Avenir de la France en 1814 ?

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Mathieu Dampierre

Avenir de la France en 1814 ?

Message par Mathieu Dampierre » 11 févr. 2016, 21:43

Bonsoir,

En 1814, après que les coalisés eurent pénétrés dans Paris, quelle était le souhait de chacune des parties?
Je sais que Blucher voulait faire sauter le pont d'Iéna et réduire la " France en miettes ".mmmm. Cette position n'était guère durable sur la durée. Qui fut le plus clément des coalisés? Le tsar Alexandre, probablement. Mais que proposa t-il concrètement? Et les Anglais? Le " diable boîteux " était en faveur du retour en France de l'ancienne noblesse, mais comment emporta t-il le morceau?

Merci d'avance,

:salut:

la remonte

Message par la remonte » 12 févr. 2016, 10:33

" la plus grave erreur de Napoléon fut de croire que son mariage autrichien était une garantie et que jamais François II ne tournerait ses armes contre son gendre . Napoléon ce parvenu qui s'affichait héritier de Charlemagne , tout en se sachant bien trop neuf et en regrettant de n'être pas son propre petit fils , nourrissait à l'égard des vieilles monarchies une indulgence faite de respect naïf et de secrète envie . Il désirait l'estime , l'amitié d'Alexandre , de François bien plus que leur anéantissement . De là ces ménagements incroyables ." Robert Margerit

les vieilles dynasties ne pouvaient que le haïr , il restait la Révolution triomphante qui ne serait abolie qu' avec le rétablissement de la légitimité :idea:

:salut:

Mathieu Dampierre

Message par Mathieu Dampierre » 12 févr. 2016, 13:05

Merci pour votre intervention, " la remonte ". Oui, Napoléon fut trop clément souvent au grand dam de ses soldats. Néanmoins il semble que le tsar Alexandre ne l'accabla point non plus lorsqu'il fut en condition de le faire.

Que savons-nous des tractations de l'après abdication de Fontainebleau pour décider de l'avenir de la France?

Cordialement,

:salut:

la remonte

Message par la remonte » 12 févr. 2016, 13:59

Alexandre n'aimait pas Louis XVIII " l'homme le plus nul du monde " , il envisageait une régence de Marie Louise et du prince Eugene en reconnaissant Napoléon II , voire de faire voter les Français sur leur sort .
C'est Talleyrand qui arriva à convaincre tout le monde en invoquant cette histoire de légitimité .

Mathieu Dampierre

Message par Mathieu Dampierre » 12 févr. 2016, 16:46

Merci " la remonte ". Décidément, le " diable boiteux " l'emportait toujours, néanmoins peut-être que dans le cas présent, le retour de l'ancienne noblesse fut un moindre mal pour la France. Je doute que nos compatriotes eurent accepté Marie-Louise comme régente, elle rappelait trop "l'Autrichienne"...

:salut:

Joker

Message par Joker » 12 févr. 2016, 18:34

Décidément, le " diable boiteux " l'emportait toujours
Il était roué comme pas deux !
Un exemple parmi d'autres : sachant que l'on se méfiait de lui et que l'on prendrait le contrepied de ses conseils, il recommanda ainsi à Marie-Louise de rester à Paris en 1814 afin de contrer les menées des alliés et des royalistes.
Sa stratégie perverse eut l'effet escompté car, après avoir donné lecture des instructions de Napoléon qui ignorait l'évolution de la situation, Joseph quitta la capitale avec l'Impératrice et le Roi de Rome dans ses bagages, livrant ainsi la ville aux envahisseurs...

Il a agi de même lors de la seconde abdication en misant sur les Bourbons plutôt que de préparer la succession de l'Empereur via une régence de Marie-Louise.
Le prince de Bénévent savait toujours d'où soufflait le vent et agissait en conséquence...

