La Bellilote

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Joker
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La Bellilote

Message par Joker » 18 mars 2019, 20:22

18 mars 1869.
Marguerite Pauline Fourès née Bellisle, dite la Bellilote, comtesse de Ranchoup, meurt à Paris à l’âge de quatre-vingt-onze ans.

Une vie tumultueuse et aventureuse :

[ Fille de Henri Jacques Clément Bellisle, horloger à Pamiers, et de son épouse Marguerite Pauline Barandon, Pauline Bellisle naît à Pamiers en Ariège le 15 mars 1778. Blonde aux yeux bleus, elle devient rapidement une ravissante adolescente que ses parents mettent en apprentissage à Carcassonne dans l’atelier de modiste de Mme Fourès.

Cette dernière a un jeune frère, Jean Noël Fourès qui est sous-lieutenant au 22ème chasseurs à cheval, et qui se remet d’une vilaine blessure reçue lors d’une escarmouche dans les Pyrénées. Les deux jeunes gens se découvrent, s’aiment et ne tardent pas à marier le 27 janvier 1798 à Carcassonne. Pauline a vingt ans, Jean Noël en a vingt-neuf.

Rappelé par son bataillon, Jean Noël Fourès part rejoindre son régiment à Toulon. Là, il apprend qu’il doit faire partie du corps expéditionnaire du général Bonaparte qui va se rendre en Egypte. Très amoureux l’un de l’autre les deux jeunes gens décident de ne pas se quitter, et lorsque les navires quittent le port de Toulon le 19 mai 1798, Pauline est présente sur la « Lucette », incognito, après avoir revêtue un uniforme de chasseurs. Pendant 54 jours, elle demeurera à bord sans être découverte.

De nombreuses femmes ont accompagné l’armée française : plus de trois cent femmes mais ce sont essentiellement des cantinières, des blanchisseuses, et des couturières ; parmi elles quelques maîtresses d’officiers ont pu se faufiler ainsi qu’une poignée d’épouses. A l’arrivée en Egypte, les officiers découvrent l’existence de Pauline, mais le courage de la jeune femme lors de la terrible traversée du désert de Damanhour où les troupes subissent la faim, la chaleur et la soif achèvent de renforcer l’estime qu’on lui porte. Outre qu’elle est belle, elle est aussi charmante, joyeuse, et l’amour qui l’unit à son mari force un peu l’admiration et la jalousie de tous.

Elle reçoit le baptême du feu à la bataille du Nil et arrive enfin au Caire le 30 juillet 1798. Là, Pauline quitte son uniforme masculin, et revêt avec plaisir l’une des trois robes qu’elle a pu emmener avec elle. On lui a attribué au Caire une petite maison où elle et son mari reçoivent des invitations pour des fêtes organisées pour agrémenter les moments de détente des hommes des régiments du 22ème chasseurs et du 7ème Hussards.

La belle Pauline, amoureuse de son mari, repousse les avances d’un certain Lasalle, brigadier du 22ème chasseurs. La rareté des femmes françaises pousse les troupes à tenter de trouver des compagnes parmi les femmes locales. Mais elles sont bien souvent inaccessibles. Outre la barrière de la langue, les Egyptiennes sortent voilées et rarement non accompagnées.

Le général Bonaparte a pourtant réclamé des femmes françaises au Directoire, voire l’envoi des épouses de ceux employés dans ce pays afin d’entretenir le moral de ses troupes, mais en vain ; il est vrai que le blocus de la navigation en Méditerranée des navires anglais n’arrange rien.

Le général Bonaparte recherche aussi une présence féminine près de lui ; il vient en effet d’apprendre les infidélités de Joséphine à Paris avec le jeune Hyppolite Charles, et cette trahison de Joséphine l’incite à ne plus être fidèle à son épouse : il s’essaye aux jeunes femmes locales mais leur silhouette « rubenesque » aux formes opulentes le dégoûte, il n’est sensible qu’aux femmes souples et élancées.
De plus, les femmes égyptiennes, de par leur vêtement, ne montrent que leurs yeux, et les seules qui montrent leur corps sont des danseuses qui sont méprisées par les Français qui les trouvent immorales.

