Religion : Saint-Napoléon

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Cyril Drouet
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Re: Religion : Crèche des Bonaparte

Message par Cyril Drouet »

Maria Kel a écrit :
21 déc. 2017, 15:35
Sujet de circonstance à quatre jours de Nöel :D

http://mariakelhistoire.over-blog.com/p ... 520d5b22d5

Voici une photo

Image

"Il avait rapporté à sa mère, entre autres objets recherchés en Orient, une crèche en ébène et acajou, dont les figures en ivoire étaient finement modelées.
Cet objet curieux représentait un modèle de l'art industriel de la Syrie. A cette crèche se joignait un coffret garni de nacre, servant aux femmes dans les harems, pour renfermer leurs bijoux et leurs souvenirs précieux. Madame Mère en fit don à la femme de Lucien, et plus tard la princesse de Canino l'offrit à sa belle-fille la princesse Pierre."
(Larrey, Madame Mère)



Autre conte :

« Dans la vaste et morne maison d'Ajaccio qu'habitait en 1779 Mme Buonaparte, on avait été obligé de démeubler une grande chambre, afin que les enfants pussent, aux heures de récréation, les jours de mauvais temps, donner libre cours à leur turbulence. Joseph y organisait, avec les vieilles robes de la signora madre, des lits aux poupées d'Elisa.
Lucien, qui avait quatre ans, se traînait sur le tapis « pour faire le lion » et amuser son petit frère Louis, encore bambin. Quant à Napoléon, quand il s'était bien bourré de confitures, il dessinait des pantins sur le mur : c'était toujours des soldats rangés en bataille et alignés à miracle. Il n'était pas coquet et sortait dans les rues tout ébouriffé, les bas tombés sur ses gros souliers ; en raison de quoi les gamins l'appelaient la mi-chaussette.
M. et Mme Buonaparte étaient riches à la façon de ce pays et de cette époque, c'est-à-dire qu'ils avaient une maison de ville et cinq ou six cents livres de rente, représentés par un jardin planté d'oliviers, situé aux Millelli, sur une hauteur, près de la ville.
Une servante alors se payait un petit écu par mois et Mme Buonaparte en avait deux, Caterina et Severia, sans compter la nourrice Ilari. Et c'est ainsi que Letizia Ramolino qui s'était mariée sans dot, à treize ans, avec Charles Buonaparte qui en avait quinze, et qui ne possédait, pour toute fortune, qu'un titre d'avocat, assez peu lucratif dans un pays où les différends se vident à coups d'escopette, c'est ainsi que le ménage, d'où naquirent treize enfants dont huit vécurent, parvenait à faire bonne figure et à tenir, avec ces cinq cents francs de revenu, un rang distingué dans la bourgeoisie riche d'Ajaccio !
Or, en cette année 1779, la veille de Noël, un paysan de la montagne, qui était le cousin d'Ilari, apporta, pour les enfants de Mme Buonaparte, une belle crèche, à laquelle il travaillait — en gardant ses chèvres — depuis bien des mois.
La Vierge Marie, Saint Joseph et l'Enfant Jésus étaient de belles statuettes d'os blanc ; les trois rois mages, Gaspar, Melchior et Balthazar, en leur qualité d'Ethiopiens, étaient, comme il convient, sculptés dans du vieux buis couleur de bois de réglisse ; ils portaient sur la tête de mirifiques couronnes dorées, énormes, où les cailloux et les morceaux de verre incrustés faisaient un ruissellement de pierreries. L'ange qui veillait sur le sommeil de l'Enfant-Dieu était en bois odorant de violette, l'âne était d'érable gris et la vache en pin rouge de Corte, où la sève étendait, pour plus de vraisemblance, de grandes taches brunes. Une resplendissante étoile, découpée dans une feuille de cuivre, étincelait parmi les brindilles et la mousse, au faîte de la grotte où s'abritaient les saints personnages.
Quand, le soir, tout fut endormi dans la maison, Mme Buonaparte, pieds nus, afin de ne pas faire de bruit, entra dans la pièce où dormaient ses enfants ; elle disposa sur la commode la belle crèche avec tous ses accessoires, jeta un coup d'œil aux petits lits de Joseph, de Napoléon, de Lucien et de Louis, traversa le cabinet voisin où couchaient Elisa et la bonne Severia, et rentra dans sa chambre, toute heureuse de la surprise que la maisonnée aurait à son réveil.
Ce fut, en effet, d'abord un étonnement admiratif, puis, la prière faite, non sans de furtifs regards décochés à la merveille qui encombrait de ses splendeurs le marbre de la commode, on s'approcha. A l'exception du petit Louis, les gamins avaient déjà l'air réfléchi et grave ; ils admirèrent tous les détails de la crèche, et les discutèrent longuement ; puis, quand on l'eut bien retournée, et qu'on en eut, un à un, étudié les personnages, on obtint de la transférer solennellement dans la chambre aux jouets, et ce fut Joseph qui se chargea du transport. Et toute la journée la maison résonna de cris de joie, entremêlés de Noëls en patois corse, et de cantiques appris au catéchisme, et de grandes disputes qui finissaient toujours par des dégringolades dans l'escalier et des courses échevelées sur toute la longueur du couloir qui traversait la maison.
Vers le soir, tout à coup, un silence profond succéda à ce tumulte. La chose était si insolite que Mme Buonaparte en fut presque inquiète ; elle vint, sans bruit, jusqu'au palier de la chambre, et, n'entendant rien, poussa la porte.
Las d'admirer la crèche, les enfants n'avaient pu résister au désir de la toucher, ensuite à l'envie de la démolir un peu. Les figures de Gaspar, de Melchior et de Balthazar excitaient surtout leur curiosité ; ils les avaient détachées de leurs socles, puis à force de les tourner et retourner, ils étaient parvenus à dévisser les lourdes couronnes rutilantes d'or et de pierreries et, se les étant partagées et posées sur la tête, ils jouaient « aux Rois Mages ». Quant à Napoléon, qui avait fait la distribution, il s'était attribué la belle comète, toute resplendissante et, la tenant au bout d'une règle, il remplissait le rôle d'étoile miraculeuse et guidait solennellement à travers la chambre ses frères couronnés. A l'aspect de la signora madré, le cortège s'arrêta un peu penaud; les trois rois et leur guide eurent l'impression qu'ils avaient commis quelque chose d'énorme, et, de fait, sans mot dire, avec l'air sévère qu'elle savait affecter et qui faisait si peur, la mère prit les couronnes et l'étoile, confisqua la crèche qui fut mise sous clef dans une grande armoire, et envoya les quatre gamins se coucher, après leur avoir taillé, à chacun, un gros morceau de pain qui fut tout leur, souper de Noël.
Cet incident n'étonnerait guère dans la vie de ces quatre enfants qui devaient être mêlés à quelques événements plus importants, si, cinquante-six ans plus tard, il n'avait eu son contre-coup dans la vieillesse de Madame Mère ; tel est le nom sous lequel vivra immortellement dans l'histoire la femme qui mit au monde Napoléon.
En 1835, elle demeurait depuis dix-neuf ans à Rome, dans ce silencieux palais Falconière, rue Tulia, à l'angle du Corso et de la place de Venise.
Depuis la mort de son petit, à Sainte-Hélène, elle n'avait pas quitté le deuil : sur sa simple robe noire, elle avait pris l'habitude de porter, chez elle, en hiver, un tablier de taffetas, noir également, qu'elle remplaçait, en été, par un tablier blanc. C'était un lointain souvenir de l'humble ménagère de la maison d'Ajaccio.
Elle était presque aveugle et ne pouvait plus marcher. Elle se faisait promener dans son appartement sur un fauteuil à roulettes et parcourait ses salons, par une vieille habitude de veiller à tout, se faisant rendre compte des moindres détails du ménage.
Quand elle rentrait dans sa chambre, on l'étendait sur un canapé : elle reprenait son fuseau, qu'elle maniait avec beaucoup d'adresse, et se faisait lire ou raconter les nouvelles du jour.
Tout, dans ce palais Falconière, était austère, grave et triste. Les rares visiteurs en pénétrant dans les antichambres y trouvaient deux laquais impassibles, revêtus de la grande livrée impériale, vert et or. Les appartements étaient sombres et vastes, aux plafonds très élevés ; d'épais rideaux, cachant en partie les fenêtres, ne laissaient pénétrer qu'un faible jour. Dans un premier salon, on rencontrait, étendu dans un fauteuil, le comte Colonna, chambellan de Madame Mère, toujours vêtu de noir, en culotte courte, en bas de soie, en souliers à boucles d'argent, l'épée au côté. Il sommeillait doucement, attendant que son service le réclamât. Madame, elle, vivait dans une pièce solennelle, où elle recevait les étrangers : sa figure était entièrement blanche ; aucune rougeur ne colorait ses joues : on eût dit que son sang s'était tari. Ses yeux, quoique perdus, étaient noirs et brillants, et un sourire de bienveillance errait sur ses lèvres. Sa tête était coiffée d'une espèce de turban qui laissait à découvert un front très haut : elle s'enveloppait souvent d'un grand manteau d'hermine qui la recouvrait tout entière. A côté d'elle, se trouvait une petite table bien simple, bien fragile, sur laquelle, continuellement, elle laissait errer sa main. C'était cette table qu'Il avait eue jusqu'à la fin, près de son lit, à Sainte-Hélène, et qu'en mourant il avait léguée à sa vieille maman.
Et puis, quand elle avait, aux visiteurs, tendu sa main à baiser, elle commençait tout de suite à parler de lui ; elle appelait un vieux valet de chambre qui roulait sa chaise longue dans un salon voisin décoré des portraits des rois, reines et princesses de la famille impériale, en grands costumes. Au milieu d'un panneau, à la place d'honneur, était le père de tous ces souverains, le petit avocat d'Ajaccio. Madame Mère s'asseyait à sa place accoutumée, sous le portrait de son mari et tournait son visage vers lui. « Il était bel homme, disait-elle, il était grand comme Murat. » Puis, invinciblement, elle revenait à parler de son petit.
« Oh ! songeait-elle, il avait aussi une belle figure, quand il était de bonne humeur. Mais quand il réfléchissait à sa grande affaire, il prenait une physionomie bien sérieuse ; alors je lui disais : « Mon enfant, je me fâcherai quand on me dira que tu me ressembles. » Cela le faisait rire et il m'embrassait : « pauvret, il était si bon ! »
La bonne Severia, la fidèle gouvernante qui, depuis soixante ans n'avait pas quitté la signora madre, était toujours là. Madame causait avec elle en patois
corse. Dans la chambre, derrière la chaise longue était une grande armoire, avec des ornements de cuivre. A part les planches qui garnissaient le haut et sur lesquelles étaient rangés divers paquets méthodiquement enveloppés, cette armoire était vide et était destinée à servir d'épouvantail aux enfants.
Les enfants, c'étaient le fils et la fille de l'ancien roi de Westphalie, le prince Jérôme et la princesse Mathilde. Si l'un d'eux faisait du bruit ou troublait la conversation des parents, il était menacé de la prison dans la grande armoire de bonne-maman, et il se taisait aussitôt. Madame Mère, malgré sa cécité, aimait à ranger : Severia lui apportait sur sa chaise longue les objets — souvenirs précieux ou simples bibelots — qu'elle désignait, et elle les développait, les tâtait, les caressait de la main, se rendait compte de leur état de propreté, puis elle les enveloppait elle-même et les remettait à la vieille gouvernante. Cette mère de tant de rois était restée la ménagère ordonnée et méticuleuse d'autrefois. Voilà à quoi elle s'occupait, la veille de Noël, en 1835 ; elle avait entrepris une revue de ses armoires pour chercher ce qui, parmi les