NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Thierry CHOFFAT

Re: Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Thierry CHOFFAT »

oui,,modestement parce que j'avais fourni quelques éléments à Georges Poisson (par l'intermédiaire de Jacques Macé qui, sur ce forum, avait demandé de l'aide) et parce que j'avais aussi transmis à l'auteur la Revue du CERB qui traitait du sujet.

AMitiés

Thierry
Marlène

Re: Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Marlène »

Merci Marlène : l'évocation de Castelot est touchante et me donne envie de lire son livre
N'hésitez pas, Etrigan, il est très agréable à lire. :)
Même si Castelot n'est pas considéré comme un "grand historien", tout y est bien "sourcé".
Une bonne biographie de l'Aiglon.
fanacyr

"l'Aiglon" d'Edmond Rostand

Message par fanacyr »

:salut:

Je prie tous les fanas de l'Empire de lire, relire et d'apprendre par coeur des tirades entières de cette pièce. Si j'aime cette époque, c'est aussi grâce à Rostand, un extrait parmi d'autres :

l'Aiglon vient de découvrir que tous ses soldats de plomb autrichiens ont été repeints en uniformes français, il organise une bataille avec fièvre et Metternich le surprend :

"Alors, toute l'armée est française aujourd'hui ? d'où vient que l'on ne voit pas d'Autrichiens ?

fière réponse : :"Ils ont fui"
Abraca

NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt))

Message par Abraca »

"Au soir du 19 mars, l'Impératrice éprouve les premières douleurs. On contremande le spectacle. Des pages courent avertir les personnages qui, d'après l'ancien droit, doivent assister à l'accouchement. Les Tuileries s'illluminent. Une foule emplit les salons, les hommes en uniformes, les femmes en grand habit.....

Dans sa chambre, Marie-Louise marche lentement au bras de l'Empereur, qui l'encourage et la caresse. Elle est effrayée, sans force. Quand la souffrance s'apaise, Napoléon passe dans le salon des Grâces où la Famille et les médecins sont réunis. Madame Mère, muette, la bouche abaissée, est assise dans un fauteuil doré, ses grands yeux noirs fixés loin devant elle. Elle ne bouge pas, comme si elle se roidissait pour soutenir le faix inouï de la fortune. Près de son frère Eugène, Hortense pâle et triste, tâche de sourire. Elle doit penser au fils perdu, aux deux cadets dont cette naissance réduit l'avenir. La reine d'Espagne, Julie, indifférente, cause avec Cambacérès. Pauline, belle, enjouée, et mise à ravir, montre une sincère joie. La moins comblée des frères et sœurs de Napoléon, c'est elle sans doute qui l'aime le mieux, du cœur le plus vrai. Sans mœurs mais tendre et généreuse, elle garde la fidélité corse héritée de la signora Letizia.

Les heures passent, à mesure plus longues. Les hommes s'asseoient, les femmes s'endorment. A minuit, l'Empereur ordonne qu'on serve à souper. Cela gagne un peu de temps. Puis la fatigue retombe et l'ennui renaît. A cinq heures du matin, les docteurs annoncent que les douleurs ont cesssé. Chacun se retire. Napoléon remonte chez lui et se met au bain, où il déjeune......"


Octave Aubry. Le Roi de Rome.
Abraca

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Abraca »

Mémoires de la reine Hortense

"Les couches approchaient.
Mon frère fut mandé pour y assister. Le grand-duc de Wurtsbourg était à Paris. Un page vint un soir me chercher parce que l'Impératrice ressentait les premières douleurs.
Je me rendis aux tuileries. Toute la Cour devait s'y trouver réunie.
Dans la chambre de l'accouchée étaient l'Empereur, Madame Mère, Madame la comtesse de Montesquiou, gouvernante, Madame de Montebelleo, dame d'honneur, Madame de Luçay, dame d'atours, madame de Boubers que j'avais cédée à l'Empereur pour être sous-gouvernante de ses enfants, et Madame de Mesgrigny avec le même titre, toutes les femmes, les médecins et accoucheurs. Deux jeunes dames d'annonce prises à Ecouen se tenaient toujours dans le petit cabinet qui séparait la chambre de l'Impératrice du salon où nous étions, mon frère, le grand-duc de Wurstbourg, la princesse Pauline, la reine d'Espagne et moi.
Tous les autres salons étaient remplis par la cour et les autorités. l'Empereur venait de temps en temps nous donner des nouvelles. Selon que les souffrances étaient plus ou moins vives, il paraissait plus ou moins agité. Il s'inquiétait des ces longues douleurs, nous demandait s'il pouvait en résulter pour la mère ou pour l'enfant des conséquences fâcheuses. Il n'osait pas se livrer à l'espoir d'avoir un fils. On voyait qu'il cherchait à prendre parti dans le cas contraire. Cependant, il s'informait avec soin si quelques indices pouvaient marquer d'avance le sexe de l'enfant et trahissait par ses questions toute son anxiété.

