Janvier 1815. Témoignage de Vincent, sellier de l'Empereur.

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

L'ARCHEONAUTE

Message par L'ARCHEONAUTE »

Toujours aussi intéressant ces témoignages ! merci :salut:
Maria Kel

Message par Maria Kel »

Merci beaucoup :salut:
Christophe

Et Marie Walewska ?

Message par Christophe »

[aligner]C’est le 1er septembre 1814, la comtesse débarqua à l’île d’Elbe. La communauté française et les Elbois crurent que c’étaient l’Impératrice et le Roi de Rome, comme le mentionne dans son témoignage André Pons de l’Hérault (Les Éditeurs Libres, 2005). Marchand, dans ses « Mémoires » (Tallandier, 1985, 2 volumes) indique que Marie Walewska était accompagnée par sa sœur, Emilie Laczinska et par son frère, le colonel Téodor Laczinski.

Frédéric Masson dans son « Napoléon et les femmes. L’Amour », (Paul Ollendorff, 1894), écrit: « C’est à la nuit close qu’elle [Marie Walewska] débarque le 1er septembre ; elle trouve au port une voiture à quatre chevaux et trois chevaux de selle. Elle monte dans la voiture avec son fils ; sa sœur, qui l’accompagne, son frère le colonel Laczinski, en uniforme polonais, se mettent à cheval et l’on part sous un merveilleux clair de lune. ». Mais quel fut l’objectif de sa venue ? Selon G. Godlewski (« Trois cents jour d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe », Hachette, 1961), « En fait l’unique but de ce voyage était la restitution du majorat de son fils, d’un revenu de cent-soixante-dix mille francs, accordé par l’Empereur en 1812. Elle dut se montrer persuasive : un décret de Murat signé le 30 novembre, en faveur du petit Alexandre, annula le précédent. » Le colonel Laczynski avait préparé le terrain en rencontrant l’Empereur durant la première semaine d’août 1814, comme en témoigne cette lettre écrite par lui et reproduite dans l’ouvrage de Louise Laflandre-Linden, « Napoléon et l’île d’Elbe » (La Cadière d’Azur, Editions Castel, 1989). Elle est daté du 9 août 1814 :

« Marie,

J’ai reçu votre lettre, j’ai parlé à votre frère. Allez à Naples arranger vos affaires ; en allant ou en revenant, je vous verrai avec l’intérêt que vous m’avez toujours inspiré, et le petit dont on me dit tant de bien que j’en ai une véritable joie et me fais fort de l’embrasser.

Adieu, Marie, cent tendres choses.

Napoléon. »

Le mameluck Ali, écrit dans ses « Souvenirs (Arléa, 2000) : « L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. Ce qui la déparait un peu, c’était quelques petites places sanguines, ou rougeurs, qu’elle avait dans la figure. Du reste, elle était très blanche et d’un coloris qui annonçait une belle santé. Elle était de belle taille, avait un embonpoint raisonnable. Elle avait une fort belle bouche, de beaux yeux, les cheveux châtain claire; elle avait l’air fort doux et paraissait être une excellente personne. »

A propos de son fils, Ali précise encore que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux ».

Les 2 et 3 septembre 1814, l’Empereur est avec elle à la Madonna (selon l’Itinéraire donné par MM. Garros et Tulard, Tallandier, 1992). Peyrusse, pourtant fidèle témoin, se trompe dans son récit (nouvelle édition : Dijon, Cléa, 2009) en indiquant la date du 22 septembre 1814, comme celle étant de l’arrivée de Marie Walewska.

Pons de l’Hérault nous apprend que « Mme la comtesse Walewska et son fils restèrent environ cinquante heures auprès de l’Empereur ». Il indique également qu’ « une espèce d’ouragan » vint perturber les conditions météorologiques lors de son départ. L’Empereur voulut la rattraper afin de différer son embarquement, mais en vain. Il envoya un certain Perez, officier d’ordonnance, « le sot des sots », selon Pons, qui ne s’acquitta pas de sa mission, préférant s’abriter des fureurs de la nuée menaçante.

