POLICE : Commissaire Général de Police Joseph Charron

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Jonathan

POLICE

Message par Jonathan »

POLICE : M.Foudras
Salut à tous : :salut:

Y a-t-il quelqu'un qui peut ajouter quelques détails biographiques pour ce M. FOUDRAS, la figure ombragée dans les citations suivantes ?

Mercis d'avance et bien amicalement,

-Jonathan

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"Estienne Denis Pasquier chevalier de France, 1767-1862"
par Louis Favre, Paris : Didier, 1870.
"En 1810, l’Empereur, qui avait été fort mécontent du peu de précautions prises
par M. Dubois, préfet de police, lors de l’incendie de l’ambassade d’Autriche, se
résolut à changer ce fonctionnaire. ... il choisit M. Pasquier. ....
L’époque de la préfecture de police nous rappelle une autre personnalité qu’il
peut être curieux de faire ici connaître, nous voulons parler de celle de
M. FOUDRAS.
M. Pasquier l’avait trouvé à la préfecture de police remplissant les fonctions de simple officier de paix. Ayant eu occasion de l’employer, il devina de suite son mérite et ses aptitudes; il le tira de la voiemodeste où il serait resté peut-être enseveli, et il en fit le chef de sa police personnelle. Il n’eut pas à se repentir de cette faveur. M. FOUDRAS se montra toujours à la hauteur des missions qui lui furent confiées, et il rendit même à M. Pasquier, en plus d’une occasion, de très-signalés services. Après la chute de l’Empire, il resta attaché
à la préfecture de police, devint inspecteur général, et fut ensuite nommé conseiller d’État en service extraordinaire. Il n’a tenu qu’à lui de remplir, plus tard, des fonctions encore plus élevées, mais son ambition était satisfaite, et il ne voulut jamais sortir de l’espèce de demi-obscurité dans laquelle il s’était fait une loi de s’envelopper. Le chemin qu’il a parcouru prouve cependant en faveur de sa capacité, et cette capacité, disons-le, était secondée par une vigueur et une énergie peu communes.
La révolution de 1848 ne troubla pas sa carrière, il avait déjà abandonné toute fonction publique; mais, après comme avant, il ne rompit en aucune façon avec les habitudes de sa vie active. Sa situation lui avait permis de connaître, d’avoir sous la main, tous les chefs de service de la préfecture de police; il continua les rencontrer et resta l’homme le mieux instruit, jour par jour, de ce qui se disait, se tramait dans Paris. Il ne recueillait pas cependant des nouvelles dans
un but purement égoïste et personnel. Tout en faisant de la police par goût et par habitude, il s’était créé le devoir d’en faire profiter quelques hommes haut placés sous lesquels il avait été employé. C’était un moyen pour lui de leur témoigner sa gratitude.
Chaque matin, à la même heure, il accomplissait une ronde de visite chez M. le duc Decazes, chez M. le comte Molé, chez M. Pasquier surtout, et il distribuait, suivant l’occurrence, le menu de son bulletin. Si ces messieurs s’éloignaient de Paris, il écrivait ; et ses lettres, beaucoup plus circonspectes que ses causeries, il nous en souvient, étaient des modèles de clarté et de concision.
Lorsqu’il venait rue Royale, il ne se faisait jamais annoncer, - il entrait comme un habitué fort intime. Si une personne étrangère se trouvait dans le cabinet de M. Pasquier, il attendait. L’importun parti, il faisait son rapport, discutait sur ses probabilités, et se retirait après une courte entrevue. Le moindre bruit, par exemple, arrêtait son discours et le faisait disparaitre.
On conçoit combien de telles informations devaient être précieuses pour un homme qui vouait tout son temps, toutes ses heures, à l’étude, à l’examen des affaires publiques ; aussi la mort de M. FOUDRAS causa-t-elle à M. Pasquier un double et véritable chagrin; il perdait en lui un homme dont il était sûr et une source
d’informations.
Il avait su que M. FOUDRAS, durant sa vie, avait constamment écrit, rédigé un assez grand nombre de notes; après la mort de ce personnage, il eut le plus grand désir de les parcourir, et il fit toutes les démarches possibles pour se les procurer. Mais ses recherches furent vaines. Les papiers ne furent pas trouvés, et personne ne put dire à qui le dépôt avait été confié. On savait seulement qu’un
homme inconnu, dont les visites étaient assez fréquentes, avait reçu en dépôt deux ou trois caisses renfermant probablement des manuscrits, - et on avait appris par quelques paroles échappées un jour à M. FOUDRAS que lesdites caisses voyageaient constamment dans la banlieue de Paris, de commune en commune, de barrière en
barrière, ne restant jamais huit jours dans le même lieu. Mais qu’étaient-elles devenues après sa mort? quel avait été le sort du dépositaire? Tout lemonde l’ignorait ! L’agent mystérieux avait reçu sans doute une somme pour disparaître, et l’ordre d'anéantir ce qui lui avait été confié. II est certain qu’à partir de ce moment on n’entendit plus parler de lui."

