[CHEVAUX] Le destin des chevaux durant la campagne de Russie…

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Bernard
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Re: Le destin des chevaux durant la campagne de Russie…

Message par Bernard » 20 oct. 2017, 17:29

Cette campagne est une opération énorme, la plus importante de tous les temps au moins jusqu'à la guerre de 1870-1871. Déplacer plus de 500 000 hommes sur une aussi grande distance est littéralement monstrueux. Même si tous les détails avaient été prévus (ce qui n'est pas certain en dépit de l'incroyable minutie de sa préparation), restait l'incertitude ! La météo évidemment mais aussi les inévitables erreurs, les acheminements incorrects, les unités perdues, les approvisionnements souvent défaillants, les problèmes de communication et les difficultés de se repérer sur des cartes pas toujours très précises. Pour ma part, je suis admiratif de la logistique déployée. Je trouve extraordinaire qu'à tout moment les corps constitués aient été en mesure de se battre avec efficacité. En dépit de tous les problèmes rencontrés, les forces engagées dans la bataille de la Moskova montrent que les unités n'avaient rien perdu de leurs capacités offensives. L'ensemble est étonnamment brillant. Reste la fin tellement prévisible...

Peyrusse

Logistique…

Message par Peyrusse » 20 oct. 2017, 18:18

La notice qui suit a été rédigée par Arthur Chuquet ( « 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Troisième série », Fontemoing et Cie, Editeurs, 1912, pp.308-311).
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L’administration de l’armée française [durant la campagne de Russie] d’après les généraux Mathieu Dumas et Ségur…

Au mois de mars 1830, Cuvier demandait à Philippe de Ségur des renseignements sur l'administration de l'armée pendant la campagne de Russie et notamment sur les opérations relatives aux subsistances. Ségur consulta Mathieu Dumas, Intendant général de l'armée en 1812, et Dumas lui envoya une note. Ségur communiqua cette note à Cuvier et y joignit une lettre qui traitait le même sujet. Ces documents méritent d'être connus et nous en reproduisons les points essentiels.

Arthur CHUQUET

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I. Note de Dumas.

L'abondance des ressources, la régularité des distributions, l'organisation des transports militaires ne laissèrent rien à désirer jusqu'après le passage du Niémen. Mais nous perdîmes vingt mille chevaux entre Kowno et Vilna et cette perte fut irréparable. On forma sur quelques points principaux de la ligne d'opérations, tels que Gloubokoïé, Vitebsk, Doubrovna, Minsk, des magasins de réserve et des établissements d'hôpitaux ; nos équipages militaires fournirent des convois de biscuit. Toutefois, quand on eut dépassé Smolensk, le service devint plus difficile et celui des hôpitaux eut surtout beaucoup plus à souffrir, parce que l'armée russe qui se retirait déviant nous ravageait les campagnes, incendiait les habitations et nous entraînait dans un véritable désert. Après la bataille de la Moskowa qui consomma nos plus précieuses ressources, j'eus beaucoup de peine à soutenir le service des hôpitaux. La conquête de Moscou qui devait être le terme de nos anxiétés ne fit que les accroître ; nous trouvâmes, nous conservâmes, à la vérité, au milieu de l’incendie, des approvisionnements que les Russes n'avaient pas eu le temps de détruire; mais, si notre séjour se prolongeait au delà d'un mois, ils devaient être entièrement consommés. Néanmoins, on avait formé des magasins à Smolensk, à Vitebsk, à Vilna et sur d'autres points intermédiaires, et on les alimentait de Königsberg par la navigation des canaux, par celle du Niémen et de la Vilia. Attaqué d'une fluxion de poitrine, je fus remplacé par le comte Daru. Ma tâche avait été pénible : celle du comte Daru devenait presque impossible. Il fallait reprendre une route déjà épuisée par le passage des deux armées et des convois. Pendant les premières marches, les vivres de toute espèce qu'on avait pu recueillir dans les ruines de Moscou suffirent pour soutenir le soldat. Mais, aux approches de Smolensk, la disette se fit sentir. Daru redoubla de vigilance et d'activité; il fît venir au-devant de l'armée les subsistances qu'on put tirer de Smolensk, et pendant le court séjour que l'armée fit dans cette ville, des distributions régulières eurent lieu. Mais ce soulagement n'était suffisant que pour quelques marches jusqu'au passage du Dnieper, à Orcha. Le comte Daru envoya de nombreux agents pour recueillir à tout prix et faire porter sur la route les subsistances qu'on pourrait se procurer entre le Dniéper etla Bérézina. Ilhâta les convois qu'il avait fait partir de Minsk et de Vilna. Mais une partie seulement de ces convois put atteindre l'armée avant la prise et l'incendie du pont de Borisov, et les magasins de Minsk tombèrent au pouvoir de l'ennemi. L'armée eut donc beaucoup à souffrir pendant le passage dela Bérézina. Après ce dernier événement, un convoi, parti de Vilna, justifia la prévoyance du comte Daru et celle du duc de Bassano. Ce ne fut point le manque de vivres, mais bien la rigueur excessive du froid qui, aux accès de Vilna, causa la plus grande perte d'hommes. Les magasins de Vilna et de Kowno alimentèrent tout ce qui pouvait encore se mouvoir. Ceux de Gumbinnen et de Königsberg ne furent pas même épuisés par les débris dela Grande Armée.
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II. Lettre de Ségur.

