11 JUIN 1815 : dernière messe et conseil aux Tuileries

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Dominique T.

CENT JOURS

Message par Dominique T. »

]Napoléon ayant abordé les côtes françaises en battant pavillon elbois (Elbe, dont il était le souverain), on pourrait donc dire par boutade que l'île d'Elbe a conquis la France ! :mrgreen:
Albert

CENT JOURS

Message par Albert »

Cher Dominique, la formule est jolie, mais inexacte. L'Empereur, avant d'accoster à Golfe-Juan, fit mouiller l'Inconstant sous les îles Sainte-Marguerite, observa les côtes de France à la lunette et fit amener le drapeau elbois pour le remplacer par celui aux trois couleurs. C'était la sagesse même...

A défaut d'une conquête de la France par l'île d'Elbe, on peut légitimement affirmer que la France a été envahie ...par un seul homme ! :fou:
Dominique T.

CENT JOURS

Message par Dominique T. »

Merci de me corriger :oops: :salut: , je me souvenais qu'il était parti avec le drapeau blanc barré de rouge, mais j'avais oublié qu'il l'avait fait amener.

Un seul homme, mais quel homme ! ;-)
olioli

CENT JOURS

Message par olioli »

Un seul homme face à des armées et une conquête sans verser une goute de sang!! :salut:
Route Napoleon

CENT JOURS : Débarquement de l' Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815) Golfe-Juan

Message par Route Napoleon »

Hier, il neigeait sur la plage de Golfe-Juan...
Aujourd'hui date anniversaire du débarquement de
l' Empereur sur la plage qui à l'époque était un endroit désertique, à peine quelques cabanons qui abritaient les pêcheurs et servaient d'entrepôt pour stocker les jarres et les poteries fabriquées à Vallauris.
Partie de l'île d' Elbe, le dimanche 26 février au soir,la flotille composée de sept petits bâtiment dont le brick l' Inconstant, est en vue du Cap
d'Antibes, ce mercredi matin.
Napoléon qui connait très bien la région pour y avoir habité l'année 1794, étrennant ses galons de général au lendemain du siège de Toulon, a bien choisi son endroit qu'il sait être protégé du Fort Carré d' Antibes et des îles de Lérins.
A bord de l' inconstant c'est l'enseigne Sari qui est à la barre et franchit les passes vers 1 heure de l' après-midi. La vigie crie " Un homme à la mer !"
L'équipage court sur les sabords : un nageur coiffé d'un bonnet rouge est hissé à bord et mené à l'Empereur. C'est Pierre Moulac un ancien marin de la garde qui, du rivage, a reconnu le petit chapeau et la redingote...
Après les présentations Pierre Moulac se faufile parmi les soldats et prend la barre, pour venir mouiller au plus près de la plage.
Ce Pierre Moulac est Antibois. Il a combattu à Trafalgar, où il a été fait prisonnier. Il est rentré en France à la faveur d' un échange de prisonnier et devenu pêcheur. Il va suivre les Elbois jusqu' à Paris et trouvera la mort à Waterloo...
Modifié en dernier par Route Napoleon le 02 mars 2004, 23:57, modifié 1 fois.
Tibule

Re: CENT JOURS : Débarquement de l' Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815) Golfe-Juan

Message par Tibule »

Merci beaucoup pour ce petit rappel,Jacques.Je ne connaissais pas du tout l'anecdote concernant ce marin de la Garde.Encore un Brave
lukian54

Re: CENT JOURS : Débarquement de l' Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815) Golfe-Juan

Message par lukian54 »

:salut:
Cher Jacques.
Belle évocation et beau récit de l'exploit de ce marin qui ne craignait pas le froid, car le bain du 1° mars ne doit pas être délicieux!!!
Cordialement :Ane: :fou:
Route Napoleon

Re: CENT JOURS : Débarquement de l' Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815) Golfe-Juan

Message par Route Napoleon »

Après avoir débarqué à Golfe-Juan, Napoléon envoie le général Cambronne en éclaireur à Cannes. Cambronne fait préparer les vivres (pains et quartiers de boeuf), achète quelques chevaux pour remonter les Lanciers Polonais qui marchent avec leur selle sur le dos, et qui seront les estafettes.
Le soir, le bataillon vient bivouaquer sur les dunes de Cannes. Imaginez, quand vous voyez le Festival du Film de Cannes, qu'à la place du Palias du festival, avec cet escalier au tapis rouge où montent les stars, il n' y avait que des dunes où les soldats allumèrent de grands feux.
Napoléon campe près de la Chapelle Notre-Dame de Bon-Voyage, qui a été remplacée par une église portant le même nom dans la rue du Bivouac-Napoléon...




