Napoléon est décidément partout !

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Bernard
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Napoléon est décidément partout !

Message par Bernard » 07 janv. 2019, 09:32

Le 26 janvier 1863, le président Abraham Lincoln écrit au général Joseph Hooker qu'il place à la tête de l'armée du Potomac une longue lettre manuscrite où se trouve cette phrase : "Neither you, nor Napoleon, if he were alive again, could get any good out of an army, while such a spirit prevails in it" (ni vous, ni Napoléon, s'il était encore vivant, ne pouviez tirer le meilleur parti d'une armée, alors qu'un tel esprit y prévalait).

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C-J de Beauvau
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Re: Napoléon est décidément partout !

Message par C-J de Beauvau » 07 janv. 2019, 14:11

Bernard a écrit :
07 janv. 2019, 09:32
Le 26 janvier 1863, le président Abraham Lincoln écrit au général Joseph Hooker qu'il place à la tête de l'armée du Potomac une longue lettre manuscrite où se trouve cette phrase : "Neither you, nor Napoleon, if he were alive again, could get any good out of an army, while such a spirit prevails in it" (ni vous, ni Napoléon, s'il était encore vivant, ne pouviez tirer le meilleur parti d'une armée, alors qu'un tel esprit y prévalait).
Il reste une référence militaire aux états unis et particulièrement à west Point . Mais pas uniquement pour sa qualité de stratège militaire , mais également pour ses écoles , notamment une avec cette statue , Monument en honneur de l’Ecole polytechnique dans l’enceinte de l’Académie militaire de West Point
Une copie grandeur nature a été offerte à l'Académie Militaire de West Point (U.S.A) et inaugurée le 21 octobre 1919. En 1919, les élèves de l’École polytechnique reçurent une délégation de 300 cadets de l’école américaine de West-Point, école avec laquelle ils entretenaient depuis longtemps d’excellents rapports, notamment depuis le passage à l’École polytechnique vers 1815-1817de Sylvanus Thayer (Superintendant en charge de West Point de 1817 à 1833), et l’enseignement de Claudius Crozet (promotion 1805 de l’École polytechnique), professeur de Génie à West-Point de 1816 à 1823. Cette même année 1919, le 21 octobre, une délégation des élèves de l’École polytechnique se rendait à son tour à West-Point pour remettre une réplique grandeur nature de la statue du Conscrit de 1814.

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En 1914, la participation de l'École à la défense de Paris fut commémorée, à l’initiative de Société amicale de secours des anciens élèves de Polytechnique, par une statue de Corneille Theunissen connue sous le nom de « le conscrit de 1814 ». Le Monument commémoratif de la bataille de Paris en 1814, représente un polytechnicien, debout, brandissant un sabre devant un canon brisé, pour défendre son drapeau. Il fut inauguré sur le parterre fleuri du pavillon Boncourt à l’École polytechnique alors à Paris, le 8 juillet 1914, en présence du président de la République, Raymond Poincaré et du ministre de la Guerre, Albert Messimy avec la musique de la garde républicaine. Conçue par Corneille Theunissen (1863-1918) et réalisée par le fondeur Alexis Rudier (mort en 1897), l'œuvre reçoit la médaille d'or au Salon des artistes français de 1914. La statue de bronze (un élève de l'École en uniforme de 1814) est placée sur un piédestal de granit rose. L'inauguration du monument eut lieu le 8 juillet 1914, quelques semaines avant le début de la Première Guerre Mondiale . ci-dessous

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:salut:
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Cyril Drouet
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Re: Napoléon est décidément partout !

Message par Cyril Drouet » 07 janv. 2019, 17:21

Mémoire des Hommes a écrit :
07 janv. 2019, 14:11
Le Monument commémoratif de la bataille de Paris en 1814, représente un polytechnicien, debout, brandissant un sabre devant un canon brisé, pour défendre son drapeau.

