Erreurs de Napoléon

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Cyril Drouet
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Erreurs de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

En guise de documents, voici une liste d’erreurs que Napoléon a reconnues :



Tiré des Récits de la captivité de l'Empereur Napoléon à Sainte-Hélène, de Montholon :


« J’aurais mieux fait, dit-il, de ne pas quitter l’Egypte. L’Arabie attend un homme ; avec mes Français en réserve et les Arabes comme auxiliaires, j’aurais été maître de l’Orient. Les Indes seraient à moi.
[…]
Si j'étais resté en Orient, j'aurais fondé un empire, comme Alexandre, en allant à la Mecque, faisant des prières, des génuflexions; mais je ne voulais le faire que si cela en eût valu la peine, et non pas comme cet imbécile de Menou. »



« [Lors des Cent Jours] j’ai fait une faute en ne prenant point la dictature
[…]
J'aurais dû ne pas m'occuper de constitution, parler à la France un tout autre langage, dire les dangers de la patrie, et me saisir de la dictature jusqu'à la paix générale. Je le pouvais sans danger en faisant appel aux masses populaires. L'élan de leur patriotisme aurait glacé d'effroi les salons de Paris et paralysé toutes les intrigues, et, une fois vainqueur, j'aurais pris mon temps pour organiser le gouvernement franchement constitutionnel.»



« L'histoire me reprochera de m'en être allé trop facilement. J'avoue qu'il y a eu un peu de dépit et de pique dans ma résolution. Quand, à la Malmaison, j'ai offert au gouvernement provisoire de me remettre à la tête de l'armée pour profiter de l'imprudence des alliés et les anéantir sous les murs de Paris, avant la fin de la journée vingt-cinq mille Prussiens auraient mis bas les armes. On n'a pas voulu de moi ; j'ai envoyé promener les meneurs, et je suis parti. J'ai eu tort, les bons Français ont le droit de me le reprocher. J'aurais dû monter à cheval quand la division Brayer a paru devant la Malmaison, me faire conduire par elle au milieu de l'armée, me mettre de suite en opération, battre l'ennemi, et prendre la dictature de fait en appelant à moi le peuple des faubourgs de Paris. Cette crise de vingt-quatre heures aurait sauvé la France d'une seconde restauration. J'aurais effacé par une grande victoire l'impression de Waterloo, et j'aurais toujours pu traiter pour mon fils si les alliés avaient persisté à dire qu'ils n'en voulaient qu'à moi.»



« J'aurais dû convoquer les Chambres à Tours, et encore eût-il mieux valu de ne pas les convoquer avant la paix; mais tout le monde, jusqu'à Cambacérès, a combattu cette opinion. »



« Du moment où Talleyrand et Shée m’avaient fait commettre la faute de […] faire enlever [le duc d’Enghien], sa condamnation était une nécessité. »



« J’aurai dû […] fortifier Charleroi. C’est une faute qui m’a coûté cher. »



« Des rives de la Bérézina, puis du champ de bataille de Leipzig, puis de celui de Waterloo, on le vit revoler à Paris comme une flèche
[…]
De quelques motifs que Napoléon l’ait paré à ses propres yeux, ce troisième retour d’une déroute fut une faute capitale.
[…]
L’Empereur a reconnu cette faute »



« [A la suite de Waterloo], sans doute, j’aurais dû aller tout de suite aux chambres ; mais j’étais harassé de fatigue. Qui pouvait croire qu’elles se déclareraient si vite ?
[…]
J'aurais dû, en arrivant à Paris, aller de suite aux Chambres; je les aurais remuées, entraînées ; je me serais mis à la tête du mouvement populaire ; j'aurais fait couper la tête à Lafayette et à Lanjuinais. J'ai commis une grande faute en laissant Lanjuinais présider la chambre des députés»



« [Lors des Cent Jours,] j’aurais dû […] faire fusiller [Fouché] ; ce fut une grande faute de ne pas le faire.
J’aurais dû faire fusiller Fouché et composer la commission militaire de gens qui avaient tout à craindre des rancunes des Bourbons. »



« J'ai eu tort aussi de me brouiller avec Talleyrand. Il a tout ce qui me manque. Il aurait tenu dans ses mains les fils de toutes les intrigues diplomatiques. Si je l'avais franchement associé à ma grandeur, il m'aurait bien servi et je serais mort sur le trône.
[…]
J’ai eu tort de le remplacer, j’aurais dû lui laisser les affaires étrangères quand je l’ai fait archichancelier d’Etat, et le laisser piller à son aise. Que me faisait qu’il pillât les chancelleries étrangères ! il me suffisait de le surveiller. Tant qu’il aurait eu à gagner avec moi et qu’il se serait cru ma confiance, il m’aurait bien servi, et je serais encore sur le trône. »»



« Pendant mon règne j'ai eu le tort de ne pas causer assez avec les femmes ; j'aurais dû en voir tous les jours ; elles ont une indépendance d'esprit qu'on ne trouve pas chez les hommes. Combien n'aurais je pas appris de femmes comme madame de Montmorency ! J'aurais peut-être alors chassé Talleyrand. »



« Une première faute, de l’aveu de l’Empereur lui-même, avait été la date du départ de l’île d’Elbe.
[…]
J'ai commis une autre faute. Je suis parti trop tôt de l'île d'Elbe. J'aurais dû attendre que le congrès fût dissous et les rois retournés chez eux. Mais on m'a trompé; on m'a dit que le congrès était dissous quand il ne l'était pas.»



