La mort de Bara

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Cyril Drouet
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La mort de Bara

Message par Cyril Drouet » 22 juil. 2018, 15:28

Diamant a écrit :
15 juil. 2018, 23:50
Le champion du monde des uniformes Napoléonien !

Image

Ben.. y-a pas photo le plus beau de tous celui du 8 ème hussards de l'année 1800 !

:salut:
Un aide-palefrenier célèbre du 8e Hussards : Bara.
Roubaix_piscine_weerts_bara.JPG
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Rigodon d'honneur
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La mort de Bara

Message par Rigodon d'honneur » 22 juil. 2018, 17:31

Cyril Drouet a écrit :
22 juil. 2018, 15:28
Un aide-palefrenier célèbre du 8e Hussards : Bara.
Sauf que cet uniforme rouge et bleu est aux couleurs du 6e ou du 9e hussards :shock: ...
:salut:
"Ils grognaient, et le suivaient toujours..."

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Cyril Drouet
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Message par Cyril Drouet » 22 juil. 2018, 20:48

Rigodon d'honneur a écrit :
22 juil. 2018, 17:31
Cyril Drouet a écrit :
22 juil. 2018, 15:28
Un aide-palefrenier célèbre du 8e Hussards : Bara.
Sauf que cet uniforme rouge et bleu est aux couleurs du 6e ou du 9e hussards :shock: ...
:salut:
Weerts reprend ici pour son portrait l'uniforme du 9e dont il avait affublé Bara deux ans plus tôt dans sa célèbre toile :
Mort_de_Bara_-_Jean-Joseph_Weerts.jpg
De son côté, Moreau-Vauthier oublie les hussards :
MortdeJosephBara.jpg
...tandis que David ne prend pas de risque :
1280px-Mort_de_Barra_IMG_2266.JPG
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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L'âne
 
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La mort de Bara

Message par L'âne » 30 juil. 2018, 14:48

Allan FORREST dans son ouvrage "Au service de l'Empereur" :

"Bara [...] dès l'âge de treize ans avait chargé les rebelles vendéens avec la cavalerie républicaine et qui, capturé par l'ennemi, avait préféré mourir en martyr plutôt que de crier son allégeance à la monarchie, devint le représentant de la combinaison entre patriotisme et républicanisme tant louée par les révolutionnaires. Des images et des médaillons furent réalisés en son honneur, des tableaux immortalisèrent son sacrifice, et seule la chute de Robespierre put faire annuler la fête nationale pour laquelle une représentation chorégraphiée par le peintre Jacques-Louis David devait être donnée à Paris, et au cours de laquelle sa dépouille mortelle devait être transférée au Panthéon. En raison de son âge, il était considéré comme un modèle de comportement très précieux pour les jeunes, ainsi que pour la génération de garçons à venir, dont allait dépendre la défense des révolutionnaires. En décembre 1793, Bertrand Barère demanda à la Convention de faire réaliser une gravure de Bara en vue d'une diffusion dans les écoles primaires pour montrer l’« exemple le plus parfait de patriotisme et de dévouement filial ». Sa mort cruelle allait rester dans la mémoire populaire grâce à la célèbre toile de David, La Mort de Bara, qui représente avec une grande sensibilité le pathétique de son corps meurtri, nu, fragile et quelque peu androgyne, un corps d'enfant qui n'a pas encore atteint la maturité, un corps vulnérable et massacré, victime de la traîtrise vendéenne."

Jean-Joël BREGEON écrit dans son ouvrage "Carrier et la Terreur nantaise" :

"L’histoire des guerres vendéennes est parcourue de légendes bleues et blanches, les unes composant le martyrologe de la « vraie foi », les autres sont consacrées sur l’« autel de la Patrie » : le bataillon Meuris , le jeune tambour Bara, les amazones de Charette , les miracles du scapulaire et ceux de la Déclaration des droits , les prêtres intrus cloués comme des chouettes sur les portes des granges et les « mariages républicains » de Carrier…"

Éric HAZAN écrit dans son ouvrage "Une histoire de la Révolution Française" :

"…la déchristianisation déchaînée crée un vide, qui va être spontanément comblé par le culte des martyrs révolutionnaires auquel s’adjoint celui des « jeunes martyrs » (Bara, tambour tué à Cholet à l’âge de treize ans, Viala, jeune Avignonnais tué dans un combat contre les insurgés marseillais), avec une sorte de continuité des rites et des pratiques. Les cultes révolutionnaires sont célébrés dans les temples de la Raison et les similitudes sont nettes avec le culte traditionnel dans le cadre, la liturgie et les pratiques."
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Message par Cyril Drouet » 30 juil. 2018, 23:05

Cyril Drouet a écrit :
22 juil. 2018, 20:48
Rigodon d'honneur a écrit :
22 juil. 2018, 17:31
Cyril Drouet a écrit :
22 juil. 2018, 15:28
Un aide-palefrenier célèbre du 8e Hussards : Bara.
Sauf que cet uniforme rouge et bleu est aux couleurs du 6e ou du 9e hussards :shock: ...
:salut:
Weerts reprend ici pour son portrait l'uniforme du 9e dont il avait affublé Bara deux ans plus tôt dans sa célèbre toile :
Mort_de_Bara_-_Jean-Joseph_Weerts (1).jpg
De son côté, Moreau-Vauthier oublie les hussards :
MortdeJosephBara (1).jpg
...tandis que David ne prend pas de risque :
1280px-Mort_de_Barra_IMG_2266 (1).JPG


François-Joseph Bara naquit le 30 juillet 1779 à Palaiseau. Neuvième enfant d’une famille en comptant dix, Bara s’engagea dans l’armée, comme aide-palefrenier au 8e hussards, sous la protection du général Desmarres, frère de la marraine d’une de ses sœurs.

La mort le prit le 7 décembre 1793, à Jallais, au lieu-dit des Revers.
Ce jour-là, les républicains furent fort malmenés par les hommes de Pierre Cathelineau, frère du premier généralissime de la Grande Armée catholique et royale. Ces derniers avaient de quoi être furieux. Revenant de Chemillé, ils avaient trouvé le bourg de la Chapelle-Rousselin en flamme et le petit détachement, laissé là afin de garder quelques captifs, massacré. La contre-attaque fut sévère et l’on se garda bien de faire à nouveaux des prisonniers.