Petit rappel des faits :
Le 24 janvier précédent, Napoléon avait signé le décret relatif à la création de l’artillerie de la garde nationale de la Paris, forte de 12 batteries (chacune composée de six bouches à feu).
L’école polytechnique devait fournir 3 compagnies de 120 hommes. Chaque compagnie devait être composée comme suit :
Un capitaine pris parmi ceux ayant été employé comme instructeurs ou surveillants
Un lieutenant
Un sergent major
Trois sergents
Un fourrier
Six caporaux
Trois artificiers
Cent quatre canonniers
Deux tambours

Le 30 mars, les polytechniciens, sous les ordres du major Evain, remplaçant le colonel Grenier alors malade, étaient en réserve sur la place du Trône. Marchant au canon, une batterie forte de 28 pièces (on cite également le chiffre de 25) fut finalement prise sous le feu de l’artillerie ennemie avant d’être chargée, à la croisée de la route de Vincennes et du chemin de Charonne, par la cavalerie de Palhen. Le plus grand désordre, en grande partie dû à l'inexpérience des voituriers, s'installa vite au sein des rangs français et 14 pièces tombèrent au pouvoir de l’adversaire. Les Polytechniciens échappèrent finalement au désastre grâce à l'intervention du 3e gardes d’honneur et du 30e dragons.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Napoléon est décidément partout !

Message par Cyril Drouet » 07 janv. 2019, 21:21

Mémoire des hommes a écrit :
07 janv. 2019, 14:11
En 1914, la participation de l'École à la défense de Paris fut commémorée, à l’initiative de Société amicale de secours des anciens élèves de Polytechnique, par une statue de Corneille Theunissen connue sous le nom de « le conscrit de 1814 ».
L’histoire de la statue débuta quand la Société amicale de secours des anciens élèves de l’école, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, décida d’ériger un monument en souvenir de la défense de Paris.
L’inauguration de la statue de Theunissen, déjà présentée et primée en avril au Salon des artistes français, eut lieu le 8 juillet 1814, dans le jardin du pavillon Boncourt, sous la présidence de M. Messimy, ministre de la Guerre. Outre le président Poincaré et son épouse, étaient présents le ministre des travaux publics, les présidents du Sénat, de la Chambre des députés, du Conseil municipal et du Conseil général, le préfet de la Seine, le préfet police, le commandant de la place de Paris et le grand chancelier de la Légion d’honneur.
Avant de dévoiler le monument, M. Noblemaire, président de La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, prononça, au nom de l’amicale de secours des anciens élèves, un discours dont voici de larges extraits :