« Il nous parla de son mariage, et du tort qu'il avait eu d'épouser une Autrichienne : « Je croyais, nous dit-il, l'empereur François un bon homme; je me suis trompé : ce n'est qu'un imbécile ; il s'est fait sans s'en douter l'instrument de Metternich pour me perdre. J'aurais bien mieux fait, après Wagram, d'écouter les vœux ambitieux de ses frères, et de diviser sa couronne entre l'archiduc Charles et le grand duc de Wurtzbourg. J'aurais dû rendre la Hongrie indépendante aussi ; c'eût été d'une immense importance pour l'avenir de la race slave.
Voilà mes fautes
[…]
Mon mariage avec [Marie-Louise] m'a perdu, parce qu'il n'est pas dans ma nature de pouvoir croire à la trahison des miens, et que, du jour de mon mariage avec Marie-Louise, son père est devenu, pour mes habitudes bourgeoises, membre de ma famille. II m'a fallu plus que l'évidence pour croire que l'empereur d'Autriche tournerait ses armes contre moi, et détrônerait, dans l'intérêt d'un Bourbon, sa fille et son petit-fils ; sans cette confiance, je n'aurais pas été à Moscou, j'aurais signé la paix à Châtillon. »



« J'ai fait une grande faute de laisser le commandement de l'armée à Murat, l'homme le plus impropre pour de telles circonstances, ainsi que Berthier. J'aurais dû le laisser à Eugène, c'est une tête carrée qui aurait au moins suivi mes ordres.
[…]
J'ai fait une autre faute, c'est de n'avoir pas fait entourer Wilna de palissades avec une quinzaine de redoutes, comme à Dresde. »



« Peut-être ma faute principale, dans la campagne de 1814, est-elle de n'avoir pas pris d'assaut Vitry en venant d'Arcis.
[…]
C'est une grande faute; j'aurais dû reconnaître Vitry par moi-même et l'enlever de vive force, cela aurait arrêté court les alliés. Mais quand je pensais à l'assaut, on me dit que j'allais perdre ma garde. J'eus tort de céder »



« L'expédition de Saint-Domingue est une des plus grandes fautes que j'aie commises; c'est Joséphine qui me l'a fait faire ; c'est ma plus grande faute comme administrateur : j'aurais dû traiter avec Toussaint Louverture, et le nommer vice-roi à Saint-Domingue comme Eugène l'a été en Italie. »



« Je croyais […] avoir ramené [Metternich] à ma cause, et je me laissai aller à lui dire : Je vous ai donné vingt millions, en voulez-vous vingt autres ? je vous les donnerai. Mais combien l'Angleterre vous offrait-elle donc ?
La foudre n'a pas d'effet plus prompt. La pâleur mortelle de M. de Metternich me prouva l'énormité de ma faute. Je venais de m'en faire un ennemi irréconciliable.
Ces fautes appartiennent à ma nature impressionnable ; il y a chez moi de certaines cordes qui vibrent avec la violence de la foudre quand par malheur elles sont heurtées dans leur susceptibilité d'honneur ou de patriotisme ; c'est comme ma sortie à cet ambassadeur anglais qui osa me rappeler la bataille d'Azincourt. A Dresde, c'est différent, je suis impardonnable. »



« Quand je reporte ma pensée sur les fautes que j'ai faites et qui ont amené les alliés en France, je me sens accablé de remords. Quelle faute d'avoir accordé une suspension d'armes après la victoire ! Si j'avais donné un coup de collier de plus, l'armée russe et l'armée prussienne étaient anéanties, et je dictais la paix. »



« L'Espagne était sauvée de l'avenir qui l'attend ; l'Empire serait sorti vainqueur de sa lutte à mort contre les rois de droit divin, si j'avais ratifié le traité de Valencay le lendemain de sa signature. Quelle faute !
[…]
[Le] traité [de Valençay] signé, [Ferdinand] offrit de nouveau d’épouser une de mes nièces. Je n’acceptai ni ne refusai. J’eus tort.»



« Quand les désastres de la campagne de Moscou me firent une nécessité de rappeler sur le Rhin mes armées d'Espagne, le duc de Bassano, qui alors avait le portefeuille des affaires étrangères, me proposa de mettre un terme à deux complications devenues bien dangereuses, en rendant le pape à Rome, ce qui calmerait bien des irritations religieuses, et en renvoyant Ferdinand en Espagne, ce qui paralyserait l'action puissante des cortès, ramènerait en France cent mille hommes de vieilles troupes, et ôterait toutes craintes du côté du Midi jusqu'à la fin de la lutte terrible engagée avec le Nord.
J'ai eu le tort de n'admettre définitivement que la première partie de ce conseil, et je signai le concordat de Fontainebleau. Je ne pouvais me résoudre à renoncer aux grands résultats que j'avais droit d'attendre de mes immenses sacrifices en Espagne, depuis 1809. Car alors l'Espagne était conquise, lorsque les démonstrations hostiles de l'Autriche m'avaient obligé à laisser la conduite des affaires au roi Joseph et à mes maréchaux. En moins de trois mois, quatre armées espagnoles, fortes ensemble de cent soixante mille hommes, avaient été battues et dispersées. Madrid et Saragosse étaient tombés au pouvoir des Français. L'armée anglaise avait été forcée de se rembarquer après avoir éprouvé des pertes énormes. J'aurais dû réfléchir aux changements survenus depuis cette époque dans les affaires de la Péninsule ! »



« [A propos de Joseph,] j’ai eu grand tort de le faire roi, surtout en Espagne. Il fallait là un roi ferme et militaire.»



« Je ne pouvais oublier que les malheurs de 1813 et 1814 venaient de mon intervention dans les affaires d'Espagne; ce sont les événements de Bayonne qui ont détruit ma moralité en Europe, divisé mes forces, multiplié mes embarras, ouvert une école à l'armée anglaise. J'ai fait d'ailleurs de grandes fautes dans le choix de mes moyens d'action, car la faute est bien plus dans les rouages que dans le principe. »



« [A propos de la reddition aux Anglais], j’ai eu tort de le fier à leur gouvernement. L’Empereur François ou l’Empereur Alexandre m’auraient mieux traité. »



« C'est une chose curieuse, que l'histoire ne dira probablement pas, et qui cependant est bien vraie : toutes les fautes que j'ai faites, je les ai faites par lassitude des obsessions dont j'étais l'objet de la part de mon entourage. C'est pour avoir cédé à l'avis de mes maréchaux que j'ai perdu mon armée dans la retraite de Russie ; je voulais marcher de Moscou sur Saint-Pétersbourg ou revenir par le sud, je ne voulais à aucun prix reprendre la route de Smolensk et de Wilna. C'est encore mes maréchaux qui sont cause des désastres de Leipzig : ils n'ont jamais voulu que je descendisse l'Elbe et revinsse par Magdebourg sur Wesel ; ils se refusaient à comprendre les avantages immenses de ce mouvement, qui me renforçait de toutes les garnisons des places de l'Elbe, et qui me plaçait sur le Rhin de manière à en rendre le passage impossible aux armées alliées. »



