"l'Aiglon" d'Edmond Rostand

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Modérateur : Général Colbert

Christophe

Re: Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Christophe » 08 août 2011, 21:49

Cher "Cyr-Phuong", de mémoire, "Le Roi de Rome", (Librairie Arthème Fayard, 1932) est le plus complet des biographies que le célèbre Octave Aubry a consacré au fils de l'Empereur. C'est une bonne étude qui s'est vendue à des milliers d'exemplaires à l'époque.

Les livres de 1933, 35 et 36 ne sont que des passages de la vie de Napoléon II, extraits de cette étude.

L'ouvragepublié en 1941 est intéressant car il contient de nombreuses illustrations. Mais ce n'est en soi qu'une biographie bien "allégée", réalisée après le retour des cendres de l'Aiglon en 1940, à Paris.

Pour la petite histoire, O. Aubry (mort en 1946) a eu quelques petits soucis à la Libération, du même type que tous les écrivains et historiens qui n'avaient jamais cessé d'écrire, tout en s'accommodant de la présence des allemands sur le sol national.... :roll: André Castelot en fait partie, écrivant dans des journaux collaborationnistes.... Ce très talentueux historien n'a jamais pu, par son attitude à cette époque, entrer à l'Académie française (contrairement à son compère Alain Decaux).

Je referme cette parenthèse. :oops:

Christophe

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par Christophe » 09 août 2011, 20:29

[aligner]... spécialement à l'attention de "Cyr-Phuong" :) , cet exemplaire un peu particulier du "Roi de Rome" d'Octave Aubry. Un des 25 hors-commerce sur papier vélin pur fil des Papeteries Lafuma, avec en prime un envoi autographe d'Octave Aubry à un autre historien : André Gavoty (auteur notamment de l'ouvrage "Les drames inconnus de la cour de Napoléon, 1805-1806", Fayard, 1964).

On reconnaît toujours les exemplaires d'un livre sur "grand papier" (selon l'expression consacrée) car ils sont un peu plus grands que ceux sur papier ordinaire.
[/aligner]

cyr-phuong jacobin94

Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par cyr-phuong jacobin94 » 10 août 2011, 10:58

Merci, Christophe. C'est un trésor que de posséder dans sa bibliothèque un livre d'Octave Aubry avec envoi autographe de l'auteur. J'en possède un également :fou:
C'est un livre que j'avais récupéré, parmi d'autres, après la mort de mon parrain, Commissaire général de la marine, et grand passionné de Napoléon. Je n'ai ouvert ce livre que dernièrement, et ai donc seulement alors découvert cet envoi. Je ne cache pas que ce livre-là, je n'ai pas envie de le vendre :)

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C-J de Beauvau
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Re: NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par C-J de Beauvau » 05 déc. 2017, 08:04

Première sortie mondaine
.....Devant les accusations de séquestration, d’étouffement qui, vers 1829 et 1830, deviennent de jour en jour plus précises et plus violentes, le gouvernement autrichien se décide à répondre avec une sorte d’éclat. Il ouvre la geôle à son prisonnier et lui fait faire ses débuts dans le monde. Il en choisit l’heure et l’endroit, et, le 25 janvier 1831, le duc de Reichstadt paraît au bal donné par lord Cowley, ambassadeur d’Angleterre. À ce bal, on le sait, une rencontre a été ménagée à Marmont avec le duc et là s’ébauchent leurs relations. Le maréchal confesse la brillante impression faite par le fils de l’Empereur à ces débuts. Il y est venu en uniforme de lieutenant-colonel au régiment du prince de Nassau-Infanterie, grade auquel il a été promu en novembre 1830. Déjà en lui sourde la fièvre du mal qui l’emportera. Il en a aux yeux l’éclat, au visage la pâleur. Tel, à ceux qui ne l’ont point vu encore, qui l’ignorent, il apparaît conforme à l’image idéale qu’on se fait de lui. Aussi « tous les yeux se portèrent vers lui ». Et Prokesch complète : « Il était rayonnant de beauté et de jeunesse. Le ton mat de son visage, le pli mélancolique de sa bouche, son regard pénétrant et plein de feu, l’harmonie et le calme de ses mouvements, lui prêtaient un charme irrésistible. » De fait, personne ne conteste l’impression favorable et sympathique faite par le jeune homme. Pour conquérir les cœurs féminins, n’en est-il pas assez de sa jeunesse et de ses malheurs ? Quand la légende aura à conter cette soirée et à décrire ce décor, elle en fera le théâtre des premières amours du duc de Reichstadt. Dans des salons écartés, au son de langoureuses « walses », il écoutera de tendres paroles, fera de charmants serments et recevra d’aventurières, pleines d’excellents sentiments, des propositions pour tous les trônes vacants d’Europe. Et tout cela ne sera qu’à moitié invraisemblable, car à ces soirées le duc semble avoir pris goût. Du moins on l’y voit fréquenter.
« Je lui conseillai, dit Prokesch, de solliciter de l’Empereur la permission de fréquenter les cercles diplomatiques et les autres salons importants de la haute société viennoise. » La permission est accordée, car les sorties du prisonnier deviennent plus fréquentes. Il est recherché, et quoi de plus naturel ? C’est, en vérité, un bel ornement de salon autrichien, que le « petit Bonaparte », le fils de l’Empereur, vêtu de la casaque militaire qui tourna le dos sur tous les champs de bataille de l’Europe. Ne point l’avoir là, en vainqueur, mais en invité chez soi, en personnage d’apparat, figurant de gloires éteintes, c’est un spectacle auquel les âmes raffinées peuvent trouver les plus délicates jouissances de l’ironie.
De ce brusque contact avec un monde insoupçonné, il est sorti enivré, éperdu, liqueur trop forte qui grise l’adolescent. Fleurs, lumières, parfums et nudités, tout cela lui a été prodigué, comme par surprise. La tentation se renouvelle de soir en soir, quand il lui plaît, car est-ce que les invitations lui manquent ? Ce dont la légende s’afflige, c’est de le croire l’habitué de tous ces bals et de toutes ces fêtes. Cette légende veille sur lui, attendrie et mélancolique. Des bribes de vérité qui lui sont parvenues, elle tire des conclusions qui font honneur à sa sensibilité. « Il recherchait, dit l’une d’elles, avec avidité, les plaisirs bruyants du bal, se laissait entraîner pendant des nuits entières aux tourbillonnements d’une valse plus fatigante que voluptueuse, car laissant de côté les danses allemandes, c’était aux bonds sautillants de la galoppe anglaise, ou à la rapidité des figures françaises qu’il donnait la préférence ; et ce n’était pas sans surprise qu’on voyait ce jeune homme, autrefois si grave, si occupé de travaux paisibles et sérieux, rentrer le matin pâle et harassé, après avoir passé une nuit de fatigues et d’épuisement au bal. » Et la légende crée ainsi, à son tour, la légende du jeune viveur, livré à tous les plaisirs mondains.....

Hector Fleischmann
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