Capri

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Tibule

La débâcle de Capri

Message par Tibule »

En revoyant Monsieur N en DVD,je me suis attardé sur une information qui n'avait pas retenu mon attention.A un moment du film on apprend qu'Huson Lowe a subi un sérieux revers à Capri.Quelqu'un pourrait-il m'en dire plus sur ce qui s'est véritablement passé?

d'hautpoul

CAPRI

Message par d'hautpoul »

bonjour
Le gouvernement anglais confie à Hudson Lowe le commandement de l'ile de CAPRI.il utilise plusieurs espions:suzzarelli ancien compagnon d'etudes de Pozzo di Borgo et de Salicétti
Suzzarelli joue le double jeu
CIPRIANI;intendant de SAlicetti et protecteur du jeune Napoleon est melé à Naples à une officine de renseignements dont la victime est...HUDSON LOWE !
enfin ,plus tard en 1808 le général LAMARQUE;s'empare de CAPRI,forçant HUDSON LOWE à capituler
cette defaite est restée comme un tache attachée au nom d"hudson lowe à Sainte Helene Napoleon le designait avec mepris comme "le heros de Capri
on remarque deja que cipriani et hudson lowe se connaissaient!!!

Tibule

Message par Tibule »

Merci de m'avoir éclairé :salut: .

olioli

Message par olioli »

Intéressant comme récit :salut:

Albertuk

Message par Albertuk »

Bonsoir
on remarque deja que cipriani et hudson lowe se connaissaient!!!
Cipriani connaissait Lowe mais pas l'inverse. Lowe ne connaissait pas Cipriani par l'affaire de Capri. Marchand, dans ses Mémoires, précise ce fait et indiquait qu'il en riait. Ni les lettres de Lowe, ni celles du gouvernement anglais, de donnent l'indice que Cipriani leur était connu. Si le gouvernement anglais avait pu se douter que Cipriani avait été un agent de Napoléon, et non un simple serviteur, ce personnage n'aurait certainement pas été autorisé à se joindre à Napoléon lors du choix des personnes sur le Northumberland. A moins de croire que Cipriani était un agent double, envoyé intentionnellement auprès de Napoléon, mais rien ne le prouve.

A Ste Hélène, Cipriani se met en bonne grâce auprès des anglais, et ai même bien noté par Lowe, et ce fut à dessein de pouvoir retirer toute info utile et la rapporter à Napoléon. Rien à voir avec de l'esionnage. Par ailleurs, sa tâche aurait été inutile car, à l'époque de Cipriani vivant, Lowe avait déjà des rapports très détaillées sur Napoléon et Longwood de la part du docteur O'Meara.
Rien n'a jamais transpiré à Lowe de ce qui serait venu de la part de Cipriani. Quant aux rapports Lowe / O'Meara, ils se gatèrent après de décès de Cipriani, lorsque Lowe eut la preuve formelle que le docteur jouait le rôle d'agent de Napoléon envers les autres personnes de l'île et que Bathurst, un peu plus tard, donna l'ordre du retrait du docteur (alors que Lowe craignait de prendre seul une telle mesure envers le docteur personnel de Napoléon) sur la connaissance des rapports illicites que le docteur envoyait à son ami Finlaison, de l'Amirauté.

lukian54

Message par lukian54 »

Merci pour ces détails trés appréciès.
En fait la,peu glorieuse aventure d'Hudson Low n'est pas gravée dans les mémoires.

d'hautpoul

CAPRI

Message par d'hautpoul »

bonjour
"rien ne prouve que CIPRIANI était un agent double" : c'est vrai !

- "ce personnage n'aurait certainement pas été autorisé par les anglais à se joindre à N , si le gouvernement avait pu se douter que Cipriani était un agent de N" :

- rien n'est moins sûr, car rappelons nous l'arrivée inexpliquée de PIONTKOWSKI en décembre à Ste-Hélène (arrivée surprenante qui lui vaut la méfiance du clan francais, pourtant PIONTKOWSKI était soldat à l'Ile d'Elbe, il est chassé en octobre 1816).

Alors aventurier ou espion ? personne n'en s'est rien !!!

- HUDSON LOWE connaissait bien la mentalité corse. Il était en garnison à Ajaccio pendant l'occupation anglaise de la Corse.

Celui-ci constitue par la suite une troupe de Corsica rangers puis de Royal Corsica rangers.

