Humour de Napoléon ?

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

gdeana

Re: Napoléon et l'humour?

Message par gdeana »

A l'île d'Elbe à propos des récriminations du vicaire général Arrighi, l'Empereur lui répondit :
" Dominus vobiscum n'est jamais mort de faim ".

Egalement à l'ïle d'Elbe, lors de sa première réception chez Pons de l'Hérault, remarquant le jardin principalement et malencontreusement garni de fleurs de lis, il lui dit en riant : " Me voici logé à bonne enseigne ".

the argie

Re: Napoléon et l'humour?

Message par the argie »

Beaucoup de fois l'humour de Napoleon n'amusait que Napoleon. Le pauvre Bertrand fut victime d'un de ses gamineries. Ecoutons a Mr Paul Bartel nous raconter l'histoire:
" Un beau jour après un excellent repas sur le rivage, il ( Napoleon) se conduisit comme un gamin devant sa court et sir Neil Campbell qui n'en croit pas ses yeux. Après s'être livré `à des divertissements semblables à ceux du commun des hommes´, il s'aperçoit soudain un amoncellement de petits poissons que les filets ont laissés sur le sable. Il se baisse et prend une poignée de menu fretin. Puis, s'approchant de Bertrand à son insu, il introduit habilement les poissons dans la poche du grand maréchal. Alors, faisant semblant d'avoir perdu son mouchoir, il demande a Bertrand de lui prêter le sien. Celui-ci met aussitôt sa main dans sa poche, mais la retire avec précipitation. Le contact des poissons tout gluants et frétillants lui a laissé une impression de profond dégoût, et leurs nageoires lui ont pique les doigts. Enchanté de la bonne farce qu'il vient de faire aux dépens du grand maréchal, éternelle victime de ses plaisanteries, Napoléon rit aux éclats, cependant que Bertrand, maugréant , vide sa poche et essuie son uniforme mouillé d'eau de mer"

Dominique Contant

Re: Napoléon et l'humour?

Message par Dominique Contant »

Il lui arrivait d’être un vrai goujat :

« Madame, aimez-vous toujours les hommes ? « demanda-t-il à la Duchesse de Fleury


« Oui Sire, quand ils sont polis ! « :mrgreen: Répondit-elle.

Avouons qu’il l’avait bien mérité !

benito

Re: Napoléon et l'humour?

Message par benito »

Napoléon, était empreint d'un humour décapant quand il se trouvait autour de ses soldats, il ne se servait surtout pas du langage de la cours des Tuileries

ainsi un jour en campagne, il dit de Joséphine "C'est le beau c...qu'on est jamais vu"

très libre, oui c'est le mot

je trouve moi aussi que oui pour moi l'empereur était peut être très sérieux lorsqu'il s'agissait de la France, mais de sa jeunesse dans les écoles militaires il n'y avait pas été éduqué pour devenir un noble aux attitudes coincées

C'était un soldat, toute sa vie, il avait le langage d'un soldat, et son humour....un peu lourd comme humour

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L'âne
 
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Humour de Napoléon ?

Message par L'âne »

Luigi MASCILLI MIGLIORINI « Napoléon » :
"L'alarme de plus en plus vive avec laquelle il suit, même d'Espagne, les préparatifs Militaires autrichiens, les mesures qu'il commence déjà à prendre dans les derniers mois de 1808, précèdent de peu son rapide retour de la péninsule Ibérique à Paris, et la mise en branle d'une campagne dont la précipitation soldatesque inspire l 'humour complice avec lequel il annonce à Joséphine le brusque retour en scène de la guerre : « Tu as assez joué le rôle de I 'Impératrice, il faut aujourd'hui redevenir l'épouse d'un général ! » "

Steven ENGLUND « Napoléon » :
"Tout au long de ces deux semaines de voyage [de retour de la campagne de Russie en traîneau avec Caulaincourt], les humeurs de Napoléon furent de trois ordres différents. Parfois, mais c'était le cas le moins fréquent, cette humeur était sombre - rappelait l'état d'esprit que j'ai tenté d'analyser au début de ce livre, et que certains pourraient qualifier de « corse », fait de méfiance, de colère, de pessimisme et d'anxiété. Mais, beaucoup plus fréquemment, il se montrait tout à l'opposé, familier et détendu (montrant convivialité, humour - et même goût du jeu et de la plaisanterie) ou bien méditatif (réfléchissant et analysant)."

