★ La mort du maréchal BERTHIER...

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Modérateur : Général Colbert

Route Napoleon

Maréchaux : BERTHIER

Message par Route Napoleon »

Biographie du maréchal Berthier par le général Derrécagaix, Chapelot 1905 :
la mort du maréchal Berthier

" Un homme qui ne l’aimait pas, le général Thiébault a fait de nombreuses recherches pour savoir la vérité sur cet événement. Il a fait connaître que Berthier était d’une famille où les congestions cérébrales étaient fréquentes et considérées comme héréditaires ? Son frère César devait mourir d’une congestion cérébrale. Après la vie agitée qu’il avait menée et les épreuves subies, à l’âge où il était parvenu, il ne serait pas étonnant qu’il ait été un moment sous cette influence. L’étourdissement qui en serait résulté, puis, la perte de l’équilibre et la chute qui pouvaient en être une conséquence naturelle…
Arrivé à Bamberg auprès de ses beaux-parents, Berthier s’installa à la Résidence, château royal qui servait d’habitation au duc Guillaume de Bavière. Il y vécut la vie de famille…
Il assistait à des représentations au théâtre de Bamberg en compagnie de la princesse de Wagram. On l’y vit même au moment du passage des troupes russe se rendant en Belgique s’entretenir avec le général Sacken qui les commandait….
Il avait alors un médecin, le docteur Ziégler qui déclara plus tard avoir remarqué chez lui une certaine mélancolie et avoir eu à le soigner pour de légères souffrances de l’estomac…
Le 24 mai, le corps d’armée du général russe Sacken prit ses cantonnements à Bamberg et aux environs. Le même jour le comte Barcaly de Tolly, général en chef de l’armée russe, au château royal de de Seehof, près de Bamberg.
Dans la matinée du 1er juin, arriva à Bamberg, une division de cavalerie, dont le passage dans cette ville, dura jusqu’à une heure de l’après-midi. A ce moment le maréchal Berthier monta dans la chambre de ses enfants. Il avait alors pour gouvernante de ses enfants une dame Gallien, française, qui donna, dans la journée, des détails sur cette visite. Berthier l’engagea à se hâter de prendre la voiture pour les conduire à la promenade . Déjà dans la matinée il était venu plusieurs fois à cette fenêtre d’où il suivait à la longue vue les mouvements des troupes russes. Mme Gallien lui dit qu’elle n’avait plus que les gants à mettre aux enfants et elle sortit ensuite pendant qu’il lui recommandait encore de se hâter.
Un fois derrière la porte, elle entendit répéter deux fois à haute voix, « ma pauvre patrie », puis monter sur un fauteuil qui se trouvait sur une petite estrade devant la fenêtre. En même temps, ayant été frappée par le bruit de la chute d’un siège, elle rentra précipitamment dans la chambre et ne put que constater le malheur qui venait de se produire. Le prince était tombé par la fenêtre et gisait au pied du château… »
Christophe

★ La mort du maréchal BERTHIER...

Message par Christophe »

Suicide ou simple accident pour le Prince de Wagram qui tombe de l'une des fenêtres de son château de Bamberg le 1er juin 1815 ? Le général Derrécagaix, un des biographes du maréchal, penche pour l'accident; Arthur Chuquet pour la thèse du suicide. Aucune preuve pour cette dernière supposition mais de fortes présomptions; notamment l'état dépressif de Berthier depuis le retour de Napoléon.
Jean-Baptiste Muiron

Message par Jean-Baptiste Muiron »

Le témoignage de la dernière personne ayant vu Berthier vivant, Mme Gallien, préceptrice/gouvernante des enfants du prince de Wagram (extrait d'un article de Franz Jakubass : Der Marschall und der Polizeidirektor)