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Bourrienne's Memoires of Napoleon
" ....the King wished to appoint me Prefect of the Police. He conducted me to the
King's chamber, where his Majesty thus addressed me kindly, but in an impressive
manner, "M. de Bourrienne, can we rely upon you? I expect much from your zeal and
fidelity."--"Your Majesty," replied I, "shall have no reason to complain of my
betraying your confidence."--" Well, I re-establish the Prefecture of the Police,
and I appoint you Prefect. Do your best, M. de Bourrienne, in the discharge of
your duties; I count upon you."
By a singular coincidence, on the very day (the 13th of March) when I received
this appointment Napoleon, who was at Lyons, signed the decree which excluded from
the amnesty he had granted thirteen individuals, among whose names mine was
inscribed. This decree confirmed me in the presentiments I had conceived as soon
as I heard of the landing of Bonaparte. On returning home from the Tuileries after
receiving my appointment a multitude of ideas crowded on my mind. At the first
moment I had been prompted only by the wish to serve the cause of the King, but I
was alarmed when I came to examine the extent of the responsibility I had taken
upon myself. However, I determined to meet with courage the difficulties that
presented themselves, and I must say that I had every reason to be satisfied with
the manner in which I was seconded by M. FOUDRAS, the Inspector-General of the
Police. ...
The King repeatedly said, "I wish you to arrest Fouche."--" Sire, I beseech your
Majesty to consider the inutility of such a measure."--" I am resolved upon
Fouche's arrest. But I am sure you will miss him, for Andre could not catch him."
My nocturnal installation as Prefect of the Police took place some time after
midnight. I had great repugnance to the arrest of Fouche, but the order having
been given, there was no alternative but to obey it. I communicated the order to
M. FOUDRAS, who very coolly observed, "Since we are to arrest him you need not be
afraid, we shall have him fast tomorrow."
The next day my agents repaired to the Duke of Otranto's hotel, in the Rue
d'Artois. On showing their warrant Fouche said, "What does this mean? Your warrant
is of no force; it is mere waste-paper. It purports to come from the Prefect of
the Police, but there is no such Prefect." In my opinion Fouche was right, for my
appointment, which took place during the night, had not been legally announced. Be
that as it may, on his refusal to surrender, one of my agents applied to the staff
of the National Guard, requesting the support, in case of need, of an armed force.
General Dessolles repaired to the Tuileries to take the King's orders on the
subject. Meanwhile Fouche, who never lost his self- possession, after talking to
the police officers who remained with him, pretended to step aside for some
indispensable purpose, but the door which he opened led into a dark passage
through which he slipped, leaving my unfortunate agents groping about in the
obscurity. As for himself, he speedily gained the Rue Taitbout, where he stepped
into a coach, and drove off. This is the whole history of the notable arrest of
Fouche. ... "

-----------------------------------------------
"LES ÉPURATIONS EN 1814 ET 1815"
par Jean Tulard
"À l'annonce du retour de Napoléon, Louis XVIII avait supprimé l'inefficace direction générale de la police, le 14 mars 1815, et rétabli l'ancienne préfecture confiée à Bourrienne, le secrétaire infidèle de Napoléon. Mais celuici prit aussitôt la fuite. La place laissée vacanterevint, le 20 mars, à Réal, un spécialiste. Une reprise en mains s'impose. Le secrétaire général Piis est écarté au profit d'un neveu de Réal, Rolland-Bussy. Neuf commissaires nommés par Louis
XVIII sont écartés; en revanche les sept qu'avait révoqués le roi sont réintégrés.
Sept inspecteurs sont suspendus.
La justice est frappée. C'est un vrai chassé-croisé par rapport à l'année précédente. Rétabli dans sa forme antérieure, le 24 mars 1815, le conseil d'Etat retrouve les deux tiers des conseillers de l'Empire.
Par rapport à 1814, la nouveauté vient de l'extension des mesures au personnel subalterne. On va jusqu'à renvoyer des concierges des Tuileries.
Le but de cette épuration est clair: éliminer les trâitres anciens ou à venir, puisque la chute de l'Empire, ne cesse d'affirmer Napoléon, a été l'oeuvre de la trahison en 1814. Il importe donc d'écarter les partisans ou supposés tels de Louis XVIII mais aussi les faibles, les influençables, les sceptiques.
Curieusement Napoléon nomme par ailleurs Fouché à la Police générale. Mais c'est que le duc d'Otrante, à l'inverse de son compère Talleyrand, n'a joué aucun rôle dans la restauration de Louis XVIII en 1814. Il n'a pas trahi et son passé de régicide semble offrir une garantie. Par ailleurs, l'Empereur peut compter sur Réal, préfet de police, pour le surveiller. En fait, plusieurs circulaires adressées par Réal aux officiers de paix et aux inspecteurs montrent que le
personnel de police n'était pas sûr. Il est certain que l'inspecteur général FOUDRAS qui fera une brillante carrière sous Decazes a trahi ou tout au moins paralysé Réal."