L'on admettait dans ces régiments, des criminels de droit commun, et ceux qui s'étaient dérobés à la justice française. La politique poussait au crime ,ce qui entrainait fatalement des "VENDETTAS" en série.

A CAPRI Lowe capitule avec sa garnison de 1800 corses et maltais.

- pendant la campagne de Saxe il est en relation avec les énnemis de N. et notemment POSSO-DI-BORGO compagnon d'études du corse ZUCCARELLI et de SALICETTI dont l'intendant n'est autre que CIPRIANI (en fait son agent au royaume de Naples).

- HUDSON LOWE rencontre encore POSSO-DI-BORGO à Paris après avoir pris connaissance de son affectation pour Ste Hélène.

Lorsque N apprend sa venue à Ste H. "Cipriani pu renseigner abondamment son maître sur la personnalité d'H.Lowe" (médecin général R. BRICE 1938).

- Pour en revenir à Capri, Cipriani convaincu du trafic de son compatriote Zuccarelli, lui donne le choix : servir le roi Joachim et les anglais , ou être fusillé. Je vous laisse deviner le choix de Zuccarelli !

Celui-ci fit croire à une attaque sur l'Ile de Ponza, l'armée d'H. Lowe s'y rendit à toute hâte. Ensuite Zuccarelli eut la malice de prévenir trop tard H. Lowe que l'expédition se dirigeait sur Capri.

- cet avis tardif contribua à la prise de l'Ile.

"--------- Cipriani et son complice Zuccarelli avaient une telle opinion d'H. Lowe qu'ils avaient formé le projet de l'attirer dans une maison de la baie de Naples pour qu'il y rencontra Salicetti,pret à trahir,assuraient-ils.A la derniere minute,Hudson lowe renonca à courir cette aventure. Les deux compères se moquaient de lui sans mesure" (général R. Brice 1938).

- on voit que Cipriani n'est pas étranger à l'affaire de CAPRI même si rien ne prouve que celui-ci ne connaissait physiquement H. Lowe.

- Cipriani fut un de ces comparses de l'histoire qui exercent une action considérable sur les événements auxquels personne ne soupçonne leur participation .

La vie de Cipriani est mystèrieuse et connue que par fragment, rien d'étonnant que sa mort soit aussi mystérieuse et inexpliquée.

--------- En 1817 une lettre de Londres encourageait H. Lowe à manifester sa satisfaction "pour lui prouver que sa bonne conduite n'est pas restée inaperçue et l'encourager à se conduire convenablement" (dictionnaire TULARD).

Alors, lorsqu'on sait qu'en milieu "carcéral" une trahison se paie par la mort, que dire d'une éventuelle "VENDETTA" politique du "clan corse" pour expliquer cette mort mystérieurse ?

Mais ceci est un autre débat !

d'Hautpoul.

Albertuk

Message par Albertuk »

