repas

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sarloveze04

Message par sarloveze04 »

Il aurait déclaré avoir une préférence pour la cuisine corse , est-ce vrai ??
Salutations respectueuses .

kevin

Message par kevin »

Je vous remercie énormément pour ces renseignements mon maréchal.
Salutations et amitiés. :salut:

Capitaine Kevin. :salut:

P.S:Et un autre merci car grace à vos renseignements, vous me donnez faim :lol: :)

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Cyril Drouet
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Les repas de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

Joker a écrit :
26 août 2017, 19:02
Cyril Drouet a écrit : Question fromage, celui qui éveillait les papilles impériales, si l'on en croit Constant (Mémoires) et Bausset (Mémoires anecdotiques sur l'intérieur du palais impérial), était le parmesan.
Voilà qui semble le confirmer :

Habitudes et manies de Napoléon
LE FIGARO du 27 novembre 1999 spécialement dédié à Napoléon, Jean-Louis Turenne, auteur du reportage: "Bonaparte, cet illustre inconnu"


Napoléon mangeait peu et vite: les repas étaient expédiés en un quart d’heure. Au-delà, il appelait ça la « corruption du pouvoir », Ses nourritures préférées ; potage, poulet, haricots secs, lentilles, pâtes avec du parmesan. Le tout arrosé d’une demi-bouteille de chambertin coupé d’eau. Il buvait quelquefois un peu de champagne, utilisé comme tonique. À la fin des repas, après avoir saucé les plats, il s’essuyait les mains avec la nappe.

« La frugalité de Napoléon était telle que son goût donnait la préférence aux aliments les plus simples et les plus simplement assaisonnés, comme les œufs au miroir, les haricots en salade. Un seul de ces deux plats, un peu de fromage de Parmesan, voilà ce qui composait presque tous les jours son déjeuner. A diner, il mangeait peu, rarement des ragoûts, et toujours des choses saines. Je lui ai souvent entendu dire que quelque peu de nourriture que l’on prît à dîner on en prenait toujours trop. »
(Bausset, Mémoires anecdotiques sur l'intérieur du palais et sur quelques événements de l’Empire)

« L’Empereur mangeait vite et avalait avec une telle vivacité qu’on pouvait croire qu’il mâchait peu ou même pas du tout. On a débité beaucoup de contes sur sa manière de vivre. La vérité est qu’il ne faisait que deux repas. Il préférait à tout le bœuf ou le mouton, les fèves, les lentilles ou les pommes de terre, le plus souvent en salade. Il était rare qu’il bût une bouteille de vin dans la journée. Il préférait le Chambertin. Après son déjeuner et son dîner, il prenait une tasse de café à l’eau. Toute sa recherche était là. Il l’aimait assez fort, depuis ses campagnes d’Egypte. Il préférait le moka. »
(Caulaincourt, Mémoires)