La comtesse, née en 1786, s’éteignit en 1817, après s’être remariée avec le général d’Ornano.
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Maria Kel

Message par Maria Kel »

C'est beau l'amour :aime2:
Joker

Message par Joker »

Napoléon n'a jamais considéré son séjour à l'île d'Elbe comme définitif, ni comme une fin en soi.
Dans son esprit, ce n'était qu'une étape transitoire vers une reconquête du pouvoir qu'il mûrissait déjà avant même d'avoir mis un pied dans son petit royaume.
Il lui fallait juste un peu de temps afin de donner le change aux puissances alliées en jouant le jeu de l'exilé satisfait de son sort.
Le "comédiante-tragediante" qui sommeillait en lui n'eut guère à forcer sa nature pour ce faire... :)
Christophe

Encore une femme (Princesse Pauline).

Message par Christophe »

[aligner]Tout à fait juste "Joker". :salut:
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"Le 1er novembre 1814, le brick l’Inconstant, expédié à Naples, ramena la princesse Pauline. L’arrivée de Son Altesse fut un jour de fête pour tous les habitants, et sa présence une source d’agréments et de jouissances pour la Cour de l’Empereur, pour les dames de la ville et pour la garnison. De jolis bals, des concerts, la comédie bourgeoise varièrent l’emploi des soirées ; une souscription fut ouverte pour trois bals travestis. Le dernier fut honoré de la présence de Son Altesse, travestie en paysanne de l’île Procida.
Les jours de mon travail avec Sa Majesté étaient fixés ; nous préparions les éléments du budget de 1815, et je présentai à Sa Majesté un projet sur la régie des tabacs à l’île d’Elbe. Pendant ces diverses séances, l’Empereur laissait percer l’humeur que lui donnait le refus que faisait la France d’acquitter la somme stipulée par le traité du 11 avril. M. de Talleyrand écrivait de Vienne à notre Grand-Maréchal, que Sa Majesté Louis XVIII ne reconnaissait pas le traité de Fontainebleau.
Les revenus de l’île et ma caisse eussent été insuffisants pour parer au budget futur, maintenu sur le pied du précédent, ce qui avait décidé Sa Majesté à arrêter que je ne payerais que la moitié des traitements fixés, et que je fournirais le surplus aux parties prenantes en bons sur le Trésor public français et à valoir. Cette situation, le projet de certaines réductions à imposer à la Garde, affectaient vivement Sa Majesté. C’était le secret de son cabinet."

(Extrait des Mémoires de Guillaume Peyrusse, trésorier de Napoléon à l'île d'Elbe).
________________________________________

"L'Empereur était allé à la rencontre de la princesse Pauline: il avait présidé à son débarquement. Ses soins portaient un caractère touchant de tendresse fraternelle. Les Porto-Ferrajais, qui se réjouissaient de tout ce qui faisait prendre au séjour de l'Empereur un caractère de stabilité, accueillirent la princesse Pauline avec amour. La population entière accourut sur son passage: la présence de l'Empereur n'intimida personne; tout le monde voulut voir la sœur bien-aimée du souverain bien-aimé. La princesse fut plusieurs fois arrêtée par les ondulations des masses. L'Empereur semblait se plaire à cette curiosité; il dit gaiement à la princesse, et de manière à être bien entendu: «Ah! madame, vous pensiez que j'étais dans un pays presque désert et avec des gens à demi sauvages. Eh bien ! regardez, regardez encore! et jugez si l'on peut être mieux entouré que je ne le suis!». Sans doute, l'Empereur était d'abord pour beaucoup dans la réception improvisée que l'on faisait à sa sœur; mais lorsque l'on eut vu la princesse, toutes les manifestations furent inspirées par elle. Tête, regard, sourire, corps, démarche, tout dans la princesse Pauline était perfection, et son caractère était plus parfait encore."