J'étais si fatiguée que, vers quatre heures du matin, j'acceptai la chambre d'une des dames d'annonce. Je me jetai tout habillée sur son lit et je lui dis de venir m'appeler si elle entendait l'Impératrice crier. Pendant mon sommeil les douleurs s'étaient calmées. On crut qu l'accouchement n'aurait pas lieu sitôt et l'on engagea tout le monde à aller prendre du repos......"
cyr-phuong jacobin94

Re: Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par cyr-phuong jacobin94 »

:salut: ,

Souhaitant lire sous la plume d'Octave Aubry la vie si tragique de ce petit roi, je me perds dans les multiples livres que l'auteur a consacré à son personnage.
- 1932 : le Roi de Rome
- 1933 : la jeunesse du Roi de Rome
- 1935 : l'Aiglon prisonnier
- 1936 : la mort de l'Aiglon
- 1941 : l'Aiglon, des Tuileries aux Invalides
Lequel de ces ouvrages est le plus complet ? Existe-t-il une intégrale en plusieurs volumes ? L'auteur a-t-il simplement repris son livre à plusieurs reprises ? Bref, vos précisions seront les bienvenues.
D'avance merci à vous.
Christophe

Re: Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Christophe »

Cher "Cyr-Phuong", de mémoire, "Le Roi de Rome", (Librairie Arthème Fayard, 1932) est le plus complet des biographies que le célèbre Octave Aubry a consacré au fils de l'Empereur. C'est une bonne étude qui s'est vendue à des milliers d'exemplaires à l'époque.

Les livres de 1933, 35 et 36 ne sont que des passages de la vie de Napoléon II, extraits de cette étude.

L'ouvragepublié en 1941 est intéressant car il contient de nombreuses illustrations. Mais ce n'est en soi qu'une biographie bien "allégée", réalisée après le retour des cendres de l'Aiglon en 1940, à Paris.

Pour la petite histoire, O. Aubry (mort en 1946) a eu quelques petits soucis à la Libération, du même type que tous les écrivains et historiens qui n'avaient jamais cessé d'écrire, tout en s'accommodant de la présence des allemands sur le sol national.... :roll: André Castelot en fait partie, écrivant dans des journaux collaborationnistes.... Ce très talentueux historien n'a jamais pu, par son attitude à cette époque, entrer à l'Académie française (contrairement à son compère Alain Decaux).

Je referme cette parenthèse. :oops:
Christophe

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Christophe »

[aligner]... spécialement à l'attention de "Cyr-Phuong" :) , cet exemplaire un peu particulier du "Roi de Rome" d'Octave Aubry. Un des 25 hors-commerce sur papier vélin pur fil des Papeteries Lafuma, avec en prime un envoi autographe d'Octave Aubry à un autre historien : André Gavoty (auteur notamment de l'ouvrage "Les drames inconnus de la cour de Napoléon, 1805-1806", Fayard, 1964).

On reconnaît toujours les exemplaires d'un livre sur "grand papier" (selon l'expression consacrée) car ils sont un peu plus grands que ceux sur papier ordinaire.
[/aligner]
cyr-phuong jacobin94

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par cyr-phuong jacobin94 »

Merci, Christophe. C'est un trésor que de posséder dans sa bibliothèque un livre d'Octave Aubry avec envoi autographe de l'auteur. J'en possède un également :fou:
C'est un livre que j'avais récupéré, parmi d'autres, après la mort de mon parrain, Commissaire général de la marine, et grand passionné de Napoléon. Je n'ai ouvert ce livre que dernièrement, et ai donc seulement alors découvert cet envoi. Je ne cache pas que ce livre-là, je n'ai pas envie de le vendre :)
Avatar du membre
C-J de Beauvau
Capitaine
Capitaine
Messages : 2018
Enregistré le : 16 sept. 2017, 17:12

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par C-J de Beauvau »