« Le plus souvent, l'empereur déjeunait seul Sur un guéridon d'acajou, sans serviette. Ce repas, plus court encore que l'autre, durait de huit à dix minutes. Je dirai tout à l'heure quel fâcheux effet la mauvaise habitude de manger trop vite produisait souvent sur la santé de l'empereur. Outre cette habitude, et même par un premier effet de sa précipitation, il s'en fallait de beaucoup que l'empereur mangeât proprement. Il se servait volontiers de ses doigts au lieu de fourchette ou même de cuiller; on avait soin de mettre à sa portée le plat qu'il préférait. Il prenait à même, à la façon que je viens de dire, trempant son pain dans la sauce et dans le jus, ce qui n'empêchait pas le plat de circuler; en mangeait qui pouvait, et il y avait peu de convives qui ne le pussent pas. J'en ai même vu qui avaient l'air de considérer ce singulier acte de courage comme un moyen de faire leur cour. Je veux bien croire aussi qu'en plusieurs leur admiration pour Sa Majesté faisait taire toute répugnance, par la même raison qu'on ne se fait aucun scrupule de manger dans l'assiette et de boire dans le verre d'une personne que l'on aime, fût-elle d'ailleurs peu recherchée sur la propreté, ce que l'on ne voit pas, parce que la passion est aveugle.
Le plat que l'empereur aimait le plus était cette espèce de fricassée de poulet à laquelle cette préférence du vainqueur de l'Italie fit donner le nom de poulet à la Marengo ; il mangeait aussi volontiers des haricots, des lentilles, des côtelettes, une poitrine de mouton grillée, un poulet rôti. Les mets les plus simples étaient ceux qu'il aimait le mieux ; mais il était difficile sur la qualité du pain. Il n'est pas vrai que l'empereur fît, comme on l'a dit, un usage immodéré du café. Il n'en prenait qu'une demi-tasse après son déjeuner et une autre après son dîner. Cependant il a pu lui arriver quelquefois, lorsqu'il était dans ses moments de préoccupation, d'en prendre, sans s'en apercevoir, deux tasses de suite. Mais alors le café, pris à cette dose, l'agitait et l'empêchait de dormir; souvent aussi il lui était arrivé de le prendre froid, ou sans sucre, ou trop sucré. Pour remédier à tous ces inconvénients, l'impératrice Joséphine se chargea du soin de verser à l'empereur son café, et l'impératrice Marie-Louise adopta aussi cet usage. Lorsque l'empereur, après s'être levé de table, passait dans le petit salon, un page l'y suivait portant sur un plateau en vermeil une cafetière, un sucrier et une tasse. Sa Majesté l'impératrice versait elle-même le café, le sucrait, en humait quelques gouttes pour le goûter, et l'offrait à l'empereur. L'empereur ne buvait que du chambertin, et rarement pur. Il n'aimait guère le vin, et s'y connaissait mal. »
(Constant, Mémoires)

« [Napoléon] préférait les aliments les plus simples et le plus simplement assaisonnés, comme les œufs au miroir, les haricots en salade, un peu de fromage de Parmesan. Souvent le déjeuner ne durait pas plus de huit minutes.
[…]
Il mangeait peu, toujours des choses saines, rarement des ragoûts. Il ne buvait que du vin de Chambertin, et rarement pur. Le dîner ne durait ordinairement que quinze à vingt minutes. Il prenait deux tasses de café, l'une après déjeuner, l'autre après dîner. Il ne faisait jamais usage de vin de liqueur, ni de liqueur. Il disait que quelque peu de nourriture que l'on prît au dîner, on en prenait toujours trop. »
(Thibaudeau, Le Consulat et l’Empire)

« Nous allions déjeuner, et le repas était d'une extrême frugalité. Alors il mangeait presque tous les matins du poulet accommodé à l'huile et aux ognons, ragoût modeste que l'on nommait, je crois, poulet à la Provençale, et qui, depuis, a perpétué sur les cartes de nos restaurateurs le souvenir d'une bataille fameuse, sous le nom plus ambitieux de poulet à la Marengo.
Bonaparte buvait peu de vin ; c'était toujours du Bordeaux ou du vin de Bourgogne, et préférablement de ce dernier. Après son déjeuner, comme après son dîner, il prenait une tasse de bon café. Je ne lui en ai jamais vu prendre entre ses repas, et je ne sais, je l'avoue, à quoi attribuer la passion que l'on suppose à Bonaparte pour le café. »
(Bourrienne, Mémoires)

« Bonaparte n'est guère plus d'un quart heure à table, quand il dîne avec peu de monde. Il n'est pas une demi-heure à la plus grande table.
On ne sert qu'un seul service, qui comprend les entrées, le rôt, l'entremets; vient ensuite le dessert.
Quelque temps après sa nomination au consulat, on lui représenta que ses dîners étaient trop brefs; il allongea de quelques minutes. Je lui dis à ce sujet : « Général, vous êtes devenu moins expéditif à table. »
Il me répondit: « C'est déjà la corruption du pouvoir. »
(Roederer, Œuvres)