« A la fin de 1813, dit le capitaine Sautais, dans le récit très documenté qu'il a fait de cet épisode, l'horizon était bien sombre. Les débris de la Grande Armée d'Allemagne se repliaient, découragés, devant l'ennemi qui s'apprêtait à franchir le Rhin et à envahir le territoire de l'ancienne France. Presque seul, confiant dans la puissance de son génie, l'Empereur voulait lutter contre le destin. Le 27 décembre, les élèves lui écrivent :
« Sire, la patrie a besoin de tous ses défenseurs. Les élèves de l'Ecole polytechnique, fidèles à leur devise, vous demandent de voler aux frontières pour partager la gloire des braves qui se dévouent au salut de la France. Le bataillon, sous ses braves officiers, fier d'avoir contribué à la défaite des ennemis, reviendra dans cette enceinte cultiver les sciences et à se préparer à de nouveaux services. »
La lettre était signée par les deux majors. L'un J.-J. Petit, devait mourir ingénieur en chef des ponts et chaussées ; l'autre, Duvivier, compagnon et émule, dans nos guerres d'Algérie, des Bugeaud, Damrémont, Clauzel, Lamoricière, devait devenir général de division et, représentant du peuple en 1848, trouver la mort aux fratricides journées de juin.
Le 24 janvier 1814, un décret impérial ordonne la création d'un corps d'artillerie de la garde' nationale. De ses douze compagnies, trois de 106 hommes chacune, étaient formées par les élèves de l'école polytechnique sous les ordres du colonel baron Greiner, leur commandant en second, ayant pour adjudant-major le capitaine Marielle, quartier-maître trésorier de l'Ecole, à laquelle il a été attaché pendant quarante-six ans et dont il a laissé une histoire qui nous est, à tous, familière.
Dès ce moment, les études sont singulièrement négligées: lès têtes étaient ailleurs. Des pièces d'artillerie sont envoyées à l'Ecole où les élèves en apprennent avec ardeur la manœuvré, assurant en même temps, pendant les mois de février et mars, le service pénible en cette saison d'hiver, de la garde des barrières dans le secteur de l'Est, depuis la barrière d'Enfer jusqu'à celle de Fontainebleau. Rapidement familiarisés avec la manoeuvre du canon, il ne leur restait plus qu'à couronner leur instruction par un tir effectif; ils sont, à cet effet, commandés pour le 28 mars au polygone de Vincennes, mais la marche rapide des événements ne leur laisse pas le temps de s'y rendre et c'est en tirant sur l'ennemi, le surlendemain, qu'ils devaient faire leur première école à feu.
Les alliés avaient franchi le Rhin; L'Empereur se porte à leur rencontre, et partout où il commande personnellement ses troupes, il remporte sur eux une série de victoires brillantes autant que stériles, depuis Saint-Dizier et Brienne dans les derniers jours de janvier, aux cinq glorieuses journées de Champaubert, Montmirail, Château-Thierry, Vauchamp et Montereau, du 10 au 18 février. Ces défaites partielles n'arrêtent pas la marche du reste de l'armée coalisée. Pour essayer une suprême diversion, l'Empereur se porte hardiment sur ses derrières, pour menacer ses communications. Cela n'arrête pas la marche des envahisseurs qui, le 28 mars, précisément le jour du premier tir réel projeté pour nos jeunes canonniers, arrivent devant Paris que défendaient seulement les faibles corps de Mortier et de Marmont.
Ilne s'agit plus alors d'exercices de polygone et nos trois compagnies campent, la nuit du 29 au 30, sur la place du Trône, sous les ordres du major d'artillerie Evain, ancien aide de camp du général de Senarmont, et à peine remis de ses blessures et des fatigues de l'horrible retraite de Russie. Le 30 mars, la bataille s'engage dès l'aube. Marmont à l'extrême droite, obligé d'abandonner à l'ennemi Bagnolet et Charonne, se replie sur Belleville et la barrière de Clichy. Avec ses polytechniciens, Evain se porte sur la route de Vincennes, dirige le feu de leurs vingt-huit pièces sur la cavalerie de Pahlen qui s'était répandue dans la plaine et la force à se retirer à Montreuil.
Notablement relevée au-dessus de la plaine, la chaussée de la route ne pouvait être directement abordée par la cavalerie ; mais après un duel d'artillerie qui fait sauter un de nos caissons en brûlant gravement
8 élèves, les hulans pénètrent sur la chaussée par le chemin de Saint-Mandé et chargent les batteries qui déjà leur avaient fait tant de mal. Les deux tambours sont tués, 19 élèves blessés de coups dé lance et de sabre, six autres faits prisonniers, qui devaient être rendus à la liberté le mois suivant, sur l'intervention du savant de Humboldt. Deux canons enlevés d'abord par l'ennemi, lui sont repris par les élèves qui, faute de chevaux, s'attellent eux-mêmes aux pièces, pour les ramener à leurs batteries.
