Eugène de Beauharnais

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

C.Douville

Eugène de Beauharnais

Message par C.Douville » 14 déc. 2003, 13:25

car l'Empereur lui même lui a reconnu toutes les qualités d'un grand capitaine
Tout à fait d'accord mais pourquoi ne pas avoir pris le temps de nous le présenter alors ? ;-)

Dans la plupart de ses commandements, le prince Eugène s'est illustré, en premier lieu pendant la campagne Italo-Hongroise de 1809. Lorsque la guerre de 1809 débute avec l'Autriche, il est bien entendu évident que les Autrichiens essaieront de reprendre pied dans la péninsule Italienne, c'est pourquoi une armée Autrichienne d'Italie, placée sous le commandement du prince Jean, pénétra en Italie et vint combattre l'armée Française d'Italie du prince Eugène (en majorité des vétérans Français de la révolution et un peu d'Italiens).

Napoléon fut assez confiant envers les qualités militaire du prince Eugène pour lui confier le commandement de l'armée Française d'Italie, remarquez qu'il aurait pu confier le commandement de cette armée à Masséna (qui la commandait en 1805 contre l'archiduc Charles). Cependant, Eugène va débuter par une défaite enregistrée à Sacile contre les Autrichiens. Malgré cet évènement malheureux, Eugène gardera toute la confiance de l'Empereur et concervera son commandement.

La défaite de Sacile était due à une désorganisation assez nette de l'armée Française d'Italie. Dès lors, suite à une réorganisation complète de son armée, Eugène ira défier les Autrichiens du prince Jean à la bataille de la Piave et remportera une victoire éclatante, prenant donc, ainsi, une belle revanche personnelle. Ce n'était pas fini, prenant habilement l'offensive, le prince Eugène poursuit les Autrichiens, leur infligent encore plusieurs revers et les chassant définitivement de la péninsule Italienne.

Par la suite, vainqueur en Italie, Eugène reçut, pour mission, de venir fusionner son armée à celle que commandait Napoléon en Allemagne. Cependant, avant que le prince Eugène ne vienne le rejoindre, Napoléon lui confia une mission toute particulière : retrouver l'armée Autrichienne du prince Jean et la battre de façon à ce que celle-ci ne puisse rejoindre l'armée Autrichienne d'Allemagne, celle de l'archiduc Charles.

Suite à ces revers enregistres en Italie, l'armée Autrichienne du prince Jean se trouvait stationnée en Hongrie. Dès lors, le prince Eugène alla rejoindre les Autrichiens et leur livra la trop oubliée bataille de Raab. Ce fut des cris de joie que poussèrent les Français lorsqu'ils aperçurent enfin les lignes Autrichienne, ils allaient pouvoir enfin se battre. Après un combat acharnée, où il fallut de nombreuses charges des Français avant d'emporter cette satanée grande ferme de Raab, les Autrichiens furent enfoncés et mis en déroute. Même si l'infanterie Française avait joué un rôle non négligeable, les escadrons de cavalerie n'avaient pas démérité.

Ainsi, par l'intermédiaire de sa victoire de Raab, Eugène empêchait l'armée Autrichienne du prince Jean d'aller renforcer l'armée Autrichienne de l'archiduc Charles en Allemagne. C'est pourquoi la victoire de Raab allait indirectement contribué à celle que Napoléon remportât à Wagram, cela par le fait que l'archiduc Charles allait se voir privé d'une partie de ses troupes..

Par la suite l'armée Française d'Italie d'Eugène allait rejoindre l'armée d'Allemagne de Napoléon et contribuer à la victoire de Wagram. La colonne de Macdonald, notamment, allait, malgré ses lourdes pertes, réussir à enfoncer et couper en deux le centre des Autrichiens.

Le prince Eugène allait encore s'illustrer en Russie, en 1812, que ça soit à la Moskova ou dans la retraite. En 1813 et en 1814, il remportait quelques combats contre les Autrichiens et les Anglo-Siciliens en Italie, à Caldiero (1813) ou encore à Guatalla (1814). Il sera finalement acculé à reculer devant les forces supérieures de l'ennemi.