Bonsoir

- "ce personnage n'aurait certainement pas été autorisé par les anglais à se joindre à N , si le gouvernement avait pu se douter que Cipriani était un agent de N" :
- rien n'est moins sûr,
C'est certain. Les Anglais, geoliers de Napoléon, allaient tolérer des serviteurs mais sûrement pas des agents à son service et qui donc devaient leur donner du fil à retordre. Bref, si les Anglais connaissaient Cipriani comme agent secret, ou informateur, il n'aurait pas été admis à suivre Napoléon. Dans les communications officielles anglaises, il n'y a aucune trace de l'identification de Cipriani comme lié à la déroute anglaise de Capri. Les Anglais ne connaissaient pas le personnage Cipriani.
car rappelons nous l'arrivée inexpliquée de PIONTKOWSKI en décembre à Ste-Hélène
Elle n'était pas inexpliquée. Piontkowski insista par cor et cris à suivre Napoléon. Tous l'Amirauté trouvait mauvais de ne pas autoriser cet officier fidèle à suivre son maître. De plus, Piontowski s'était, après le départ du Northumberland, mis en relation avec l'avocat qui se proposait à s'opposer à la déportation de l'ex Empereur. Bref, cette affaire risquait de faire tâche d'huile dans la presse anglaise et, plutôt que d'avoir un Piontkowski vociférant et aidé par l'opposition, il valait mieux faire preuve d'humanité et l'autoriser à se faire exiler comme il le souhaitait. Donc il fut embarqué pour Ste Hélène peu de temps après Napoléon. Mais son voyage ne fut pas direct et il n'arriva à Longwood qu'en fin 1815.
(arrivée surprenante qui lui vaut la méfiance du clan francais, pourtant PIONTKOWSKI était soldat à l'Ile d'Elbe, il est chassé en octobre 1816).
Arrivée surprenante certes, mais Piontkowski fut bien accueilli. Ce n'est que par un Gourgaud jaloux que l'Histoire a pensé que cet officier, qui laissa sa jeune épouse en Angleterre pour suivre Napoléon en un second exil, avait été un espion ou un aventurier. Les lettres de Piontkowski à ses bienfaiteurs anglais, qui notamment s'occupèrent de son épouse pendant son exil, prouvent au contraire l'humanité de cet officier, son courage et sa totale abnégation pour servir Napoléon. Il fut aussi le seul à élever une protestation solennelle contre les mesures prises par Lowe à son arrivée dans l'île ce qui le mit haut dans la liste des serviteurs à renvoyer en Europe. C'est sa protestation contre le nouveau gouverneur qui valut donc le renvoi de Piontkowski plutôt que de renvoyer Gourgaud, par exemple (d'autant que Gourgaud avait perdu son serviteur et avait été amer à ce sujet).
Alors aventurier ou espion ? personne n'en sait rien !!!
Piontkowski n'était ni l'un ni l'autre, mais les historiens se sont basés sur les dires du seul Gourgaud pour affirmer le pire pour cet officier loyal à Napoléon.
- on voit que Cipriani n'est pas étranger à l'affaire de CAPRI même si rien ne prouve que celui-ci ne connaissait physiquement H. Lowe.
Bien entendu que Cipriani contribua à tromper les Anglais et Lowe à Capri, mais ceux-ci ne connurent jamais le travail fait dans l'ombre par cet agent corse. Marchand confirme ces faits dans ses Mémoires où il dresse l'histoire connue de Cipriani.
- Cipriani fut un de ces comparses de l'histoire qui exercent une action considérable sur les événements auxquels personne ne soupçonne leur participation .
Exact, et Lowe n'en savait rien. Cipriani n'était pas un agent anglais en cheville avec Lowe ou le cabinet de Londres.
La vie de Cipriani est mystérieuse et connue que par fragments, rien d'étonnant que sa mort soit aussi mystérieuse et inexpliquée.
Il est probablement mort en ayant attrapé un virus auprès des équipages qui arrivaient d'Asie à cette même époque. La semaine où il eut son mal, un bateau était aussi en quarantaine à Ste Hélène, avec une épidémie à bord, et un certain nombre de personnes étaient mortes dans l'île en même temps que Cipriani.
--------- En 1817 une lettre de Londres encourageait H. Lowe à manifester sa satisfaction "pour lui prouver que sa bonne conduite n'est pas restée inaperçue et l'encourager à se conduire convenablement" (dictionnaire TULARD).

J'ai lu cette lettre. Elle encourageait Lowe à promouvoir le travail de Cipriani, par moyens de menus revenus de son rôle d'intendant, car il paraissait aux Anglais d'une honnêteté correcte comparée aux autres serviteurs jugés par trop dévots à leur maître. Bien entendu, c'était le rôle de Cipriani de se trouver en bien avec les Anglais, de gagner leur confiance, afin de mieux servir Napoléon. Ici, comme à Capri, Cipriani était encore prêt à tromper l'attention de Lowe et du gouvernement anglais et ceux-ci ne se doutaient de rien. Cette lettre prouve le bon travail d'infiltration et de taupe de Cipriani qui avait ainsi gagné la confiance des gens qu'il espionnait. La mort vint lui retirer le fruit de ce travail car elle intervint 3 mois environ après cette lettre.

Jean Sabouret

Message par Jean Sabouret »

Citation:
- rien n'est moins sûr,

"C'est certain. Les Anglais, geoliers de Napoléon, allaient tolérer des serviteurs mais sûrement pas des agents à son service et qui donc devaient leur donner du fil à retordre. Bref, si les Anglais connaissait Cipriani comme agent secret, ou informateur, il n'aurait pas été admis à suivre Napoléon. Dans les communications officielles anglaises, il n'y a aucune trace de l'identification de Cipriani comme lié à la déroute anglaise de Capri. Les Anglais ne connaissaient pas le personnage Cipriani."