« Les prétendants sont toujours, quelle que soit leur valeur personnelle ou celle de leur prétention, un grand danger dans les temps de crise nationale ; je les ai trop méprisés, j'ai eu tort. Si, en 1814, il n'y avait pas eu de Bourbons, je serais sur le trône. »



« J'aurais dû donner à Soult le commandement de la garde. Il ne voulait pas que j'employasse Ney. J'aurais dû, dès le 15, coucher à Fleurus. J'aurais dû donner à Suchet le commandement de Grouchy, et donner à Grouchy le commandement de toute la cavalerie, du moment que je n'avais pas Murat ; il aurait arrêté, par une charge à fond, le mouvement de Blücher : voyez à Arcis !
[…]
J’aurais dû donner à Suchet un corps d’armée avec moi, envoyer Davout pour organiser l’armée un mois d’avance, nommer Clausel ministre de la guerre. »



« Je n’ai aucun crime à me reprocher dans toute ma carrière. Des fautes ! oui.»





Tiré du Journal de Sainte-Hélène, de Gourgaud :



« J’aurais mieux fait de rester en Egypte : je serais à présent empereur de tout l’Orient. »
[…]
Si j'étais resté en Orient, j'aurais probablement fondé un empire, comme Alexandre, en me rendant en pèlerinage à la Mecque, où j’aurais fait des prières et des génuflexions, mais je n’aurais voulu le faire que si cela en eût valu la peine et non agir comme cet imbécile de Menou. »



« J’aurais dû […] faire pendre Fouché.
[…]
J’aurais dû, il est vrai, faire fusiller Fouché aussitôt après mon arrivée [à Paris, lors des Cent Jours].
[…]
Ce que j’ai à me reprocher, c’est de n’avoir pas fait couper la tête à Fouché
[…]
J’aurais dû, dès lors, faire fusiller le duc d’Otrante, mais Laffitte m’en a empêché.»



« Je suis parti trop tôt de l’île d’Elbe. Je croyais le Congrès dissous »



« J’ai peut-être eu tort de former des Chambres ; j’ai cru que cela me serait utile et me procurerait des moyens que je n’aurais pas eus en restant dictateur. J’ai eu tort de perdre un temps fort précieux en m’occupant de constitution, d’autant plus que mon intention était d’envoyer promener les Chambres une fois que je me serais vu vainqueur et hors d’affaire. Mais c’est en vain que j’ai espéré trouver des ressources dans ces Chambres. Je me suis trompé. Elles m’ont nui avant Waterloo et m’ont abandonné après.
[…]
« [Après Waterloo,] j’aurais dû aller aux Chambres tout en arrivant. Je les aurait remuées et entraînées, mon éloquence les aurait enthousiasmées. J’aurais fait couper la tête à Lanjuinais, à la Fayette, à une douzaine d’autres. J’ai d’abord commis une faute en laissant Lanjuinais comme président : il fallait mettre là Carnot, qui, au ministère, n’était pas si utile qu’à la Chambre ; c’est un homme qui connaît les révolutions et a beaucoup de courage. J’aurais dû mettre Davout à la tête de l’armée, une quinzaine de jours avant mon départ de Paris, pour bien l’organiser. »
[…]
« Peut-être eût-il mieux valu ne pas créer des Chambres mais je voulais donner une garantie à la nation.
[…]
Je n’aurais pas dû employer La Bédoyère pair, ni même aide de camp. Exelmans… la bête… ne parlait que de constitutions. Oui, j’ai commis une sottise en en promulguant une ! j’aurais dû former un conseil se dictature sous la présidence de Carnot. »
[…]
[J’] aurais changé [les Chambres]. J’avais été obligé de les faire ainsi, croyant qu’elles me fourniraient des moyens d’agir, je me suis trompé : elles m’ont été plus nuisibles qu’utiles. Après Waterloo, j’aurais encore bien pu les chasser, j’avais six mille hommes de la garde, les fédérés, mais c’était l’anarchie… Si j’avais prévu ce qui est arrivé… Je pense que n’importe quel autre projet eût été préférable à celui que j’ai suivi, mais j’avais des chances pour moi. De l’autre côté, il aurait fallu bien du sang et sans espoirs de résultat !
[…]
J’aurais dû [envoyer] faire f[outre] [les libéraux]. C’est par le peuple que j’étais fort, j’aurais dû aller à Rouen, Lille, Strasbourg, Metz, cela eût bien mieux valu !
[…]
Je n’aurais pas dû créer de Chambres ; il m’aurait fallu me déclarer dictateur, mais on pouvait espérer que les Alliés, me voyant appeler les Chambres, prendraient confiance en moi. »



« J’ai eu grand tort d’employer Ney. »



« J’aurais dû en partant des Quatre-Bras laisser seulement Pajol, avec la division du sixième corps, à la poursuite de Blücher et tout emmener avec moi. »



« J’ai mal fait d’empêcher le roi de Saxe de marier la princesse Auguste avec François. Je craignais que cela ne portât le roi vers l’empereur, tandis que le contraire eut lieu.
[…]
J’ai eu bien tort, après Tilsitt, d’avoir refusé au bon ri de Saxe mon consentement au mariage de la princesse Auguste avec l’empereur d’Autriche ; peut-être que bien des choses ne seraient pas arrivées. » »



« Après Wagram, j’aurais bien fait de faire de l’Empire trois royaumes distincts : Autriche, Bohême, Hongrie. »



« L’affaire de Saint-Domingue a été une grande sottise de ma part.
[…]
C’est la plus grande faute que j’aie commise en administration. J’aurais dû traiter avec els chefs noirs comme avec les autorités d’une province, nommer des officiers nègres dans des régiments de leur race, laisser comme vice-roi Toussaient Louverture, ne point y envoyer de troupes, laisser tout aux noirs, si ce n’est quelques conseillers blancs, un trésorier par exemple ; encore j’aurais dû vouloir qu’ils épousassent des femmes noires. »



« J’aurais dû faire couper le cou à Dumanoir. »



« La langue française n’est pas une langue faite. J’aurais bien dû la fixer. »



« J’aurais dû coucher le 15 [juin 1815] à Fleurus. »



« [En 1815,] je n’aurais pas dû employer Vandamme. J’aurais dû confier à Suchet le commandement que j’ai donné à Grouchy. Il fallait avoir là plus d’élan que ce dernier, qui n’était plus bon qu’à exécuter une belle charge de cavalerie, tandis que Suchet a plus de feu et connaît miuex la manière de faire la guerre.
[…]
J’aurais dû […] mettre Lobau [au commandement de la Garde]. Drouot avait trop d’affaires et n’entend pas bien le maniement des troupes.
[…]
J’aurais dû emmener Suchet avec moi, envoyer Drouot organsier l’armée dès le mois de mars et nommer Clauzel ministre de la guerre.»