(Extrait du témoignage d'André Pons de l'Hérault, administrateur général des mines de l'île d'Elbe).
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L'âne

Message par L'âne »

Il me paraît difficile d'affirmer que Napoléon était décidé à reconquérir son trône quoi qu'il advienne.
Je le pense aussi. En revanche, l'Empereur devait n'exclure aucune hypothèse, et sa nature, lui donnant un coup d'avance et la possibilité de saisir toute opportunité, devait faire le reste.

Vive l'Épopée !
Christophe

Témoignage de Scott, étudiant anglais...

Message par Christophe »

[aligner]Ce récit est paru dans la revue « Feuilles d’Histoire » dans sa livraison de janvier/juin 1909.
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"« Le « Daily Mail » a donné récemment quelques extraits d’un document inédit trouvé, il y a peu de temps dans les archives familiales d’Arley-Castle. C’est le carnet de voyage d’un étudiant de l’Université de Cambridge, nommé Scott.

En septembre 1814, il se rendit à l’île d’Elbe en compagnie de quatre officiers anglais détachés à Livourne, les colonels Douglas et Lemoine, le major Maxwell, le capitaine Smith, et ce sont les passages relatifs à cette visite que nous citons ici :

16 septembre 1814, Livourne.

Dîné chez M. Fraser, banquier anglais, qui habite ici. Tout parfaitement anglais : mouton bouilli à la sauce du sang, roastbeef, fromage de Chester, porto, vin. Presque tous les invités sont intimement liés avec le colonel Campbell (commissaire à l’île d’Elbe) et les capitaines Usher et Tower. Le colonel Campbell considère Bonaparte comme un homme très heureux de talents ordinaires ; Bonaparte se comporte à leur égard avec la plus grande familiarité ; il leur permet de lui poser les questions qui lui plaisent sur ses campagnes et ses plans. Il disait à Campbell : « Regardez-vous Wellington comme le plus grand général du monde ? »-« Vous aviez tant de bons de maréchaux, répondit Campbell, qu’on n peut dire quel est le premier général. »-« Non, réplique Bonaparte, c’est Wellington qui est le premier général ! »
-----------------------------
19 septembre 1814, Elbe.