Le lendemain, Desmarres rédigea un rapport aux allures de victoire et mit en avant la mort de Bara :
« Trop jeune pour entrer dans les troupes de la République, mais brûlant de la servir, cet enfant m’accompagnait, depuis l’année dernière, monté et équipé en hussard. Toute l’armée a vu avec étonnement un enfant de treize ans affronter tous les dangers, charger toujours à la tête de la cavalerie. Elle vit une fois ce faible bras terrasser et amener deux brigands qui avaient osé l’attaquer. Ce généreux enfant, entouré hier par les brigands, a mieux aimé périr que de se rendre et leur livrer deux chevaux qu’il conduisait. Aussi vertueux que courageux, se bornant à sa nourriture et à son habillement, il faisait passer à sa mère ce qu’il pouvait se procurer. Il la laisse avec plusieurs filles et son jeune frère infirme, sans aucune espèce de secours.
Elle demeure à Palaiseau, district de Versailles. »

Peu de précisions donc sur les circonstances de la mort, hormis le fait que le jeune palefrenier soit tombé au combat.
A la convention, la lettre de Desmarres fut lue par Barère le 15 décembre et les conventionnels votèrent une pension de mille livres à la mère de Bara.
Pourtant, l’affaire ne s’arrêta pas là et Robespierre, le 28 de même mois proposa les honneurs du Panthéon pour le jeune enfant. Il résuma pour l’occasion la lettre datée du 8 et y ajouta sa version :

« Parmi les belles actions qui se sont passées dans la Vendée, et qui ont honoré la guerre de la liberté contre la tyrannie, la nation entière doit distinguer celle d'un jeune homme dont la mère a déjà occupé la Convention : je veux parler de Barra. Ce jeune homme, âgé de treize ans, a fait des prodiges de valeurs dans la Vendée. Entouré de brigands, qui d'un coté lui présentaient la mort, et de l'autre lui demandaient de crier vive le roi ! il est mort en criant : vive la république ! Ce jeune enfant nourrissait sa mère avec sa paie ; il partageait ses soins entre l'amour filial et l'amour de la patrie. Il n'est pas possible de choisir un plus bel exemple, un plus parfait modèle pour exciter dans les jeunes coeurs l'amour de la gloire, de la patrie et de la vertu, et pour préparer les prodiges qu'opérera la génération naissante. En décernant les honneurs au jeune Barra, vous les décernez à toutes les vertus, à l'héroïsme, au courage, à l'amour filial, à l'amour de la patrie.
Les Français ont seuls des héros de treize ans ; c'est la liberté qui produit des hommes d'un si grand caractère. Vous devez présenter ce modèle de magnanimité, de morale, à tous les Français et à tous les peuples : aux Français, afin qu'ils ambitionnent d'acquérir de semblables vertus, et qu'ils attachent un grand prix au titre de citoyens français : aux autres peuples, afin qu'ils désespèrent de soumettre un peuple qui compte des héros d'un âge si tendre.
Je demande que les honneurs du Panthéon soient décernés à Barra, que cette fête soient promptement célébrée, et avec une pompe analogue à son objet, et digne du héros à qui nous la destinons. Je demande que le génie des arts caractérise dignement cette cérémonie qui doit présenter toutes les vertus ; que David soient spécialement chargé de prêter ses talents à l'embellissement de cette fête. »

La fable était née.
Desmarres en fut averti, et heureux de pouvoir apporté de plus amples renseignements à David qui avait été chargé d’immortaliser le sacrifice de Bara, il écrivit à Couthon, président de la Convention :
« Le citoyen David a été de plus invité à faire son portrait. Comme cet artiste ne pourrait y parvenir, n’ayant aucune notion, je crois devoir t’en donner qui le mettront à même de travailler. Je les joins ici sur une feuille particulière. Je crois que l’attitude où il devrait être représenté est celle qu’il avait lorsqu’il a reçu les derniers coups ; c’est à dire à pied, tenant ses deux chevaux par la bride, entouré de brigands, et répondant à celui s’étant avancé pour les lui faire rendre : « A toi, foutre brigand, les chevaux du commandant et les miens ! Eh bien ! Oui… »

Voilà les dernières et seules informations que l’on détienne. A noter que les royalistes sous les plumes de Mmes de La Rochejaquelein et de La Bouëre ont également apporté les leurs et peignent Bara comme un vulgaire voleur de chevaux pris la main dans le sac.

On peut aussi préciser que, suite à la version de Robespierre, d'autres, toutes aussi imaginaires, virent le jour.

Ici, le discours de Ranxin prononcé en l'an 3 :
"Les brigands, soutenus par des trahisons multipliées, chargeaient souvent nos troupes à l'improviste, et massacraient les pelotons qui leur étaient livrés par la perfidie. Barra ne quittait point son chef : une autre action s'engage : après de grands efforts, un torrent de ces brigands les sépare, entraîne celui-ci, et enveloppe notre enfant monté sur un cheval, tenant un pistolet d'une main, et de l'autre conduisant un des chevaux du colonel : Rends-les, lui disent les rebelles, et crie : Vive le roi ! …
Un Républicain ne se rend pas à des esclaves : Vive la République ! Telle fut sa sublime réponse qui aurait dû exciter leur admiration, si leur âme féroce eut été susceptible de la sentir. Vainement Barra cherche à s'ouvrir un passage à travers les flots de brigands qui l'entouraient, il est accablé par le nombre, ô douleur ! Il succombe, percé de coups assassins : il expire en bégayant encore le nom de République. Le voila donc étendu sur la poussière arrosée de son sang, ce jeune héros de la Révolution !"

Ou encore cette pièce : "La mort du jeune Barra ou une journée en Vendée", jouée pour la première fois le 4 mai 1794 :
"Barra, à ce qu'il m'a raconté, revenait vers cette commune avec le cheval de son colonel qui a péri dans la mêlée ; il rencontre encore des royalistes, qui d'abord lui demandèrent le cheval qu'il montait et celui qu'il conduisait. Barra leur répond à coups de sabre sur la tête : A toi, brigand, leur dit-il, le cheval de mon colonel et le mien ! Il les défait tous. Il revenait triomphant, lorsqu'un taillis, qu'il lui avait caché une embuscade, le met à la merci de quinze autres qui se saisissent des chevaux et le menacent. Il veut se défendre ; mais le nombre l'accablant, il se voit prêt à être massacré. Ces monstres lui proposent la vie, s'il veut être des leurs et crier Vive… ! Ce mot lui rend toutes ses forces, Vive la République ! s'écrie-t-il. Aussitôt il est assailli de coups et laissé pour mort. Ce ne fut qu'un quart d'heure après cette terrible scène, que nous le trouvâmes, et qu'il put encore nous détailler cet évènement. Mais le sang qu'il a perdu, malgré tous nos soins, l'a beaucoup affaibli ; il perd connaissance à chaque instant…"

Eh oui, ici, Barra ne mourrait pas sur le champ de bataille…

Au contraire, dans la lettre écrite par le conseil d'administration du 13e bataillon de la formation d'Orléans (capitaine Larrey, capitaine Lamartinière, capitaine Claveau, lieutenant Masson, quartier-maître Philippart) aux membres du Comité de salut public, le 23 mars 1794, le doute est de mise :