Moustache

Re: POLICE : M. Foudras

Message par Moustache »

Hello my dear Jonathan !

Pas grand chose de plus sur ce "Foudras", voir ceci :[/color][/b]
FOUDRAS, policier. Personnage assez mystérieux, cet ex-chapelier de Lyon, entré à la préfecture de police comme inspecteur général adjoint de Veyrat devait le supplanter en 1814. Au retour de Napoléon, quand Bourrienne, alors préfet de police, prit la fuite, c'est Foudras qui dirigea la Préfecture jusqu'à la nomination de Réal comme Préfet.
Il aurait joué un rôle dans la chute de Fouché en 1815. Inspecteur général jusqu'au retrait d'Anglès de la Préfecture, il prit une retraite confortable avec 20 000 livres de rente.
Saint-Edme lui consacre une notice peu favorable dans sa "biographie des lieutenants généraux, ministres...de la police en France" ( 1829 )
Jean Tulard
SOURCES :
Extrait du "Dictionnaire NAPOLEON" sous la direction de Jean Tulard - Editions FAYARD 2001

Hypolite

Re: POLICE : M. Foudras

Message par Hypolite »

Sait on qu'elles étaient ses opinions politiques ? :salut:

Jonathan

Re: POLICE : M. Foudras

Message par Jonathan »

:salut: Bonjour et Salut M. Moustache : :salut:

C'est ce M. Pierre-Hugues Veyrat (ou "Vérat") lui-meme aussi un lyonnais?

Voici :

Base Leonore :
FOUDRAS, JEAN naquit 16.vi.1776 à LYON
(Chevalier de la Légiom d'Honneur en 1805 ou plus tarde)

Memoirs of Constant - Vol. IV - Chapter XVI :
"It is known that the Emperor was not lavish with crosses of honor. Here is another proof of it: he was very well satisfied with the services of M. Veyrat, inspector general of the police, and the latter desired the cross. I presented several petitions for him to His Majesty, who one day said to me: "I am satisfied with Veyrat; he serves me well; I will give him as much money as he wants: BUT THE CROSS, NEVER!"."

Très bien amicalement, toujours,

-Jonathan

LASALLE

Re: POLICE : M. Foudras

Message par LASALLE »

Est-ce que que quelqu'un sait à quoi correspondait, sous l'Empire, ce grade d'officier de paix cité par Jonathan comme étant le grade de FOUDRAS au début de sa carrière ?
:salut:

François

Re: POLICE : M. Foudras

Message par François »

Homme de main de Pasquier , dont Chateaubriand disait qu'il était l'homme de son temps qui avait le plus de serments de rechange en poche , Foudras était à l'image de son maître.
Envoyé arrêter Fouché à la veille des Cent Jours sur ordre du Comte d'Artois , il sut habilement laisser filer sa proie.
Affecté à la surveillance du même Fouché après les Cent Jours , il s'acquitta de sa tâche auprès des domestiques et à travers les trous de serrure .
Quand Fouché eut l'idée de se remarier , Foudras rédigea ce rapport le lendemain du mariage : " Monsieur le Duc a couché avec sa nouvelle épouse et a donné l'ordre précis que personne ne le réveillât avant 10 h du matin"...

François

Re: POLICE : M. Foudras

Message par François »

Pour répondre à la question sur les officiers de paix , il s'agissait des ancêtres des commissaires d'arrondissement à Paris.Ils ont existé de 1791 à 1921.

pilayrou

POLICE : François Vidocq.

Message par pilayrou »

Bonjour !

J'aimerais savoir si Vidocq a rencontré ou vu Napoléon au moins une fois.
J'ai lu jadis le livre de Jean Savant sur le personnage mais cela est lointain. :salut:

Christophe

Re: POLICE : François Vidocq.

Message par Christophe »

Bonjour "Pilayrou",
A ma connaissance, François Vidocq (1775-1857), n'a jamais rencontré Napoléon. Je te conseille la lecture du livre (plus récent que celui de J. Savant): "Vidocq", par Eric Perrin (Perrin, 1995). Il y a bien sûr ses "Mémoires" mais ils sont à consulter avec prudence. :salut:

Drouet Cyril

Re: POLICE : François Vidocq.

Message par Drouet Cyril »

En revanche, il lui écrivit. C'était en 1805, pour une demande de grâce. (Perrin, Vidocq)

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