Cette conclusion est peut-être un peu hâtive: au fond, on ne sait pas grand chose sur Cipriani, mais qu'il ait joué un rôle d'agent secret, à Naples puis à Elbe, c'est une certitude. Les Anglais l'auraient ignoré, car sinon, ils ne l'auraient pas laissé embarquer avec Napoléon. Là-dessus, je suis d'accord...

Pourtant, dans le cas contraire, ceci prouverait que dès le départ pour Sainte-hélène, nos anglais connaissaient le bonhomme; leurs services secrets n'étaient pas manchots et ils devaient bien savoir des choses sur Cipriani qui avait été armateur et dont les convois commerçaient à la barbe des Anglais en Méditerranée. Alors, Cipriani, un grand marin ou un nageur en eaux troubles ?

Citation:
car rappelons nous l'arrivée inexpliquée de PIONTKOWSKI Citation:
Alors aventurier ou espion ? personne n'en s'est rien !!!

Piontkowski n'était ni l'un ni l'autre, mais les historiens se sont basés sur les dires du seul Gourgaud pour affimer le pire pour cet officier loyal à Napoléon."

Je crois -en effet- que Piontowski n'était, ni un aventurier, ni un espion!

Citation:
- on voit que Cipriani n'est pas étranger à l'affaire de CAPRI même si rien ne prouve que celui-ci ne connaissait physiquement H. Lowe.

Bien entendu que Cipriani contribua à tromper les Anglais et Lowe à Capri, mais ceux-ci ne connurent jamais le travail fait dans l'ombre par cet agent corse. Marchand confirme ces faits dans ses Mémoires où il dresse l'histoire connue de Cipriani."

Un bémol: Marchand n'est pas "parole d'évangile"! Il était loin de tout pouvoir connaître...

Citation:
- Cipriani fut un de ces comparses de l'histoire qui exercent une action considérable sur les événements auxquels personne ne soupçonne leur participation .

Exact, et Lowe n'en savait rien. Cipriani n'était pas un agent anglais en cheville avec Lowe ou le cabinet de Londres."

Cette conclusion me paraît aventurée. Je ne pense pas que Lowe ait laissé dans ces papiers la liste de tous les indics de Sainte-Hélène à son service: c'est bien pourquoi l'histoire des agents secrets n'est jamais complète !

Citation:
La vie de Cipriani est mystèrieuse et connue que par fragment, rien d'étonnant que sa mort soit aussi mystérieuse et inexpliquée.

Il est probablement mort en ayant attraper un virus auprès des équipages qui arrivaient d'Asie à cette même époque. La semaine où il eut son mal, un bateau était aussi en quarantaine à Ste Hélène, avec une épidémie à bord, et un certain nombre de personnes étaient mortes dans l'île en même temps que Cipriani."

C'est l'explication la plus plausible. Mais on ne peut pas complètement exclure une autre explication. En tout cas, il fut le seul Français à mourir à Sainte-Hélène: était-il plus fragile que les autres ? Et parmi ceux qui le soignèrent, personne ne fut incommodée...

Citation:
--------- En 1817 une lettre de Londres encourageait H. Lowe à manifester sa satisfaction "pour lui prouver que sa bonne conduite n'est pas restée inaperçue et l'encourager à se conduire convenablement" (dictionnaire TULARD).

J'ai lu cette lettre. Elle encourageait Lowe à promouvoir le travail de Cipriani, par moyens de menus revenus de son rôle d'intendant, car il paraissait aux Anglais d'une honnêteté correcte comparée aux autres serviteurs jugés par trop dévots à leur maître. Bien entendu, c'était le rôle de Cipriani de se trouver en bien avec les Anglais, de gagner leur confiance, afin de mieux servir Napoléon. Ici, comme à Capri, Cipriani était encore prêt à tromper l'attention de Lowe et du gouvernement anglais et ceux-ci ne se doutaient de rien. Cette lettre prouve le bon travail d'infiltration e de taupe de Cipriani qui avait ainsi gagné la confiance des gens qu'il espionnait. La mort vint lui retirer le fruit de ce travail car elle intervint 3 mois environ après cette lettre."

Je ne sais pas: il y a plusieurs manières de lire cette lettre. Ce qui est sûr, c'est qu'il reste beaucoup de choses à écrire sur Cipriani. Fleuriot de Langle le dit sans détour: c'est une friche, vierge de toute exploitation, même si Ben Weider et BRH l'ont mis au goût du jour. :salut:

Joker

voeu pieu

Message par Joker »

Ah ! Si Priani nous était conté... :mrgreen: