La paix après une grande victoire

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Avatar du membre
Bernard
Scribe
Scribe
Messages : 1626
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: La paix après une grande victoire

Message par Bernard »

Oui, durant ces quelques jours, un certain optimisme était de rigueur.
Mais, au congrès de Châtillon, Caulaincourt avait carte blanche pour signer la paix aux meilleurs conditions. C'est encore attesté par ce courrier du 5 février de Maret : “L’Empereur me charge de vous faire connaître, en propres termes, que Sa Majesté vous donne carte blanche pour conduire les négociations à une heureuse issue, sauver la capitale et éviter une bataille où sont les dernières espérances de la nation.” Puis, le 17 février, Napoléon, ragaillardi par ses succès, retire tous ses pouvoirs à Caulaincourt, sans vraiment le lui dire ; il ne lit plus ses courriers... jusqu'au 23 février où recommencent les atermoiements qui mènent à son abdication. Tout aurait pu changer si la paix avait été signée dès le début du congrès...

Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3850
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: La paix après une grande victoire

Message par Cyril Drouet »

Bernard a écrit :
23 oct. 2017, 20:50
au congrès de Châtillon, Caulaincourt avait carte blanche pour signer la paix aux meilleurs conditions.
[...]
Tout aurait pu changer si la paix avait été signée dès le début du congrès...

Mais de quelle paix s’agissait-il ? On peut à ce sujet se référer aux instructions de Napoléon à Caulaincourt en date du 5 février :
« Il faut donc décider tout de suite les affaires. Comme les alliés ont déjà arrêté les bases, vous devez les avoir déjà, les accepter, si elles sont acceptables, et, dans le cas contraire, nous courrons les chances d'une bataille, et même de la perte de Paris et de tout ce qui s'ensuivra. »

Par bases « acceptables », l’Empereur faisait ici référence à Francfort, comme il l’avait bien précisé à ce même Caulaincourt, un mois plus tôt, le 4 janvier :
« Je pense qu'il est douteux que les alliés soient de bonne foi, et que l'Angleterre veuille la paix ; moi, je la veux, mais solide, honorable. La France sans ses limites naturelles, sans Ostende, sans Anvers, ne serait plus en rapport avec les autres États de l'Europe. L'Angleterre et toutes les puissances ont reconnu ces limites à Francfort. Les conquêtes de la France en deçà du Rhin et des Alpes ne peuvent compenser ce que l'Autriche, la Russie, la Prusse ont acquis en Pologne, en Finlande, ce que l'Angleterre a envahi en Asie. La politique de l'Angleterre, la haine de l'empereur de Russie entraîneront l'Autriche. J'ai accepté les bases de Francfort, mais il est plus probable que les alliés ont d'autres idées. Leurs propositions n'ont été qu'un masque. Les négociations une fois placées sous l'influence des événements militaires, on ne peut prévoir les conséquences d'un tel système. Il faut tout écouter, tout observer. Il n'est pas certain qu'on vous reçoive au quartier général; les Russes et les Anglais voudront écarter d'avance tous les moyens de conciliation et d'explication avec l'empereur d'Autriche. Il faut tâcher de connaître les vues des alliés, et me faire connaître jour par jour ce que vous apprendrez, afin de me mettre dans le cas de vous donner des instructions que je ne saurais sur quoi baser aujourd'hui. Veut-on réduire la France à ses anciennes limites ? C'est l'avilir. On se trompe, si on croit que les malheurs de la guerre puissent faire désirer à la nation une telle paix. Il n'est pas un cœur français qui n'en sentît l'opprobre au bout de six mois, et qui ne la reprochât au gouvernement assez lâche pour la signer. »