La journée où, avec tant de Vaillance, ces jeunes gens avaient reçu le baptême du feu, ne devait pas avoir de lendemain. Dans la nuit du 30 au 31, Marmont signe la capitulation et nos élèves sont dirigés sur Fontainebleau d'où ils devaient bientôt, après l'abdication de Napoléon (10 avril), revenir à l'Ecole, pour y reprendre, encore frémissants, le cours de leurs études. Une si belle conduite ne resta pas, d'ailleurs, sans récompense. Quelques mois après, le 19 septembre 1814, le roi Louis XVIII donne la croix de la Légion d'Honneur à l'adjudant-major Marielle et, le 12 décembre suivant, le comte d'Artois l'attache sur la poitrine des trois élèves: Petit, le major ; Malpassuti, le héros de la journée, lors de la reprise des canons à l'ennemi ; et de Cullion, sergent, grièvement blessé, comme dix-huit de ses camarades dans la glorieuse journée.
Puis viennent les Cent jours : Carnot, ministre de l'intérieur, écrit au gouverneur de l'Ecole en mars 1815 :
« Les élèves ont donné une preuve éclatante de patriotisme à l'attaque de Paris par les puissances coalisées. Les ennemis eux-mêmes ont admiré le courage et la belle conduite de ces jeunes gens. Je me propose de solliciter en leur faveur les bontés de l'Empereur. »
Et, le 30 mare 1815, jour anniversaire du combat, Napoléon vient en personne à l'Ecole, il félicite les élèves de leur belle conduite de l'année précédente et décore de sa main les deux élèves Houeau et Bonneton, blessés à la journée de 1814. Et quand Carnot invoquait le témoignage 1e des ennemis eux-mêmes, ce n'était pas une simple formule de langage, car nous lisons dans une lettre récemment publiée, écrite le 11 avril 1814 par Schwartzenberg au prince Lobkowitz :
« II n'y avait guère de solide que les réguliers des généraux Marmont et Mortier poussés devant nous depuis Meaux. Je dois pourtant mentionner sous Charonne une enragée batterie de Polytechnicum, qui fit un très grand mal aux Russes de M. de Barclai. »
Parmi les héros de cette journée certains ont embrassé des carrières auxquelles l'Ecole ne prépare guère :
Villemain, conseiller d'Etat, était le frère du grand écrivain ministre de l'instruction publique sous Louis-Philippe.
Le docteur Bussy fut membre de l'institut et directeur de l'Ecole de pharmacie.
Le docteur Pravaz, fut l'apôtre des injections hypodermiques, si à la mode de nos jours et, pour les pratiquer, réduisit à sa plus simple expression, si l'on me permet d'employer ici ce terme d'arithmétique, l'instrument cher à Molière.
D'autres au service de l'Etat, dans l'industrie ou dans la science, ont laissé des noms qui nous restent chers. Dans l'armée, du Chayla, chef d'escadron d’artillerie, était le fils de l'amiral dont le nom a été donné à l'un des croiseurs de nos escadres, en souvenir de son héroïque conduite au combat naval d'Aboukir ; le général Duvivier, que j'ai déjà cité, le général Piobert (+ 1879), l'auteur des savantes études sur la balistique qui ont transformé l'artillerie de son époque ; le général Marin, son collaborateur dans ses études, mort directeur du Conservatoire des Arts-et-Métiers ; enfin le général Mengin-Lecreulx, le dernier des survivants de 1814, qui, en 1887, à l'âge de quatre-vingt-douze ans, préside l'Assemblée générale de notre Société amicale et qui, pour nous, revit encore, par son gendre, mon vieux camarade le général Jamont.
Dans les ponts et chaussées, l'inspecteur général Reibell, si longtemps directeur de nos services hydrauliques, et dont le neveu, notre camarade, le général Reibell, est aujourd'hui retenu loin de nous par la maladie ; l'ingénieur en chef de Saint-Venant, membre de l'Institut ; Thirion, l'éminent directeur des travaux de la Compagnie du chemin de fer d'Orléans.
Dans l'industrie, Guimet, dans les poudres et salpêtres, l'inventeur, en 1826, du bleu d'outremer artificiel et dont le fils est le généreux mécène, créateur du musée des religions antiques sur la place d'Iéna. Léon Talabot, créateur des aciéries du Saut du Tarn, et dont le nom évoque pour moi celui de son frère, plus jeune de six ans, Paulin Talabot, qui devait, en 1833, construire avec Didron, d'Alais à Beaucaire, la première de nos lignes de chemins de fer, puis devenir le créateur de ce grand réseau du P.-L.-M. dont il est resté jusqu'en 1883 le directeur général. Sa confiance m'a laissé le soin de continuer son œuvre pendant de longues années et je suis heureux de lui payer ici un nouveau tribut d'admiration et de reconnaissance. Puis c'est son ami Enfantin, le Père Enfantin, créateur du Saint-Simonisme, mort en 1864 après s'être entouré d'une si brillante pléiade d'ingénieurs, d'économistes et de philosophes.