"Notre corps, toujours dispersé, n'a pu, citoyens, vous faire connaître plus tôt un de ces traits d'héroïsme et de bravoure qui caractérisent le Républicain français.
Le 13 frimaire dernier, notre bataillon, alors fort de 300 hommes, reçut de l'adjudant général Desmarres, commandant à Bressuire, l'ordre d'escorter quelques bataillons de Paris, partant de Cholet pour les Ponts-de-Cé et Angers, qui redoutaient le passage de Chemillé où les brigands avaient établi leurs repaires. Malgré toute la ridiculité de cet ordre, il fut exécuté et les bataillons passèrent. Le nôtre coucha à Chemillé la nuit du 12 ai 13 frimaire et reçut l'ordre de se mettre en marche le lendemain pour rejoindre la colonne de Desmarres à Jallais sans qu'il soit spécifié l'heure à laquelle nous devions partir ni celle où nous devions rejoindre la colonne. Chemin faisant, les brigands embusqués dans les genêts au nombre de 15 à 18 cents, nous mirent en déroute. Le citoyen Joseph Toulet, capitaine de la 6ème compagnie de notre corps, qui était le seul à cette malheureuse affaire avec 50 hommes d'un bataillon de la Drôme, après avoir essayé, mais en vain, d'opposer de la résistance aux hordes brigantesques qui nous assaillaient de toutes parts, se voyant pris, a préféré se brûler la cervelle d'un coup de pistolet plutôt que de se rendre. Nous devons observer que ce citoyen qui avait déjà servi dans les troupes républicaines avait été envoyé de l'armée du Nord dans celle de l'Ouest avec le détachement du 2ème bataillon de chasseurs francs incorporé dans notre corps, et qu'au mois de juillet dernier, sous les ordres de Westermann à Châtillon, il fut fait prisonnier par les brigands, et qu'il n'a été délivré qu'à la reprise de cette ville par les troupes républicaines. Sa femme et ses enfants résident à Amiens, département de la Somme, et ont besoin de secours.
Depuis longtemps, nous entendons parler du jeune Barra, à qui les honneurs du Panthéon ont été décernés. Ce jeune homme, dit-on, est mort en combattant auprès de son infâme et traître maître Desmarres. Nous vous prions au nom de la vérité de prendre des informations auprès de tous les corps qui composaient la colonne de ce traître à l'époque de l'affaire de Jallais arrivée le 14 frimaire. Nous avons quelques raisons pour soupçonner la vérité de ce fait qui a été rendu public que par cet imposteur et qui, en en imposant à la Convention, a cherché à faire rejaillir sur lui une prétendue bravoure pour mieux couvrir sa perfidie et sa trahison. Les récompenses nationales n'appartenant qu'à l'héroïsme et au dévouement vraiment républicain, c'est la servir que lui faire connaître la vérité.
Salut et fraternité."


Bara ne sauva pas la tête de Desmarres. Mandé dix jours après son échec de Jallais par Turreau afin de s’expliquer sur sa conduite, il partit pour Angers le 28 décembre. Il dut y attendre son supérieur (prise de Noirmoutier oblige) et ne le rencontra que le 11 janvier.
L’entrevue signa son arrêt de mort. Ce jour là, après l’avoir entendu, Turreau ordonna en effet son emprisonnement. Le 30 du même mois, la Commission militaire Félix (plus coutumière d'exécutions massives de Vendéens) le condamnait à mort. Desmarres était finalement guillotiné le lendemain, à Angers, place du Ralliement.


Pour Bara, la cérémonie de transfert au Panthéon avait été prévue à l’origine pour le 18 juin 1794.
Image[/quote]
Elle fut remise au 18 juillet (par le décret du 5 juin) puis au 28 juillet (par le décret du 11 juillet) avant d’être définitivement décommandée suite aux évènements du 9 thermidor.
Le 11 du même mois, David avait présenté à la Convention la cérémonie prévue :

« A trois heures après midi, une décharge générale d'artillerie partira de la pointe occidentale de l'île de Paris ; elle annonce la cérémonie.
Aussitôt le peuple se rassemble au Jardin National : sur l'amphithéâtre paraît la Convention, dans le costume de représentants du peuple ; chacun de ses membres tient à la main le symbole de sa mission : elle est précédée d'une musique guerrière ; les artistes musiciens chantent une strophe analogue à la fête.
Après ce chant, le président de la Convention monte à la tribune et prononce un discours où sont développés aux yeux du peuple les traits héroïques de Barra et d’Agricole Viala, leur piété filiale, en un mot tous les titres qui leur ont mérité les honneurs du Panthéon ; puis il remet l'urne de Viala entre les mains d'une députation d'enfants choisis dans chaque section, du même âge que nos jeunes républicains, savoir, depuis onze ans jusqu'à treize inclusivement.
Les restes mortels de Barra, enfermés dans une urne, seront déposés entre les mains des mères dont les enfants sont morts glorieusement pour la défense de notre liberté ; c'est à ces respectables citoyennes, également envoyées par les différentes sections, à porter ces restes précieux, gage immortel de la tendresse filiale dont cet héroïque enfant a donné des preuves si touchantes.
A cinq heures très précises, une seconde salve d'artillerie se fait entendre.
Les députations des mères et des enfants se mettent en marche sur deux colonnes ; le cortège est précédé d'un grand nombre de tambours dont les sons lugubres et majestueux expriment la marche et les sentiments d'un grand peuple rassemblé pour la cérémonie la plus auguste.
Chaque colonne aura en tête les images de Barra et de Viala, dont les actions seront représentées sur la toile.
A la colonne de droite seront les députations des enfants; à celle de gauche, les députations des mères.
Le milieu des deux colonnes sera occupé par les artistes des théâtres formant six groupes qui marcheront ainsi qu'il suit :
Le premier groupe sera composé de la musique instrumentale ;
Le second, des chanteurs ;
Le troisième, des danseurs ;
Le quatrième, des chanteuses ;
Le cinquième, des danseuses ;
Le sixième, des poètes, qui réciteront les vers qu'ils auront composés en l'honneur de nos jeunes héros.
Viennent ensuite les représentants du peuple, entourés de braves militaires blessés pour la défense de la patrie; le président de la Convention donne la main droite à l'un d'entre eux désigné par le sort, et la gauche à la mère de Barra et à ses filles.
Le peuple ferme la marche.
De distance en distance, les tambours feront entendre leurs roulements funèbres, et la musique ses sons déchirants.
Les chanteurs exprimeront nos regrets par des accents plaintifs, et les danseurs dans des pantomimes lugubres et militaires.
On s'arrête ; tout se tait; tout à coup le peuple élève la voix et par trois fois s'écrie : Ils sont morts pour la patrie ! Ils sont morts pour la patrie ! Ils sont morts pour la patrie !
Arrivées dans cet ordre devant le Panthéon, les deux colonnes se rangent chacune en demi-cercle, pour laisser libre le milieu de l'enceinte, et donner passage à la Convention, qui va se placer sur les degrés du temple. Toujours les jeunes enfants, les musiciens, les chanteurs, les danseurs et les poètes seront placés du côté de Viala; les mères, les musiciennes et les danseuses du côté de Barra.
Cependant les urnes sont déposées sur un autel élevé au milieu de la place : autour de cet autel, les jeunes danseuses forment des danses funèbres qui retracent la plus profonde tristesse ; elles répandent des cyprès sur les urnes. Au même instant, les musiciens et les chanteurs déplorent les ravages du fanatisme qui nous a privés de ces jeunes républicains.
Un nouveau silence succède aux cris de la douleur ; le président de la Convention s'avance, embrasse les urnes, et, les yeux élevés vers le ciel, proclame, en présence de l'Etre suprême et du peuple, les honneurs de l'immortalité pour Barra et Agricole Viala. Au nom de la patrie reconnaissante, il les place au Panthéon, dont les portes s'ouvrent au même instant.
Tout change ; la douleur disparaît, l'allégresse publique la remplace, et le peuple par trois fois fait entendre ce cri: Ils sont immortels ! ils sont immortels ! Ils sont immortels!
L'airain tonne, et les jeux commencent.
Les tambours font retentir les airs d'un roulement guerrier : les danseuses, d'un pas joyeux, répandent des fleurs sur les urnes, en font disparaître les cyprès ; les danseurs, par des attitudes martiales qu'accompagne la musique, célèbrent la gloire des deux héros; les poètes récitent des vers en leur honneur, et les jeunes soldats font des évolutions militaires.
Le président de la Convention nationale s'avance au milieu du peuple ; il prononce un discours après lequel les mères portent l'urne de Barra dans le Panthéon, et les jeunes enfants celle de Viala.
Le président ferme les portes du temple, et donne le signal du départ. On observe pour le retour le même ordre qu'en allant
Arrivée au Jardin National, la Convention reprend sa place sur l'amphithéâtre; le président fait un nouveau discours, dans lequel il retrace aux mères les leçons de vertu qu'elles doivent inspirer de bonne heure à leurs enfants, afin qu'ils se rendent dignes un jour des honneurs éclatants que la patrie vient de décerner à Barra et à Viala : il exhorte les jeunes soldats à venger bientôt leur mort, à se montrer toujours prêts, comme eux, à se dévouer glorieusement pour la défense de la patrie.
Le peuple termine cette mémorable et touchante cérémonie par les cris réitérés de Vive la république !
La commission de l'instruction publique est chargée de l'exécution de la fête. »