Route Napoleon

Eugène de Beauharnais

Message par Route Napoleon » 15 déc. 2003, 20:58

Eugène, maillon faible en 14 ? Ce n’est pas un jugement , mais une vraie question :
Le 8 février 1814, il reçoit cet ordre de l’ Empereur dicté à Clarke ministre de la guerre :
« j’ ai donné ordre au vice-roi (Eugène) aussitôt que le roi de Naples (Murat) aurait déclaré la guerre de se porter sur les Alpes. Réitérez-lui cet ordre par le télégraphe, par estafette et en triplicata par un officier ( Faypoult). Vous lui ferez connaître qu’ il ne doit laisser aucune garnison française dans les places d’ Italie et qu’ avec tout ce qui est Français, il doit venir sur Turin et Lyon, soit par Fenestrelle, soit par le mont Cenis… Expliquez-vous bien : sous quelque prétexte que ce soit aucune des troupes de la France ne doit rester dans aucune place d’ Italie, et tous doivent revenir en masse sur Chambéry, Lyon et Grenoble. «
Napoléon est en pleine campagne de France sur la Marne et il a besoin de toutes ses troupes.
L’ ordre est clair de retraiter par Grenoble et Lyon pour faire monter Augereau qui est à Lyon sur les arrières des coalisés qui ainsi peuvent etre pris en tenaille.
Mais Fouché, qui passait par là, remontant des Provinces Illyriennes, lui démontre que
l’ Empire va s’ écrouler comme un château de cartes et lui conseille de se hâter lentement.
En fait Eugène va s’ enfermer dans Mantoue avec son épouse Augusta qui doit accoucher d’une petite Théolinde. Ils ont l’ espoir qu’ au règlement final, les Alliés, convaincus par leur noble attitude leur laisseraient la couronne d’ Italie…

Pour FA8, après 1815, Eugène est devenu Bavarois...
Après l’ insurrection de Milan en avril 1814, Eugène rentre à Munich chez son beau-père Maximilien, que Napoléon a fait roi de Bavière après Austerlitz.
En octobre 1813, Maximilien a rompu l’ alliance avec la France et s’ est allié aux Autrichiens. Le vent tourne…
Arrivé le 4 mai à Munich, Eugène part aussitôt pour Paris
et demande audience à Louis XVIII.
L’ huissier annonce « le marquis de Beauharnais ! «
et Louis XVIII : « Dites, son altesse le Prince Eugène, monsieur, Grand Connétable de France, si tel est son bon plaisir. »…
Napoléon vient d’ arriver à Porto-Ferraio …
Eugène rencontre aussi le tsar Alexandre et devient son ami.
En juin 1814, Joséphine décède et le temps de régler les affaires, Eugène retourne à Munich. Il sera bientôt au Congrès de Vienne où on le voit souvent avec son ami le tsar. Il cherche à confirmer l’ article VIII du Traité du 11 avril, de Fontainebleau stipulant « qu’ il sera fait au Prince Eugène, vice-roi d’ Italie un établissement convenable hors de France. «
Il condamne le retour de l’ ile d’ Elbe, se déclarant « archineutre » … et ne rejoint pas Napoléon à Lyon comme il lui demande.
Il devient ensuite duc de Leuchtenberg et prince d’ Eichstätt, principauté située entre Ratisbonne, Ulm, Augsbourg. Il deviendra une des plus grosses fortunes d’ Europe,
y vivra avec son épouse la très très belle Augusta-Amélie de Wittelsbach et eurent beaucoup d’ enfants.
Il meurt en 1824 d’ apoplexie et est enterré en Bavière.
Sa fille ainée Joséphine avait épousé Oscar Bernadotte.
Nous connaissons bien son beau-frère Louis de Bavière qui succédera à son père et qui a laisser un grand souvenir par sa liaison avec Lola Montès…
« Famille, je vous hais… « dira André Gide

