Batailles : EYLAU (8 février 1807)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

david

EYLAU

Message par david »

il semble que si Ney n'était apparu sur le champ de bataille de Eylau, que Napoléon aurait décidé la retraite. Celle-ci devait se faire grâce à la couverture de Grouchy et de sa cavalerie, mais le plus intéressant semble être que Jomini en personne avait été pressenti par l'empereur pour mener à bien cette retraite. Par contre de la à parler de "grande" défaite je ne pense pas, les Russes étant très mal en point. Mais il est sûr que la "légende" d'invincibilité de Napoléon en aurait pris un sacré coup...et puis vu la saison et le climat la grande armée aurait pris un sacré coup au moral.....
foxtrot

[EYLAU]

Message par foxtrot »

Je pense qu'il faut légèrement recadrer:
Napoléon aurait eu besoin de Ney et surtout plus tôt sur le champ de Bataille, pour vraiment conclure une franche victoire; et à la manoeuvre de Davout sur l'aile droite française consistant à envelopper la gauche des Russes, Ney aurait débusqué par la droite pour les prendre en faute et en tenaille, pendant que Soult tenait péniblement mais bon au centre.
Malheureusement il est arrivé un peu trop tard et de plus devancé par les divisions prussiennes de Lestocq, qui lui est apparu avec quelques 10.000 hommes, sur le champ de bataille en fin de journée, alors qu'il était censé être poursuivi par Ney précisément.
Ces divisions prussiennes ont été immédiatement placées à l'aile gauche Russe pour résister à la poussée de Davout et permettre ainsi une meilleure retraite... et rien de plus
Car Bennigsen savait pertinemment que sur les talons de Lestocq débusquerait Ney et avec lui plus de 20 000 hommes.
Les Russes saignés à Blanc, avaient en vérité avec ou sans Ney déjà décidé de se retirer.
Une autre énigme (et une fois de plus) a surtout été:
Pourquoi une fois de plus Bernadotte attendu aussi pas très loin de Ney et avec 40 000 hommes, n'a pas daigné marcher au canon...
fadg

[EYLAU]

Message par fadg »

Je ne connaissais pas cette anecdote concernant Bernadotte, mais il est vrai qu'il s'agit d'un récidiviste, notamment lors de la journée d'Iena... :?
Vu l'étroitesse du résultat d'Eylau et l'état des deux armées, il est peu probable que le corps prussien seul aurait pu renverser le cours de la bataille ou conduire une poursuite de l'armée Française.
foxtrot

[EYLAU]

Message par foxtrot »

Il n'a rien renversé du tout.
Il a surtout et seulement comme je le disais plus haut, ralenti la poussée de Davout à l'aile droite Française et permis une meilleure retraite au Russes.
foxtrot

[EYLAU]

Message par foxtrot »

C'est surtout sur les effets d'Eylau avec les 2 armées fortement saignées aux résulats inachevés avec un Bennigsen claironnant assez légèrement sur une victoire Russe, qui ont insinué le doute.
La retraite fut pourtant bien du côté des Russes et le champ de Bataille aux Français...
Il n'en demeure pas moins que les effets d'Eylau ont amené à se poser des questions sur les victoires désormais plus difficiles de l'Empereur et à quel prix!
Celui retiendra pour cette fois et cette campagne la leçon et s'appliquera magnifiquement à préparer la campagne de Printemps, s'adaptera en attendant à la rude saison hivernale polonaise.
En résumé tenir compte des évènements et du climat et prévoyant de pourvoir au maximum dans les cantonnements à l'approvisionnement de son armée de 1807, ce qu'il aurait bien été inspiré de faire en 1812, où le froid et surtout la faim, ont achevé la grande armée.
C.Douville

EYLAU

Message par C.Douville »