On peut se souvenir également des mots de Barère en marge de ceux de Robespierre :
« Je demande que l'assemblée décrète que la gravure qui représentera l'action héroïque et la pieté filiale de Joseph Barra, de Palaiseaux, sera faite aux frais de la République, et envoyée par la Convention nationale dans toutes les écoles primaires, pour y retracer sans cesse à la jeunesse française l'exemple le plus pur de l'amour de la patrie et de la tendresse filiale. »
Il faudra finalement attendre près d’un siècle pour qu’une œuvre dans l’esprit de celle voulue par Barère marque la postérité. Je pense ici bien évidemment à la toile de Jean-Joseph Weerts (La mort de Bara, 1883) :
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Weerts inspira bien d’autres artistes désireux d’honorer la fin tragique de l’enfant de Palaiseau. Il servit également de modèle pour une tout autre affaire:
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Comme dit plus haut, il ne s’agit pas de Bara, mais outre la référence à l’œuvre de Weerts, l’évènement ici évoqué n’est pas sans rappeler le combat de Jallais et ce que l’on en a fait par la suite.
Nous voyons ici Albert Mermet, commandant du 1er bataillon du 39e régiment mortellement blessé, pendant que derrière lui, un jeune porte-drapeau tombe sous les coups des Vendéens, lors de la prise du camp de Fréligné par Charette, le 15 septembre 1794.
A ma connaissance, cette prise de drapeau ne connut pas d’écho significatif à l’époque.

Quatre ans plus tard, cependant, Rousselin écrivait « Vie De Lazare Hoche, Général des Armées de la République française ». Dans cet ouvrage était retranscrit cet extrait de la lettre qu’Hoche écrivit aux représentants Ruelle et Bollet le 26 octobre 1794 :
« J’intéresserai sans doute votre humanité en vous disant , que l’un des officiers dont il est question, le citoyen Mermet , vient, ainsi que son fils , d’être tué dans une des dernières affaires. Ces deux braves militaire, l’un commandant le premier bataillon du trente-neuvième régiment, l’autre porte-drapeau, sont expirés sur le champ de bataille. Oh ! que ne doit-on pas à une femme veuve et mère infortunée de défenseurs de la patrie, surtout si elle n’a d’autre fortune que les dépouilles de deux êtres malheureux qui la secouraient dans sa vieillesse. »

En 1806, parut l’ouvrage de Beauchamp, « Histoire de la Guerre de la Vendée et des Chouans, depuis son origine jusqu’à la pacification de 1800 ».
L’auteur y aborda le combat de Fréligné et décrivit en ces termes la mort la mort du fils de Mermet :
« Le brave Mermet tombe à l'instant sans vie aux pieds de son fils âgé de quatorze ans qui combattait à ses côtés. Cet enfant se jette sur le corps de son père, l'embrasse et ne veut plus l'abandonner : des soldats le transportent ainsi dans le camp. A côté de Mermet tombe aussi le porte-drapeau du trente-neuvième, et ensuite le sergent-major qui s'était saisi du drapeau.
[…]
[Les Vendéens] après avoir pillé le camp y mirent le feu. Le jeune Mermet attaché au cadavre de son père, périt dans les flammes. Exemple touchant de piété filiale, qui fut admiré des deux partis ! »

Ici le jeune Mermet ne meurt plus en porte-drapeau comme dit dans la missive de Hoche, mais la mort adopte cependant un caractère antique. J’ignore d’où Beauchamps tenait une telle version…
La même année, c’est pourtant celle de Hoche qui fut de mise au Salon dans le dessin de Lafitte intitulé « « Mort d'Albert Mermet, lieutenant-colonel au régiment de l'Ile-de-France ». Logiquement, le fils ne fut pas oublié. La brochure « Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivants, exposés au Musée Napoléon, le 15 septembre 1806 » ajoutait ces précisions :
« Son fils porte-drapeau dans le même régiment, l'ayant vu tomber, accourt pour le secourir et le venger. Il reçoit le coup mortel sur le corps de son valeureux Père. »

D’où l’article tenait-il de pareils détails ? Là encore, je l’ignore, mais toujours est-il que ce passage fut repris intégralement l’année suivante dans les « Fastes de la Nation Française », de Ternisien d’Haudricourt :
« A l’affaire de Fréligny, le 29 fructidor an 9, à l’armée de l’Ouest, [Albert Mermet] commandait le premier bataillon de son régiment : la division dont il faisait partie est attaquée à l'improviste dans son camp; l'ennemi plus nombreux le force de toutes parts et forme déjà dans une position avantageuse , une masse imposante vers le front du bataillon de Mermet: ce brave officier voit le danger qui menace la division , si on laisse à ce corps le temps de prendre plus de consistance; ne consultant alors que son audace, il se jette au milieu avec son bataillon , en fait un terrible carnage et le force de se retirer dans le plus grand désordre. Il était au moment de jouir d'une victoire complète et bien méritée, lorsqu'il reçut la mort, victime de son dévouement pour ses frères d'armes et pour sa patrie; il expira en face de l'ennemi, après avoir marché pendant trente-six ans sous les drapeaux du régiment de l'île de France.
Jean-Baptiste Mermet, âgé de seize ans, son fils et son porte-drapeau, l'ayant vu tomber, accourt pour le secourir et le venger, il reçoit le coup mortel sur le corps de son malheureux père.
Albert Mermet a légué son courage, ses vertus et son dévouement pour son pays à deux autres fils qui lui .survivent, et qui comptent parmi les braves de l'armée; l'un est général de division, et l'autre chef d'escadron au neuvième régiment d'hussards. »
L’œuvre de Lafitte accompagnait le texte :
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Difficile d’y voir clair dans ces versions successives. L’affaire n’allait pas s’arranger…
Ainsi, la mort du jeune Mermet allait prendre un autre tour sous la Restauration quand Jomini publia son « Histoire critique et militaire des Guerres de la Révolution » :
« Cependant, quelques papiers trouvés à la Roulière ayant découvert à Charette que le projet de Canclaux était de l'affamer, en avançant peu à peu ses camps dans l'intérieur de la Vendée, il rassembla de nouveau son armée le 13, décidé à attaquer le camp de Fréligné, dont il était le plus incommodé. Le 15 septembre, les royalistes l'assaillent sur trois de ses fronts; mais ils trouvent cette fois, des gens prêts à les recevoir. Les chefs de brigade, Prat et Mermet, se défendent avec autant de valeur que d'intelligence: couverts par un large fossé et un parapet fraisé, ils résistent pendant cinq heures à tous les assauts, et jonchent le fossé de royalistes. Toutefois ces deux officiers ayant été tués au fort de l'action, le reste de leur petite troupe perdit son énergie, et se laissa égorger. Le fils de Mermet, âgé à peine de 14 ans, attaché au corps de son père expirant, y fut haché en pièces, et mourut en criant vive la république ! exemple déplorable de l'exaltation des partis, dans ces horribles guerres ! »