« J’aurais peut-être dû, envoyant l’immense supériorité des Prussiens, battre plus tôt en retraite. »



« [Suite à Waterloo], j’aurais dû me retirer chez l’empereur d’Autriche.
[…]
Certainement, j’aurais mieux fait de me rendre en Autriche, plutôt qu’en Angleterre »



« J’aurais peut-être mieux fait de prendre Pétersbourg, siège du gouvernement et des affaires. »



« J’eus tort de rester trente-cinq jours au Kremlin, j’aurais dû y rester quinze jours seulement. J’aurais dû, après mon entrée à Moscou, détruire les débris de Koutouzow. J’aurais dû passer à Malo-Iaroslavetz et marcher sur Toula et Kalouga ; proposer aux Russes de ma retirer sans rien détruire ! »



« J’ai eu le grand tort de placer Mme de Montebello auprès de l’Impératrice : j’aurais dû mettre là Mme de Beauveau. »



« [En 1813], mon tort est d’avoir employer Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades, et aurait pu secourir Vandamme. »



« A Dresde, [Narbonne] me pressait de faire la paix, quoique convaincu que l’Autriche ne la désirait pas sincèrement. J’aurais mieux fait de suivre son conseil ; j’aurais dû le mettre au ministère des Relations extérieures, à la place de Caulaincourt, qui n’a pas d’esprit, ne sait pas écrire, qui était un excellent chef de Ecurie »



« La Provence s’est montrée contre moi, parce que j’ai dit, lors du siège de Toulon, que les Provençaux faisaient de mauvais soldats. Les princes devraient faire bien attention à leurs paroles. »



« Je n’auaris pas dû passer la Vistule, c’est la prise de Magdebourg qui m’a porté à entrer en Pologne. J’ai mal fait, cela m’a entraîné dans de terribles guerres, mais la pensée du rétablissement de la Pologne était belle. »



« J’aurais dû décréter que la maison de Hohenzollern avait cessé de régner. »



« [En 1807,] je me suis trop pressé, j’aurais dû rester une année sur le Niémen et en Prusse à reposer et à réorganiser mon armée, puis manger la Prusse. »



« Si [j’]avais laissé [Desaix] en Egypte, j’aurais conservé ma conquête. »



« J’ai eu tort de ne pas employer Lecourbe plus tôt, il se serait bien formé à mon système et m’eût été fort utile. Très brave, il valait mieux que Ney ; mais je le sentais mon ennemi et j’ai eu peur. »



« [En 1812,] j’ai commis une grande faute en laissant le commandement à Murat, l’homme le plus impropre à réussir dans telles circonstances, ainsi que berthier. J’aurais dû laisser à l’armée Eugène, tête carrée, mais qui au moins aurait exécuté mes ordres. »



« J’ai commis une grande faute en n’entourant pas Wilna de palissades, avec une quinzaine de redoute, comme à Dresde. »



« J’ai trop compté sur le gain de la bataille à Waterloo. C’était la cheville ouvrière de mes opérations. J’ai trop compté dessus. Tout en dépendait. »



« J’ai eu grand tort [de] faire [de Joseph] un roi, surtout en Espagne, où il fallait un souverain ferme et militaire. »



« A Dresde, quand j’ai su que la Suède et la Turquie ne se déclaraient pas pour moi, j’aurais dû ne pas m’y engager. »



« Mon grand tort est d’être resté aussi longtemps [à Moscou]. Sans cela, mon entreprise était couronnée de succès. »



« J’aurais dû faire fusiller Bernadotte, je m’en repens de ne l’avoir pas fait, mais il est venu pleurer chez Berthier. »



« Je me suis cru trop sûr de […] battre [les Anglais, en 1815] ! J’avais deviné leur mouvement, peut-être aurais-je dû attendre quinze jours ? Peut-être ai-je mal fait d’attaquer. La Russie et l’Autriche n’auraient certainement pas agi. »



« J’aurais dû […] changer [la dynastie régnante prussienne], je le pouvais. »






Tiré des Cahiers de Sainte-Hélène, de Bertrand :


« J’ai été ingrat pour les Corses, je me le reproche, j’aurais dû faire davantage. »



« J’aurais dû aller en Corse après la première et même la seconde abdication. »



« [L’Angleterre] m’offrait de me reconnaître roi de France et de me donner trente millions »J’aurais pour Malte. Peut-être eût-il été plus sage de continuer la paix. »



« [En 1815,] j’aurais dû […] aller coucher [à Fleurus], au lieu de revenir à Charleroi. »



« Au retour d’Autriche, j’aurais dû moi-même conduire l’armée de Masséna. »



« La faute impardonnable est de n’avoir pas remis Ferdinand sur le trône après la campagne de Russie.
[…]
Après la campagne de Russie, j’aurais dû replacer Ferdinand sur le trône. Cela finissait les affaires d’Espagne. Je ramenais sur le Rhin l’armée d’Espagne et surtout ma cavalerie. Mais le désastre de Vitoria est arrivé dans le moment où se décidait le Congrès de Prague. Quinze jours plus tôt, j’aurais eu un avertissement qui m’eût guidé. Quinze jours plus tard, les choses étaient décidées. Oui, vraiment, quand la fatalité poursuit un homme, tout tourne contre lui » »



« Dans la campagne de Russie, j’aurais dû ne rester que quinze jours à Moscou »



« [Suite à la campagne de Russie,] j’aurais dû laisser la conduite au prince Eugène qui m’eût obéi, qui avait la droiture d’esprit proportionnée (à ce rôle) ; c’est celui qui eût le mieux réussi.
[…]
Ca été un malheur que le prince Eugène n’ait pas eu le commandement. La faute est de ne pas le lui avoir donné
[…]
La grande faute que j’ai faite fut de ne pas laisser le prince Eugène au commandement de l’armée.»