"Le 1er juin, le prince de Wagram se trouvait dans la chambre de son épouse, puis se rendit, entre midi et une heure, dans celle des enfants princiers, à l’étage supérieur de la résidence. Il se renseigna sur la conduite du prince et de la princesse. D’après les dires de Mme Gallien, il se plaignit de vertiges, que sa langue était encore jaune, se déplaça de long en large dans la pièce, plongé dans ses pensées. Il se rongeait les ongles, puis remarqua les troupes russes qui passaient devant la fenêtre, se plaignit que le défilé ne cessait pas, soupirant : 'Pauvre France, que va-t-il t’arriver, et je suis là !'. Il s’éloigna de la fenêtre, demanda à Mme Gallien quand elle devait partir avec les enfants, car la voiture était prête à partir. A la réponse de Mme Gallien qu’elle ne pourrait le faire qu’après que le prince de Wagram se soit éloigné, celui-ci rentra dans le bureau. Mme Gallien entendit encore la porte s’ouvrir, où le prince se trouvait, entendit un fracas, pensa aussitôt qu’il était arrivé quelque chose au prince. Une fois dans la chambre elle n’aperçut plus le prince, remarquant seulement que le siège entre la commode et la fenêtre tremblait encore. C’est au moment où Mme Gallien avait entendu le fracas du siège que le malheur était arrivé. »


:salut:
Christophe

Mme Gallien...

Message par Christophe »

Arthur Chuquet mentionne lui aussi ce témoignage. :salut:
Lepic34

Message par Lepic34 »

:salut:

Voici la version du général Thiébault sur la mort de Berthier :

"...Les premières versions portèrent qu'il avait été jeté par une des fenêtres du palais de Bamberg, qu'il occupait; des officiers d'un régiment traversant la ville auraient, assurait-on, vengé de cette manière un jeune homme qui avait été jugé d'après ses ordres et fusillé à Schoenbrunn en 1809. Cependant, après avoir fait toutes les enquêtes possibles pour découvrir la vérité, je suis arrivé à la conviction que Berthier était monté en haut du palais de Bamberg pour voir passer ce régiment de troupes étrangères, qui pour la seconde fois allaient souiller la terre de France. Pour mieux voir sans être vu, il s'était placé sur l'entablement d'une lucarne et s'y trouvait sans appui; frappé d'apoplexie, il tomba dans le vide et vint s'écraser sur le pavé. Telle est du moins la version d'accord avec le récit du valet de chambre, avec la croyance de la famille, avec les renseignements que j'ai pu me procurer..."
(mémoires du général baron Thiébault, tome II)

:salut:
Abraca

Message par Abraca »

Les maréchaux de Napoléon, 1804-1815, article signé Jean Savant, dans la revue CRAPOUILLOT , n° 25. 1954.
Berthier (1753-1815)

"Le plus honnête fut Berthier. Et pour cause ! Napoléon le déchargeait du moindre souci relativement à son porte-monnaie, et Berthier croulait sous les bienfaits de son patron. L’autre lui devait au moins cela !

Quand Bonaparte, en 1796, avait été nommé commandant en chef de l’armée d’Italie, il possédait bien le génie d’exterminer l’humanité par petits et gros paquets, et qu’on appelle la stratégie, mais il eut été fort incapable de commander une simple demi-brigade.

Il connaissait son ignorance sur ce point, comme sur tant d’autres. Aussi prit-il la précaution, en même temps que le Directoire signait le décret le concernant, d’en faire signer un deuxième lui assurant le concours absolument indispensable du plus capable de tous les chefs d’état-major de l’armée française, autrement dit le concours de Berthier. Car seul M. Madelin peut se permettre de croire que Bonaparte découvrit en Italie, « par un prodigieux instinct » (sic), ce « petit homme aux cheveux crépus. »

Alexandre Berthier aurait pu être le père d’un garçon de l’âge de Bonaparte. Versaillais, né e 1753, ingénieux, brillant officier sous Louis XVI, déjà colonel en 1789, cet homme destiné à être le major général de Napoléon, était dès le lendemain de la prise de la Bastille, le major général de la garde nationale. Puis il fut le chef d’état –major de Rochambeau, de La Fayette, de Luckner, de Biron etc. Chaque fois qu’une armée prenait de l’importance, on y envoyait Berthier en qualité de major général, on l’envoya encore à l’armée des Alpes et d’Italie, puis à l’armée des Alpes. De là, il organisa l’état-major de Bonaparte, qui trouva tout paré à son arrivée au QG.