Dans les sciences enfin, François Cauchy, mathématicien, comme son cousin, l'illustre Augustin Cauchy qui l'avait précédé de sept ans à l'école ; Olivier, après Monge, le grand maître de la géométrie descriptive et l'un des fondateurs de l'Ecole centrale ; Chasles (1880), membre de l'Institut, le créateur da la géométrie supérieure ; Sadi Carnot enfin, dont la carrière fut trop courte, il mourut à trente-six ans (en 1832) capitaine du génie, mais il laissait derrière lui, comme un impérissable monument, son œuvre de 1824 « la théorie mécanique de la chaleur », l'une des plus fécondes découvertes de la physique moderne. Son nom nous est cher à plus d'un titre : fils aîné du grand Lazare Carnot, l'un des fondateurs de l'Ecole polytechnique en 1794, il était le frère d'Hippolyte Carnot, le ministre de 1848 qui, justement fier de son origine, donnait à ses fils, dans ses mémoires, ce conseil par eux religieusement suivi « On puise le respect de sa propre personne dans celui qu'on porte à ses pères ». De ses deux fils, l'un et l'autre nos camarades, l'aîné, ingénieur en chef des ponts et chaussées, puis Président de la République, est tombé en 1894 sous le fer d'un assassin ; le second, Adolphe Carnot, est aujourd’hui à coté de nous. Inspecteur général des- mines et membre de l'Institut, il porte dignement, comme ses fils et ses neveux, l'un des grands noms de notre histoire moderne.
Pour une fois, Messieurs, le Comité de notre Association amicale est sorti de son rôle dé solidaire bienfaisance. Il cherchait le moyen de fêter, dans une réunion intime, le Cinquantenaire de sa fondation; il a pensé, et le grand nombre de camarades qui ont répondu à son appel et m'entourent aujourd'hui est, pour cette dérogation à ses habitudes, une absolution et une approbation, il a pensé, dis-je, à le célébrer en commémorant ici, le Centenaire d'un événement qui, s'il a longtemps et lourdement pesé sur nos cœurs, a été, du moins, l'occasion d'un glorieux fait d'armes de nos devanciers.
Si leur effort a été vain, c'est pour eux un grand honneur de l'avoir tenté, c'est un salutaire exemple qu'ils ont donné à leurs successeurs. Et c'est eux que nous glorifions en érigeant ici la statue de ce jeune héros anonyme qui, dans un geste enflammé, fièrement élève le drapeau de l'Ecole, ce drapeau confié, en 1804, par l'empereur à François Arago, le major de la promotion d'alors, et qui porte aujourd'hui avec la vieille devise à laquelle nous avons l'orgueil d'être restés fidèles « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire », l'inscription « Défense de Paris 1814 », ce drapeau à la hampe duquel vous avez récemment, Monsieur le Président de la République, attaché la croix de la Légion d"Honneur en même temps qu'à celui de Saint-Cyr, l'Ecole sœur de la nôtre, en proclamant, avec votre coutumière éloquence : « A son ombre se sont formées des générations d'officiers, d'ingénieurs, de savants qui ont su maintenir intactes de glorieuses traditions de bravoure, de travail et de dévouement. A tous ces artisans de la grandeur française, j'exprime aujourd'hui la reconnaissance du pays. »
En élevant ce monument dans la cour de l'Etat-Major, nous avons voulu que nos jeunes camarades, quand ils passeront devant lui, pour prendre le drapeau chez leur général ou pour l'y reporter, saluent l'image de leur ancien. Elle leur parlera, leur dira de garder haut les cœurs, quoi qu'il arrive, et les encouragera à bien faire, à demeurer dignes de la noble devise brodée dans les plis de ses trois couleurs : Pour les Sciences que leurs anciens ont honorées, Pour la Gloire
qu'ils ont fait rejaillir sur notre Ecole et surtout et toujours Pour la Patrie. »


Suite à la présentation de la statue, le général Cornille, commandant de l’école, puis M. Messimy prirent la parole. Ce dernier acheva par ces mots :
« L’avenir de votre école, Messieurs, je le vois orienté vers des horizons de plus en plus vastes ; le monument même que nous inaugurons vous l'atteste ; un jeune homme élève dans ses mains le drapeau de la France et ce drapeau porte dans ses plis la plus belle, la plus féconde et la plus fière des devises : « Pour les Sciences, pour la Gloire, pour la Patrie.»
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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