Eugène, maillon faible ? Il est vrai que la place est difficile à tenir. Murat, qui ne l’ a jamais aimé, trahit et l’ attaque par le sud. Les Autrichiens descendent du Tyrol et les Anglais de Bentinck débarquent en toscane. La seule solution est donc de retraiter comme l’ordonne l’ empereur et on peut imaginer que la campagne de France se serait déroulée d’ une autre façon et que l’ abdication de Fontainebleau aurait pu être évitée…

Sources : Eugène de Beauharnais par Jean Autin
Dictionnaire Napoléon de Jean Tulard – texte de’ Alain Pillepich
Mémoires de Joseph Fouché

Route Napoleon

Eugène de Beauharnais

Message par Route Napoleon » 15 déc. 2003, 21:12

Il ne faut être déçu. C'était le lot de Napoléon d' être trahi par ses proches, ses femmes, ses frères, ses soeurs, beau-frère, beau-fils, Talleyrand, Fouché, Marmont etc...
Il le savait et suivait malgré tout son " étoile ".
Eugène avait une excuse : une très belle femme et il l'aimait.
Napoléon avait " arrangé " son mariage et là, il avait eu la main heureuse...

voltigeur54

Eugène de Beauharnais

Message par voltigeur54 » 15 déc. 2003, 22:19

:salut: On peut approcher Eugène par les mémoires d'un pur, fidèle et discret héros Planat de la Faye, qui fut son aide de camp ( et puis aussi de Drouot, en 1813,14 ,après avoir remis la dépouille de Lariboisière à sa veuve,à Paris en 1813) puis en exil en Germanie, son secretaire.
Je crois bien que c'est Hortense qui rapporte dans ses Mémoires, sur Bernadotte , à Malmaison: "Il chercha à m'expliquer sa conduite. Et il est toujours regrettable qu'une conduite en ait besoin."Bonsoir :oops:

Route Napoleon

Eugène de Beauharnais

Message par Route Napoleon » 15 déc. 2003, 23:28

Un autre aide de camp d' Eugène a laissé des écrits : le général d'Anthouard de Vraincourt. Celui là même qui présida, en 1815, le procès de Drouot et qu' il accabla sans vergogne, et le vertueux Drouot ne dut son salut qu' à l' énergique Macdonald...
Mais les mémoires de Marmont, parues en 1856, et qui traitent dans le tome VI des hésitations, confusions et tergiversations du vice-roi entraineront une polémique puis un procès. La fille d' Eugène devenue reine de Suède par son mariage avec Oscar, fit un procès à l' éditeur Perrotin.
Un autre détail : le 16 avril 1814, Eugène signe une armistice, mettant fin aux combats en Italie, qui permet en autre au général Grenier de ramener les troupes françaises, armistice signée avec... Neipperg, qui bientot fera ses oeufs dans le nid de l' Aigle...
Elle est pas belle la vie ?

Route Napoleon

Planat de la Faye

Message par Route Napoleon » 17 déc. 2003, 09:24

Louis Planat de la Faye est aide de camp du Nancéien Drouot, en Saxe, en 1813,
quand l' empereur le remarque pour sa parfaite connaissnce de l' allemand
et le prend comme intreprète.
Aux cent-Jours il deviendra son officier d' ordonnance.
Il aurait du s' embarquer pour Sainte-Hélène, sans cette crise de jalousie du caractèriel Gourgaud, qui le laisse aux mains des Anglais, qui vont l' expédier " prisonnier de guerre " à Malte...
Nap regrettera amèrement " ce bon jeune homme "...
Planat de la Faye, libéré se mettra au service de Jérome, puis d' Eugène et mulitiplie les démarches pour partir à Sainte-Hélène. Il obtient enfin l' autorisation en 1821 quand arrive en Europe la nouvelle de la mort de l' empereur.
Sa veuve a publié en 1895 ses " Souvenirs, Lettres et Dictées "
sources : Jean Massin et Elisabeth Brisson

Bonne peche...

Route Napoleon

Le borgne qui fait les yeux doux...

Message par Route Napoleon » 17 déc. 2003, 14:59

Notre jeune sous-lieutenant étant parti taquiner le brochet dans la Meurthe, je lui ai trouvé quelques éléments de biographie sur le comte Neipperg qui a si justement calomnié.