« Les mets les plus simples étaient ceux qu'il préférait : les lentilles, les haricots blancs, les verts qu'il aimait beaucoup, mais qu'il craignait de manger par la crainte d'y trouver des fils qui, disait-il, lui faisaient l'effet de cheveux, et dont la seule pensée lui soulevait le coeur ; la pomme de terre arrangée de toutes les façons lui plaisait beaucoup, même cuite à l'eau ou sous les cendres. Il faisait usage de Chambertin à son ordinaire, qu’il trempait fortement d’eau ; jamais, ou bien rarement, il faisait usage de vins extras ou de liqueurs ; une tasse de café noir après son déjeuner atteste sa sobriété. »
(Marchand, Mémoires)

« Napoléon mangeait vite ; les mets les plus simples étaient ceux qu’il préférait. Quelquefois par distraction, il mangeait de gros morceaux, mais il était habituellement sobre. Il avait pour maxime que, quelque peu de nourriture qu’on prît à dîner, on en prenait toujours trop. Son vin d’ordinaire était le Chambertin. »
(Fain, Mémoires)

« " L'Empereur était d'une sobriété exemplaire. Elevé dans la classe ordinaire de la société, il avait conservé dans les grandeurs les habitudes de son jeune âge. Les mets les plus simples étaient ceux qui lui convenaient le mieux. Par exemple il était délicat à l'extrême; la moindre chose contre la propreté ou le mauvais accommodement lui donnait de la répugnance. Il préférait un bon potage, un bon morceau de bouilli à tous les mets composés et succulents que les cuisiniers pouvaient lui faire. Des œufs à la coque ou sur le plat, une omelette un petit gigot, une côtelette, un filet de bœuf, de la poitrine de veau sur le grill, ou une aile de poulet, des lentilles, des haricots en salade étaient des mets qu'on lui servaient habituellement à ses déjeuners. Sur sa table, pour ce repas, il n’y avait jamais que deux plats, dont un de légumes, précédés d’un potage.
Le dîner était plus composé, la table plus abondamment servie ; mais toujours il ne mangeait que les choses les plus simplement arrangées, soit viandes, soit légumes ; un morceau de fromage de Parmesan ou de Roquefort était la clôture de ses repas. S’il arrivait qu’on eût quelques fruits, on les lui servait mais, s’il en mangeait, ce n’était que fort peu : d’une poire ou d’une pomme par exemple, il ne prenait qu’un quartier, du raisin, qu’un petit grapillon. Ce qu’il aimait beaucoup, c’était les amandes d’amandier fraîches ; Il en était tellement friand qu’il en mangeait presque toute l’assiettée. Il aimait aussi les gaufres roulées, dans lesquelles on avait mis un peu de crème. Deux ou trois pastilles était tout ce qu’il prenait de sucrerie. Il est à observer que ces différentes friandises ne lui étaient servies qu’au dîner. Après ses repas, déjeuner ou dîner, on lui donnait un peu de café, dont il laissait souvent une bonne partie. Jamais de liqueurs. Etant à bord du Northumberland, à table de l’amiral, chaque jour, au dîner, on lui offrait un petit verre d’une liqueur quelconque ; rarement il y portait ses lèvres ; il se plaisait seulement à en aspirer le parfum.
Sa nourriture avait été à Paris ce qu'elle était à Sainte-Hélène; mais ici il manquait la qualité, la variété des mets et leur recherche. Ce dont il se plaignait souvent, c’était de ne pas trouver de viande. Lorsqu’il mangeait de la salade ou du poisson, il se servait plutôt de ses doigts que de sa fourchette. Quand il trouvait trop d’arêtes dans le poisson, il se faisait changer d’assiette immédiatement : « Je n’aime pas les épines » disait-il ; c’était le nom qu’il donnait aux petites arêtes ; il craignait qu’une ne s’arrêtât dans la gorge et le fît vomir.
La boisson était du clairet; en France elle avait été du Chambertin. Il buvait rarement sa demi-bouteille, et toujours mettant autant d’eau que de vin. Presque jamais de vins fins. Quelquefois, dans la journée, il buvait un verre de vin de Champagne, mais jamais sans y joindre pour le moins autant d’eau : c’était une limonade. Le temps employé à ses repas n’était guère plus de quinze ou vingt minutes ; mais, à Sainte-Hélène, si le temps était mauvais, il faisait durer le dessert pendant assez longtemps, en s’amusant à lire à haute voix un acte d’une comédie, d’une tragédie ou quelque pièce en vers ou toute autre chose. De temps en temps, il variait l’heure de ses repas ; quelquefois aussi il en variait le nombre. Ainsi, pendant une quinzaine, il voulait faire trois repas ; une autre quinzaine il n’en faisait qu’un ; et ensuite il revenait à en faire deux, comme étant l’ordinaire le plus convenable et le plus dans ses habitudes.
Après le départ de M. de Las Cases et du général Gourgaud, l’Empereur aimait assez à prendre son déjeuner en plein air, dans un de ses jardins, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, en compagnie du général de Montholon et quelquefois aussi du Grand-Maréchal, quand celui-ci était appelé ou venait voir l’Empereur.
Quand l’Empereur était indisposé, il prenait du thé et de la limonade cuite, ou du bouillon de poulet. Il croyait la diète un remède souverain à toute maladie. Si, après s’être abstenu de nourriture, il se trouvait mieux, il faisait demander ce qu’on avait à lui donner à manger. S’il n’y avait rien qui lui plût, il ordonnait qu’on lui servit une côtelette de mouton ou un couple d’œufs sur le plat. Quand, dans la journée ou dans la soirée, la faim ne se faisait pas sentir, il ordonnait qu’on lui tint pour la nuit quelque chose de prêt, si, venant à se réveiller, son corps avait besoin de quelque nourriture. Si la nuit se passait sans qu’il n’eût rien demandé, la matin, de bonne heure, il se faisait donner un potage au riz ou aux pâtes, et prenait par-dessus un petit verre de vin de Constance (de tous les vins fins, c’est le seul dont il bût, encore n’était-ce que le matin et accidentellement) ; et il déjeunait aussitôt qu’il sentait ce qu’il avait pris était passé. »
(Ali, Sou
venirs sur l’Empereur Napoléon)