Il n’était pas question des « anciennes limites » ; or ce sont celles-ci que proposaient les Alliées le 7 février. Voici ce qu’en dit le Journal de Floret, secrétaire de la légation autrichienne :
« L'ouvrage préparé pour la Conférence était la position très explicite de la nouvelle base de la paix : les anciennes limites de la France sauf quelques arrangements à prendre de gré à gré et sauf les restitutions à faire par l'Angleterre.
La demande ayant été lue dans la séance, le duc l'écouta avec calme, il n'en paraissait nullement surpris : Vous me voyez ici dans une position bien pénible; si je devais me laisser emporter par un mouvement de chaleur, je vous prie Messieurs, de m'arrêter. Quand je suis venu ici, dit-il, je prévoyais qu'on me demanderait de grands sacrifices à faire, je pourrais dire, que ce qu'on demande aujourd'hui est tellement éloigné des bases proposées à Monsieur de St. Aignan [bases de Francfort] et qui avaient été encore bien plus positivement énoncées dans une déclaration postérieure, qu'on ne devait nullement s'y attendre, mais après les succès remportes depuis par vos armes vous avez cru y faire des changements. Après avoir placé légèrement cette observation, sans rejeter la demande, il dit que, pour y répondre, il était nécessaire de la connaitre plus en détail; il pria les plénipotentiaires de lui développer davantage par les sauf (sic) qui suivaient la demande, l'ancienne France se composerait de ses provinces et des colonies, l'Angleterre restituera-t-elle toutes celles qu'elle a conquises ? On répondit que la proposition portait sur les limites de l'ancienne France, que la proposition ne pouvait être entendue autrement que sur ses provinces continentales; les restitutions anglaises feraient l'objet des arrangements. Il continua d'observer que, puisqu'on demandait à la France des cessions, elle devait au moins connaitre l'usage qu'on en ferait, en faveur de qui on disposerait de ces pays, car il ne pourrait pas être indifférent à la France, si elle avait pour voisin une grande puissance ou un petit prince; que, faisant partie du système politique de l'Europe, elle avait droit de connaitre comment l'Europe serait composée ; qu'en outre, si on posait le principe que la France restituerait tout ce qu'elle a gagné depuis la révolution, il ne serait pas juste de ne pas appliquer le même principe à d'autres puissances. Cette dernière observation fut faite cependant très légèrement. Enfin, demanda-t-il, si j'acceptais votre proposition, signeriez-vous immédiatement et ferait-on cesser dans le moment l'effusion du sang ? Les plénipotentiaires répondirent à la seconde observation, que sur les arrangements de détail que la France désirerait, ce serait à elle de prendre l'initiative, qu'alors on entrerait dans toutes les explications, sur ce qu'elle avait intérêt de savoir, sans cependant qu'elle puisse prendre une influence sur les arrangements intérieurs. Il répondit qu'il ne le demandait pas, il reconnut comme juste, que le chef de la France ne conservât plus des titres marquant cette influence; des arrangements de l'Allemagne nous ne prétendons pas nous mêler, mais si la France cédait la Belgique, il ne pourrait lui être indifférent de savoir a qui serait donnée cette province. Quant à la dernière observation ou demande du ministre français, le comte de Stadion dit, que la réponse était dans leurs pleins-pouvoirs.
Le ministre français dit enfin, que l’objet était d'une nature si grave, qu'il demandait d'interrompre la séance pour une heure, afin d'y réfléchir et pouvoir donner une réponse plus précise. Les plénipotentiaires trouvèrent la demande parfaitement juste et proposèrent, de se séparer et de recommencer la séance
à 8 heures du soir.
Le comte de Razoumoffsky avait reçu une lettre de Nesselrode, qui lui manda que Bar-le-Duc était pris de vive force par Bulow, que Chernicheff avait pris Givet et Philippeville, que Bulow avait passé Bruxelles et était en pleine marche vers l'intérieur de la France, qu'à son passage par Bruxelles son langage avait été dirigé contre la personne de l'empereur Napoléon dans le sens d'un bouleversement. Pendant le diner le général Stewart reçut la nouvelle de la prise de Troyes par nos troupes. On apprit encore, que les cosaques étaient déjà à Melun, et marchaient sur Fontainebleau.
Les plénipotentiaires s'étant réunis en conseil convinrent, que quelle que serait la réponse que le duc de Vicence donnerait dans la séance du soir, on se bornerait à la prendre ad referendum. Le comte de Razoumoffsky, dont les dispositions de ne rien conclure, devinrent plus prononcées de jour en jour, proposa d'ajourner les séances jusqu'à ce qu'on aurait reçu des ordres positifs sur la question, si sur les conditions que renferme la proposition, on pourrait signer ou non. Le comte de Stadion insista sur la continuation de la séance le 8 et qu'on aurait
une conférence chez Lord Castlereagh, pour convenir sur la réponse qu'on pourrait faire à la déclaration que donnerait le ministre de France dans la séance de la soirée.
Cette séance fut très courte. Le ministre de France lut sa réponse et la donna au protocole, elle n'était qu'un développement plus raisonné de ce qu'il avait dit dans la séance de la matinée. Le ministre fut impatient d'entrer de suite plus en avant dans la besogne, il avait de la peine à se rendre maître d'un mouvement de vivacité et d'aigreur qu'il éprouvait, lorsque les plénipotentiaires ne firent que prendre sa réponse ad referendum et levèrent la séance. »