D’habitude Bonaparte se lève avec le jour et il prend infiniment d’exercice. Souvent il réveille lui-même le colonel Campbell. Il fait de longues courses à cheval dans tous les coins de l’île et ne rentre que lorsque ses compagnons sont exténués ; mais c’est pour repartir aussitôt sur un nouveau cheval, jusqu’à l’heure du dîner. Après son repas, il se promène dans sa chambre pendant deux ou trois heures. Il semble, nous déclare Campbell, s’efforcer de penser le moins possible au passé. Parfois, dans la matinée, il sommeille très peu de temps dans son fauteuil. Il mange beaucoup, il est surtout amateur de poisson, il boit séparément de l’eau et du vin, selon la mode anglaise, mais surtout de l’eau… Nous nous trouvions sur chemin large d’environ cinq mètres, lorsque nous rencontrâmes l’Empereur ; nous nous effaçâmes pour nous ranger, tête nue, les uns à côté des autres, sur le côté droit de la route. Il s’arrêta son cheval et nous salua en portant la main à son chapeau. Ma première impression fut telle que je me demandai si cet homme, au visage peu gracieux, à l’air plutôt emprunté et lourd, était bien le grand Napoléon, qui avait rempli de terreur les empereurs et les rois. Il me semble que c’était impossible. Je répète que ce fut que ma première impression. Mais bien que celle-ci ait bientôt modifiée, je déclare encore aujourd’hui que Napoléon avec sa carrure épaisse et large ne me fit pas l’effet d’un guerrier. Il parait être âgé de quarante-cinq ans ; son ventre est très fort, et ses cuisses, grosses et tout à fait hors de proportion. Lorsque nous le vîmes, il était coiffé d’un chapeau enfoncé sur son front, chapeau dont la forme, basse par devant et très relevé par derrière, contribuait à rendre sa physionomie peu agréable. La teinte brune de ce chapeau, auquel est piquée une gosse cocarde rouge et blanche, montre suffisamment qu’il a fait avec lui de nombreuses campagnes.
Il portait une grande redingote à revers rouges ; ce vêtement, étroitement boutonné, laissait à peine apercevoir la cravate noire, entourant son cou, peu dégagé naturellement. Il avait deux épaulettes en argent assez usées, la plaque de la Légion d’honneur et trois décorations plus petites… Il avait une culotte blanche, un gilet blanc et des gants. Les bottes, vieilles, usées, étaient munies d’éperons en argent, assujettis par des noires. Il montait un petit cheval corse, dont la selle portait des fontes, mais dont les rênes et le mors étaient sales. Quoiqu’en général ses vêtements fussent usagés, l’ensemble était celui d’une personne soigneuse et ordonnée. Il se tient fortement incliné en avant sur son cheval. Celui-ci s’étant mis à ruer, Napoléon, le maîtrisa nerveusement. Durant les vingt-deux minutes que dura notre conversation, il ne prisa qu’une seule fois, dans une petite tabatière noire ornée de trois camées. Ses mains sont d’une blancheur remarquable, les doigts sont petits et minces. Ses cheveux sont noirs et pendant en longues mèches sur le sol de son vêtement, tout en gardant un aspect très propre. Les yeux sont bleus et petits, les sourcils noirs et plutôt épais, le nez et la bouche élégamment dessinés et dimensions moyennes, le menton n’est pas trop prononcé. L’ensemble du visage, pâle, légèrement jaunâtre, est assez empâté. Le front d’avance, anguleux et puissant. L’Empereur parle vite et presque sans pause, d’une voix profonde et un peu saccadée. Durant tout notre entretien, la physionomie de Napoléon ne cessa de s’éclairer d’un demi-sourire et de refléter un parfait contentement. Ses yeux sont remarquablement vifs et expressifs ; ses regards et sa voix inspirent le respect et ses manières indiquent un grand talent, mais son sourire met à l’aise ses auditeurs et leur donne confiance. Néanmoins mes compagnons furent unanimes à penser qu’il avait plutôt l’air d’un prêtre habile et rusé que d’un héros. Sa personne n’a sûrement rien d’héroïque. »
[/aligner]
Bastet

Message par Bastet »

Autre époque, autre portrait que j'avoue préférer au précédent , celui de Scott l'étudiant .... :roll:


"Lorsque j’entrai au service, je m’ennuyais dans mes garnisons ; je me mis à lire des romans, et cette lecture m’intéressa vivement. J’essayai d’en écrire quelques uns, cette occupation mit du vague dans mon imagination, elle se mêla aux connaissances positives que j’avais acquises, et souvent je m’amusais à rêver au compas de mon raisonnement. Je me jetais dans un monde idéal, et je cherchais en quoi il différait précisément du monde où je me trouvais."
Napoléon aurait avoué ainsi à Mme de Rémusat s’être essayé à la littérature pour supporter la banalité de sa vie de soldat. :roll:
Clisson exprime toute une ardeur désenchantée, si prenante, et un véritable amour de la nature, réminiscence peut-être de l’enfance en Corse " ce bonheur du sommeil dans une grotte environnée des eaux des dryades dans le fort de la canicule " ( Discours de Lyon).... Et Clisson, au fort penchant militaire qui enfant connaissait tous les grands capitaines, est comme une belle préfiguration de l’avenir :aime: ! Car ce roman trouvera son épilogue, comme les autres essais, dans l’Histoire. Mais ces écrits confessent sa nostalgie, ses contrariétés militaires ou encore ses espoirs sentimentaux déçus. :tourne:

Peu à peu Napoléon écrivain perdra de son style emphatique, très marqué par son époque, qui évoluera vers un style plus rapide, plus concis, le style de l’homme métamorphosé par l’action dans les Proclamations et les Bulletins .


