement à Sulniac ne sont pas rendus dans huit heures à dater du présent moment au village de l’Ange, paroisse de Saint-Jean-Brévelay, M. l’évêque et celui qui l’accompagnera seront fusillés. Si les gendarmes se présentent et sont assez hardis pour faire feu, les personnes que nous arrêterons seront les premières immolées. »

La menace fut prise au sérieux et le préfet fit libérer Pourchasse et Bertin. Saint-Hilaire relâcha alors Pancemont, mais exigea en échange de Jarry 24 000 francs, la croix de la Légion d’Honneur de l’évêque, son anneau d’or, cadeau du Premier Consul, et le billet remis à Allain afin que l’écriture de chef chouan ne puisse être étudiée.
Le lendemain, les demandes des rebelles étaient honorées. Seul l’anneau ne répondait pas aux attentes : Pancemont avait pris soin de substituer l’original par un autre bijou de faible valeur.

Drouet Cyril

Re: Religion

Message par Drouet Cyril » 22 août 2009, 16:10

L'enlèvement de l'évêque de Vannes

A l’annonce de l’enlèvement de l’évêque, la colère de l’Empereur fut grande. Elle se dirigea contre le préfet Jullien comme le montre sa lettre à Champagny (31 août 1806) :
« Témoignez mon extrême mécontentement au Préfet du Morbihan de ce qu'il a ainsi compromis et déshonoré l'autorité. Il a donné là un exemple funeste et dont d'autres individus seront les victimes. Je n'avais pas le droit d'attendre d'un homme qui a servi dans les armées avec distinction un pareil oubli de ses devoirs et du premier intérêt de l'ordre public. Bien loin de relâcher les brigands, il devait faire courir la gendarmerie et mettre tous les moyens en oeuvre pour les arrêter par la force. Ce qui pouvait arriver ensuite ne pouvait être prévu par personne, et quelque précieuse que soit la vie d'un évêque, d'un citoyen, d'un magistrat, quand c'eût été le fonctionnaire le plus élevé en dignité et le plus précieux à l'État, il n'avait pas le droit de compromettre l'autorité et de déshonorer ainsi la loi. »

… mais aussi contre Pancemont :
« J'ai vu avec peine l'événement de Vannes. La conduite du préfet dans cette circonstance est inconcevable. Quant à l'évêque, on me dit qu'il a renvoyé l'anneau que je lui avais donné et la décoration de la Légion d'honneur aux brigands qui l'ont arrêté. Je ne puis croire une telle lâcheté. Toutefois je désire que vous me fassiez un rapport là-dessus. L'évêque comme un autre homme devait savoir mourir plutôt que de commettre une bassesse. J'attends le rapport que vous me ferez pour fixer mes idées. »
(Napoléon à Portalis, 31 août 1806)

