Les arbres le long des routes

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

JOURDAN 59

Création des routes nationales: Napoléon??

Message par JOURDAN 59 »

Bonjour a tous
L'un d'entre vous peut il me dire si c'est Napoléon qui a créé les grandes routes nationales actuelles,je parle bien sur des routes a 2 voies???
Si oui a quelle date ces routes ont été créées?? et pour ma part j'aurais voulu des précisions sur la RN 2.
Merci d'avance pour vos réponses
Phil
eugéne de Beauharnais

Message par eugéne de Beauharnais »

source wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sea ... n%C3%A7ais
la sortie de la Révolution, les routes sont dans un état déplorable.

Pour Napoléon Bonaparte, les routes impériales, qui remplacent les routes royales, permettent d'unifier le pays et de faciliter le passage des troupes, comme à l'époque romaine. Il s'attache particulièrement à développer les routes vers l'Italie, auxquelles il attribue une importance politique particulière. Il construit ou aménage les voies passant par le col du Simplon vers Milan, par le col du Mont-Cenis (future RN6), par le col du Lautaret et Briançon (RN91) et le long de la côte méditerranéenne (RN7). La voie impériale 1 (RN1), quant à elle, aurait reçu ce numéro parce qu'elle reliait Paris à Calais et, pour cette raison, devait servir au rêve de Napoléon : l'invasion de l'Angleterre.

Le décret impérial du 16 décembre 1811 distingue trois classes de routes impériales. La première classe contient quatorze routes dont dériveront les principales routes nationales d'aujourd'hui. Toutes ces routes partent de Paris, même si certaines ont un tracé commun à leur début. Conçues à l'époque d'extension maximale de l'Empire, certaines de ces routes se terminent dans des villes aujourd'hui étrangères. Les voies reliant les grandes villes de province entre elles sont reléguées dans une seconde catégorie. Le décret mentionne aussi les routes départementales, qui correspondent aux routes de 3ème classe de l'Ancien Régime.
eugéne de Beauharnais

Message par eugéne de Beauharnais »

de la même source la liste des routes impériales:

Les routes impériales N° Parcours N° Parcours
1 Paris - Calais 8 Paris - Rome
2 Paris - Amsterdam 9 Paris - Toulon (commun avec la 8 jusqu'à Aix)
3 Paris - Hambourg (commun avec la 2 jusqu'à Soissons) 10 Paris - Perpignan (commun avec la 8 jusqu'à Moulins)
4 Paris - Mayence 11 Paris - Bayonne
5 Paris - Strasbourg (commun avec la 4 jusqu'à Châlons) 12 Paris - Rochefort (commun avec la 11 jusqu'à Poitiers)
6 Paris - Rome et Naples 13 Paris - Brest
7 Paris - Milan 14 Paris - Cherbourg
Dominique Contant

Message par Dominique Contant »

La voie impériale 1 (RN1), quant à elle, aurait reçu ce numéro parce qu'elle reliait Paris à Calais et, pour cette raison, devait servir au rêve de Napoléon : l'invasion de l'Angleterre.
Dans le premier projet la route N° 1 devait être celle de Paris au Havre (Paris, Saint-Denis, le Barrage, Franconville, Pontoise, le Bordeau de Vigny, Magny, Saint-Clair, Le Tilliers, Suzay, Écouis, Bourghaudoin, Franquevillette, Rouen, Barentin, Ecaille, Yvetot, Bolbec, Saint-Romain, la Botte, Harfleur et le Havre)

La numérotation allant dans le sens des aiguilles d'une montre la route de Paris à Dieppe recevait le N° 2 et celle de Paris à Calais le N° 3.

Comme elle passait par 'son' camps de Boulogne, la route Paris Calais devint la N° 1 avec le tracé suivant :
Le Barrage, Pierrefitte, Saint-Brice, Beaumont, Chambly, Puiseux, Noaille, Beauvais, Troisereux, Saint-Omer, Marseille, Grandvilliers, Poix, Ayraines, Pont-de-Remy, Abbeville, Nouvion, Bernay, Nempon, Montreuil, Cormont, Samer, Boulogne, Marquise, le Buisson, Calais.

Ce qui rejoint ce que nous a dit Eugène.
:salut:
mouton la mascotte

Message par mouton la mascotte »

Sur ce sujet des routes impériales, j'ai entendu dire que c'était depuis le début de l'empire que l'on devait la tradition de planter des arbres le long des routes afin de protéger du soleil les troupes en mouvement. Alors légende ou réalité ? :salut:
Dominique Contant

Message par Dominique Contant »


Bonjour cher Mouton,

Non, cela faisait bien longtemps que l'on plantait des arbres.