Voici ce que nous dit le procès-verbal de la séance du 7 février sur la déclaration de Caulaincourt :
« Le plénipotentiaire de France renouvelle encore l'engagement déjà pris par sa cour de faire, pour la paix, les plus grands sacrifices, quelque éloignée que la demande faite dans la séance d'aujourd'hui, au nom des puissances alliées, soit des bases proposées par elles à Francfort et fondées sur ce que les alliés eux-mêmes ont appelé les limites naturelles de la France; quelque éloignée qu'elle soit des déclarations que toutes les cours n'ont cessé de faire à la face de l'Europe; quelque éloignée que soit même leur proposition d'un état de possession analogue au rang que la France a toujours occupé dans le système politique, bases que les plénipotentiaires des puissances alliées rappellent encore dans leur proposition de ce jour. Enfin quoique le résultat de cette proposition soit d'appliquer à la France seule un principe que les puissances alliées ne parlent point d'adopter pour elles-mêmes, et dont cependant l'application ne peut être juste, si elle n'est point réciproque et impartiale, le plénipotentiaire français n'hésiterait pas à s'expliquer sans retard de la manière la plus positive sur cette demande, si chaque sacrifice qui peut être fait et le degré dans lequel il peut l'être ne dépendaient pas nécessairement de l'espèce et du nombre de ceux qui seront demandés, comme la somme des sacrifices dépend aussi nécessairement de celle des compensations; toutes les questions d'une telle négociation sont tellement liées et subordonnées les unes aux autres, qu'on ne peut prendre parti sur aucune, avant de les connaître toutes. Il ne peut être indifférent à celui à qui on demande des sacrifices de savoir au profit de qui il les fait et quel emploi on veut en faire, enfin si, en les faisant, on peut mettre tout de suite un terme aux malheurs de la guerre. Un projet qui développerait les vues des alliés dans tout leur ensemble remplirait ce but.
Le plénipotentiaire renouvelle donc de la manière la plus instante la demande que tes plénipotentiaires des cours alliées veuillent bien s'expliquer positivement sur tous les points précités. »

Avatar du membre
Bernard
Scribe
Scribe
Messages : 1626
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: La paix après une grande victoire

Message par Bernard »

Merci, Cyril, pour ces utiles précisions. Ce congrès reste, pour moi, une grande occasion perdue. Il est vrai que les alliés se sont montrés de plus en plus restrictifs avec le temps, en particulier sous la pression anglaise. Mais tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles", y compris la possibilité de profiter d'une période d'accalmie après les excès passés. Il eut été intéressant de voir Napoléon à l'œuvre dans ses volontés de réforme. Mais il est aussi probable que le naturel guerrier ait vite reprit le dessus...

Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3850
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: La paix après une grande victoire

Message par Cyril Drouet »

Bernard a écrit :
24 oct. 2017, 12:08
Mais tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles"
A l'ouverture du congrès de Châtillon ?

Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3850
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: La paix après une grande victoire

Message par Cyril Drouet »

Bernard ?

Avatar du membre
Bernard
Scribe
Scribe
Messages : 1626
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: La paix après une grande victoire

Message par Bernard »

Cyril Drouet :
A l'ouverture du congrès de Châtillon ?
Après cette courte absence, voilà quelques éléments de réponse, extraits des Mémoires de Caulaincourt, préface de Jean Hanotaux :

Le général Caulaincourt se dirigeait sur Fribourg-en-Brisgau, siège des quartiers généraux des trois souverains alliés depuis la fin de décembre. Le soir de son départ de Paris, il arrivait à Epernay, y passait la nuit et le lendemain, 6 janvier, atteignait à Nancy à 3 heures de l’après-midi. A la tombée du jour, il était à Lunéville d’où il écrivait à Metternich, en lui demandant des passeports, que l’Empereur, “n’ayant rien plus à cœur que le prompt rétablissement de la paix générale”, l’avait muni de pleins pouvoirs". En attendant la réponse du chancelier, le duc de Vicence alla, le 8, assister à Gerbéviller au mariage de son cousin, M. de La Vieuville, préfet du Haut-Rhin. Le 9, il gagna Raon-l’Etape puis, le 10, Baccarat d’où il comptait rejoindre le lendemain le duc de Bellune à Rambervillers. La prise de Saint-Dié l’obligea à revenir sur ses pas. Le 11, il est de nouveau à Lunéville ; il y reçoit la réponse de Metternich : Alexandre est momentanément absent de Fribourg ; lord Castlereagh n’est pas arrivé ; on lui adressera “le plus tôt possible une réponse” à sa proposition de se rendre au quartier général.