Si Ney n'était pas arrivé, je ne pense pas que Napoléon aurait subi une grande défaite . Avant l'arrivé de Ney, les Russes sont enfoncés au centre mais pas en déroute ( après la grande charge de Murat et après le combat du cimetière au centre , l'équilibre est rétabli, l'offensive Russe est stoppée), disons qu'ils sont ramenés sur leurs positions respectives .
Sur la gauche Russe, Davout par l'intermédiaire de la division Friant passe à l'attaque et commence à culbuter l'ennemi, mais comme le précise Foxtrot, les renforts Prussiens empêchent Davout d'aller plus loin . Il n'est pas repoussé mais il avance très lentement, trop lentement pour inquiéter Benigsen .
Soult résiste également mais subit des pertes notoires .
En conclusion, avant l'arrivé de Ney, il est difficile pour les Russes de reprendre des initiatives offensives . Il sont stoppés au centre ( avec de lourdes pertes), et culbutés difficilement par Davout à leur gauche . Seule la droite des Russes pouvait encore entreprendre un débordement de l'armée Française mais l'arrivé de Ney change la donne, il fait attaquer l'ennemi, lui prend un village à la baïonnette . Benigsen lance des contre-attaques mais échoue; découragé il ordonne alors la retraite .
Si Ney n'arrive pas, la droite de Bennigsen peut alors entreprendre un débordement, Napoléon se trouvant en infériorité numérique ( depuis le début de la bataille) est acculé à la retraite . Il aurai été battu mais pas en déroute . Il aurai établi une retraite comme celle d'Essling après les furieux combats des 21-22 mai 1809 .
Par contre il était contraire à l'esprit de Bennigsen de rester cloué sur ses positions . Lors de la bataille de Pultusk, le 26 décembre 1806, un combat oppose le Corps Français du maréchal Lannes aux Russes de Bennigsen . Le combat est inégal, 26 000 Français combattent 80 000 Russes, les combats tournent plutôt à l'avantage des Français mais les Ruses auraient pu nous arracher la victoire si Bennigsen avait été plus audacieux mais il décroche et ordonne la retraite de son armée . Bennigsen avait-il craint la présence de Napoléon lors la rencontre de Pultusk ? La réponse est négative, il pensait justement affronter Napoléon !
L'on peut conclure que Bennigsen n'a jamais vraiment cherché à remporter les batailles rangées, c'est un homme qui ne devait pas avoir confiance en lui, il ne savait tout simplement pas comment battre Napoléon . Il est donc très probable que Bennigsen aurait, comme le démontre le cas de la bataille de Pultusk, ordonné la retraite .
Pour répondre définitivement à Olivier, sans Ney, les deux armées se seraient retirées .
Par la suite, le Tsar, sûrement très agacé par le comportement quelque peu douteux de son général, lui mettra assez de pression pour que celui-ci se décide à attaquer pour de bon Napoléon. Arrive ensuite l'épisode de Friedland, où Bennigsen vient attaquer le corps isolé de Lannes ( ce qu'il n'avait pas osé faire à Pultusk!), il fait passer l'Alle à toute son armée Russe . Pas moins de 70 000 Russes sont piégés avec un fleuve dans le dos, Napoléon arrive avec le gros de son armée Française, détruit les ponts, fait donner au maximum son artillerie et les baïonnettes Françaises terminent le travail . La défaite Russe est totale, 30 000 tués et blessés Russes, la moitié de l'armée Russe est détruite, le Tsar a perdu la guerre, il demande la paix car en cas de poursuite Française il en est fini de lui .
foxtrot

EYLAU

Message par foxtrot »