On sent du Beauchamps là-dessous (d’ailleurs repris entre temps, en 1809, dans le « Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables et des combats maritimes les plus fameux », puis, en 1817, dans « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français ») : l’absence de référence au drapeau et le fils trouvant la mort attaché au corps de son père ; mais, outre qu’il ne meure plus brûlé vif, il tombe sous les coups de l’ennemi à la manière d’un Bara.


La version de Beauchamps, sans référence à la lettre de Hoche, fut cependant largement préféré et fort souvent reprise par la suite dans l’historiographie, blanche ou bleue, vendéenne.

Celle de Jomini ne fut pourtant pas oubliée, et, se rappelant du drapeau disparu de l’« Histoire critique et militaire des Guerres de la Révolution » , « La Revue occidentale philosophique, sociale et politique », dans son vingtième volume, en 1888, offrait ces lignes :
« L'armée de l'Ouest regretta sincèrement [Bara], et l'année suivante — comme pour montrer que la race des héros imberbes n'avait point péri avec lui — elle lui procura un imitateur. Ce fut Jean-Baptiste Mermet. Depuis la mort de Bara, la République avait reconquis bien du terrain, et Canclaux, le général qui, en juin 1793, avait tant contribué à sauver Nantes des bandes royalistes, forma le projet de détruire l'insurrection en l'affamant. Pour y parvenir, à mesure qu'il s'enfonçait dans le pays, il créait des camps destinés à dominer tous les environs. Fortement gêné par celui de Freligné, Charette résolut de l'attaquer. Il disposa ses troupes en trois colonnes, les dissimula derrière les haies, puis tout à coup, le 15 septembre 1794, les lança sur le camp. Les républicains avaient à leur tête les chefs de brigade Mermet et Prat. Le premier s'était signalé par son énergie et son patriotisme lors de la trahison de l'amiral Trogoff, à Toulon. Averti au dernier moment de la surprise qui se préparait, il organisa rapidement la défense, et accueillit les assaillants par une fusillade bien nourrie. Malgré leur faiblesse numérique, les patriotes repoussèrent durant cinq heures les efforts des royalistes. Prat fut tué. Mermet continua à encourager ses soldats à la résistance; il avait près de lui son fils, âgé de 16 ans, qui tenait haut et ferme le drapeau de la brigade. Mais il finit par tomber, frappé à mort. Les Vendéens profitent du désarroi qui suit cette catastrophe, forcent les lignes des républicains, qui, cernés de toute part, ne songent plus qu'à vendre chèrement leur vie. Resté debout, Jean-Baptiste Mermet serre d'une main contre son cœur le drapeau tricolore, et se défend de l'autre contre une horde d'ennemis acharnés. Percé de coups, il finit par tomber sur la cadavre de son père, et son dernier cri est : « Vive la République ! »


Encore plus beau que le Bara de Robespierre…
Et comme le beau peut susciter l’admiration et l’émulation, « La Révolution française : revue d'histoire moderne et contemporaine » (volume 6, 1884), à la suite d’une rapide évocation de « l’immortel sacrifice » du jeune Mermet, terminait par ces mots :
« Ce sont la des récits simplement écrits, dans lesquels on sent cependant battre le cœur de la patrie et revivre notre glorieuse histoire de la Révolution. Ce sera pour nos enfants une fructueuse initiation aux nobles devoirs de la vie, et quand ils entendront ce cri trop inconsciemment proféré : Vive la République, ils en comprendront désormais la patriotique signification, en se souvenant qu'il a reçu la plus glorieuse consécration par les trépas héroïques de ces jeunes patriotes qui, pour devenir immortels, n'avaient nul besoin d'attendre leur majorité ! »



L’artiste s’étant inspiré du Bara Weerts pour son Mermet, travailla finalement sur un sujet qui n’est pas sans ressemblance avec la mort (et ses suites) de l’enfant de Palaiseau…





Autre œuvre consacrée à Bara, sa statue à Palaiseau. Voici pour terminer une petite évocation de la cérémonie inaugurale (en grande partie réalisée à partir des journaux suivants : Le Petit parisien, Gil blas, L'Intransigeant, La Justice, La Lanterne, La Presse, Le Constitutionnel, Le Gaulois, Le Petit Journal, Le Rappel, Le Siècle, Le Temps).


Les festivités eurent lieu le dimanche 11 septembre 1881 et connurent un vrai succès populaire (largement relayé par la presse), et ce, malgré le temps pluvieux qui gâcha quelque peu la fête.
Dès dix heures, plus de soixante sociétés chorales et autres musiques d’harmonie et fanfares, participant au concours musical organisé par la municipalité défilèrent dans la petite cité dont les rues avaient été pavoisées pour l’occasion. Ainsi, dans les principales voies, trophées, arcs de triomphes, oriflammes, rubans, drapeaux, guirlandes de fleurs et de feuillages, bustes de la république, verres aux couleurs nationales ornés du nom de Bara, écussons aux initiales R.F. ou J.B. s’offraient au regard.
Le défilé stoppa au n°117 de la rue de Paris, sous un arc de triomphe orné de drapeaux et d’écusson aux armes de la République et dont le fronton était frappé de l’inscription « La famille Bara ». Ladite maison était en effet habitée par M. Ollivier, vieillard de 70 ans, qui avait épousé Charlotte Bara, l’une des trois sœurs de Joseph. Entouré de près d’une trentaine de membres de sa famille, il fut chaleureusement ovationné.
A 14 h 00, une nombreuse foule venue avec le train de Paris arriva à Palaiseau ; suivie une demi-heure plus tard par un cortège de voitures amenant le général de brigade Thibaudin, représentant du ministre de la Guerre, le général Farre ; ainsi que d’autres personnalités de marque telles que Cottu, préfet de Seine-et-Oise, Rameau, député, Gilbert-Boucher, sénateur.
Au son de la Marseillaise jouée par la fanfare municipale, ces derniers furent accueillis par Bouclier, maire de la commune et président du comité responsable de l’érection de la statue du jeune héros.
Tous se dirigèrent alors vers la place de la mairie où s’assemblèrent près de deux mille personnes. Sur l’estrade adossé à la mairie, outre les invités de marque déjà cités, on pouvait apercevoir Benjamin Raspail, député de la Seine, Liouville, député de la Meuse, les membres du Comité, ceux du Conseil municipal de Palaiseau, Cadet et Mesureur, conseillers municipaux de Paris, les officiers du 90e de ligne, Ollivier, les chefs de délégations maçonniques, Bidal, orateur délégué des loges, ainsi que Mme Jarrethout, ancienne cantinière des Francs-tireurs de Châteaudun qui s’était couverte de gloire lors de la Guerre de 1870-1871.
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Débuta alors sur la place le défilé d’un long cortège mené par la compagnie des sapeurs pompiers de Palaiseau. Suivaient la fanfare municipale jouant la Marseillaise, les anciens défenseurs de la patrie, les délégués des loges maçonniques (parmi lesquelles la Rose écossaise, l’Hirondelle, les Hospitaliers de Palestine), la fanfare de la Lyre de Montmartre, les Flobertistes du 20e arrondissement, les enfants du bataillon scolaire du Pecq, les sociétés chorales et instrumentales.
Parmi les nombreux groupes présents sur la place, se tenaient également des délégations des départements et des villes d’Amiens et de Chartres (dont la bannière honorait un glorieux Chartrain : Marceau, qui lui aussi batailla en Vendée), une compagnie du 90e de ligne, des députations des écoles de Paris et de Chartres.