reliques de son passé, pourrait plaire « aux enfants» comme cadeau de Noël. Severia venait de mettre entre ses mains un assez volumineux paquet, enveloppé de gros papier ancien, et Madame l'avait ouvert. De ses vieux doigts si blancs et si maigres, elle cherchait à se rendre compte de la nature des objets qu'elle en avait sortis; elle ne put y réussir sans le secours de Severia : c'était une étoile de cuivre, toute ternie, et trois grosses couronnes de bois grossièrement doré et peint — et les deux vieilles s'étonnaient de cette découverte inattendue, quand tout à coup la madre s'émut.
« Oh ! Severia, dit-elle. je me souviens. comme c'est loin, mon Dieu, comme c'est loin. »
Et courbant le front, elle songea, silencieusement.
« Tu ne te rappelles pas, ajouta-t-elle après quelques instants, là-bas, à Ajaccio, le jour où le cousin d'Ilari apporta cette crèche ? Mes chers petits étaient-ils heureux ! Quels cris pendant toute la journée ! Et le soir, lui, avait décroché l'étoile, et distribué à ses frères les couronnes. Te rappelles-tu, Severia, te rappelles-tu ? Quel présage ! Et moi, obligée de me montrer sévère, je leur ai pris des mains leur étoile et leurs couronnes. Je n'y avais plus pensé, je ne les avais pas revues depuis. Les voilà, telles qu'ils les ont touchées, il y a près de soixante-dix ans. »
Et sur le visage impassible de l'impératrice mère, on vit se creuser deux rides qui s'emplirent de larmes : toute l'épopée, devant ces simples objets, repassait en son esprit.
Elle songeait à lui, mort loin d'elle. aux présages qui, pendant toute sa vie, avaient semblé le guider comme sur une route d'avance tracée par Dieu, au saule de Sainte-Hélène, foudroyé dans la nuit du 5 mai 1821, à la comète qui, dans le printemps de cette année fatale, avait traversé le ciel et disparu au jour précis où mourait l'homme du Destin.
Et elle caressait comme un talisman, cette étoile de cuivre, qu'il avait, enfant, dérobée au ciel de la crèche de l'Enfant-Dieu. Elle revenait à ces couronnes que ses autres bambins s'étaient partagées, et ce souvenir d'une espièglerie d'enfant prenait, en son esprit, la grandeur d'une inéluctable prédestination.
Un écrivain illustre, visitant, à Ajaccio, la maison où naquit l'Empereur, a tracé ce croquis :
« Pour moi, l'âme et l'épouvante du lieu, c'est, dans la chambre de Mme Letizia, un pâle portrait d'elle-même, placé à contre-jour, que je n'avais pas remarqué d'abord et qui, à l'instant du départ, m'arrêta pour m'effrayer au passage. Dans un ovale dédoré, sous une vitre moisie, un pastel incolore, une tête blême sur fond noir. Elle lui ressemble, à lui, elle a les mêmes yeux impératifs, et les mêmes cheveux plats en mèches collées ; son expression, d'une intensité surprenante, a je ne sais quoi de triste, de hagard, de suppliant. La figure, on ne comprend pas pourquoi, n'est pas restée au milieu du cadre.
Et l'on dirait une morte, effarée de se trouver dans la nuit, qui aurait mis furtivement la tête au trou de cet obscur ovale, pour essayer de regarder à travers la brume du verre terni ce qu'est devenue la gloire de son fils. »
Dans cette vieille chambre, mangée aux vers, sur une commode à marbre gris, on voit une « crèche de Bethléem », dont tous les personnages d'os et de bois sculpté sont poussiéreux, cahotants, écroulés les uns sur les autres. Les trois rois mages Gaspar, Melchior et Balthazar ont retrouvé leurs couronnes — mais l'étoile — l'étoile miraculeuse — a disparu.
Et rien n'est angoissant comme la vue de ce jouet qui rappelle cette mère et ce fils, cette maman et son petit, lui, toujours « affolé de gloire » — elle toujours « inquiète, sévère, clairvoyante et attristée ».
(Lenôtre, Légendes de Noël, contes historiques)
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Religion : l'existence de Dieu