À la lecture de la définition, nous ne sommes pas certains que les Américains aient tout saisi à "l'état d'esprit corse"...
Aurea mediocritas

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Général Colbert
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Re: Humour de Napoléon ?

Message par Général Colbert »

L'âne a écrit :
15 janv. 2018, 03:01
À la lecture de la définition, nous ne sommes pas certains que les Américains aient tout saisi à "l'état d'esprit corse"...
Je ne suis pas Corse, mais effectivement ce n'est pas l'idée que je me fais des Corses.... ;)

Peyrusse

Re: Humour de Napoléon ?

Message par Peyrusse »

Je reviens sur le message laissé il y a quelques jours par "B".
------------------
Voici un extrait des « Mémoires » de G. Peyrusse, j’ai mis en gras l’événement auquel Waldbourg fait allusion:

« La plus grande effervescence régnait dans les villes que nous eûmes à traverser pendant la journée du 24 [avril 1814] et la matinée du 25. A Orange, à Avignon, nous fûmes assourdis des cris de Vive le Roi ! Vive Louis XVIII ! À bas Nicolas ! Je faisais, tapi dans ma voiture, des réflexions bien amères sur l’instabilité des grandeurs humaines, me contentant d’envisager tous ces visages frénétiques. A Orgon, petit village où les relais avaient été placés, la rage du peuple était à son comble. Devant l’auberge même, où l’on avait forcé les relais à établir ; on avait suspendu un mannequin, représentant Sa Majesté, en habit vert de sa Garde, avec un papier ensanglanté sur sa poitrine. La populace des deux sexes se pressait, se cramponnait à la voiture de Sa Majesté et cherchait à la voir pour lui adresser les plus fortes injures. Le danger est imminent ; les Commissaires s’empressèrent de descendre de leurs voitures pour se ranger autour de celle de l’Empereur. Transporté de colère à la vue de ces misérables, je m’élançai de la mienne pour me joindre aux commissaires ; leur harangue et mes paroles, prononcées très énergiquement en langue patoise, suspendirent les hurlements de la multitude. Les chevaux se trouvant attelés, on les lança au grand galop, et la rage des gens d’Orgon expira dans quelques jets de pierre lancés sur la voiture de Sa Majesté. Le danger auquel l’Empereur venait d’échapper l’avertissait et lui commandait la prudence. A un quart de lieue au-delà d’Orgon, Sa Majesté jugea indispensable de changer de costume ; elle prit l’habit d’un de ses courriers qu’elle fit placer dans sa voiture, et courut elle-même au-devant de nos voitures. On trompa ainsi la multitude à St-Canat, où l’effervescence ne le cédait en rien à celle dont nous venions d’être les tristes témoins ; mais à midi, l’Empereur, harassé de fatigue, et horriblement meurtri, ne put continuer sa route ; il s’arrêta dans l’auberge dite La Calade, à trois lieues en deçà d’Aix. Sa Majesté, s’y présentant comme un courrier de l’Empereur, eût à essuyer avec la maîtresse du logis une conversation bien pénible. Cette mégère ne lui déguisa pas la haine que l’on portait à Napoléon et la résolution où était le peuple de le massacrer lors de son passage à Aix. Tout le cortège s’arrêta à La Calade. Nous pénétrâmes dans l’arrière chambre où l’on avait placé Sa Majesté. J’éprouvai un sentiment bien difficile à exprimer en la voyant ainsi déguisée, les deux coudes sur la table, livrée à des réflexions que je jugeai bien amères. Le dîner fut servi ; l’Empereur mangea peu. Lorsque nous fûmes seuls et que l’hôtesse qui nous servait fut sortie, Sa Majesté n’eut pas de peine à nous convaincre que sa vie était en danger et que des émissaires du gouvernement nouveau avaient ameuté les populations sur son passage. Il nous raconta ce qui s’était passé entre l’hôtesse et lui. – Eh bien ! Lui avait-elle dit, avez-vous rencontré Bonaparte ? – Non. – Je suis curieuse, poursuivit-elle, de voir s’il pourra se sauver. Je crois toujours que le peuple va le massacrer ; aussi faut-il convenir qu’il l’a bien mérité, ce coquin-là ! Dites-moi donc, Monsieur le courrier, on va l’embarquer pour son île ? – Mais, oui. – On le noiera, n’est-ce pas ? – Je l’espère bien… Ces paroles nous firent une impression vive et douloureuse. Il restait à Sa Majesté des dangers à courir. Les commissaires des puissances employèrent toute l’autorité dont ils étaient investis pour conjurer l’orage. Déjà beaucoup de personnes s’étaient rassemblées devant l’auberge. La plupart étaient venues d’Aix, où la nouvelle de notre séjour à La Calade était parvenue. Le danger qui menaçait Sa Majesté était certain.