A 16 h 00, aux cris de Vive la République, on leva enfin le voile tricolore couvrant le monument représentant le jeune Bara, en uniforme de hussard, sabre au poing, sur le point de tomber.
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Erigée grâce à une souscription publique (son coût s’éleva à 5 000 francs), l’œuvre de Lefeuvre avait été préalablement présentée (sous forme d’un modèle en plâtre) au Salon de 1881. Haute de 1 m 60, en bronze (fourni par le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts), elle reposait sur un piédestal en pierre d’Euville mesurant 2 m 70, édifié par l’architecte Leblanc. L’ensemble était entouré d’une grille en fer forgé, fabriquée par Chatelain, serrurier à Palaiseau.
En ce 11 septembre 1881, le piédestal n’était pas encore gravé. Ce n’est que par la suite que les inscriptions suivantes furent apposées :
(face antérieure) :

A
JOSEPH BARA
NE A PALAISEAU
LE 31 JUILLET 1779
MORT EN VENDEE
LE 17 FRIMAIRE AN II


(face postérieure : )
SOUSCRIPTION NATIONALE

P. BOUCLIER, MAIRE
PRESIDENT DU COMITE
11 SEPTEMBRE 1881


Ensuite, des vieillards, au nom des loges maçonniques, vinrent déposer une couronne en chêne doré au pied de l’estrade. Après quoi, la gerbe fut portée par des enfants de Palaiseau face à la statue
Une couronne d’immortelles fut également déposée par un enfant âgé de 8 ans, membre de la famille Ollivier.

Puis, M. Davrigny, du Théâtre français, récita une poésie de Fabre des Essarts. En voici quelques passages :
« Treize ans ! A peine l’âge où Sophocle naissant
Chantait sur le luth d’or l’hymne de Salamine ;
Doux être ayant encor ce sourire innocent
Qui fait que l’humble vierge, au seuil de sa chaumine,
Ne rougit point en l’embrassant.
Treize ans ! Et, sans passer par les horizons mièvres
Où se berce l’essor des banales amours,
Sentir soudain en soi frémir les grandes fièvres,
S’en aller, oublieux de l’aube des beaux jours,
La République au cœur, la Marseillaise aux lèvres.
Treize ans ! Et s’élancer au devant du trépas,
Brave, tragique et fier, comme un guerrier d’Homère,
Vers la patrie en pleurs qu’on égorge là-bas !
Et courir, des baisers attendris d’une mère,
Aux baisers sanglants des combats ! »
Certes que nous mourrions quand le bonheur nous leurre,
Quand notre rêve entier en un jour s’écroula,
C’est bien. Mais pour partir que l’on choisisse l’heure
Où tout brille et sourit, c’est sublime cela !
Et c’est pourquoi je chante et c’est pourquoi je pleure !
[…]
Comme sa taille était moins grande que son âme,
L’épaisseur des rameaux le cachait tout entier ;
Il marchait, le regard inondé de flamme,
Parmi les crânes chauds et les fleurs du sentier,
Beau comme un demi-dieu, charmant comme une femme,
Quand soudain d’un halliers, un gros de massacreurs
S’élance, fond sur lui, le menace, le presse,
Fauve, du sang sur les doigts, proférant des horreurs ;
Plusieurs pourtant devant cette jeunesse
Sentaient s’émousser leurs fureurs.
Un vestige dernier de pudeur instinctive
Fit trembler en leurs mains le fer déjà levé ;
Ces loups eurent pitié de cet agneau. « Dis : Vive
Le Roi ! « crie l’un d’eux « et tu seras sauvé !»
L’enfant eut sur sa joue une larme furtive :
Son petit cœur, hélas ! était bien gros ;
Il songeait à sa mère, à son lointain village,
Mais eux : « Crie où l’on frappe ! –Eh bien, frappez bourreaux,
Vive la République ! » et la horde sauvage
Fit un martyr de ce héros ! »


Les sociétés orphéoniques chantèrent alors un chœur de M. Avy : « Joseph Bara »

Suite à quoi, M. Brémond, de l’Odéon, récita le poème de Léon Duvauchel : « Le petit Soldat »

« I Page d'Histoire.

Quatre-vingt-treize. L'Ouest est en feu. C'est l'automne.
Le tocsin qui gémit et le canon qui tonne
Emplissent l'air vibrant de leurs sinistres bruits.
Depuis dix mois, combien de jours, combien de nuits,
— De jours fleuris, de nuits sereines, constellées,
Avec de gras troupeaux dans toutes les vallées,
Des moissons d'or, des fruits cueillis à pleines mains, —
Ont vu de corps joncher les marges des chemins !...
Hier c'était la Vendée, humble et calme naguère,
Qui donnait le signal de la terrible guerre :
La chaumière, la hutte entraînaient le château ;
Et l'Insurrection, promenant son râteau,
Chaque jour inscrivant d'autres noms sur ses listes,
Amenait du renfort aux bandes royalistes.
L'avalanche fondait et devenait torrent.
C'était Saumur après Beaupréau, Saint-Florent,
Machecoul et Torfou, le Marais, le Bocage,
Puis Cholet, que l'on prend et reprend, qu'on saccage.
Déroute ici, succès là-bas. Les gens du roi
Tantôt dans un combat sont en plein désarroi,
Désespérés, cherchant les bois, rentrant dans l'ombre ;
Tantôt ce sont les Bleus accablés par le nombre,
Cependant que, sous l'oeil d'habiles généraux
De vingt ans, dans leurs rangs surgissent des héros
Attisant la superbe ardeur qui les dévore
Au souffle dont frémit le drapeau tricolore.

A la longue, par tant de résistance aigris,
Les comités siégeant à Nantes, à Paris,
Décrètent d'en finir avec cette révolte.
Quand on sème la mort, c'est la mort qu'on récolte :
Qu'on brûle les hameaux, les arbres des vergers;
Qu'on transforme en déserts les districts insurgés ;
Que l'on fasse flamber le taillis et la haie !
Et, comme le gravier que l'ouragan balaie,
Qu'on pousse les brigands vendéens à la mer,
Devant les légions de Hoche et de Kléber !...

Ainsi, quand l'ennemi du dehors aux frontières
De l'Est fait accourir des provinces entières.
Que la Convention, au moment solennel,
Réclame le secours de son bras fraternel
A tout homme qu'émeut ce cri : Vive la France !
Des Français, retardant l'heure de délivrance,
Armés contre une loi qu'ils ne connaissent plus,
Fuient, craignant la levée en masse, noir reflux,
Et, la voulant toujours plus faible, plus meurtrie,
Ouvrent cette autre plaie au flanc de la Patrie !