Il est vrai que la bataille fut indécise, mais fort peu probable que même la droite des Russes puissent arriver à qq chose même sans Ney dans l'hypothèse ou celui ci se serait "égaré" comme Bernadotte.
De toute manière c'est pure hypothèse, Bennigsen s'attendant lui aussi à l'arrivé à un moment ou un autre de Ney, donc agissant ou prévoyant comme tel.
Mais l'hésitation aurait été poussé jusqu'au bout:
En effet,au moment ou Davout ralenti dans sa progression à gauche et Napoléon se posant la question de la retraite ou non, un officier de son état major ( à Davout) lui annonce qu'en mettant l'oreille contre terre, on perçoit un bruit très marqué chez l'ennemi...pas de doute, des caissons et des canons roulent.
Un officier est envoyé à Napoléon et à mesure que l'officier rend compte, son visage s'éclaircit...
On attendra et poussera donc, en accompagnant très légèrement la retraite des Russes.
Friedland est toute autre il est vrai et après la reprise de l'offensive des russes le 05 Juin 1807, avec toujours pour Bennigsen, la stratégie de tourner les Français par leur droite et les couper de leur base arrière, C'est Ney "en pointe sud Ouest" cette fois qui fut le plus actif pour contenir et surtout attirer les russes dans le piège de l'Empereur.
Obligeant les russes à prêter leur flanc au gros des troupes Françaises s'ils ne reculaient pas aussitôt...
vint donc la fin très rapide de l'ébauche d'offensive russe et leur marche rétrograde à se mettre derrière la "Pregel" pour se rapprocher de leur base de Koenigsberg et surtout améliorer leur position derrière ce fleuve "Pregel" en attendant mieux...
Napoléon était sur le point des les envelopper et de les devancer sur Koenigsberg...
Enfin le piège de Friedland où Lannes en pointe fit penser à la fois à Bennigsen qu'il pourrait bousculer un corps isolé et ainsi s'offrir une victoire à bon compte mais aussi qu'il pourrait raccourcir son chemin en marchant sur le "ventre" de Lannes et tendre plus rapidement vers son objectif en repassant l'"Alle" rive gauche.
Mais à ce moment là (au contraire de Pultusk), Napoléon n'était pas très loin et Bennigsen dans l'erreur...
Apres Douville décrit très bien son erreur stratégique et le génie de l'Empereur de le prendre en pareille faute.
Ney fut "Un lion" comme le dira l'Empereur pour tourner les russes ou plutêt les enfoncer à leur aile "Sud- gauche" et leur couper la retraite en attaquant le village de Friedland.
Ainsi les russes non seulement dos à la rivière, seront sans issue de retraite envisageable.
Un autre petit débat, (sans revenir sur le cas Bernadotte qui laissa son corps d'armée à Victor pour Friedland...), est de constater que malgré le leitmotiv de Napoléon de toujours se trouver en un point stratégique et important en nombre conséquent, l'armée française ou quelques corps d'armée français se sont trouvés sur cette campagne, en infériorité numérique à Pultusk (et effectivement on peut considérer cet affrontement comme une victoire de Lannes, malgré les fanfaronnades de Bennigsen), à Eylau et aussi au début de Friedland (mais là plus tactique que subi il est vrai)...
Poue le Tsar, je pense que le pouvoir de persuasion de Bennigsen était tellement "lourd" après Eylau et avant Friedland, que tout l’état major russe y compris leur souverain était persuadé que Eylau fut une quasi victoire, Pultusk idem...
Qu'après Bennigsen fut pris à son propre jeu de "confirmer", c'est effectivement la réalité et à quelle dure vérité il fut confronté du 05 au 14 Juin 1807...[/justify]
C.Douville

Eylau

Message par C.Douville »