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Re: Les repas de Napoléon

Message par Napolitaine »

Il se ferait tuer pour couper du vin avec de l'eau aujourd'hui ! :lol:

Ses repas expéditifs + les bains bouillants n'étaient pas très bons pour son organisme.
Il est fou de constater que certaines personnes peuvent dire des insanités sans paraître vulgaire, alors que d'autres le sont juste en vous disant bonjour.

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Cyril Drouet
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Re: Les repas de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

Napolitaine a écrit :
27 août 2017, 13:14
Ses repas expéditifs n'étaient pas très bon pour son organisme.
" L'habitude de manger précipitamment causait parfois à Sa Majesté de violents maux d'estomac qui se terminaient presque toujours par des vomissements."
(Constant, Mémoires)

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Re: Les repas de Napoléon

Message par L'âne »

Il est important de souligner que Napoléon avait très peur d'être empoisonné.
Il ne mangeait pour ainsi dire que des plats cuisinés par ses propres cuisiniers où qu'il se trouve.
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Re: Les repas de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
27 août 2017, 14:20
Il est important de souligner que Napoléon avait très peur d'être empoisonné.
Il ne mangeait pour ainsi dire que des plats cuisinés par ses propres cuisiniers où qu'il se trouve.
Un bémol de Constant (Mémoires):
« Le dîner de Leurs Majestés était porté des cuisines aux appartements supérieurs dans des paniers couverts; mais il n'eût point été difficile d'y glisser du poison; néanmoins jamais aucune tentative de ce genre n'entra dans la pensée des gens de service, dont le dévouement et la fidélité à l'empereur, même chez les plus subalternes, surpassaient tout ce que j'en pourrais dire. »