La Patrie !... une chaste image au front voilé,
Dont trois races de rois ne leur ont pas parlé ;
Lien étroit, famille idéale, immortelle;
Mère tenant ses fils aînés sous sa tutelle;
Communauté sublime, associant toujours
Les mêmes intérêts et les mêmes amours,
Et traçant un devoir que leur jeunesse ignore !
Mot inconnu pour eux et vaguement sonore,
Qui leur paraît venir d'un langage tout neuf
Et qu'au monde naissant apprit Quatre-vingt-neuf !...

Paris est menacé ; l'antique territoire
Subit l'invasion endeuillant notre histoire !...
Qu'importe au fanatique abruti dans son coin?
Cette France est si grande et Paris est si loin !
Leur Patrie, elle aura sa limite précise
Au cercle que décrit l'ombre de leur église !

Qui donc leur montrera quel noble sentiment
Inspire cette idole adorée ardemment ?
Qui leur dira, s'offrant lui-même pour exemple,
Quel rayon éblouit l'âme qui la contemple
Et quelle force acquiert le bras qui la défend?...
— Un doux républicain, un soldat, un enfant ! ! !



II
La Mort de Bara

Dans les champs de Jallais, que baigne la rivière,
Après une escarmouche atroce, meurtrière,
Les tentes en bon ordre et les fusils chargés,
Les Bleus campent non loin de la route d'Angers.
Frimaire arrive avec ses soudaines gelées;
Le vent siffle au travers des broussailles grillées;
Dans les prés des blancheurs montent de toute part :
Est-ce de la fumée, ou n'est-ce qu'un brouillard?
Derrière la masure en torchis qu'on crénelle,
Près du moulin, il faut qu'on fasse sentinelle;
Et les soldats du droit humain, jamais lassés,
Grelottent dans la boue épaisse des fossés.

A mille pas débouche une sombre cavée,
Un chemin creux cachant quelque triste couvée
De ces oiseaux de nuit d'instinct bas et cruel :
Les Chouans, les défenseurs du trône et de l'autel.
Raviné par les eaux des collines voisines,
Il descend, cahoteux, écorché de racines.

Un cavalier, pourtant, y passe vers le soir.
C'est un hussard, c'est un enfant splendide à voir
Ainsi. Sous le costume élégant qui l'habille
Si bien, il est si beau qu'on dirait une fille.
Ah! quel succès feront plus tard à son printemps
Ce corps svelte, ces yeux bleus, ces cheveux flottants,
Quand ses doigts se joueront dans sa fine moustache !
Près de ses éperons pendent la sabretache
Et le fourreau brillant du glaive de combat
Déjà presque léger à son bras délicat.
Il conduit un second cheval privé de maître,
Celui d'un officier mort près de lui peut-être.
Il en règle l'allure à l'allure du sien...

C'est Bara, le blanc-bec vaillant comme un ancien.

Vers la chute du jour viennent les pensées graves,
Les souvenirs qui font s'oublier les plus braves.
Un étrange silence endort les environs :
Rien, pas même l'éclat indistinct des clairons
Appelant au quartier l'attardé qui chemine.

Bara sourit. Sa face exquise s'illumine.
Il songe. — Que de faits, souvent, dans un regard
Jeté sur le passé, de choses qu'un hasard
Peut évoquer, ainsi qu'une fleur dans un livre ! —
Tout là-bas, dans lé rêve attendri qu'il peut suivre,
Il revoit son pays paternel, Palaiseau ;
L'Yvette au nom charmant, frais comme un chant d'oiseau ;
La longue rue et puis la chère maisonnée
— Mère, frères et soeurs — si tôt abandonnée ;
Le seuil du vieux logis où jadis il jouait
En s'endormant au lent ronflement du rouet,
Inconscient encor de nos fureurs guerrières.
Il gravit les sentiers du Buisson de Verrières.
Des hauteurs, se déploient, vaste panorama,
Les vignes, les enclos qu'il connut, qu'il aima.
Et c'est Orsay, Champlan, le vallon de Chevreuse
Où les humbles se font une existence heureuse;
Les fonds d'Igny, dorés par les derniers soleils,
Où, dans le temps, avec des bambins, ses pareils,
Il bataillait, muni comme eux de projectiles
Inoffensifs, trouvés dans ces plaines fertiles,
Sous les pommiers, ou dans les fermes d'alentour.

Il combat maintenant le vrai combat ! L'amour
De la France l'amène en de lointains villages.
L'heure n'est plus à ces joyeux enfantillages.
La nation, hélas! en proie aux étrangers,
Pouvait-il sans frémir songer à ses dangers?
Son exil même aux siens peut être nécessaire :
Ils supporteront mieux leur fardeau de misère !...
Il est parti, n'ayant rien vu, rien écouté,
Ni les pleurs, ni l'adieu tant de fois répété.
« Mais pour servir, il faut au moins seize ans, en somme !
— Qu'importe ! si je fais mon devoir comme un homme !
Son escadron l'a vu s'élancer des premiers,
Et capturer, à lui tout seul, deux prisonniers,
Sabrant, chargeant au fort de la mêlée horrible,
Sous le plomb, sous le fer dont l'ennemi vous crible,
Porté par la monture au courage endurci
Qui partagea sa peine et son succès aussi.

Son alezan hennit sous la main qui le flatte.

Tout à coup, d'un talus, un hurlement éclate.
Des Chouans en bondissant barrent l'étroit ravin.
Vendéens ou Bretons, ils sont dix, ils sont vingt.
Hagards, tels que des gens ivres sortant des bouges,
Ils l'entourent. Ils ont au cou des mouchoirs rouges,
Aux mains de vieux mousquets et de grossiers sabots
Aux pieds; leurs vêtements sales sont en lambeaux,
Dans les ormes sur eux arrondis en arcade,
Ils guettaient là, depuis longtemps en embuscade,
Se rappelant l'ancien métier de braconniers,
De pilleurs, qu'ils faisaient encor, ces mois derniers,
Dans les champs, aux confins de la terre normande.

Alors l'un d'eux, celui, sans doute, qui commande
La horde : « Livre-nous ces chevaux !... » Mais Bara,
Inébranlable : « Non ! — C'est bon. On les prendra ! »
Puis, s'étant consultés en des patois bizarres :
« Tu dois être de ceux du commandant Desmarres?
— Oui. — Dis-nous donc, tu vas être libre à ce prix,
Quel est son plan, enfin, quels ordres il a pris :
Où vous dirigez-vous, vers la Loire ou Bressuire?
— Le bivouac est tout proche : il peut nous y conduire.
— Jamais !... Vous me prenez pour un traître, il paraît?
— Par sainte Anne ! on saura te rendre moins discret.
— N'approchez pas! » reprend le hardi volontaire...
On l'a désarçonné. Son colback tombe à terre
Pendant que sur la selle on prend ses pistolets.
« A mort ! — C'est un gamin; ses mains, regardez-les,
Sont blanches, » fait quelqu'un moins lâche que les autres.
« Ce n'est pas un gamin pour tirer sur les nôtres;
Je l'ai surpris, tantôt; j'étais dans le beffroi :
Un tigre ! — Alors, il va crier : Vive le roi !
— Jamais! jamais ! » L'enfant, qu'un dur poignet secoue,
Sent qu'une haleine impure effleure encor sa joue.
Un joyeux ci-devant est parmi ces coquins :
« Quelle précocité chez les républicains !
C'est donc à la mamelle, à présent, qu'on s'enrôle
Chez eux? ricane-t-il. Obéis, jeune drôle!...
Si tu veux vivre, il faut chanter : Vive le roi ! »

Bara sait que la mort l'attend, et sans effroi,
Près des chevaux cabrés, sans chercher sa réplique,
Il jette ce défi : « Vive la République ! »

C'en est fait ! Les trois mots sur sa bouche ont vibré
Ainsi que le refrain d'un cantique sacré,
Excitant les bandits en leur lugubre office.
Ils donnent le signal de l'odieux supplice :
La fusillade éclate à bout portant sur lui.