Pour en revenir aux relations entre Bennigsen et le Tsar de Russie, elles n'ont pas été toujours amicale . Après Pultusk, Bennigsen déclare avoir tenu en échec l'armée commandée par Napoléon en personne, le Tsar ne dit rien pour le moment .
Après la boucherie d'Eylau, le général en chef de l'armée Russe effectue encore une retraite et bien entendu il ne peut s'empêcher de crier partout qu'il a battu Napoléon . Cependant quand il vient confirmer cette nouvelle mensongère au Tsar, celui-ci ne peut s'empêcher de se moquer de Bennigsen, il lui fait d'ailleurs comprendre, non sans un sérieux agacement, qu'il trouve ces victoires quelques peu étranges puisqu'elles sont toujours ponctuées par des retraites .
Il est clair qu'à partir de ce moment, Bennigsen a sans doute compris qu'il jouait sa dernière carte avant un probable limogeage ( l'expression n'existait pas encore! elle date de 1914) . Cette pression exercée sur son esprit le pousse à prouver sa valeur militaire auprès du Tsar et donc à s'engager dans un véritable bataille .
Il est clair que l'isolement du corps Français de Lannes ressemble à un piège tendu par Napoléon . Cependant Napoléon, connaissant Bennigsen, ne devait pas trop croire au départ que le général en chef Russe se laisserait berner dans un piège aussi grotesque . C'est pourquoi quand Napoléon arrive sur le champ de bataille, il n'en croit pas à ses yeux et s'exclame : " On ne surprend pas une armée deux fois dans une pareille faute "; se retournant vers Oudinot il lui demande combien de Russes sont réunies sur le plateau, Oudinot lui répond " sire, j'en vois 80 000!", Napoléon qui n'en croit pas toujours ses yeux lui demande une confirmation, Oudinot lui répond " sire, je vous certifie, j'y vois bien avec mes petits yeux ."
Même si certains maréchaux ou généraux Français furent excellents dans cette bataille de Friedland, il faut souligner le rôle non négligeable du maréchal Lannes . Celui-ci arrive à se maintenir sur le champ de bataille malgré les attaques répétées d'une armée Russe qui croissait sans arrêt, elle était bel et bien supérieure en nombre ( au début de la bataille du moins), mais les lieutenants de Lannes ont fait des miracles, voire des prodiges de valeurs . La cavalerie Française de Grouchy a effectué une dizaine de charge, afin d'enrayer l'encerclement de Lannes, les grenadiers Français d'élite d'Oudinot ont repoussés à seize reprises les attaques de l'infanterie Russe . Lannes, par sa résistance opiniâtre, a réussi à fixer et à attirer vers lui 70 000 Russes, il n'est même pas entamé .
La situation de l'armée Russe, à l'arrivée de Napoléon, est la suivante : toute l'armée Russe est prise dans une souricière avec l'Alle dans son dos . Pour Napoléon, l'occasion est trop belle, il peut ( enfin !!!) en finir avec les Russes . Dans son esprit, tout se passe très vite, il ne faut pas que cette armée lui échappe, il ordonne de repérer et de détruire les ponts artificiels que les Russes ont fait construire . Cette fois l'armée Russe est bel et bien piégée .
Napoléon porte plusieurs batteries Françaises contre le centre de l'armée Russe commandé par le pauvre général Gortchakov . L'artillerie Russe postée sur la rive droite de l'Alle est contrebattue, l'artillerie Française peut alors commencer son oeuvre ( enfin si l'on peut qualifier ce massacre par ce terme!) . En effet l'infanterie Russe ( qui n'est plus protégée par ses canons) est taillée en pièce par les batteries Françaises qui vont tirer 3000 coups dans la seule bataille . Le général Russe Gortchakov est désespéré, il sait la bataille perdue, mais courageusement il cherche un gué pour faire passer son armée, enfin ce qu'il en reste . Finalement seule une petite brigade arrivera à s'en sortir presque indemne, le reste du centre Russe n'est plus qu'un ramassis de tués ou de blessés . Pendant le combat du centre, Gortchakov avait essayé judicieusement de passer par le pont de Friedland ( là ou Bagration passera), après un début de succès dans le village de Friedland il sera finalement repoussé par une contre-attaque de Ney . Les dernières troupes Russes qui résistent encore ( soit un tiers des effectifs de Gortchakov) seront balayés à la baïonnette par une offensive des troupes d'Oudinot, de Mortier et des voltigeurs de la Garde . Les soldats Russes se battront avec l'énergie du désespoir, beaucoup seront retrouvé noyés dans l'Alle .
A droite, le succès est plus indécis mais tourne à l'avantage des Français . Napoléon installe son artillerie contre les troupes de Bagration, puis il dit à Ney " Avancez, ne vous préoccupez pas de ce qui peut se passer à droite ou à gauche, foncez et prenez le village de Friedland " . Ney obéit mais, au départ il est arrêté par une attaque des Russes et par le feu de l'artillerie de Bagration .
C'est alors que surgit un génie, il se nomme Senarmont ( un nom comme ça, mais je n'en rappelle plus exactement) . Pour lui, il faut en finir avec les boulets Russes . Lui et ses canonniers se portent courageusement sur le lieu du drame et installent leurs pièces sous le feu des canons Russes . L'artillerie Française prend à contre-pied l'artillerie Russe et en finit avec elle . Bagration demande alors du secours, Bennigsen envoie les grenadiers de la Garde Russe, ceux-ci ont pour mission d'attaquer et de prendre les batteries de Senarmont .
Napoléon observant à la jumelle voit justement ce fameux Senarmont en action, de suite il comprend le pourquoi de l'initiative du général et lui envoie un message de félicitations . Napoléon aperçoit aussi la manoeuvre offensive de la Garde Russe, pas besoin de faire donner la Garde les troupes de lignes du général Dupont suffiront ( Dupont s'était illustré dans de précédents combats notamment en 1805, il faisait parti du corps de Bernadotte, celui-ci blessé à la gorge à la bataille de Spanden qu'il remporte d'ailleurs, ne fera pas la bataille de Friedland) .
Les grenadiers Russes de la Garde Impériale attaquent les batteries Françaises de Senarmont, c'est alors que l'infanterie Française de Dupont marche et aborde avec un entrain superbe les Russes à la baïonnette . Un général Français fut témoin du combat, il prétend que les grenadiers Russes était des géants ( ils étaient recrutés, il est vrai, pour leur taille ) et les Français plutôt de taille moyenne ( ce qui est encore de nos jours un caractère assez national ) . Il caricature ce combat opposant des pygmées à des colosses, cependant à cette époque, la grande armée Française faisait des miracles . Les Français viennent à bout des Russes, le même général raconte que l'on retrouvera la plupart des colosses Russes de la Garde dans un fossé tués ou blessés par des coups de baïonnette portés au torse, les Français ne pouvant viser plus haut .
L'offensive de la Garde Russe est écrasée, brisée . L'artillerie Française de Senarmont a la voie libre, elle prépare l'attaque de Ney et arrose le village de Friedland . Celui-ci est bientôt en flammes, les troupes de lignes de Ney arrivent dans le village, y trouvent les soldats de l'infanterie Russe rangés en masse serrées . Marbot parle de cette affreuse mêlée dans ses mémoires, les soldats Russes ne pouvant à peine se déployer furent repoussés après un combat à la baïonnette dans lequel ils subirent des pertes très lourde . Bagration, battu, effectue une retraite par l'intermédiaire d'un pont qui n'avait pas été détruit . Il arrive à sauver la moitié de son armée .
A la fin de la bataille, l'armée Russe est en déroute sur tout le front . Elle a perdu entre 25 000 et 30 000 hommes ( en fait le nombre de 25 000 est celui que l'on attribue le plus, il représente le minimum, 30 000 serait le maximum approximativement parlant) . En bref, la moitié de l'armée Russe est détruite, c'est un nouvel Austerlitz ou un nouveau Iéna .
Le général Bennigsen commençait à écrire un billet qu'il voulait adresser au Tsar, " les Français ont eu beau jeu, mais je n'ai pas cherché à défendre le champ de bataille ", il n'avait pas perdu de sa mauvaise foi habituelle . Cependant ce billet n'arrivera jamais au Tsar, Bennigsen revenant à la raison, préférera dire au Tsar la vérité et reconnaîtra " la terrible boucherie que fut pour l'armée Russe la bataille de Friedland " . En même, il prend l'initiative d'envoyer un émissaire auprès de Napoléon pour demander la paix, car il sait que le temps court avant la poursuite Française, il faut sauver le Tsar d'une capture ( l'armée Russe n'ayant plus les moyens de lutter contre Napoléon)
Mais le Tsar était déjà au courant du résultat, ses compagnons de route ( des représentants Français, Anglais, Prussiens etc..) traumatisés du résultat de la bataille, s'affolaient et pressaient le Tsar de demander la paix pour sauver ce qui était sauvable .
A chaque fois que l'armée Russe a pris une initiative offensive, elle a été sévèrement battue par les Français de Napoléon . Austerlitz et Friedland sont les meilleurs exemples . D'ailleurs, après le désastre d'Austerlitz, Kutusov savait pertinemment que l'armée Française n'était pas battable en bataille rangée, il n'a jamais cru à une victoire possible en 1807 . L'on comprend pourquoi il a si souvent refusé de livrer bataille aux Français et à leurs alliés lors de la campagne de Russie ( à part Borodino mais là c'est le Tsar qui l'avait obligé à livrer bataille, Kutusov ne voulait point!)[/justify]
Hypolite