" Bonaparte est de petite taille, assez mal proportionné, parce que son buste trop long raccourci le reste de son corps. Il a les cheveux rares et châtains, les yeux gris bleu ; son teint jaune tant qu’il fut maigre, devint plus tard d’un blanc mat et sans aucune autre couleur. Le trait de son front , l’enchâssement de son œil, la ligne du nez tout cela est beau et rappelle assez les médailles antiques. Sa bouche, un peu plate, devient agréable quand il rit, ses dents sont régulièrement rangées ; son menton est un peu court et sa mâchoire lourde et carrée ; il a le pied et la main jolis ; […]. Son attitude le porte toujours un peu en avant ; ses yeux, habituellement terne, donnent à son visage, quand il est en repos,une expression mélancolique et méditative. Quand il s’anime par le colère, son regard devient facilement farouche et menaçant. Le rire lui va bien, il désarme et rajeunit toute sa personne. Il était alors difficile de ne pas s’y laisser prendre, tant il embellissait et changeait sa physionomie.[…]. J’ai dit qu’il y avait une sorte de séduction dans le sourire de Bonaparte ; mais durant tout le temps Que je l’ai vu, il ne l’employait pas fréquemment. La gravité était le fond de son caractère ; […]celle que donne la profondeur des méditations. Dans sa jeunesse, il était rêveur ; plus tard il devint triste, et, plus tard encore, tout cela se changea en mauvaise humeur presque continuelle. Quand je commençai à le connaître, il aimait fort tout ce qui porte à la rêverie : Ossian, le demi-jour, la musique mélancolique. Je l’ai vu se passionner au murmure du vent, parler avec enthousiasme des mugissements de la mer, être tenté de ne pas croire hors de toute vraisemblance les apparitions nocturnes ; enfin avoir du penchant pour certaines superstitions. Lorsque, en quittant son cabinet, il rentrait le soir dans le salon de madame Bonaparte, il lui arrivait quelques fois de faire couvrir les bougies d’une gaze blanche ; il nous prescrivait un profond silence, et se plaisait à nous faire ou nous entendre conter des histoires de revenants ; ou bien il écoutait des morceaux de musique lents et doux,exécutés par des chanteurs italiens, accompagnés seulement d’un petit nombre d’instruments légèrement ébranlés. On le voyait alors tomber dans une rêverie que chacun respectait [….]. Au sortir de cet état qui semblait lui avoir procuré une sorte de détente, il était ordinairement plus serein et plus communicatif. [….]Il expliquait l’effet de la musique sur lui , préférant toujours celle de Paesiello, « parce que, disait-il, elle est monotone, et que les impressions qui se répètent sont les seules qui sachent s’emparer de nous ». Les habitudes géométriques de son esprit l’ont toujours porté à analyser jusqu’à ses émotions. Bonaparte est l’homme qui a le plus médité sur les " pourquoi" qui régissent les actions humaines » ( Mémoires de madame de Rémusat, 1802-1808)

Beau portrait tracé sans bavure, fine et sagace analyse, intimiste plongée dans l’âme de l’Empereur d’une (presque) psychanalyste avant l’heure !



:salut:
Joker

Message par Joker »

l'Empereur devait n'exclure aucune hypothèse, et sa nature, lui donnant un coup d'avance et la possibilité de saisir toute opportunité, devait faire le reste.
C'est absolument évident !
Si je me base sur l'excellent ouvrage de Paul Gruyer "Napoléon souverain de l'île d'Elbe", il n'était pas plus tôt installé qu'il s'efforçait de constituer un réseau d'espions susceptibles de lui fournir des renseignements de première main quant à l'évolution des esprits sur le continent.
Ceux-ci opérèrent d'abord en Italie avant de se répandre en France.
Et la fréquence de leurs rapports à propos des erreurs commises par les Bourbons, surtout dans le chef des ultras n'a fait qu'alimenter son désir de reconquête de son trône...
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