Il chancelle. Son pied blessé cherche un appui.
Son bras laisse échapper son épée. Il regarde,
Comme un amant contemple un portrait, sa cocarde,
Symbole du pays qu'il croit déjà vainqueur,
Minuscule drapeau qu'il portait sur son coeur,
Et répète, baisant cette sainte relique,
Dans un souffle expirant : « Vive la République ! »



III
Apothéose

Et voici ce que vit alors le grand ciel gris
Et ce que les halliers, par la nuit assombris,
Entendirent :
Au fond de la campagne obscure,
Une fée, un fantôme à l'aimable figure,
Tel que l'adolescent, en songe, en voit parfois,
Une femme parlant d'une divine voix,
Avec l'accent des soeurs, des pudiques maîtresses,
Rendait à ce mourant tendresses pour tendresses,
Et, seul objet du noble amour de ce martyr,
Recueillait son baiser et son dernier soupir.

O France ! c'était toi que son acte superbe
Faisait en cet instant agenouiller dans l'herbe,
Toi qui scellais sa lèvre et qui fermais son oeil,
Et, par un geste empreint d'un souriant orgueil,
Qui l'emportais, le front auréolé de flammes,
Vers l'invisible temple où sont les fortes âmes !

« Petit soldat, petit héros de quatorze ans,
Disait la voix, sublime enfant de paysans,
Victime du devoir et d'une idée auguste,
Viens t'asseoir, glorieux, parmi la foule juste
De ces êtres élus, sans reproche et sans peur,
Qui pour moi sont déjà tombés au champ d'honneur !
Le peuple redira ton nom dans ses légendes.
La Liberté, planant, les ailes toutes grandes,
Va prendre son essor plus large, plus puissant,
Baptisée aujourd'hui dans ton généreux sang!
Ton cri, c'est le mot d'ordre infini qu'on discerne
Dans les élans tentés par le monde moderne !
Tu la consacreras inoubliablement,
Cette cocarde étreinte au suprême moment :
Elle peut désormais parer les jeunes têtes
Des vierges accourant pour embellir nos fêtes ! »

Oui, tu vivras, enfant au courage viril,
Gardant aux yeux de tous les roses de l'avril !
Ceux dont l'âge veut dire avenir, espérance,
Un jour, beaux écoliers du beau pays de France,
Contemplant ton image aux murs de leurs foyers,
Ou déjà s'exerçant au métier des guerriers,
En toi verront un chef radieux et fidèle;
Et leur esprit naïf te prendra pour modèle;
Et les vertus qui font l'homme et le citoyen
Elèveront leur coeur à la hauteur du tien ! »


Le général Thibaudin prit ensuite la parole.
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Voici quelques extraits de son discours : « Il faut que nous tirions une leçon de cette émouvant légende.
La France a reconquis avec son rang le respect du monde. Elle peut avoir confiance dans sa nouvelle armée ; mais il ne faut pas perdre de vue les enseignements de l’histoire et s’inspirer des exemples comme celui que Joseph Bara nous a légué.
Les armées de la République sont nombreuses et fortes ; mais la reconstitution de notre matériel ne serait qu’un trompe-l’œil si l’achèvement morale de la nation n’avait lieu maintenant.
La 'transformation s'opère, grâce au gouvernement qui est issu des entrailles du pays. C'est par l'instruction qu'il faut continuer l'œuvre commencée, afin de former des cœurs capables de s'élever plus tard aux devoirs qui incombent aux citoyens.
Glorifions les instituteurs qui ont pour mission de continuer l'instruction de la famille et de développer dans l'âme de nos enfants les vertus qui font les Bara, les Bara que nous devons proposer pour modèles à la postérité.
Ce que la Convention n’a pas fait, aujourd’hui la commune de Palaiseau le réalise, grâce aux efforts de sa municipalité et au concours des autorités du département.
Joseph Bara a légué à la jeunesse française un grand exemple par son double amour de la patrie et sa famille.
Rendons tous hommage à sa mémoire et répétons le mot qu’il dit en mourant pour la France : Vive la République ! »

D’autres discours furent ensuite prononcés, notamment par Rameau, Bouclier, Raspail, Cadet.
Cottu, au nom du ministre de l’Instruction publique décerna les palmes académiques à Bouclier et Leblanc, et on distribua les récompenses du concours musical aux sociétés chorales.

La cérémonie s’acheva par un ultime défilé où fut une nouvelle fois jouée la Marseillaise. Il était près de 18 h 00.
Les festivités se poursuivirent dans la soirée (la pluie gêna cependant les illuminations et les feux d’artifice), et deux banquets furent donnés à l’Ile d’Amour et à l’Ecu de France.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: La mort de Bara

Message par Le Barde » 31 juil. 2018, 12:15

JOSEPH BARA.
Citoyen avant l'age,et soldat à treize ans,
secourant de sa paye une mère chérie,
précoce héros,mourut pour la Patrie.
Hélas la statue sur la place de Palaiseau est amputée du sabre.Me rendant assez souvent à Palaiseau, j'ai il y a une quinzaine de jours discuté avec un élu pour savoir si le sabre serait refait et remis à sa bonne place.Réponse, en gros:"Vous savez Mr,des casseurs il y en a partout.On ne peut pour l'instant prendre ce risque".Dommage.
Vive LUI.

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Re: La mort de Bara

Message par Cyril Drouet » 01 août 2018, 23:45

Avec sabre :
StatutBaraPalaiseau.JPG
Sans :
p1090403.jpg
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: La mort de Bara

Message par Le Barde » 02 août 2018, 10:35

La 1ére fois ou je me suis rendu à Palaiseau il y a 3 ans,le sabre n'y était plus.Depuis quand ???
Vive LUI.

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Re: La mort de Bara

Message par Demi-solde » 02 août 2018, 10:54

Le Barde a écrit :
02 août 2018, 10:35
La 1ére fois ou je me suis rendu à Palaiseau il y a 3 ans,le sabre n'y était plus. Depuis quand ???
Si le sabre dans la main droite a effectivement disparu, on peut également noter un éphémère drapeau rapporté dans la main gauche :

Image

Cordialement

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Re: La mort de Bara

Message par Cyril Drouet » 17 août 2018, 10:28

A noter que le Bara de Weerts n'est pas sans rappeler le chouan de Bloch (ici inversé) peint deux ans plus tard :
Sans titre 3.jpg
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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