Message par L'âne »

Montholon rapporte une conversation en date de la mi janvier 1817 :
"Un soir, il nous parla ainsi de religion. « Je n'ai jamais compris, nous dit-il, que des hommes aussi supérieurs, comme savants, que Laplace, Monge et Berthollet, ne crussent pas à l'existence de Dieu, et je ne m'explique leur matérialisme que par un reste d’impression de jeunesse. […] Quand je voulais convertir l'un d’eux, il me disait : « je croirais, si la religion catholique existait depuis que le monde existe ». A cela je n'avais rien à répondre comme croyance en Jésus-Christ. « Mais, lui disais-je, depuis que le monde existe, la même morale est prêchée aux hommes comme étant la parole de Dieu. Votre raisonnement ne nie donc point l'existence d'un Dieu, et vous plus que personne vous devriez l'admettre, puisque mieux que personne vous avez pénétré dans les merveilles de la création. Les religions peuvent être l'ouvrage des hommes, mais l'existence de Dieu nous est attestée par tout ce qui frappe notre imagination; et si notre vue n'arrive pas jusqu'à lui, c'est qu'il n'a pas permis que notre intelligence allât jusque-là. »"
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Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par Bernard »

L'âne a écrit :
09 janv. 2018, 11:12
Montholon rapporte une conversation en date de la mi janvier 1817 :
"Un soir, il nous parla ainsi de religion. « Je n'ai jamais compris, nous dit-il, que des hommes aussi supérieurs, comme savants, que Laplace, Monge et Berthollet, ne crussent pas à l'existence de Dieu, et je ne m'explique leur matérialisme que par un reste d’impression de jeunesse. […] Quand je voulais convertir l'un d’eux, il me disait : « je croirais, si la religion catholique existait depuis que le monde existe ». A cela je n'avais rien à répondre comme croyance en Jésus-Christ. « Mais, lui disais-je, depuis que le monde existe, la même morale est prêchée aux hommes comme étant la parole de Dieu. Votre raisonnement ne nie donc point l'existence d'un Dieu, et vous plus que personne vous devriez l'admettre, puisque mieux que personne vous avez pénétré dans les merveilles de la création. Les religions peuvent être l'ouvrage des hommes, mais l'existence de Dieu nous est attestée par tout ce qui frappe notre imagination; et si notre vue n'arrive pas jusqu'à lui, c'est qu'il n'a pas permis que notre intelligence allât jusque-là. »"
Mon cher L'âne, j'ai trouvé la réponse à cette lancinante question dans un ouvrage que je vous recommande volontiers : La Formule de Dieu de J. R. Dos Santos (facile à trouver en livre de poche chez Pocket). C'est une synthèse brillante, très brillante, sans doute un des meilleurs livres que j'ai jamais lu ! J'avais déjà lu de ce même auteur La Clé de Salomon qui m'avait éclairé comme jamais sur le raisonnement des fondamentalistes islamistes. Tout aussi remarquable.
Maria Kel

Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par Maria Kel »

L'Empereur fut l'un des rares a vraiment pratiquer la laïcité, c'est à dire la liberté pour chacun d'avoir sa foi. Il fut premier souverain d'Europe à ne pas imposer une religion d'Etat. Il avait compris que pour adhérer à ses idées, les gens devaient pouvoir prier. Il l'a expérimenté en Egypte avec de bons résultats.
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Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par Général Colbert »

Il n'a pas "fait une croix" sur les religions....... :twisted:
Maria Kel

Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par Maria Kel »

Vous vous surpassez cher ami. :D

Il avait l'exemple de la Vendée sous les yeux. Il a compris qu'imposer une religion d'Etat, même l'athéisme, ne peut mener qu'à des émeutes, des désordres sans nom, voire des guerres civiles. Il a alors fait comme les Américains, notre Empereur a permis toutes les religions sans en mettre une au-dessus des autres, c'est à dire avoir une religion d'Etat. C'était révolutionnaire à l'époque! :P