La vie pour les français au Caire est difficile : il n’y a pas de fours pour cuire le pain, pas de presse pour imprimer les journaux, et très peu de divertissements pour les troupes. Napoléon donne des ordres pour que des fours soient construits, et que les jardins du Caire soient embellis afin de permettre au petit nombre de femmes françaises qui ont suivi les troupes de s’y promener. Des jeux sont organisés dans ce jardin et une troupe de musiciens vient s’y produire en concert. L’état major de Napoléon Bonaparte s’y rend avec plaisir, et le général Bonaparte lui-même se mêle à la foule des français expatriés.

C’est dans les jardins du Caire (rebaptisé le jardin de Tivoli) qu’il rencontre Pauline Fourès pour la première fois : sa silhouette fine, ses cheveux blonds et sa physionomie rieuse l’attire. Il est immédiatement séduit, échange quelques mots avec elle, et envoie en éclaireur ses aides de camp Junot et Duroc pour lui faire la cour pour son propre compte. Elle résiste. Napoléon lui envoie des bijoux de prix et des cadeaux, mais elle résiste toujours. Napoléon comprend qu’il va donc falloir éloigner le mari, qui est de plus d’un tempérament fort jaloux.

Berthier nomme alors Jean Noël Fourès au rang de lieutenant le 18 octobre 1798, et ce dernier reçoit sa première mission à effet immédiat : il doit se rendre en France pour délivrer des missives aux membres du Directoire. Fourès tente d’emmener son épouse avec lui, mais Berthier lui intime l’ordre d’embarquer le lendemain prétextant l’urgence des dépêches. Le lieutenant Fourès embarque à bord du « Chasseur » le 28 décembre 1798.

Dès le lendemain, Napoléon Bonaparte organise une réception en invitant les femmes des officiers français à dîner dont fait partie Pauline Fourès. Pendant le dîner, Pauline est assise à la droite de Napoléon, et un verre de vin est versé par inadvertance au cours du repas sur la robe de Pauline ; pour réparer les dégâts, Pauline est conduite par Bonaparte dans ses appartements privés. Le retour de Pauline et Bonaparte une heure et demie après ne passe pas inaperçu, surtout quand la jeune femme apparaît en tenue légèrement froissée. Personne ne doute alors qu’elle ait succombé à l’assaut du général Bonaparte qui est âgé alors de vingt-neuf ans.

Deux jours après cette réception, la jeune femme s’installe dans une villa du Square Esbekiya près des quartiers du général Bonaparte. Elle devient sa compagne officielle, et l’accompagne où qu’il aille sur une jument docile dressée à son intention. Elle revêt alors un uniforme masculin, et porte un foulard tricolore en guise de bonnet. Elle participe aux banquets et veille à distraire les officiers de Bonaparte, organise des pique niques dans le désert, des excursions aux Pyramides, des réceptions et des parties nocturnes. Elle est l’hôtesse de Bonaparte et joue son rôle avec vigueur et délectation. Elle traverse les troupes en revue sur sa monture, et les soldats ne tardent pas à lui donner le surnom de « la Générale » ou de « Cléopâtre ».

Bonaparte et Pauline sont très amoureux et ne se quittent pas de jour comme de nuit. Malheureusement, le navire de jean Noël Fourès est intercepté par les Anglais qui sont au courant de la liaison de Bonaparte avec la dame Fourès et qui réexpédie le navire (et le mari) à Alexandrie. A peine débarqué, Fourès demande à Marmont la permission de retourner au Caire près de son épouse. Marmont qui connaît l’infidélité de la jeune femme, ne se donne pas la peine de refuser la demande de l’officier, et accorde au mari le soin de retourner au Caire. Là, Fourès retrouve une maison vide et sa femme absente, et ses compagnons ne tardent pas, goguenards, à lui apprendre la conduite de Pauline.

Il se rend immédiatement à la nouvelle résidence de Pauline, et explose de rage. Il exige que Pauline revienne avec lui, cette dernière refuse et annonce qu’elle va demander le divorce. Fourès craque et bat sa femme, les cris de celle-ci attirent des officiers qui séparent le couple. Fourès part sous la pression, et quelques jours plus tard le divorce est accordé au motif de « la protection de la jeune femme contre la brutalité de son époux ». Le commissaire du Caire, Sartelon, accorde le divorce.

Pauline reprend alors son nom de jeune fille « Bellisle » et sa liaison avec Napoleon se poursuit de plus belle avec celle que l’on surnomme dorénavant « Bellilote ». Le général Bonaparte confie à Pauline que si elle lui donne un fils, il divorcera de Joséphine. Mais malgré les efforts du couple, la jeune femme ne tombera jamais enceinte.