McDonald

Message par McDonald » 12 févr. 2016, 18:59

Mathieu Dampierre a écrit : Je sais que Blucher voulait faire sauter le pont d'Iéna et réduire la " France en miettes ".mmmm.
Cet épisode du pont d'Iena se déroule en 1815 après Waterloo. En avril 1814, lorsque se joue la Restauration, Blucher est gravement malade et ne participe que très peu au changement de régime.
la remonte a écrit :C'est Talleyrand qui arriva à convaincre tout le monde en invoquant cette histoire de légitimité .
Talleyrand a joué un grand rôle dans la Restauration des Bourbons, notamment sur le plan de la politique intérieure. C'est lui qui a réussi à convaincre ou au moins neutraliser un grand nombre de Bonapartistes, Républicains ou Orleanistes.
Mais il a aussi cherché après coup à s'attribuer des mérites qui ne lui revenaient pas. Il a, dans ses Mémoires, tenté de faire croire qu'il avait à lui seul convaincu les coalisés de choisir Louis XVIII.
La vérité est plus nuancée. Si le Tsar était en effet hostile aux Bourbons, tous les autres coalisés (Autriche comprise) leur étaient favorables. Talleyrand n'a fait que acompagner un mouvement déjà en marche.
Mathieu Dampierre a écrit : Je doute que nos compatriotes eurent accepté Marie-Louise comme régente, elle rappelait trop "l'Autrichienne"...
Le choix du Régent était primordial. Pour des raisons de politique extérieure évidente (l'Autriche) Napoléon a porté son choix sur Marie-Louise. Mais le choix était désastreux sur le plan interieur.
Rétrospectivement on ne peut que constater que c'était une double erreur d'appréciation. Non seulement cela n'a en rien changé la politique autrichienne pendant la guerre ou après l'abdication mais cela n'a eut aucun impact sur la coalition qui était soumise au Tsar. Derrière venue dans la coalition, l'Autriche n'avait que peu de poids dans la conduite des affaires de la coalition.
Sur le plan intérieur, il semblait improbable que la France sortie de 20 ans de déchirements et de guerre confie son destin aux mains inexpérimentées d'une jeune femme de 22 ans, autrichienne de surcroît.
Et puis imagine-t-on un seul instant Napoléon cultiver les tomates à la Malmaison ou sur une île quelconque pendant que Marie-Louise, un enfant de trois ans dans les bras, affronterait seule les coalisés, les Talleyrand, Fourché, Lafayette, les sénateurs, les royalistes, les républicains ou même la famille Bonaparte restée à Paris ?
D'autres pouvaient d'avantage prétendre à la Régence à commencer par le Prince Eugène, ou son frère Lucien qui avait fait ses preuves sous le Directoire. Plus neutre, un Cambaceres ou un Marechal pouvait aussi faire l'affaire. Marie-Louise aurait bien évidemment pu conserver un rôle symbolique fort.

McDonald

Message par McDonald » 12 févr. 2016, 19:13

Joker a écrit :
Un exemple parmi d'autres : sachant que l'on se méfiait de lui et que l'on prendrait le contrepied de ses conseils, il recommanda ainsi à Marie-Louise de rester à Paris en 1814 afin de contrer les menées des alliés et des royalistes.
Sa stratégie perverse eut l'effet escompté car, après avoir donné lecture des instructions de Napoléon qui ignorait l'évolution de la situation, Joseph quitta la capitale avec l'Impératrice et le Roi de Rome dans ses bagages, livrant ainsi la ville aux envahisseurs...
Là encore, c'est la version donnée par Talleyrand lui même après coup. La vérité est que au moment où se joue le départ de Marie-Louise le 28 mars, Talleyrand est loin d'avoir fait son choix sur l'avenir politique de la France. Comme à son habitude il joue sur tous les tableaux et pense encore qu'une Régence ou même le maintien de Napoléon est encore du domaine du possible.
Ce n'est qu'après l'entrée des coalisés dans Paris que Talleyrand choisi définitivement le camp des Bourbons.

Joker

Message par Joker » 12 févr. 2016, 20:17

Comme à son habitude il joue sur tous les tableaux et pense encore qu'une Régence ou même le maintien de Napoléon est encore du domaine du possible.
Je n'en disconviens pas.
Toujours est-il qu'en agissant de la sorte, il a davantage préparé le terrain pour les Bourbons que pour la Régence.
Inconsciemment ou non, il était convaincu que l'Empire avait vécu et qu'il lui incombait de ne pas perdre la main dans ce jeu de dupes.
Son maroquin et les privilèges qui y étaient attachés lui importaient par-dessus tout.

Mathieu Dampierre

Message par Mathieu Dampierre » 12 févr. 2016, 23:41

Je viens de trouver cette citation du tsar Alexandre 1:

"L'Europe ne peut être tranquille tant que la France ne le sera pas, et la France ne le sera qu'avec un gouvernement qui lui cçonvienne. Le duc d'Orléans concilierait tout. Il est Français, il est Bourbon; il a servi, étant jeune, la cause constitutionnelle; il a porté la cocarde tricolore que l'on n'aurait jamais dû quitter. Il réunirait tous les partis."

:salut:

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