Eylau

Message par Hypolite »

Merci encore pour le fabuleux récit de cette magnifique bataille qui prouve la bêtise et la mauvais foi de Benigsen !
l'intelligence de Koutousov fut justement de réaliser la force des armées napoléoniennes !
Quand aux fausses victoires Russes, c'est une de leurs habitudes! :? n'oubliez pas qu'ils ont prétendu pendant des lustres que la bataille de la Moskova était une de leurs victoires !
foxtrot

Eylau

Message par foxtrot »

Mr Douville tout est dit, nickel!
je n'ai rien à ajouter sur Friedland, si ce n'est à confirmer la valeur déterminante de Lannes et Ney sur cette bataille.
Par contre que pensez-vous des quelques confrontations en infériorité numérique malgré le dogme Napoléonien, détails certes quand on connait la valeur de l'armée de 1807 et des ses généraux, sans parler du génie de l'empereur.
Lui même déclara pas très loin de cette période je crois, que l'on est bon à la guerre que quelque temps et qu'après un certain âge, la clairvoyance est émoussée..
il s'était fixé encore 4 ou 5 ans (je crois) à être à niveau et après décliner.. 4 ou 5 ans...1812.
Autre débat que met en lumière Hypolite et aussi Mr Coppens je crois, et qui s'ébauche avec la vision de Koutousov, mais plus sûrement avec Waterloo...
La stratégie défensive a t'elle pris le pas au final sur la stratégie offensive, démontré sa supériorité dans tout combat à partir de 1812 et plus sûrement en 1815 et post 1815.
L'Empereur de ne pas l'avoir deviné et demeuré sur ses positions "à la baïonnette", a sans doute été aussi surpris en faute sur cette évolution non prise en compte...
Il est vrai aussi qu'à les battre comme dirait l'Empereur on apprend à nos ennemis comment parer et retenir les leçons à la longue...
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