La Goguette des Enfants de la Gloire de 1818

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C-J de Beauvau
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La Goguette des Enfants de la Gloire de 1818

Message par C-J de Beauvau »

Ancêtre du "karaoké" version politique
Elle serait composée d'ouvriers et artisans parisiens anciens militaires de la Grande Armée de l'empereur Napoléon 1er!
bien que très ancienne, elle aurait été remise au gout du jour en 1818 avec la nouvelle du départ des troupes d'occupation de France, avec des chansons et des ripailles! En novembre se termine l’évacuation des troupes alliées qui occupaient la France après la défaite de Napoléon Ier. Cet événement marque le retour de la paix et la fin d’une période de conflits qui avait duré de manière pratiquement ininterrompue depuis de longues années. La même année 1818 naissent plusieurs centaines de goguettes.
Le Préfet de police de Paris Jules Anglès prend ombrage de cette effervescence goguettière et, en mars 1820, adresse à leur sujet des instructions secrètes aux commissaires parisiens.
Les goguettes fonctionnent toujours vingt ans après, regroupant de très nombreux affiliés hommes ou femmes désignés par le nom de goguettiers. Ce sont pour la plupart des ouvriers ou journaliers. Il y a presque autant de femmes que d’hommes dans une goguette. une chanson :
un tabouret de paille,qui s'était sur trois pieds sauvé de la bataille . Salut ! monument gigantesque.De la valeur et des beaux-arts,
D'une teinte chevaleresque.Toi seul colores nos remparts.De quelle gloire t’environne le tableau de tant de hauts faits :
Ah ! qu'on est fier d'être Français .Quand on regarde la colonne.Sur son rocher de Sainte-Hélène....Il reviendra le petit caporal.
Vive à jamais la redingote grise.
Honneur, honneur à not' grand empereur !


Carte d'occupation france 1815

Dans une note historique Vidocq précise à propos des goguettes :
En 1815 et 1816 il y eut dans Paris un grand nombre de réunions chantantes, connues sous le nom de goguettes. Ces espèces de souricières politiques se formèrent d’abord sous les auspices de la police, qui les peupla de ses agents. C’était là qu’en trinquant avec les ouvriers, ces derniers les travaillaient afin de les envelopper dans de fausses conspirations. J’ai vu plusieurs de ces rassemblements prétendus patriotiques ; les individus qui s’y montraient le plus exaltés étaient toujours des mouchards, et il était aisé de les reconnaitre ; ils ne respectaient rien dans leurs chansons ; la haine et les outrages les plus grossiers y étaient prodigués à la famille royale...... et ces chansons, payées sur les fonds secrets de la rue de Jérusalem, étaient l’œuvre des mêmes auteurs que les hymnes de la Saint-Louis et de la Saint-Charles. Depuis feu M. le chevalier de Piis, feu Esménard, on sait que les Bardes du quai du Nord ont le privilège des inspirations contradictoires. La police a ses lauréats ; ses ménestrels et ses troubadours ; elle est, comme on le voit, une institution très gaie ; malheureusement elle n’est pas toujours en train de chanter ou de faire chanter. Trois têtes tombèrent, celles de Carbonneau, Pleignier, Tolleron, et les goguettes furent fermées : on n’en avait plus besoin.... le sang avait coulé.

Louis-Auguste Berthaud écrit en 1841 :

C’est dans le courant de l’année 1817 que l’on vit apparaître les premiers goguettiers. Quelques mois auparavant, l’invasion étrangère avait dispersé les membres du Caveau ; les échos du Rocher de Cancale étaient devenus sourds, et le peuple de Paris portait encore douloureusement le deuil de son empereur. Un despotisme prudent, parce qu’il avait peur, cherchait à comprimer, mais à bas bruit, la manifestation des regrets populaires ; il annonçait la liberté, mais il défendait de chanter la liberté. Cependant la chanson n’avait point abdiqué à Fontainebleau, et son empereur n’avait pas, comme l’autre, confié son destin à l’exécrable loyauté politique de l’Angleterre. Béranger était resté dans Paris. À toutes les fautes du gouvernement restauré, le poëte répondait par une satire énergique et railleuse ; et puis, de main en main et de bouche en bouche, on voyait alors et l’on entendait passer la satire triomphante. Comme au temps des Mazarinades, le peuple se consolait et se vengeait en chantant. Durant les premiers jours, ce fut dans l’ombre et à l’écart, le plus loin possible de messieurs de la police, que l’on chanta ; mais, peu à peu, le besoin de se réunir se fit sentir plus vivement ; on essaya quelques petits festins à la barrière, puis à Paris, un peu çà, un peu là. Les souvenirs de la société du Caveau tourmentaient d’ailleurs les chansonniers du peuple, les épicuriens en vestes et en blouses ; et les goguettes furent organisées.
Dès l’année 1818, le nombre de ces réunions chantantes était incalculable......

:salut:
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