En avril 1799, Napoléon quitte le Caire pour se rendre en Syrie : il refuse que Pauline l’accompagne car le voyage est dangereux. Les deux amants communiquent pendant leur séparation par lettres passionnées. Lorsqu’il revient de Syrie en juin 1799 la liaison reprend de plus belle, mais Bonaparte sait qu’il doit retourner en France bientôt, et il n’a nulle intention d’emmener la jeune femme avec lui. Il sent que sa carrière politique peut évoluer et une liaison officielle pourrait nuire à son ambition personnelle.

Le 17 août 1799, en apprenant que la marine anglaise a libéré la voie maritime vers la France, Napoléon décide de rentrer à Paris. Il rassemble ses officiers qui vont l’accompagner dans son palais de Elfi Bey et dit au revoir à Pauline qui semble penser simplement que le général part faire une tournée des navires dans la rade du Caire, et qu’il va revenir dans quelques jours.

Lorsqu’il ne revient pas au bout de plusieurs jours, Pauline comprend que Napoléon l’a laissée derrière lui, et qu’il l’a abandonnée purement et simplement. Napoléon ne lui écrit plus et ne répond pas à ses missives. Pour elle, il n’est pas question de retourner auprès de son ex-mari. Ses options sont très simples, il lui faut un nouveau protecteur et elle devient rapidement la maîtresse de Kleber nouveau commandant en chef des troupes de Napoléon en Egypte. Ce dernier mettra tout en œuvre pour permettre à Pauline de regagner la France, malgré le fait qu’elle soit devenue sa maîtresse.

Pauline tente de retourner à Paris à bord du navire « America », mais le navire est intercepté par les Anglais, et elle doit retourner à Alexandrie ; la jeune femme devra attendre plusieurs mois avant d’embarquer enfin sur un navire plus sûr. Entre-temps le général Bonaparte est devenu Premier Consul. Désireux de se racheter une conduite exemplaire, il refuse de revoir Pauline mais lui envoie de l’argent et lui donne une maison dans Paris, à Belleville. De plus il s’est réconcilié avec sa femme Joséphine, et il ne veut pas reprendre une liaison qui le compromettrait dans sa nouvelle position.

Pauline fréquente alors les théâtres parisiens, et son ex-mari Jean Noël Fourès, de retour lui aussi en France, ne se gêne pas de raconter à qui veut l’entendre comment Bonaparte l’a écarté pour profiter des faveurs de sa femme. La presse s’empare de cette histoire et Fouché, ministre de la police, intervient pour museler les journaux. Quant à Fourès, il est tenu en surveillance puis en résidence forcé.

Concernant le sort de Pauline, on l’invite vivement à se remarier. C’est Duroc, l’aide de camp de Napoléon qui lui présente un candidat à l’avenir prometteur : Pierre Henri de Ranchoup, d’une famille originaire du Puy en Velay (son grand père y était chirurgien) qui est un ex officier d’infanterie à la retraite à l’ambition démesurée. Pauline l’épouse à Belleville le 11 octobre 1801. Elle n’a alors que vingt-trois ans.

En cadeau de leurs noces, Bonaparte nomme Ranchoux consul à Santander en Espagne. Pauline, peu désireuse de quitter la vie parisienne ne le suit pas, elle ne le suivra pas non plus en Suède où Ranchoux terminera sa carrière comme consul de France à Gothembourg.

A Paris, elle ouvre un salon dans un appartement de la rue Napoléon, où elle dépense sans compter, s’empresse aux bals, fréquente les promenades à la mode, et reçoit de nombreux aristocrates russes dont certains deviennent ses amants. Son mari, excédé de la distance qui les sépare, demandera le divorce qui aura lieu en 1810 après neuf ans de mariage.

Pauline prend alors pour amant le commandant Paulin, aide de camp du général Bertrand et mène de front souvent deux liaisons avec des hommes différents. Elle ne cesse cependant de tenter d’approcher Napoléon qui est depuis devenu empereur, et qu’elle n’a pas revu depuis le Caire. Elle fréquente les bals masqués lorsqu’elle sait qu’il a une chance de s’y trouver, et au hasard d’une réception parvient enfin à l’approcher. L’entrevue entre les deux ex-amants est maladroite, Bonaparte ne se donne même pas la peine de la reconnaître, cependant le lendemain, (par mauvaise conscience ? Car il a quand même contribué à détruire son couple avec Fourès), il lui accordera un don de 60 000 francs sur la Caisse des Théâtres.