Première sortie mondaine
.....Devant les accusations de séquestration, d’étouffement qui, vers 1829 et 1830, deviennent de jour en jour plus précises et plus violentes, le gouvernement autrichien se décide à répondre avec une sorte d’éclat. Il ouvre la geôle à son prisonnier et lui fait faire ses débuts dans le monde. Il en choisit l’heure et l’endroit, et, le 25 janvier 1831, le duc de Reichstadt paraît au bal donné par lord Cowley, ambassadeur d’Angleterre. À ce bal, on le sait, une rencontre a été ménagée à Marmont avec le duc et là s’ébauchent leurs relations. Le maréchal confesse la brillante impression faite par le fils de l’Empereur à ces débuts. Il y est venu en uniforme de lieutenant-colonel au régiment du prince de Nassau-Infanterie, grade auquel il a été promu en novembre 1830. Déjà en lui sourde la fièvre du mal qui l’emportera. Il en a aux yeux l’éclat, au visage la pâleur. Tel, à ceux qui ne l’ont point vu encore, qui l’ignorent, il apparaît conforme à l’image idéale qu’on se fait de lui. Aussi « tous les yeux se portèrent vers lui ». Et Prokesch complète : « Il était rayonnant de beauté et de jeunesse. Le ton mat de son visage, le pli mélancolique de sa bouche, son regard pénétrant et plein de feu, l’harmonie et le calme de ses mouvements, lui prêtaient un charme irrésistible. » De fait, personne ne conteste l’impression favorable et sympathique faite par le jeune homme. Pour conquérir les cœurs féminins, n’en est-il pas assez de sa jeunesse et de ses malheurs ? Quand la légende aura à conter cette soirée et à décrire ce décor, elle en fera le théâtre des premières amours du duc de Reichstadt. Dans des salons écartés, au son de langoureuses « walses », il écoutera de tendres paroles, fera de charmants serments et recevra d’aventurières, pleines d’excellents sentiments, des propositions pour tous les trônes vacants d’Europe. Et tout cela ne sera qu’à moitié invraisemblable, car à ces soirées le duc semble avoir pris goût. Du moins on l’y voit fréquenter.
« Je lui conseillai, dit Prokesch, de solliciter de l’Empereur la permission de fréquenter les cercles diplomatiques et les autres salons importants de la haute société viennoise. » La permission est accordée, car les sorties du prisonnier deviennent plus fréquentes. Il est recherché, et quoi de plus naturel ? C’est, en vérité, un bel ornement de salon autrichien, que le « petit Bonaparte », le fils de l’Empereur, vêtu de la casaque militaire qui tourna le dos sur tous les champs de bataille de l’Europe. Ne point l’avoir là, en vainqueur, mais en invité chez soi, en personnage d’apparat, figurant de gloires éteintes, c’est un spectacle auquel les âmes raffinées peuvent trouver les plus délicates jouissances de l’ironie.
De ce brusque contact avec un monde insoupçonné, il est sorti enivré, éperdu, liqueur trop forte qui grise l’adolescent. Fleurs, lumières, parfums et nudités, tout cela lui a été prodigué, comme par surprise. La tentation se renouvelle de soir en soir, quand il lui plaît, car est-ce que les invitations lui manquent ? Ce dont la légende s’afflige, c’est de le croire l’habitué de tous ces bals et de toutes ces fêtes. Cette légende veille sur lui, attendrie et mélancolique. Des bribes de vérité qui lui sont parvenues, elle tire des conclusions qui font honneur à sa sensibilité. « Il recherchait, dit l’une d’elles, avec avidité, les plaisirs bruyants du bal, se laissait entraîner pendant des nuits entières aux tourbillonnements d’une valse plus fatigante que voluptueuse, car laissant de côté les danses allemandes, c’était aux bonds sautillants de la galoppe anglaise, ou à la rapidité des figures françaises qu’il donnait la préférence ; et ce n’était pas sans surprise qu’on voyait ce jeune homme, autrefois si grave, si occupé de travaux paisibles et sérieux, rentrer le matin pâle et harassé, après avoir passé une nuit de fatigues et d’épuisement au bal. » Et la légende crée ainsi, à son tour, la légende du jeune viveur, livré à tous les plaisirs mondains.....

Hector Fleischmann
Le Roi de Rome et les femmes
  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • La cloche du roi de Rome
    par Joker » 12 avr. 2020, 20:06 » dans Monuments Napoléoniens
    1 Réponses
    151 Vues
    Dernier message par Royal Scot's Guard
    13 avr. 2020, 08:45
  • Le berceau du roi de Rome
    par C-J de Beauvau » 05 déc. 2017, 08:14 » dans Salon Ier Empire
    125 Réponses
    9654 Vues
    Dernier message par la remonte
    26 août 2020, 14:20
  • L'Aiglon : le rêve brisé de Napoléon
    par Joker » 18 sept. 2020, 20:13 » dans Livres - Revues - Magazines
    5 Réponses
    171 Vues
    Dernier message par C-J de Beauvau
    25 oct. 2020, 11:02