----------------
Quelques mots concernant Waldbourg-Truchsess .

Waldbourg-Truchsess (1776-1844), commissaire prussien n’était pas du voyage de Napoléon vers son exil elbois. Il a publié dès 1815 (chez Panckoucke), une « Nouvelle relation de l’itinéraire de Napoléon à Fontainebleau à l’île d’Elbe » qui est à consulter avec beaucoup de précaution, compte tenu des erreurs volontairement orientées que cet ouvrage contient… « M. Waldbourg [-Truchsess] est prussien ; cela seul nous apprend que, dans son récit, il n’a pas cherché à être favorable à l’Empereur », écrit André Pons de l’Hérault dans son « Mémoire aux puissances alliées… », (Alphonse Picard et fils, 1899). A Sainte-Hélène, Napoléon estima que les deux ouvrages qui lui avaient fait le plus de mal étaient celui de l’Abbé de Pradt, ancien ambassadeur de France en Pologne, (« Histoire de l’ambassade dans le grand-duché de Varsovie en 1812 », Pillé, 1815), et celui de Waldbourg-Truchsess.
Modifié en dernier par Peyrusse le 15 janv. 2018, 20:32, modifié 1 fois.

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Re: Humour de Napoléon ?

Message par L'âne »

Jean-Marie ROUART "Napoléon ou la destinée" :
"Pour bien montrer qu’il n’est pas issu d’un coup d’État de hasard, mais qu’il s’inscrit dans une tradition ancienne, le Premier consul s’installe au palais des Tuileries. D’abord ému, il confie à Bourrienne : « Comme les Tuileries sont tristes. Tristes comme la grandeur. » Le soir, avec cet humour dont il ne se départ jamais — signe de la distance qu’il conserve toujours vis-à-vis des bienfaits du destin —, ils’exclame devant Joséphine : « Petite créole, venez dormir dans le lit de vos maîtres. »"

Robert SOLÉ « Bonaparte à la conquête de l’Égypte » :
"On finit par découvrir le passage, mais le général Caffarelli, en difficulté, a perdu sa prothèse. Deux militaires, bons nageurs, viennent à son secours et l'emmènent jusqu'au rivage. Tout le monde est sauf. Il ne manque que quelques carabines et quelques manteaux. Dans ses Mémoires, Napoléon précise avec humour : « Caffarelli en fut quitte pour sa jambe de bois; ce qui lui arrivait du reste toutes les semaines. »"

Alexis SUCHET « Napoléon et le management » :
"« Le général Bonaparte a appris à ses dépens qu'en « guerre comme en amour, pour en finir il faut se voir de près ». Il n'en perdra pas son humour quand il lui écrira : « Mille baisers, aussi brûlants que tu es froide. »"

Thierry LENTZ « Le grand consulat » :
"Alors qu'il rudoyait souvent ses autres collaborateurs, le Premier consul s'en prit toujours à Cambacérès avec un humour teinté d'affection. Il le taquinait souvent sur son homosexualité. Un jour que le second consul s'excusait de son retard en prétendant avoir été retenu par une dame, Bonaparte répliqua : « Eh bien, la prochaine fois, vous lui direz : prends ton chapeau, ta canne et laisse-moi. » Après l'attentat de la rue Saint-Nicaise, il lui aurait lancé : « Si j'avais été tué, il aurait fallu avoir des couilles et vous n'êtes pas fort sur vos étriers. »"
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Re: Humour de Napoléon ?

Message par Maria Kel »

Il pouvait en avoir. Il parait qu'un jour, il était dans sa bibliothèque avec Mortier et n'arrivait pas à attraper un livre hors de porté.

Mortier lui dit:

"Je vais vous aider, Sire, je suis plus grand."

Napoléon lui répondit:

"Non, pas plus grand, simplement plus haut!"
“Le grand orateur du monde, c'est le succès.”

Napoléon

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Bernard
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Re: Humour de Napoléon ?

Message par Bernard »

Je ne pense pas qu'il était moqué pour sa taille, au moins dans son enfance. A l'école militaire, c'est de son accent et de sa petite noblesse qu'il a le plus souffert...

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