« [Suite à la campagne de Russie,] peut-être n’aurais-je dû quitter l’armée qu’à Wilna. »



« Je devais faire la paix [à Chatillon] parce que j’étais sûr ensuite de reconquérir la Belgique. »



« Si j’avais voulu chasser le Corps législatif, il m’eût fallu des actes de rigueur et dresser des potences. L’histoire me reprochera le contraire : trop de douceur et de faiblesse ; j’aurais dû agir avec plus de rigueur. »



« Dans cette campagne (1806) j’aurais dû supprimer la maison de Prusse et lui laisser seulement Koenigsberg, donner à la Saxe la Silésie et la Pologne, et placer Jérôme ou un autre à Berlin.
[…]
J’aurais dû détruire la Prusse.»



« La campagne de Pologne fut une faute. »



« Une des choses qui a peut-être eu la plus fâcheuse influence sur les affaires est la nomination de Carnot au ministère. Si je ne l’avais pas nommé, Carnot eût été président de la Chambre et les choses eussent tourné différemment. »



« Si j’avais retardé de huit jours la campagne de Waterloo, j’aurais eu six mille hommes de plus… J’aurais dû faire venir la plus grande partie de l’armée de Rapp, 10 000 hommes, envoyer Davout et l’armée et le remplacer au Ministère »



« Ayant échoué à Waterloo, j’aurais dû aller au Corps législatif et y prononcer le discours que je tins au Conseil des ministres »



« La faute que j’ai faite à Waterloo, c’est d’avoir couché à Fleurus.»



« Il eût mieux valu revenir un mois plus tard de l’île d’Elbe. J’eusse trouvé le Congrès dissous. »



« Mon grand tort est d’être venu chez les Anglais et d’être à Sainte-Hélène, car si j’étais en Amérique, tout serait bien. Ici tout est très mal. C’est une grande faute. »



« Je me suis opposé au morcellement de la Saxe. J’ai eu tort : cela nous eût rendu l’Empereur d’Autriche ami et nous n’aurions pas eu Wagram. »

« J’ai eu tort de m’écarter du principe reçu en France qu’il faut exiler un ministre. Il fallait le faire pour Fouché comme pour Talleyrand. C’était un principe de la monarchie de ne jamais renommer un ministre disgracié. Ce fut cet imbécile de Savary qui s’était laissé duper par Talleyrand et Cambacérès qui m’en empêcha en me disant que je n’avais rien à craindre. J’eus le plus grand tort de nommer Fouché ministre une seconde fois. La troisième fois, on ne peut pas dire que c’est ma faute : je ne connaissais pas l’état des choses. »



« Je n’eus pas dû nommer Caulaincourt au ministère. Je me l’étais promis à l’île d’Elbe. Caulaincourt ne devait être que Grand Ecuyer.
[…]
Narbonne était celui qui me convenait le mieux au Ministère des Affaires étrangères.»



« [En 1815,] je ne devais pas assembler les Chambres : elles m’ont donné beaucoup d’ennuis. Les circonstances étaient trop urgentes. Il fallait ne soumettre à l’acceptation du peuple que mon élection au pouvoir, me faire nommer dictateur [avec] un conseil de dictature.
[…]
Au retour de l’île d’Elbe, j’ai commis plusieurs fautes : de convoquer le Corps législatif ; la deuxième : de nommer Fouché ministre ; la troisième : de ne pas faire couper la tête à Fouché ; la quatrième : de nommer Carnot ministre ; il fallait le laisser pour présider la Chambre.
1° Il fallait se borner à faire voter l’Empire par le peuple et ne pas commencer par proposer une constitution – réunir l’assemblée à Tours, par exemple, la composer de 60 personnes : elle eût bavardé, on eût gagné du temps. Il était évident que le Corps législatif serait mauvais. La France voulait de la gloire plutôt que la liberté. Que faisaient à la France quelques bavards ?
2° Je ne devais pas nommer Fouché ministre. C’était un principe dont on ne devrait jamais s’écarter dans une monarchie de ne jamais nommer un ministre disgracié. Il fallait l’exiler hors de Paris.
[…]
3° Il fallait faire fusiller Fouché ou du moins l’éloigner du moment qu’on l’avait pris négociant et trahissant. Sans lui, les Chambres n’auraient jamais agi comme elles l’ont fait. Elles se sentirent soutenues et dirigées par lui. C’est lui qui a a fait chercher Lafayette, qui a tout encouragé, tout soutenu. Cet exemple en eût imposé.
4° Il ne fallait pas nommer Carnot ministre. Il était mauvais ministre. Il avait perdu les affaires de vue. Il allait chercher des terroristes et ne connaissait plus les personnes qui me convenaient.
[…]
Dès le début, les députés ne voulurent pas prêter le serment. On ne pouvait donc rien en attendre après Waterloo. Il fallait les renvoyer ou les fructidoriser.»



« J’ai eu tort de ne pas employer [le tribun] Ginguené. C’était un homme à placer. »



« La duchesse de Montebello fut un mauvais choix, à cause de son père qui avait été valet de chambre. »



« Si Talleyrand avait eu du talent à Iéna, il m’eût conseillé de détruire la Prusse. »



« Le mariage avec Marie-Louise est la plus grosse faute. Je devais épouser une Russe. Primo, je n’eus pas fait la guerre avec la Russie. Secundo, le mariage avec une autrichiennes était contre mon système. »



« Je pense que j’ai eu tort de na pas causer davantage avec les femmes.
[…]
Ce que je regrette le plus, c’est de n’avoir pas causé avec les femmes. »