C' est là que des vedettes en avant-garde lui amènent le Prince de Monaco, ancien écuyer de
l' Impérarice Joséphine.
" Eh bien, Monaco ! où allez-vous ? "
- Chez moi, Sire..."
- Eh bien ! moi aussi je rentre chez moi... " répond Napoléon

Image
Route Napoleon

Re: CENT JOURS : Débarquement de l' Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815) Golfe-Juan

Message par Route Napoleon »

Voilà à deux pas du Palais du Festival à Cannes, la plaque commémorative du Bivouac de l' Empereur à Cannes rue du Bivouac Napoléon.
Comme tout ce qui se fait à Cannes elle est de belle taille...
Joker

CENT JOURS : Le retour au nid de l'Aigle

Message par Joker »

Le 20 mars 1815, le retour de Napoléon aux Tuileries après son exil à l'Ile d'Elbe fut salué par un enthousiasme indescriptible.
Deux témoins de cet événement nous livrent ici leurs impressions.
Je vous invite à les suivre...Séquence émotion ! ;-)

Le comte de Lavalette attendait à la porte du palais :
"A peine eut-il mis pied à terre, qu'un cri de Vive l'Empereur, mais un cri à fendre les voûtes, un cri formidable, se fit entendre : c'était celui des officiers en demi-solde, pressés, étouffés, dans le vestibule. L'Empereur était vêtu de sa célèbre redingote grise. Je m'avançai vers lui et le duc de Vicence me cria : "Au nom de Dieu ! placez-vous devant lui pour qu'il puisse avancer." Il commença à monter l'escalier. Je le précédais en avançant à reculons, à une marche de distance, le contemplant avec une émotion profonde, les yeux baignés de larmes et répétant dans mon délire : "Quoi ! C'est vous ! C'est vous ! C'est enfin vous !" Pour lui, il montait lentement, les yeux fermés, les mains étendues en avant comme un aveugle et n'exprimait son bonheur que par son sourire."
(Sources : "Mémoires et souvenirs" de Lavalette; Fournier jeune 1831)

Le baron Thiébault, rallié aux Bourbons, a décidé d'adopter une attitude de prudente réserve. Par malheur, il sort prendre l'air en cette soirée du 20 mars :
"Je venais de parler de prudence, de réflexion et de réserve dans ma conduite, et cependant les exaltations populaires ont une telle puissance électrique, qu'à peine sorti de chez moi, je me sentis saisi par le courant (...) et je devins le jouet d'un irrésistible entraînement qui me conduisit aux Tuileries. Il était neuf heures un quart; Napoléon venait d'arriver. En proie à la plus délirante des exaltations, vingt mille personnes au moins se pressaient aux abords du pavillon de Flore, dans l'escalier et les appartements où je crus que je ne parviendrais jamais. (...) On ne criait plus lorsque j'y arrivai, mais tout le monde y parlait à la fois; il était impossible de s'entendre. (...) Toutes les âmes semblaient déborder de joie. Paraissait-il un des officiers revenant de l'ïle d'Elbe, on se jetait sur lui, comme si l'on avait voulu s'en partager les reliques, et il n'y avait pas jusqu'aux valets que l'on ne touchât et que l'on ne fêtât. Tout à coup, Napoléon reparut. L'explosion fut subite, irrésistible. Je crus assister à la résurrection du Christ. (...) Les transports furent tels qu'on eût dit que les plafonds s'écroulaient; puis, après cette explosion de tonnerre, chacun se retrouva palpitant d'extase et comme balbutiant d'ivresse. M'ayant reconnu au milieu de cette cohue et ayant accompagné mon nom d'un signe de tête et d'un gracieux sourire, l'Empereur put lire mon émotion sur ma figure. Et pourtant, il y avait à peine trois heures que, soldat des Bourbons, j'avais encore mes canons braqués contre lui; mais maintenant, il me semblait que j'étais redevenu français, et rien n'égalait les transports et les cris avec lesquels j'essayais de manifester la part que je prenais à l'hommage qui lui était rendu."
(Sources : "Les Mémoires du général baron Thiébault - Plon 1895)
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