Pendant la campagne de Russie, elle est exilée en province suite à ses fréquentations trop proches de certains aristocrates russes et elle se réfugie à Blois.

En société, elle plait autant aux femmes qu’aux hommes, car elle est intelligente et agréable et elle s’essaie à l’écriture : elle écrit un premier roman « lord Wentworth » en 1813, puis « Aloize de Mespres » (1814) qui rencontrent un certain succès.

Elle fréquente les cercles littéraires de la baronne Girard, de la comtesse de Sucy et de la baronne Boyer. La chute de l’Empire, et le début de la Restauration ne la perturbent pas ; il y a longtemps que l’indifférence de Napoléon à son égard a provoqué en elle une haine farouche puis une indifférence totale vis à vis de celui qu’elle a tant aimé.

En 1816, elle rencontre un ex capitaine de la Garde de Napoléon, Jean Baptiste Bellard, plus jeune qu’elle de quelques années, dont elle tombe amoureuse, et qu’elle épouse au printemps 1816. Ses finances n’ayant jamais été bonnes, elle est au bord de la ruine en avril de cette année-là. Elle décide de quitter la France avec son mari et de partir au Brésil, où elle s’installe à Rio de Janeiro. Elle a pris le soin de vendre tout son mobilier auparavant, et décide de se lancer dans le commerce du bois exotique.

A Rio, elle achète du bois précieux qu’elle réexpédie aux ébénistes parisiens : ces derniers lui font des commandes régulières de bois de palissandre et d’acajou. Pauline et son mari deviennent riches et décident de revenir en France au bout de neuf ans d’expatriation. Elle s’installe rue de la ville l’Evêque à Paris avec son mari, et laisse parler son comportement excentrique : en effet, des singes vivent en liberté dans son appartement parisien. Elle se met à fumer à sa fenêtre, et emmène même son chien sur les bancs de l’église.

Pour occuper ses journées, elle apprend à jouer de la harpe, et se met à la peinture. Elle collectionne des tableaux de maîtres dans son appartement, mais aussi des copies, et devient l’amie du peintre animalier Rosa Bonheur.

Petit à petit son couple bat de l’aile, et elle se brouille avec son troisième mari vers 1838 : ils se séparent à cette époque. Elle se fait alors appeler la « comtesse de Ranchoux » du nom de son deuxième époux mort en 1826. Elle a alors soixante ans. L’une de ses amies, la baronne de Wimpffen l’attire tous les étés à Blois. Elle y loue une maison et sort un troisième roman « Une chatelaine au XIIème siecle » en 1834. L’âge venu, elle rédige son testament et laisse tous ses tableaux à la ville de Blois (des copies de Raphael, de Boucher et d’authentiques tableaux comme des Jean Meel).

Elle ne laissera malheureusement aucune descendance n’ayant jamais eu d’enfants de ses trois mariages successifs.
Elle meurt à Paris le 18 mars 1869, à l’âge de quatre-vingt onze ans, entourée d’oiseaux en liberté et d’un singe.
Avant de mourir, elle avait pris la peine de brûler toutes les lettres que le général Bonaparte lui avait écrit en Egypte. ]

Pauline Fourès repose dans la 26ème division.


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Re: La Bellilote

Message par Royal Scot's Guard » 19 mars 2019, 09:13

Wouawwww la vache! Quel roman que sa vie ! :shock:
Digne d'un scénario d'un grand film !
Merci Mon Cher Joker pour cette petite pépite !
On en redemande ! :)
:salut:
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Re: La Bellilote

Message par Joker » 19 mars 2019, 19:12

Le personnage étant peu connu, je me suis dit qu'il serait intéressant de publier un condensé de sa biographie.
Ravi que cela vous ait plu ! ;-)
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Re: La Bellilote

Message par Royal Scot's Guard » 20 mars 2019, 08:23

Ravi que cela vous ait plu !
C'est le moins que l'on puisse dire Mon Cher Joker !
Un frisson de traversa à la lecture de sa vie ! Et on se plonge instinctivement dans l'époque... MERCI !
:salut:
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Re: La Bellilote

Message par Cyril Drouet » 20 mars 2019, 08:55

Joker a écrit :
18 mars 2019, 20:22
C’est dans les jardins du Caire (rebaptisé le jardin de Tivoli) qu’il rencontre Pauline Fourès pour la première fois
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" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)