Une anecdote (toujours de Constant) :
« Un jour l'empereur demande du thé au milieu du jour. M. Sénéchal était de service ; il en fait, et le présente à Sa Majesté, qui le trouve détestable. On me fait appeler; l'empereur se plaint à moi qu'on ait voulu l'empoisonner. (C'était son mot, quand il trouvait mauvais goût à quelque chose.) Rentré dans l'office, je verse de la même théière une tasse que j'arrange, et porte à Sa Majesté, avec deux cuillers en vermeil, selon l'usage, une pour y goûter devant l'empereur, l'autre pour lui. Cette fois il trouva le thé excellent, m'en fit compliment avec la familiarité bienveillante dont il daignait parfois user à l'égard de ses serviteurs; et en me rendant la tasse, il me tira les oreilles et me dit : « Mais apprenez-leur donc à faire du thé; ils n'y entendent rien. »

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Re: Les repas de Napoléon

Message par L'âne »

Constant Mémoires :
"M. Corvisart lui avait recommandé de rejeter toute boisson qui aurait un goût âcre et désagréable; c'était, je crois, dans la crainte qu'on ne cherchât à l'empoisonner."
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Re: Les repas de Napoléon

Message par Napolitaine »

Cyril Drouet a écrit :
27 août 2017, 13:24
Napolitaine a écrit :
27 août 2017, 13:14
Ses repas expéditifs n'étaient pas très bon pour son organisme.
" L'habitude de manger précipitamment causait parfois à Sa Majesté de violents maux d'estomac qui se terminaient presque toujours par des vomissements."
(Constant, Mémoires)
Pour en arriver à ce stade, j'imagine l'expédition de se repas. :o
Il est fou de constater que certaines personnes peuvent dire des insanités sans paraître vulgaire, alors que d'autres le sont juste en vous disant bonjour.

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Re: Les repas de Napoléon

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
27 août 2017, 15:09
Constant Mémoires :
"M. Corvisart lui avait recommandé de rejeter toute boisson qui aurait un goût âcre et désagréable; c'était, je crois, dans la crainte qu'on ne cherchât à l'empoisonner."

A ce sujet, voici une affaire rapportée par le sous-préfet de Montaigu, Bernard, au préfet de la Vendée, Merlet, le 13 août 1808 :

« Monsieur et cher Préfet,
Ma lettre était à peine à la poste que je regrettai de ne vous avoir pas entretenu d’une circonstance qui heureusement n’a eu aucun résultat, mais qui m’a donné une inquiétude bien épouvantable.
Voilà le fait. Cinq minutes après l’arrivée de Leurs Majestés ici [Dans la maison de l’avoué Tortat, à Montaigu, le 8 août 1808], elles demandèrent de l’eau pour se rafraîchir, cette eau avait sans doute été déposée dans un vase malpropre, lequel avait été tiré d’une cuisine où il y avait un feu d’enfer pour les apprêts du souper des illustres voyageurs. L’Empereur après avoir goûté cette eau, ainsi que l’Impératrice, la trouvèrent si mauvaise que l’un et l’autre éprouvèrent des soulèvements d’estomac extrêmement pénibles. Alors Sa Majesté me fit donner l’ordre d’entrer. Aussitôt que je fus introduit, l’Empereur en m’adressant la parole me dit :
« Mr le Sous-Préfet, qu’est-ce que l’eau qu’on nous a servi e? Elle est bien mauvaise. Sentez-la, elle a de l’odeur. Goûtez-la ».
Je pris le verre, sentis et bus tout ce que contenait le verre, pendant ce temps Leurs Majestés continuaient leurs efforts pour vomir.
Je vous avoue que jamais, non jamais je ne me suis trouvé dans une pareille circonstance. J’étais plus mort que vif, ma situation était affreuse, épouvantable. Cependant Sa Majesté qui s’aperçut de mon horrible tourment, essaya de calmer mes inquiétudes et finit par me dire que ce ne serait rien. Ce mot me tranquillisa, mais ne me sortit point de l’état dans lequel j’étais et duquel je ne revins qu’après plusieurs moments.
Voilà les détails très exacts de cet événement qui, grâce au ciel, n’a eu aucune suite. »