Le rapport fut favorable et Pancemont resta en fonction.
Parallèlement, des mesures militaires s’imposèrent assez vite. Ainsi, le 14 septembre suivant, l’Empereur ordonnait la formation d’un camp volant à Pontivy. Placé sous le commandement du général Boyer, ce camp devait être composé de 1 500 voltigeurs et grenadiers, épaulés de gendarmes à pied et à cheval.
Napoléon transmit ses instructions à Dejean :
« Vous ferez remettre 6,000 francs au général Boyer pour dépenses extraordinaires. Vous lui rembourserez tous les mois ses dépenses, à mesure qu'il vous en rendra compte. Les dépenses secrètes lui seront abonnées sur sa simple déclaration. Pour tout brigand arrêté parles colonnes mobiles, allant en Angleterre ou en revenant, pour tout rebelle connu pour avoir fait la guerre dans la Vendée sans avoir été amnistié, il sera accordé une gratification à la colonne qui l'aura arrêté. Les cinq hommes qui ont enlevé l'évêque de Vannes et les deux qui ont été si imprudemment relâchés seront recherchés avec la plus grande activité. Les colonnes qui les arrêteront auront 1 000 écus de gratification pour chacun de ces brigands.
Vous ordonnerez au général Boyer de correspondre avec les préfets des départements où il se trouvera, et directement avec le ministre de la police.
Mon intention est qu'il y ait toujours au moins 800 hommes de ces forces en mouvement par pelotons ; qu'ils cernent les forêts de Grandchamp et les repaires où les chouans avaient l'habitude de se retirer ; qu'ils ne marchent jamais en grande troupe, puisqu'ils n'ont pas à craindre une grande résistance; mais qu'il y ait constamment en mouvement vingt-sept patrouilles, neuf sous les ordres de chaque chef d'escadron, chacune composée d'une trentaine hommes et de 5 ou 6 gendarmes à pied et à cheval. Lorsque le général Boyer croira avoir de bons renseignements, il pourra lui-même marcher avec les vingt-sept patrouilles qui, secondées par la gendarmerie locale, peuvent embrasser un grand espace de terrain. Il arrêtera tous les gens suspects, donnera des passeports et fera toutes les recherches qui pourront le conduire à des découvertes. C'est surtout par l'espionnage qu'il pourra parvenir à d'heureux résultats. Les brigands dont il est fait mention ci-dessus, aussitôt après leur arrestation, seront traduits devant une commission militaire que le général Boyer sera autorisé à nommer, et exécutés sur-le-champ. Vous ferez connaître à ce général que j'attends de son zèle et de son activité non seulement la prise de ces sept brigands, mais encore celle d'un grand nombre d'autres qui infestent ces départements. Il entretiendra une discipline sévère parmi ses troupes, et pourvoira, par les fonds qui lui seront remis, à ce que les soldats ne manquent de rien. Ils jouiront des vivres de campagne et auront le vin. Le général Boyer doit s'entendre avec les curés, les maires, les sous-préfets, et paraître à la fois sur les points les plus éloignés. Il fera un rapport journalier au ministre de la police. Il fera connaître les forêts qu'il a fouillées et la distribution et le nombre de ses patrouilles. En formant les patrouilles à un nombre aussi considérable que celui de trente ou trente-six, c'est afin qu'elles puissent se subdiviser en quatre ou cinq parties. Si les officiers de gendarmerie sont habiles, si l'on s'étudie à faire ces battues sans causer le moindre dommage aux habitants et aux propriétés, si l'on y met autant d'activité que de prudence, on aura les plus heureux résultats de ces petits mouvements. Du reste mon intention est qu'il ne soit fait dans les journaux aucune mention de ces dispositions. »


Fouché était également appelé à concourir au succès de la démarche :
« Je vous envoie copie des ordres que je donne au ministre de la guerre pour la formation d'un petit camp volant dans la 13e division militaire. C'est à vous à correspondre sur-le-champ avec le général Boyer, à lui envoyer tous les renseignements dont il aura besoin , et même quelques hommes connaissant bien le pays et qui puissent le guider dans ses recherches. Indépendamment des 6 000 francs que le ministre de la guerre lui fera payer pour dépenses extraordinaires, vous lui enverrez 6 000 francs pour dépenses secrètes, car c'est surtout par l'espionnage qu'on peut arriver à un heureux résultat. C'est à vous à diriger cette petite guerre; c'est à vous à indiquer non seulement les localités à faire fouiller, mais encore les chemins à occuper. Écrivez au général Boyer ces indications, et suivez vous-même tous ses mouvements sur une grande carte de Cassini, en en raisonnant avec les hommes qui connaissent bien le pays et qui ont fait la guerre avec les chouans. »

Léo erre...

Religion

Message par Léo erre... » 22 août 2009, 17:20

L'enlèvement de l'évêque de Vannes
Les brigands dont il est fait mention ci-dessus, aussitôt après leur arrestation, seront traduits devant une commission militaire que le général Boyer sera autorisé à nommer, et exécutés sur-le-champ.
Napoléon toujours soucieux d'un état de Droit ? A d'autres...

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