Par rapport au Concordat, le fait de payer les hommes de Dieu était une "sécurité" supplémentaire. Napoléon s'assurait qu'ils ne médisaient pas contre la France et ne lançaient, entre autres des appels au terrorisme. C'est aujourd'hui ce qu'il nous manque... :roll:
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Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par L'âne »

Jean-Antoine CHAPTAL « Mes souvenirs sur Napoléon » :
"On a coutume de regarder Bonaparte comme un impie, un athée, etc. Je ne puis pas partager cet avis, et ceux qui l’ont connu dans les années de son Consulat seront de mon opinion. Alors Bonaparte n’était pas dévot, mais il croyait à l’existence de Dieu et à l’immortalité de l’âme. Il parlait toujours de la religion avec respect et plaisantait souvent ceux qu’il croyait athées. Il pensait surtout qu’un peuple ne pouvait pas exister sans religion. Avant de proclamer le rétablissement du culte, et surtout au moment où il méditait ce projet, il parlait dans ce sens à toutes les personnes de son intérieur, sans qu’aucune se doutât qu’il allait le mettre à exécution. Il disait souvent que l’empereur de Russie et celui de Constantinople avaient sur lui un immense avantage, celui de commander aux consciences. Il ajoutait : « Je ne puis pas parvenir à ce degré de pouvoir, mais du moins je ne dois pas m’aliéner les consciences de mes sujets. Il faut donc que je rende au peuple la plénitude de ses droits en fait de religion. Les philosophes en riront, mais la nation me bénira. » Outre le principe de religion, il y avait donc encore un principe de politique qui déterminait sa résolution, et, quoique cet acte n’eût l’approbation d’aucune des personnes qui l’entouraient, il l’exécuta."
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Re: Religion : l'existence de Dieu

Message par L'âne »

Dans la rubrique "Collection génies des mathématiques", Jean DHOMBRES, mathématicien et directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales, évoque Laplace :
"L’anecdote très connue à son sujet est souvent bien mal interprétée : il aurait répondu à Napoléon sur la question de l’absence de Dieu qu’il « n’avait pas eu besoin de cette hypothèse ». Ce n’est pas de l’athéisme. Laplace veut dire qu’en science, il n’est pas nécessaire de « feindre » certaines hypothèses ni d’imaginer des fictions."
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Joker
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Religion : l'existence de Dieu

Message par Joker »

En 1809, alors qu'il séjournait à Weimar, Napoléon a eu une conversation avec le poète Wieland qu'il compare volontiers à Voltaire.
Revenant à ses idées sur la Grèce antique et le Christianisme, l'Empereur s'abandonne, confiant, car dans le vieux poète il a reconnu un sceptique.
- "Peut-être, lui dit-il en se penchant vers lui, le Christ n'a-t-il jamais vécu."
Mais Wieland n'est pas pour rien, depuis cinquante ans, l'esprit le plus fin d'Allemagne.
Il répond du tac au tac avec beaucoup de grâce : "Je sais, il y a quelques fous qui en doutent, mais c'est aussi sot que de douter de l'existence de Jules César ou de la vôtre, Sire."
Voilà comment le vieux poète sauva, par une tournure toute française, à la fois le Christ et l'honneur de l'esprit allemand.

Sources : "Napoléon" par Emil Ludwig.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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Soldat Inconnu
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Religion : Napoléon 1er, Mahomet et Jésus-Christ

Message par Soldat Inconnu »

Un article intéressant publié le 11 juin dernier par Dreuz Info : Napoléon 1er, Mahomet et Jésus-Christ. L'auteur affirme que Montholon aurait écrit à Antoine de Beauterne, auteur d'un ouvrage sur les "Sentiments religieux de Napoléon 1er, : « J’ai lu avec un vif intérêt votre ouvrage : Sentiments de Napoléon sur le christianisme, et je ne pense pas qu’il soit possible de mieux exprimer les croyances religieuses de l’empereur. » Ce qui en ferait un ouvrage de premier plan.

https://www.dreuz.info/2019/06/11/napol ... us-christ/

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... /texteBrut

:salut:
Timeo danaos et dona ferentes
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