« Ce n’est, au reste, à aucun des principes adoptés pour l’Intérieur qu’il faut attribuer la catastrophe de l’Empire.
Les désastres de la guerre de Russie en ont été les seules causes. J’avais réussi dans tout ce que j’avais entrepris, je n’ai pu parer à cela. A Dresde, peut-être aurais-je pu traiter avant, lorsque l’Empereur de Russie était à Kalisz. Ce devait être la première faute.
[…]
J’hésitais. Les Autrichiens craignaient l’armée d’Espagne. […] Mais dans ce moment arriva la nouvelle de Vittoria. On sut le succès de l’armée anglaise et que loin de pouvoir ramener l’armée française sur le Rhin, nous ne pouvions pas même arrêter l’armée ennemie sur nos frontières. L’Autriche fut alors tout à fait décidée.
Les fiats prouvent que je pouvais reculer, puisque, 48 heures après la bataille de Dresde, M. Metternich écrivit pour demander la paix. Les Autrichiens sont toujours à genoux dès qu’ils sont battus. Mais le désastre de Vandamme arrêta ces propositions et releva le courage des Allemands.
[…]
Lorsque j’ai été battu à Dresde, je devais faire la paix.
[…]
Je devais m’arranger à Dresde.
[…]
Quand [après la nouvelle de la défaite de Vittorie, les Autrchiens] surent que j’étais empêché et qu’il n’y avait plus moyen de rappeler l’armée d’Espagne, [ils] se décidèrent à la guerre. Quand une fois le malheur poursuit quelqu’un, tout semble conspirer contre lui. »



« Après un si grand succès que celui d’Iéna et la reddition de Magdebourg je ne pus résister au désir de profiter de ma victoire ; mais ayant ainsi humilié un ennemi, je devais l’anéantir. A Tilsitt, je le pouvais. La Russie eût abandonné la Prusse. J’avais été absent de Paris depuis 8 ou 10 mois. Je voulais y revenir et je me hâtai de conclure. C’est là une excuse mais non une raison. Le fait est que je pouvais anéantir la Prusse et le devais. Jamais je n’aurais dû lui laisser la Silésie. La Russie n’avait plus d’armées, elle ne pouvait déclarer la guerre, elle eût sacrifié la Prusse.
[…]
La plus grande faute que je fis et que me reprochera l’histoire est de n’avoir pas chassé la Maison de Brandebourg.
[…]
Je devais laisser le roi de Prusse à Koenigsberg et mettre le roi Jérôme à Berlin, lui laisser la Silésie et la Pologne. »



« Après les affaires de Russie, je devais finir les affaires d’Espagne qui ne pouvaient réussir, de même que dans un voyage à Fontainebleau, j’avais fini mes affaires avec le Pape : par une transaction. Je devais aller à Valençay, en 48 heures terminer avec Ferdinand, l’envoyer en Espagne t retirer mon armée. Alors avec cette armée, j’étais maître de l’Allemagne.
[…]
Après l’affaire de Russie, je devais […] renvoyer Ferdinand en Espagne en lui donnant une femme. »



« Il fallait […] laisser [les réserves nouvellement levées et les 10 000 hommes des Gardes d’Honneur] sur le Rhin à Wurchen. Au retour de Leipzig, j’eusse trouvé 100 000 hommes de troupes exercées, 80 000 hommes de cavalerie, qui ne m’ont servi de rien et m’auraient été fort précieuses et fort utiles. La Hollande ne se fut pas insurgée »



« J’aurais dû, au retour de Leipzig, lever sur-le-champ 100 bataillons de grades nationaux. Ils pouvaient être sur le Rhin à la fin décembre ou au commencement de janvier. »



« La plus grande faute est d’avoir fait l’armistice de Silésie. J’avais un succès et le dessus sur l’ennemi. Je devais en profiter, le pousser, ne pas accorder d’armistice. Si je m’étais porté, avec 150 000 hommes sur Breslau, faisant insensiblement appuyer sur moi ma droite, il fallait que l’ennemi évacuât la Silésie et que les Russes repassent la Vistule. Alors l’Autriche ne se déclarait pas. La Pologne s’insurgeait. La question était toute différente. »



« A Châtillon, j’aurais pu signer la paix, et l’avoir un peu meilleure que celles des Bourbons, mais peu. C’est la seule circonstance où j’aurais pu signer la paix.
[…]
Mon grand tort à Châtillon : je devais faire la paix.»



« Je n’aurais pas dû nommer le duc de Raguse ni Oudinot maréchaux. Ils devaient gagner une guerre. »



« [En 1813,] j’aurais dû porter la guerre sur la Saale. »



« Je pense avoir eu tort [d’éloigner Talleyrand] : il m’eût été utile en quelques circonstances. »



« J’ai fait une faute de faire Junot gouverneur de Paris […] il était trop nouveau. »



« Il ne fallait à Naples qu’un vice-roi et non un roi. »



« Jérôme a porté en Allemagne le luxe et les débordements de la cour de Westphalie. Il y fallait un gouvernement simple. J’ai fait là une nouvelle faute. Il fallait fortifier le roi de Saxe, comme puissance, conséquemment lui donner la Silésie et le Grand Duché de Varsovie. »



« J’ai bien regretté depuis de ne pas […] avoir apprécié {Eblé] plus tôt. Je l’avais écarté d’abord parce que je le croyais un homme de Moreau et que ma politique ne me permettait pas d’employer des gens douteux. »



« Je fus sur le point, lorsque je vis le mouvement de Blücher, de me porter sur la droite de l’ennemi en changeant ma ligne d’opération par la route de Nivelles. Cela eût été plus raisonnable. »



« Il eût fallu à Waterloo, au lieu de Drouet d’Erlon avoir Lecourbe. »



« Murat n’était pas fait pour le rang auquel je l’avais élevé. Le malheur fut de lui avoir fait épouser ma sœur. »



« J’ai eu tort de faire épouser une Bavaroise à Berthier. »



« La plus grande faute que j’ai faite est l’expédition d’Espagne. J’ai été conduit à cette expédition par l’opinion qu’il fallait chasser d’Espagne les Bourbons pour être sur le trône de France. Je les croyais plus puissants qu’ils n’étaient. J’avais là-dessus des idées erronées.
[…]
Si je m’étais douté des difficultés qui sont survenues, je n’eusse certainement pas entrepris cette expédition. Et ces difficultés qui m’on fait échouer et font condamner aujourd’hui mon entreprise, par cela même qu’elles étaient inattendues, sont ma justification, car on ne pouvait les prévoir. »



« L’affaire d’Espagne n’était pas faisable avec Joseph. Le connaissant, je devais le savoir. C’était l’homme le plus incapable et précisément l’opposé de ce qu’il fallait, par la raison qu’il ne faisait pas et ne voulait pas laisser faire. »