Voici d'ailleurs un arrêté du 3 mai 1720.

"Tous les propriétaires d'héritages tenant et aboutissant aux grands chemins et branches d'iceux, seront tenus de les planter d'ormes, hètres, châtaigners ou autres arbres, selon la nature du terrain, à la distance de 30 pieds l'un de l'autre, et à une toise au moins du bord extérieur des fossés desdits grands chemins et de les armer d'épines, et ce depuis le mois de novembre jusqu'au mois de mars inclusivement ; et si aucuns desdits arbres périssaient, ils seraient tenus d'en replanter d'autres dans l'année.

Faute par lesdits propriétaires de planter lesdits arbres, pourront les seigneurs auxquels appartient le droit de voirie, en planter à leurs frais ; et en ce cas les arbres par eux plantés et fruits d'iceux appartiendront auxdits seigneurs voyers
."


Mes sources ? De vieilles notes sur un projet que j'ai toujours dans mes cartons (Les communications sous l'Empire).

Je ne me souviens plus d'où elles viennent, mais croyez moi, ce n'est pas sorti au hasard.

:salut:
mouton la mascotte

Message par mouton la mascotte »

Cher Dominique, merci pour votre promptitude et vos sources :salut:
la remonte

Routes d' Europe

Message par la remonte »

Comment étaient les routes d'Europe à l'époque ? en terre , en pavés , de quelles largeurs ? on a du mal à imaginer des paysages sans bitume , barbelés , pylônes , éoliennes ...
La Bricole

Re: Routes d' Europe

Message par La Bricole »

:salut:

- Les grands axes : pavés, presqu'entièrement.

- Les routes secondaires (l'équivalent de nos grandes départementales, en France) : des portions pavées par ci par là, à l'approche des villes ou gros bourgs.

- tout le reste : de la terre battue

Il n'est pas besoin de remonter au 1er empire : au début du 20ème, il n'y avait pas eu beaucoup d'évolution ; un peu, cependant, grâce ou à cause de la seconde révolution industrielle (second Empire) et du développement des bassins miniers (en Belgique et dans le nord de la France).
Le développement des chemins de fer a aussi contribué à faire paver les axes rejoignant les gares d'importance.
C'est principalement le développement de l'automobile et parallèlement celui de la pétrochimie (bitume/goudron : résidu de raffinage, mélangé à chaud à du caillou concassé pour le revêtement des chaussées) qui a fait grandement changer les paysages.
Lorsque j'étais enfant, quand mon père eut la première voiture automobile de son petit village, les petites communes s'endettaient pour empierrer et goudronner les chemins, qui étaient en terre (années 1960) : ça faisait moderne, c'était le progrès ! C'était aussi l'époque où on brûlait les meubles des ancêtres pour s'équiper en meubles "modernes" recouverts de formica.
Bref, pas que du bon...
N'oublions pas que ce sont les évenements du printemps 1968 (dans l'Europe entière) qui ont grandement contribué à faire disparaître les pavés de nos rues, ainsi que l'enterrement des multiples fils et câbles qui étaient sur des poteaux et pilônes dans toutes les rues...
C'était il y a seulement 40 ans !

J'ai quelques photos assez saississantes de lieux bien connus : au début du 20ème et à la fin du 20ème... Deux civilisations, deux mondes, mais un seul lieu !
:roll: Ca vous fiche parfois le bourdon.
Et dans 100 ans, que diront nos arrières-petits-enfants :? :
"c'était comment, "avant" ?"
Nos fantômes reviendront peut-être leur braire dans l'oreille : "c'était moche : c'était bien mieux du temps du "Patron" !"...

Amitiés.

LB
Route Napoleon

Re: Routes d' Europe

Message par Route Napoleon »

Ici moins bucolique mais bien authentique un tronçon de la Route Napoélon tel qu'on peut le voir à l' heure actuelle, située entre Saint-Vallier et Escragnolles.
C'est pavé comme l'a indiqué le général La Bricole. C'est en fait un ancien sentier muletier devenu une Route du Sel. On ne doit pas oublier l'importance du sel pour la conservation des aliments et donc le moyen de le transporter. Ce tronçon existe toujours à l'identique de mars 1815...
Les pavés il y avait les bagnes pour cela.
A Brest, les bagnards de Pontaniou avaient en tête la chanson :
A Pontaniou
Casser des cailloux...[/i

Le transport des pièces d'artillerie a aussi beaucoup fait pour rendre les sentiers muletiers carrossables...
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