Otez Berthier à Napoléon, et livrez-vous à toutes les hypothèses…le plus net résultat fourni par cette soustraction se traduit par un mot : Waterloo. Pendant quinze ans et plus, Napoléon s’évertua à dénigrer Berthier. A le caractériser comme un zéro. Il disait cela à des civils. Avec des militaires, il ne pouvait pas en imposer. A ceux-là, il aurait eu du mal à dissimuler que Berthier lui était « indispensable », l’armée étant, avouait-il, » habituée à lui obéir comme à moi » . (Caulaincourt, III, 65.) Au reste, si incommensurables étaient les services à lui rendus par Berthier, qu’il les payait follement, outrageusement. Car n’était-ce pas un outrage à la nation que de donner chaque année, au bas mot, un milliard de nos francs, au dit Berthier.

Maréchal, prince de l’Empire, grand veneur, ministre, grand aigle et chef de la 1° cohorte de la Légion d’honneur, Napoléon lui offre le château de Chambord et le château de Grosbois. Il le fait souverain. Berthier a ses états : il est prince de Neuchâtel et Vallengin, bat monnaie et a une troupe. Puis prince de Wagram. Comme son patron, il entre dans » la famille des rois » en épousant une princesse allemande. Il est aussi prince vice-connétable. Les dotations pleuvent, pleuvent….Napoléon n’a même pas le temps de régulariser ses comptes avec lui. A telle époque, il lui doit notamment (sur l’année en cours) 1 500 000 francs (450 de nos millions !) (Arch. Nat., AF. IV. 904)
Ces fabuleuses distributions d’or ne profitèrent pas à Berthier. Il travaillait comme quatre et les guerres étaient continuelles. Avec cela, familier de Napoléon, celui-ci ne le ménageait pas, le rudoyait sans retenue. En 1812, pendant la campagne de Russie, il alla jusqu’à l’offenser gravement par deux fois. Aussi, en 1814, Berthier ne fut-il pas le dernier à Fontainebleau. On le comprend.

Il eut à peine une année de repos. L’année suivante, napoléon revient de l’île d’Elbe. Berthier suivit Louis XVIII, puis se retira dans sa famille, à Bamberg. Sa mort, le premier Juin 1815 (17 jours avant Waterloo) reste inexpliquée. On vit son corps tomber d’une fenêtre. D’aucuns estiment qu’il se suicida. Pourquoi ? D’autres qu’on le précipita. C’est sans doute plus vrai."
LeKap

Message par LeKap »

Et certains (famille) disent même qu'il a été " aidé" dans sa chute .

Faut que je retrouve la trace exacte de cette opinion et je la mettrai en ligne

@+
Bastet

Message par Bastet »

"Quand Bonaparte, en 1796, avait été nommé commandant en chef de l’armée d’Italie, il possédait bien le génie d’exterminer l’humanité par petits et gros paquets, et qu’on appelle la stratégie, mais il eut été fort incapable de commander une simple demi-brigade.

Il connaissait son ignorance sur ce point, comme sur tant d’autres. Aussi prit-il la précaution, en même temps que le Directoire signait le décret le concernant, d’en faire signer un deuxième lui assurant le concours absolument indispensable du plus capable de tous les chefs d’état-major de l’armée française, autrement dit le concours de Berthier. Car seul M. Madelin peut se permettre de croire que Bonaparte découvrit en Italie, « par un prodigieux instinct » (sic), ce « petit homme aux cheveux crépus. ».

Au moins c'est clair, Napoléon est un crétin sanguinaire, Berthier un génie méconnu et Louis Madelin un benêt. :mrd:
Pour faire bon poids voici le jugement qui tue: "Il n'y a rien de grand chez Napoléon. Rien ! en commençant par sa grandeur" :oops: jugement que nous devons à Henri Guillemin :lol: :lol: :lol:

:salut:
Dominique T.

Message par Dominique T. »

J'ai mis en ligne les images de l'endroit tragique :

Image

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Image

Plus ici : http://napoleon-monuments.eu/Napoleon1er/Berthier.htm
Gouvy

Message par Gouvy »

Bonjour Dominique,

Merci beaucoup. Quand on lit un récit, on se fait toujours une image d'un lieu ou d'un événement que l'on a jamais vu et je dois avouer que la fenêtre de Berthier est bien plus haute dans la réalité que dans mon imaginaire...
:salut:
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