« C’a été une grande faute [que la campagne de Russie], tant que les évènements d’Espagne n’étaient pas finies. Si ai lieu de donner le commandement de mon aile au prince Jérôme, j’avais nommé Poniatowski maréchal, et l’eusse fait commandant de cette aile, l’expédition était probablement toute différente, et Bagration eût été perdu. »



« Après la bataille de Mojaïsk, j’aurais dû revenir par une autre route. Tous mes malheurs alors n’arrivaient pas. »



« J’aurais dû employer Lecourbe au lieu de Ney qui était trop ignorant et très médiocre. »



« Ce qui m’a perdu, c’est trop d’ambition et un caractère enflammé. »

« J’aurais dû […] appeler [Lecourbe] à Waterloo et, en général, lui faire le chemin que je fis faire à Ney. »



« Je regrette de n’avoir pas employé deux heures par jour à causer avec les Dames du Palais ; elles eussent été au bout de quelque temps à l’aise avec moi ; elles eussent vu ce qui m’intéressait, eussent fait provision de ce que je désirais savoir. C’eût été le meilleur espionnage. »



« J’aurais dû ôter au Prince Eugène tous les aides de camp qui ne lui étaient bons à rien et ne lui laisser que ceux qui lui étaient utiles, soit pour faire des discours, soit pour faire des rapports difficiles sur les finances. »



« En revenant de Rastadt,] j’aurais dû m’arrêter à Fribourg, à Berne et renvoyer les fêtes qu’on m’avait préparées. J’eus ainsi « gagné » la Suisse. C’est une faute que j’ai faite. »



« Je regrette de ne pas […] avoir employé [Guiguené] […] J’aurais pu l’envoyer en Illyrie sous prétexte de compléter son ouvrage. C’eut été un très bon espion. »



« Ma faute est de n’avoir pas détruit la Prusse, ou après l’échec de Moscou, de ne pas l’avoir rétablie »



« Je n’ai pas fait la paix à Moscou. J’ai eu tort. J’aurais duû la faire. La preuve en est que me voici à Sainte-Hélène. »



« Si, au lieu de marcher sur Moscou, j’eusse marché sur Pétersbourg, j’aurais eu la paix. »



« Lorsque Blücher s’était avancé sur Versailles, quand j’étais à Malmaison, j’avais le projet de me mettre à la tête de l’armée, peut-être aurais-je dû le faire. J’eus certainement battu Blücher. Alors tout s’en allait. »



« J’ai fait une faute en ne faisant pas fortifier Wilna, où j’avais tous mes dépôts et mes ressources. »



« J’aurais dû faire fortifier Varsovie. Les Polonais l’auraient bien fortifiée. Je devais la fortifier »



« J’aurais pu avoir le roi de Prusse en donnant la fille de Joseph en mariage à son fils et en lui rendant ses places. »



« J’aurais dû donner l’Instruction [publique] à Arnault. »



« Nul doute que si j’avais suivi mon succès de Dresde, on avait la paix. J’aurais dû fortifier davantage Dresde, je le pouvais ; faire d’abord une redoute de plus, comme il a été fait par la suite. Si Dresde eût été une place qui pût tenir six jours, la question était décidée : j’eusse été le maître de l’Europe. »



« Si j’ai fait une faute, c’est d’avoir signé l’armistice [de Pleswitz]. »



« J’ai eu tort, je crois, [d’] avoir écarté [Choiseul-Gouffier].

« J'aurais dû faire pendre Fouché, Lanjuinais et La Fayette. »



« Si je n'avais pas voulu […] utiliser [ma famille], j'aurais réussi plus aisément. »



« Je crois que si j'avais sacrifié Joseph, j'aurais réussi. »



« Après Leipzig, je devais marcher sur Hambourg, quand même l'ennemi l'eût occupé. Avec la nombreuse artillerie que j'avais, j'aurais forcé la ville à capituler... »



« La plus grande faute de ma campagne [1814] est de n'avoir pas pris Vitry la première fois. Cela était facile d'envelopper cette petite place avec mon immense artillerie, le succès était certain. De là sont venus tous les malheurs de la campagne.
La deuxième faute a été, après Craonne, d'avoir marché sur Laon. J'aurais dû revenir de suite sur Reims et faire de suite ce que j'ai fait quelques jours après : alors on eût eu la paix. »



« Après les événements de Russie, l'Empereur eût dû faire sur-le-champ son traité avec Ferdinand d'Espagne et le renvoyer en Espagne, faire revenir trois cent mille hommes de vieilles troupes. Cela joint à ce qu'il avait avec lui, il aurait envoyé le maréchal Soult avec cent cinquante mille hommes sur Dantzig et aurait marché (lui-même) avec deux cent mille hommes sur Varsovie. Tout était fini. Si la Prusse s'était déclarée, il devait donner à la Saxe la Silésie et porter le roi de Wurtemberg à Berlin. Aussi, il n'y avait rien à faire en Espagne ; il y fallait un homme. »



« J'ai fait une grande faute de laisser à Joseph le commandement de Paris. Sa faiblesse a tout perdu. »



« J'ai eu tort de […] donner [à Joséphine] trois millions après le divorce. Un million suffisait. Le reste était volé et ne servait qu'à faire la fortune de ceux qui l'entouraient. »



« J'ai des fautes à me reprocher mais pas de crimes. »

Mathieu Dampierre

Re: Erreurs de Napoléon

Message par Mathieu Dampierre »

Merci pour cet intéressant rappel " Cyril Drouet ". Qu'on ne dise pas que l'empereur ne savait pas reconnaître ses fautes. :?
Il y a peut-être une erreur de virgule ici:
« Si Talleyrand avait eu du talent à Iéna, il m’eût conseillé de détruire la Prusse. »
En plaçant la virgule après talent on obtient un sens différend, plus proche me semble t-il du ton acerbe qu'utilisait souvent Napoléon à l'égard du diable boîteux.