J'ajouterai que les ordres donnés de trop loin et dans un pays désert furent souvent mal exécutés; que ce fut le choc rude et indécis de Malojaroslavets qui décida subitement à la retraite et que la nécessité et l'ennemi, plutôt que la volonté et la prévoyance de l’Empereur, en dictèrent la direction; qu'on n'eut donc pas le temps de préparer tout ce qui eût été indispensable, sur une aussi longue route, pour un aussi grand passage; que la distribution des vivres, dans le petit nombre de villes où nous en trouvâmes, fut faite incomplètement, irrégulièrement et qu'elle ne pouvait l'être mieux, puisque les régiments avaient perdu leur ensemble. En effet, à qui les délivrer, lorsque la plus grande partie des soldats de toutes les armes marchait confusément, pêle-mêle, et ne pouvait recevoir de secours des magasins qu'en les pillant ? D'ailleurs, la retraite fut si souvent précipitée que, depuis Smolensk, surtout à Vilna et Kowno, une grande partie des magasins tomba au pouvoir de l'ennemi. Ni Dumas ni Daru ne peuvent être accusés de nos malheurs. L'entreprise était surhumaine par sa grandeur par sa rapidité et par la nature du pays. Le désordre, de tous les maux le plus contagieux, s'étant mis dans les troupes, l’administralion n'en put préserver ses employés. Une de nos plus grandes difficultés était la longueur infinie de ces grandes routes, ou désertes, ou dévastées par les deux armées, leur nature tantôt marécageuse, tantôt sablonneuse. Or l'administration qui ne peut marcher sans traîner après elle de grands et lourds convois, surmonta une partie de ces obstacles. Remarquons aussi que les corps restés en seconde ligne, tels que ceux de Baraguey d'Hilliers et du duc de Bellune, dévoraient la plus grande partie de ces subsistances, à mesure qu'elles arrivaient. Que le grand magasin de Minsk nous fut enlevé à l’instant où nous allions l'atteindre par la marche hardie de Tchitchagov. Qu'enfin le défaut de fourrage, de ferrage à glace, de repos ou de séjours, que les alternatives de gelée et de dégel, les mouvements de l'ennemi et la négligence de l'état-major causèrent, dès nos premiers pas, la perte de la plupart de nos fourgons.

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Cyril Drouet
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Re: Le destin des chevaux durant la campagne de Russie…

Message par Cyril Drouet » 21 oct. 2017, 08:57

Dans le genre, rien ne se perd tout se transforme :

« Cependant l'armée s'écoulait dans un grave et silencieux recueillement, devant ce champ funeste [Borodino], lorsqu'une des victimes de cette sanglante journée y fut, dit-on, aperçue vivante encore, et perçant l'air de ses gémissements. On y courut : c'était un soldat français. Ses deux jambes avaient été brisées dans le combat; il était tombé parmi les morts ; il y fut oublié. Le corps d'un cheval éventré par un obus fut d'abord son abri ; ensuite, pendant cinquante jours, l'eau bourbeuse d'un ravin où il avait roulé, et la chair putréfiée des morts, servirent d'appareil à ses blessures et de soutien à son être mourant. Ceux qui disent l'avoir découvert affirment qu'ils l'ont sauvé. »
(Ségur, Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l’année 1812)


