Bataille de Paris (30 mars 1814)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

McDonald

Re: Campagne de France : bataille de Paris, mars 1814

Message par McDonald »

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jeremy de chantilly

Re: Campagne de France : bataille de Paris, mars 1814

Message par jeremy de chantilly »

vraiment beau les textes , meme si je sais que NAPOLEON a perdu j y croyais jusqu a la fin qu il arriverait a temps pour sauver PARIS

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C-J de Beauvau
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Campagne de France : Bataille de Fère-Champenoise (25 mars 1914)

Message par C-J de Beauvau »

Cette terrible "petite" bataille ,une escarmouche du 25 mars 1814 très inégale , mais emblématique . Une preuve d'abnégation ?!
Témoignage de la partie russe

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Peyrusse

Re: Campagne de France : Bataille de Fère-Champenoise (25 mars 1914)

Message par Peyrusse »

Monseigneur,

Le général de division comte Pacthod n’ayant pas jugé à propos de faire à votre Excellence un rapport de l’affaire de Fère-Champenoise du 25 mars dernier, affaire dans laquelle sa division fut faite prisonnière de guerre, je ne peux me dispenser de le faire moi-même, pour rendre aux troupes sous mes ordres et à leurs chefs le justice éclatante qui leur est due ; dans aucune circonstance militaire, jamais le malheur n’a été honoré par plus d’énergie et d’intrépidité. La division Pacthod, forte d’environ 2.400 hommes, artillerie comprise, se réunit à Sézanne le 23 mars, dans la nuit, au général Amey dont la division était de 800 homes, et qui avait rallié à lui un convoi de 200.000 rations de pain et de 80 chariots de munitions de guerre. Le 24 au matin, ces deux divisions réunies se mirent en marche sur Bergère, où elles comptaient se réunir, d’abord, aux corps d’armée de MM. Les maréchaux ducs de Trévise et de Raguse [Mortier et Marmont], et ensuite à la Grande-Armée. Il ne m’appartient pas de développer ici les motifs tout puissants qui déterminaient à prendre la route de Bergère pour aller à Vatry, au lieu de suivre la route la plus courte, je dois me borner à parler du fait. Les troupes firent halte à dix heures et demie sur la route de Bergère à Vatry, à deux lieues de ce dernier point ; à onze heures moins un quart, j’aperçus plusieurs têtes de colonne dans la direction de Châlons, se dirigeant sur nous et perpendiculairement à la route où nous étions au repos ; je formai sur-le-champ ma brigade, forte de 1,200 hommes et composée d’un bataillon du 54ème régiment de ligne, du 1er régiment de gardes nationales de la Sarthe et du 3ème régiment provisoire de gardes nationales , formé d’un bataillon du Loir-et-Cher et d’un bataillon d’Indre-et-loire ; en même temps j’envoyai prévenir le général de division qui était à un demi-quart de lieue en avant sur la route, de l’approche de l’ennemi ; c’était l’armée de Silésie. A onze heures, sa cavalerie exécuta sur nos carrés trois charges consécutives qui furent repoussées avec la plus grande intrépidité. Cependant, toutes les masses de l’ennemi gagnaient du terrain et la cavalerie nous entourait ; dans cet état des choses, le général ordonna la retraite dans la direction de Fère-Champenoise ; à onze heures et quart, le mouvement commença au milieu d’une plaine immense sans bois, sans montagnes, sans accident de terrain qui pût donner quelque avantage à de l’infanterie contre de la cavalerie et l’arrêter dans sa marche, toujours rapide si elle est comparée à la marche de l’infanterie. A midi, l’artillerie tirait à mitraille sur nous en queue et sur les deux flancs ; à une heure, deux pièces gagnèrent notre tête. Elles étaient soutenues par une quantité innombrable de cavalerie ; c’est dans cette situation que, de toutes parts battus par la mitraille de l’ennemi, par derrière et sur nos flancs, et en tête par ses boulets, c’est dans cette situation, dis-je, que moins de trois mille hommes ont continué leur retraite sur Fère-Champenoise pendant quatre lieues, chargés tous les quarts d’heure sans jamais être entamés, toujours forcés de se faire jour au travers de la cavalerie, et de charger les pièces qui marchaient devant la tête. A cinq heures, à une demie-lieue de Fère-Champenoise, nous avons aperçu les hauteurs qui dominent cette ville couvertes de troupes de cavalerie, d’infanterie et d’artillerie ; dans le premier moment, nous nous étions livrés à l’espérance que ce que pourrait être les corps de MM. Les maréchaux ducs de Raguse et de Trévise, et nous nous réjouissions d’avoir opéré une jonction qui n’était pas sans gloire. L’illusion fut de courte durée. Les forces sur les hauteurs de Fère-Champenoise se multiplièrent tellement, qu’il n’y eut plus de doute que ce ne fût l’ennemi : d’ailleurs, la décharge d’une artillerie formidable, en éclaircissant les rangs, nous confirma de plus la présence d’un nouvel ennemi. La brigade sous mes ordres qui prêtait son flanc gauche à cette batterie ne fut pas ébranlée, et comme si elle eût acquis un nouveau degré d’énergie par l’imminence du danger, elle n’en marcha que plus fièrement et plus serrée vers le nouveau point de direction que lui avait donné le général de division, pour gagner du terrain vers la droite et échapper, s‘il «était possible, à l’action des troupes qui couronnaient les hauteurs de Fère-Champenoise. C’étaient les armées russes, autrichiennes et prussiennes commandées par leurs souverains en personne ; la marche fut continuée sous le feu meurtrier de cette artillerie jusqu’à six heures un quart. A cette heure, ma brigade exténuée de fatigue, après avoir laissé sur le champ de bataille plus de 700 hommes, après avoir épuisé toutes les cartouches qu’elle avait consommées en repoussant de son feu plus de vingt charges de cavalerie à 50 toises, après sept heures enfin d’un combat à jamais mémorable, est tombée au pouvoir des trois armées combinées. Il n’est personne, Monsieur le Comte, dans ma brigade, qui n’ait fait au-delà de ce prescrit l’honneur le plus délicat : le bataillon du 54ème régiment et ses chefs ont soutenu la réputation qui appartient, à si juste titre, aux vieilles bandes des armées d’Espagne ; mais Monsieur le Comte, je ne saurais trouver d’expression à mon gré pour rende témoignage aux gardes nationales sous mes ordres, l’épithète de brave et d’héroïque dont tout le monde s’honore, est sans valeur, sans force et sans énergie, pour donner une idée juste et précise de leur conduite, c’est la valeur la plus impossible, en même temps qu’elle est la plus énergiquement active, selon qu’il faut recevoir la mort sans chercher à l’éviter, ou conserver sa vie pour prouver qu’on sait la défendre. Vous êtes juste et, s’il ne fallait se borner, je devrais citer sans exception tous les officiers de mes cinq bataillons ; il n’en est aucun qui n’ait mérité les regards du souverain ainsi que ses faveurs, mais par dessus tous les autres, je dois désigner à votre Excellence, M. le major Bergeron, commandant le régiment de gardes nationales de la Sarthe, et M. le major Durivoire, commandant le 3ème régiment provisoire composée d’un bataillon d’Indre-et-Loire. Il est impossible de réunir à une connaissance parfaite de la guerre, à plus d’expérience, une bravoure plus froide, en même temps qu’entraînante pour les soldats. Ce serait, Monsieur le Comte, soumettre leur sensibilité à une trop forte épreuve que de ne pas leur accorder un témoignage non équivoque de satisfaction ; je le sollicite pour eux de Votre Excellence, et vous prie, Monsieur le comte, d’agréer l’hommage de mon respect.