;)

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Re: Erreurs de Napoléon

Message par L'âne »

Cher Mathieur DAMPIERRE,
Je me permets de rappeler que l'idée du Blocus Continental est antérieure même Directoire :
En France le projet d’une expédition en Égypte est une idée qui germe à diverses époques, mais il est traversé, dès l’origine, par des considérations qui s’imposent à la prudence. Leibnitz dit à Louis XIV : « La conquête de l'Égypte assure la possession des Indes, le commerce de l'Asie et la domination de l'univers ». Le roi reconnaît le grand intérêt économique pour la France mais n’entreprend rien. Choiseul intervient auprès de Louis XV, mais la désastreuse impéritie du gouvernement aboutit à l’abandon des Indes et de toutes les colonies. Louis XVI élude le sujet et finalement le projet est déposé au ministère des relations extérieures pour y être repris par Talleyrand, en février 1798, dans des communications à l’Institut.
(Extrait du bouquin que j'aimerais bien finir...un jour...)
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Le Briquet

Re: Erreurs de Napoléon

Message par Le Briquet »

Parmi les fautes que Napoléon a reconnues à Sainte-Hélène selon les écrits de Montholon, il y en a qui reposent sur du rêve. Je pense à l’empire oriental ou à la contre-attaque après Waterloo par exemple. Je doute aussi que rentrer de Moscou par le Sud eut été possible.
Il est déjà dans le mythe.

Je ne saurais dire quelle fut sa plus grande erreur, mais je pense que l'armistice de Pleiswitz fut malvenu. Mais il est toujours difficile de dire si l'armée française aurait pu continuer efficacement le combat dans l'état où elle était.

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Re: Erreurs de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

Mathieu Dampierre a écrit :
19 juil. 2017, 01:21
Merci pour cet intéressant rappel " Cyril Drouet ". Qu'on ne dise pas que l'empereur ne savait pas reconnaître ses fautes. :?
Il y a peut-être une erreur de virgule ici:
« Si Talleyrand avait eu du talent à Iéna, il m’eût conseillé de détruire la Prusse. »
En plaçant la virgule après talent on obtient un sens différend, plus proche me semble t-il du ton acerbe qu'utilisait souvent Napoléon à l'égard du diable boîteux. ;)

J'ai mis la virgule là où elle apparaît dans l'édition de 1959.
Vous pensez plutôt à « Si Talleyrand avait eu du talent, à Iéna il m’eût conseillé de détruire la Prusse » qui serait, selon vous, plus proche de la prose habituelle de l'Empereur, mais il faut cependant se rappeler que, malgré les coups de griffes, Napoléon reconnaissait les talents de diplomate de Talleyrand et s'est souvent montré élogieux à cet égard, comme par exemple chez Caulaincourt (Mémoires) :
« C’est le ministre le plus capable que j’ai eue. »

ou face à Montholon (Récits de la captivité de l'Empereur Napoélon à Sainte-Hélène) :
"Talleyrand était le ministre des affaires étrangères modèle"

Le Briquet

Re: Erreurs de Napoléon

Message par Le Briquet »

Ne pas oublier non plus que les citations ci-dessus ne sont pas de la main de Napoléon.

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Re: Erreurs de Napoléon

Message par L'âne »

Napoléon reconnaissait les talents de diplomate de Talleyrand
Bien évidemment ! Comment Napoléon aurait-il peu sinon pardonner l'attitude de Talleyrand, notamment à Erfurt ?
Certains auraient été bien plus sanctionnés que ne le fut le Prince de Bénévent.
Les deux hommes se savaient être des intelligences supérieures au service de leur pays et avaient besoin l'un de l'autre.
Par ailleurs, ils étaient liés depuis la Première Campagne d'Italie (correspondance sans s'être jamais rencontrés) puis le retour, "vingt batailles de gagnées..."
Ne pas oublier non plus que les citations ci-dessus ne sont pas de la main de Napoléon.
Tout à fait. Il faut ajouter à cela que les auteurs ont par conséquent interprété la pensée de l'Empereur et l'on traduite "comme si", c'est à dire avec l'intonation et l'intention de Napoléon. Peut-être a-t-il évoqué Waterloo, par exemple, avec plus de retenue, en faisant allusion à une option qui eut été possible.
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Re: Erreurs de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

Le Briquet a écrit :
19 juil. 2017, 09:22
Ne pas oublier non plus que les citations ci-dessus ne sont pas de la main de Napoléon.
Il faut certes se montrer prudent, mais à Caulaincourt et Montholon, on peut ajouter Mollien (Mémoires) :
« Nous n'étions pas toujours du même avis, Talleyrand et moi ; il lui est arrivé plus d'une fois de m'en donner de bons. »

Ou O’Meara (Napoléon dans l’exil) :
« Talleyrand, au contraire [de Fouché] a réellement joui de ma confiance pendant longtemps et il connaissait souvent mes projets un an ou deux avant que je les misse à exécution. Talleyrand a un talent supérieur »

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Re: Erreurs de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
19 juil. 2017, 10:42
Napoléon reconnaissait les talents de diplomate de Talleyrand
Bien évidemment ! Comment Napoléon aurait-il peu sinon pardonner l'attitude de Talleyrand, notamment à Erfurt ?
Si pour nous la trahison d’Erfurt est un fait bien connu ; tout cela était à l'époque bien nébuleux pour Napoléon. Si Talleyrand était pour lui un homme talentueux, mais enclin aux intrigues et aux complots, il ne l’imaginait pas à cette date les deux pieds dans la trahison aux côtés des Alliés.
Ainsi, il se posa longtemps la question du moment où Talleyrand était véritablement entré dans la félonie ; que ce soit à Fontainebleau devant Caulaincourt en avril 1814, ou alors face à Las Cases à Sainte-Hélène, il pensait dater la trahison de novembre 1813.
Ainsi confiait-il le 16 avril :
« Talleyrand me trahissait depuis six mois, je le savais ; j’aurais du le faire arrêter, mais je répugnais aux mesures de rigueur ; il m’avait très bien servi avant ; les affaires ont été tout le temps où je l’ai employé. »

« Je le savais »
En était-il si certain ?... Rappelons que Napoléon nomma Talleyrand le 23 janvier 1814 au Conseil de régence.

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Re: Erreurs de Napoléon

Message par L'âne »

Excellentes précisions Cher Cyril Drouet.
Merci.
...il m’avait très bien servi avant
Voilà qui est important.
Vive l'Épopée !
Aurea mediocritas

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