« Du temps qu'on traversait ce champ de bataille, nous entendîmes de loin un malheureux qui appelait à son secours. Touché par ses cris plaintifs, plusieurs s'approchèrent, et à leur grand étonnement virent étendu par terre un soldat français, ayant les deux jambes fracturées. J'ai été blessé, dit-il, le jour de la grande bataille, et me trouvant dans un endroit écarté, personne n'a pu venir à mon secours. Pendant plus de deux mois, ajouta cet infortuné, me traînant aux bords d'un ruisseau, j'ai vécu d'herbes, de racines, et de quelques morceaux de pain trouvés sur des cadavres. La nuit, je me couchais dans le ventre des chevaux morts, et les chairs de ces animaux ont pansé ma blessure aussi bien que les meilleurs médicaments. Aujourd'hui, vous ayant vus de loin, j'ai recueilli toutes mes forces , et me suis avancé assez près de la route, pour que ma voix fût entendue. Etonné d'un pareil prodige, chacun en témoignait sa surprise, lorsqu'un général, informé de cette particularité, aussi singulière que touchante, fit placer dans sa voiture le malheureux qui en était l'objet. »
(Labaume, Relation circonstanciée de la campagne de Russie)


"Le même jour, le bruit courut qu'un grenadier français avait été trouvé sur le champ de bataille, vivant encore : il avait les deux jambes coupées, et, pour abri, la carcasse d'un cheval dont il s'était nourri de la chair, et, pour boisson, l'eau d'un ruisseau rempli de cadavres. L'on a dit qu'il fut sauvé : pour le moment, je le pense bien, mais, par la suite, il aura fallu l'abandonner, comme tant d'autres."
(Bourgogne, Mémoires)
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

Peyrusse

Lettre d’un officier français durant la campagne de Russie...

Message par Peyrusse » 21 oct. 2017, 11:39

L’auteur de ce document est Nicolas-Louis Planat de La Faye (1784-1864). Ce méconnu mais très intéressant personnage fut aide de camp des généraux Lariboisière et Drouot. Il fut également officier d’ordonnance de Napoléon. Cette lettre est extraite de l’importante correspondance qu’il a laissée et qui fut publiée en 1895.

-------------------------
Moscou, 30 septembre 1812.

A Constant D***

Mon ami, je ne crois pas t’avoir écrit depuis Smolensk. Il s’est passé des événements bien importants pendant cet intervalle : la bataille de La Moskowa, l’occupation de Moscou, et malheureusement l’incendie presque total de cette riche et superbe ville sont les plus marquants. Je t’avais fit que les Russes reculaient toujours et que nous nous épuiserions en marches avant de les atteindre. C’est enfin à 24 lieues de Moscou qu’ils se sont décidés à nous attendre, en avant d’une petite ville appelée Mojaïsk. Ils occupaient une position des plus formidables défendue par les trois redoutes qui nous ont fait un mal affreux. La bataille a duré 18 heures… Les russes ont été battus, mais non pas mis en déroute ; ils se sont retirés lentement et en bon ordre, laissant un champ de bataille jonché de leurs morts et de leurs blessés…Quinze mille de nos braves ont été atteints… Notre existence, depuis 2 mois, est quelque chose de fort extraordinaire ; nous vivons de pillage et de maraude ; les habitants quittent à notre approche les villes et les villages et s’enfuient dans les bois avec leurs bestiaux et leurs provisions ; c’est là que nous envoyons nos domestiques avec des soldats pour les assiéger et leur enlever leurs subsistances. Nous faisons notre pain, nous abattons des bœufs, nous égorgeons des moutons : chacun est boucher, boulanger, cuisinier ; voilà comme nous vivons. Nos chevaux nous donnent encore d’autres soins. Nos malheureux domestiques sont obligés d’aller fourrager à 2 ou 3 lieues des grandes routes au risque d’être pris par les cosaques ou assassinés par les paysans. Nous sommes tous sales, déguenillés, nu-pieds, et pas un tailleur, pas un cordonnier, pas une blanchisseuse. Croira-t-on qu’une population de 320.000 âmes a disparu devant nous !... On prétend que c’est le gouvernement russe qui a fait incendier cette belle capitale pour nous priver des ressources que nous aurions pu y trouver. Je ne sais ce qui en est ; mais je puis dire que nos soldats l’ont bien secondé ; qu’on se figure des soldats ivres, fouillant des maisons de bois avec des chandelles allumées, des torches, des tisons, voilà le spectacle que présentait Moscou le lendemain de notre arrivée. L’incendie a duré trois jours favorisé par un vent violent. Jamais on ne vit un spectacle plus terrible et plus navrant. Que de richesses, que de ressources englouties ! Que de fortunes détruites, que d’honnêtes gens réduits à la misère et au désespoir ! C’est à mon avis la catastrophe la plus effroyable que présente notre siècle si fertile en événements désastreux…
Modifié en dernier par Peyrusse le 21 oct. 2017, 11:56, modifié 1 fois.

