Les hommes en subsistance

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Dominique T.

Message par Dominique T. » 15 déc. 2016, 12:22

Christophe a écrit :Je n'ai pas connaissance d'ouvrages portant sur ce sujet, par contre ces cas dits "d'hommes en subsistance" ont été plusieurs fois observés. Je crois que ce sujet, le fait d'avoir retrouvé des boutons d'uniformes différents au même endroit , à l'emplacement d'un régiment déterminés a déjà été évoqué sur le forum. A suivre... :salut:
Cela peut être une indication de ce phénomène,... mais en même temps, pas du tout.
On a trouvé sur les champs de bataille de la campagne de Belgique de 1815 des boutons de régiments n'étant pas présents là ou étant engagés ailleurs. Ce ne sont pas des soldats perdus et recueillis.
On a aussi trouvé des boutons de la République, voire de régiments d'avant la Révolution. Dans ce cas, cela indique simplement qu'on vidait les fonds de tiroir. :salut:

camille

Les hommes en subsistance

Message par camille » 17 déc. 2016, 22:49

lutzen 1813 a écrit :
L'on ne peut pas le formuler ainsi, une réserve est établie, organisée, une ressource sur laquelle on peut compter. Ici il s'agit de gérer un désordre, le terme qu'emploi le généra Hulin, "... ou par bandes..." est symptomatique. l'on rassemble des hommes d'unités diverses et on les remet dans le rang comme l'on peut, rapidement, sans chercher à les diriger sur leurs régiments. Tout va très vite et en mars 1814 il n'y a plus de temps à perdre. Ces isolés étaient le fait de raisons diverses, des détachements égarés, des hommes restés en arrière n'ayant pus suivre, etc.
A propos de la réserve et du temps pour la former, l'Empereur s'est exprimé, dans une lettre du 7 février 1814 à l'attention du roi Joseph, sur les dépôts constitués pour partie d'isolés et de bandes d'isolés en subsistance ou non.

" Mon Frère, je vous ai écrit aujourd'hui pour une armée de réserve de 30 à 40,000 hommes qu'il serait possible de former en vidant le fond de tous les dépôts, et d'avoir disponible pour le 10 à Paris. "

En 3 jours seulement, une armée de réserve peut être former avec le fond de tous les dépôts, pour Napoléon qui revient, le 18 mars 1814, sur la question des hommes disponibles dans les dépôts :

" Il y a à Paris près de 20,000 hommes dans les dépôts. Si le général Fririon ( inspecteur général du dépôt général d'infanterie ) en passait une inspection rigoureuse, et si tout cela était remué, vous ( ministre de la Guerre ) formeriez promptement une belle division. "

Par ailleurs, le général HULIN ne fait aucun commentaire ( positif ou négatif ) sur la situation des " hommes isolés qui se présentent individuellement ou par bandes ".

Il décrit simplement la situation des hommes isolés à leur arrivée à La Ferté-sous-Jouarre. :salut:

Camille

http://ayhsm.over-blog.com/

lutzen 1813

Message par lutzen 1813 » 18 déc. 2016, 06:32

Camille,
"A propos de la réserve et du temps pour la former, l'Empereur s'est exprimé, dans une lettre du 7 février 1814 à l'attention du roi Joseph, sur les dépôts constitués pour partie d'isolés et de bandes d'isolés en subsistance ou non."

- - - Tous les isolés reçus dans les dépôts étaient en subsistance, c'est à dire tout simplement qu'ils recevaient de quoi subsister, un toit et la nourriture.

" Mon Frère, je vous ai écrit aujourd'hui pour une armée de réserve de 30 à 40,000 hommes qu'il serait possible de former en vidant le fond de tous les dépôts, et d'avoir disponible pour le 10 à Paris. "

" Il y a à Paris près de 20,000 hommes dans les dépôts. Si le général Fririon ( inspecteur général du dépôt général d'infanterie ) en passait une inspection rigoureuse, et si tout cela était remué, vous formeriez promptement une belle division. "

- - -Un dépôt étaient la casernes recevant les conscrits d'un régiment, par exemple celui du 32ème de ligne était à Paris, les dépôts étaient formé du 5ème bataillon, bataillon d'instruction. Vider le fond de tous les dépôts est envoyer tout ce qui peut marcher vers l'armée, nouveaux arrivés avec quelques jours d'instruction et qui n'avaient encore que la moitié de leur équipement... ceux qui venaient de sortir de l'hôpital.... et, accessoirement les isolés en subsistance. Ce n'est pas avec ces hommes que l'on pouvait faire promptement une "belle division" . Cela montre que l'empereur était aux abois. :salut:

Maria Kel

Message par Maria Kel » 18 déc. 2016, 16:21

Il raclait les fonds de tiroir :?

Dites-moi, étaient-ce de bons éléments? Y avait-il un équivalent en Italie en 1796 :?:

camille

Les hommes en subsistance

Message par camille » 19 déc. 2016, 11:48

lutzen 1813 a écrit :
Ce n'est pas avec ces hommes que l'on pouvait faire promptement une "belle division" . Cela montre que l'empereur était aux abois.
Lors du second combat de Fère-Champenoise du 25 mars 1814, les divisions Pacthod et Amey ont pourtant fait très bonne contenance, en dépit de l'inexpérience des gardes nationaux portant probablement pour certains un uniforme de la période révolutionnaire ( boutons retrouvés par l'historien Jean-Claude VENNEKENS sur le champ de bataille ), de la présence ( en nombre ???? ) de soldats en subsistance, d'officiers peu aptes à un service actif ( blessures anciennes, infirmités, usure du temps de guerre ), etc...

Vous écrivez " que l'empereur était aux abois ". Pour un homme de guerre habitué à surmonter des désastres ( Russie, Espagne et Allemagne ), à subir des défaites ( Leipzig, La Rothière, Laon, Fère-Champenoise, Paris ) qui anéantiraient probablement les derniers espoirs d'un chef militaire autre que Napoléon, j'ai le sentiment à tort ou à raison que l'Empereur a cru longtemps, très longtemps, à une bonne étoile.

A quel moment, vous considérez que Napoléon est aux abois :

quand il quitte Paris en janvier 1814 ?

après chacune des défaites de la Grande Armée en 1814 ?

à quel moment, envisagez-vous la défaite définitive de l'Empereur et de la Grande Armée ? :salut:

Camille

http://ayhsm.over-blog.com/

lutzen 1813

Message par lutzen 1813 » 19 déc. 2016, 12:32

" Etre aux abois", n'a rien de péjoratif (terme de vénerie qui désigne le moment ou l'animal n'a plus la force de continuer). Je pense que Napoléon, dès qu'il a su que les alliés prenaient l'offensive, au tout début de 1814, que l'adversaire ne voulait surtout pas lui laisser le temps de refaire ses forces, a compris que la situation était gravissime. Il a tout donné pour les mettre en échec, leur a fait subir des revers, mais la différence des forces était trop importante. Pour ma part, je penserais que dès janvier 1814 la partie était perdue.
:salut:

camille

Hommes en subsistance

Message par camille » 13 oct. 2017, 11:09

Un exemple précis de la présence des hommes en subsistance dans le 3ème bataillon du 40ème de ligne :

http://ayhsm.over-blog.com/2017/10/les- ... isson.html

:Vive-L-Empereur2

Camille

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