Tiré des Mémoires de Méneval donc de 1ère main...
"...Issu d' une famille ancienne du Wurtemberg, il s' était attaché au service de l' Autriche. Il s' était marié dans ce pays avec une femme qu' il avait enlevée à son mari et dont il eut cinq enfants. Cette femme mourut au commencement de 1815, après une maladie de deux jours. Son premier mari vivait encore en 1814; la mort de ce premier mari n' a précédé la sienne que de quelques mois.
Ses talents lui avaient gagné la confiance du prince Metternich. il avait déjà fait ses preuves, d' abord à Stockholm en 1812, il ne fut pas étranger au traité de d' Obrero, par lequel le prince royal de Suède ( Bernadotte...) s' armait contre sa patrie qui l' avait élevé et la livrait à la Russie et à la Grande-Bretagne. Sous le voile de l' alliance, tandis qu' un corps autrichien prêtait à l' armée française le secours d' une coopération équivoque, l' pligrachie de Vienne suscitait sourdement des ennemis au gendre et à l' allié de son maitre...
De nouvelles instructions avaient envoyé de Stockholm à Naples; ses séductions et ses promesses décidèrent l' héroïque Joachim Murat à embrasser un parti dont les hasardeux avantages préoccupaient son esprit depuis nos premiers désastres...Il l' entraina à signer, le 11 janvier 1814, un traité par lequel le roi de Naples faisait cause commune avec les coalisés...
Ces succès recommandaient trop un instrument aussi précieux pour qu' on ne
s' empressât pas de l' employer à une autre oeuvre de séduction. Neipperg vola à Mantoue, muni d' une lettre du roi de Bavière, pour son gendre le prince Eugène.
Il s' appuya de cette lettre pour proposer au prince de suivre l' exemple de son beau-père ( Maximilien ), et de cesser toute résistance inutile..."
Voila le coucou qui bientôt viendra (sur ordre...) se mettre dans le lit de l' Impératrice...
Elle est pas belle la vie ?

Joker

en service commandé

Message par Joker » 17 déc. 2003, 22:02

Neipperg était donc en service commandé ! :roll:
Belle preuve d'obéissance et de dévouement de sa part.
Il est vrai qu'il y a sans doute des missions dont on s'acquitte avec moins d'enthousiasme que celle-là... :mrgreen:

Cipriani

Augusta-Amélie de Wittelsbach

Message par Cipriani » 17 déc. 2003, 22:40

si j'ai bien lu certains messages précédant celui-ci, il parait que cette personne était vraiment très belle...existe-t-il d'elle un ou plusieurs portraits visibles sur la toile large comme le monde afin que l'internaute moyen qui se promène en ces lieux puisse de visu constater la beauté de cette dame de jadis ?

par avance merci à celle à celui ou à ceux qui répondront à ma requête

Route Napoleon

Sissi

Message par Route Napoleon » 18 déc. 2003, 12:52

Cipriani, j' ai bien des portraits de Augusta-Amélie de Wittelsbach qui a rendu fou notre bienheureux Eugène.
Mais je peux vous donner une idée de sa beauté en précisant qu' Augusta est la tante de Sissi !
Mais si ! Donc revoyez les films de Romy...
Sans etre indiscret pouvez-vous me dire, Cipriani, où étiez-vous en janvier et février 1815 ?
Je crois savoir que vous étiez entre Porto-Ferraio, Génes et Vienne.
Est-ce vous qui avez alerté l' empereur au sujet de la trahison de Marie-Louise et de ce charmant Neipperg ?
Je sais par le bouquin de Guy Godlewski que vous avez rejoint Elbe début mars mais Napoléon était déjà parti...Vous avez rallié Paris, pour aller ensuite à Ste-Hélène...
SI on a la date de votre mort ( excusez-moi...), on n' a pas la date de votre naissance et sans être journaliste à Gala, pouvez-vous me dire si vous êtes le fils de Salicetti ? Je ne le répéterai pas...
Vous vous êtes vu dans Monsieur N. ? Pas mal, hein ?

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