La suite de l'histoire concerne les rendez-vous manqués et la mauvaise foi des alliés qui retardent l'ouverture du congrès... jusqu'à ce que :

A la seconde réunion, le 7 février, les alliés proposèrent de ramener la France à “ses limites d’avant la Révolution”.

Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3850
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: La paix après une grande victoire

Message par Cyril Drouet »

Désolé, Bernard, mais je ne comprends toujours pas votre phrase : "tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles" "

Avatar du membre
Bernard
Scribe
Scribe
Messages : 1626
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: La paix après une grande victoire

Message par Bernard »

Cyril Drouet a écrit :
28 oct. 2017, 16:00
Désolé, Bernard, mais je ne comprends toujours pas votre phrase : "tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles" "
Voici le paragraphe complet, c'est peut-être plus clair comme cela :

A la seconde réunion, le 7 février, les alliés proposèrent de ramener la France à “ses limites d’avant la Révolution”. Ce n’étaient déjà plus les propositions de Francfort, les limites naturelles. Caulaincourt le fit remarquer avec vigueur et rappela les propos tenus à Saint-Aignan, propos que Razoumovski déclara ignorer, au grand scandale de lord Aberdeen. Ce fut en vain. Il n’obtint même qu’une réponse dilatoire quand il en vint à dire : “Si j’acceptais votre proposition, signeriez-vous immédiatement et ferait-on cesser dans le moment l’effusion du sang ?

Au fur et à mesure des semaines, les positions alliées sont devenues de plus en plus restrictives...

Avatar du membre
Cyril Drouet
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 3850
Enregistré le : 16 juil. 2017, 23:36

Re: La paix après une grande victoire

Message par Cyril Drouet »

Bernard a écrit :
28 oct. 2017, 16:26
Cyril Drouet a écrit :
28 oct. 2017, 16:00
Désolé, Bernard, mais je ne comprends toujours pas votre phrase : "tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles" "
Voici le paragraphe complet, c'est peut-être plus clair comme cela :

On retrouve cela dans le Journal de Floret retranscrit plus haut.
Mais je ne vois toujours pas sur quelles basses vous vous appuyez pour écrire : "Tout aurait pu changer si la paix avait été signée dès le début du congrès...[...] tout était encore possible sur la base des frontières dites "naturelles"
Pour faire la paix, il faut être deux ; et force est de constater que les frontières naturelles n'étaient pas d'actualité à Châtillon. Le "tout était encore possible" au début de congrès ne me parait donc pas correspondre avec ce qui fut dit et exigé au moments des faits.

Avatar du membre
Bernard
Scribe
Scribe
Messages : 1626
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:29
Localisation : Alsace

Re: La paix après une grande victoire

Message par Bernard »

Je m'appuie sur les mémoires de Caulaincourt qui était le représentant de Napoléon à Châtillon. Entre le 6 janvier et le 7 février, première réunion quant au fond, la position des alliés a évolué au rythme des défaites françaises.

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Ligny : la dernière victoire de Napoléon
    par Joker » 08 avr. 2017, 20:38 » dans L'actualité napoléonienne
    25 Réponses
    2457 Vues
    Dernier message par Joker
    09 mai 2017, 13:42
  • 25 mars 1802 : paix d'Amiens
    par Joker » 25 mars 2020, 20:14 » dans Monuments Napoléoniens
    10 Réponses
    159 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    25 mars 2020, 22:19
  • Restauration et labellisation du château de la Paix à Fleurus
    par Joker » 23 juin 2018, 19:28 » dans L'actualité napoléonienne
    0 Réponses
    498 Vues
    Dernier message par Joker
    23 juin 2018, 19:28
  • Rare video sur la fabrication de guerre et paix
    par la remonte » 09 mai 2016, 22:49 » dans Napoléon à travers les Arts
    0 Réponses
    785 Vues
    Dernier message par la remonte
    09 mai 2016, 22:49
  • Mathieu Kassovitz en Napoléon dans "Guerre et paix"
    par Saint Clair » 22 sept. 2015, 21:33 » dans Napoléon à travers les Arts
    0 Réponses
    766 Vues
    Dernier message par Saint Clair
    22 sept. 2015, 21:33