Peyrusse

Survivre…

Message par Peyrusse » 21 oct. 2017, 11:53

« Le 13 novembre, le 1er corps, maréchal Davout, en tête, traverse Smolensk en assez bon nombre et prend position au-delà. Mon capitaine me renvoie en ville avec deux carabiniers pour chercher des vivres. La prévoyance de l’Empereur y avait accumulé, dans les magasins, des subsistances, des effets d’habillement, du linge, des chaussures. Mais, les employés de ces magasins ayant abandonné leur poste, ce fut la foule des blessés de toutes armes, des gelés, des traînards devançant la colonne qui, dans un désordre inexprimable, pilla toutes ces ressources. Tous ces malheureux, sans drapeau, sans chefs, ayant rejeté toute discipline, et n’étant plus, pour la plupart, en état de tenir un fusil, n’avaient plus qu’une pensée, manger, ou tout au moins se chauffer, et pourtant ces mêmes hommes avaient affronté la mort sur vingt champs de bataille !

Le froid est de 23°.

Je pus trouver dans Smolensk 5 à 6 kilogrammes de farine et quelques débris de biscuit. Avant de rapporter à la compagnie ces quelques grains de vie, bien faible ressource pour 60 hommes, je dûs, avec mes deux carabiniers, mettre le sabre à la main et défendre ces maigres provisions contre ceux qui, les plus effroyables menaces à la bouche, et l’arme aussi en main, voulaient nous les arracher. Autour de notre bivouac se trouvaient des maisons où des officiers et soldats avaient cherché un abri contre le froid après avoir allumé du feu à l’intérieur. Un de mes bons camarades y était entré. Prévoyant ce qui allait se passer je le suppliai de sortir. A ma prière insistante les officiers et quelques hommes sortirent, déjà engourdis par la chaleur et incapables d’une décision, mais lui ne voulut rien entendre et y trouva la mort. Bientôt, en effet, une foule se rua sur ces maisons, ceux qui s’y trouvaient voulurent défendre leur repos, une lutte horrible s’engagea et les faibles furent impitoyablement écrasés. Je courus au bivouac rendre compte de ces atroces scènes, à peine y étais-je arrivé que les flammes dévoraient ces maisons avec tous ceux qui s’y trouvaient. Au jour, nous vîmes des ruines et des cadavres. »

(Capitaine Vincent BERTRAND, « Mémoires. Grande-Armée, 1805-1815….», A la Librairie des Deux Empires, 1998, pp.146-147). L’auteur était à cette époque sergent dans les rangs du 7ème régiment d’infanterie légère, lui-même faisant partie du 1er corps (Maréchal Davout).

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Re: Survivre…

Message par Cyril Drouet » 21 oct. 2017, 12:52

Un exemple :
" Nous nous mîmes en marche le lendemain matin avant le jour, le thermomètre étant à 27 degrés [réaumur, soir -33,75 °C]. On pouvait alors à peine se tenir debout, et exécuter de simples mouvements. Celui qui perdait l'équilibre et qui tombait à terre, était aussitôt frappé d'une stupeur glaciale et mortelle."
(Larrey, Mémoires de chirurgie militaires et campagnes)
Modifié en dernier par Cyril Drouet le 21 oct. 2017, 12:57, modifié 1 fois.
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

Peyrusse

Re: Le destin des chevaux durant la campagne de Russie…

Message par Peyrusse » 21 oct. 2017, 13:05

C'est juste, quand on disait "le froid est de 23 °" cela voulait dire "-23°" . A noter que la température est effectivement notée à cette époque en degrés Réaumur.

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