Paris, le 29 août 1814.

Le Général de brigade, Signé : Baron DELORT.

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Article paru dans le « Carnet de la Sabretache » en 1901.

Peyrusse

Poison : Fontainebleau, nuit du 12 au 13 avril 1814...

Message par Peyrusse »

Rappelons que durant cette fameuse nuit, l'Empereur voulut mettre fin à ses jours, en absorbant un poison. Ce n'est pas une découverte (contrairement à ce qu'un historien actuel l'a laissé entendre) car cet incident est abordé dans les témoignages du mameluck Ali (paru en 1926, Ali a recueilli le récit auprès du valet Hubert), du général de Caulaincourt (publié en 1933) et de Louis Marchand (édité en 1952-1955).
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"La vie m'est insupportable ! " Caulaincourt avait pu croire à l'un de ces mots tragiques dont Napoléon semait ses confidences-sans qu'ils fussent toujours de conséquence. Il fut tiré de son erreur quand, le 13, à 3 heures du matin, les valets vinrent le réveiller, affolés. L'Empereur agonisait et il réclamait le grand écuyer.[...] Deux ans auparavant, au cours de la retraite de Russie, ayant, on se le rappelle, failli tomber vivant dans les mains d'une horde de Cosaques, il avait demandé à l'un de ses médecins, Yvan, un poison violent que, depuis cette époque, il portait toujours sur lui enfermé dans un sachet. C'était un mélange d'opium et de belladone, qu'il croyait assez fort "pour tuer deux hommes". Resté seul et s'étant mis au lit, il avait avalé toute la dose, et semblait déjà terrassé par le poison; cependant, sa forte constitution luttant contre, il était, de temps à autre, agité de spasmes violents. Caulaincourt le trouva dans une sorte de coma, coupé de soubresauts. L'œil déjà vitreux, il tendit au duc de Vicence une lettre qu'avant de s'étendre il avait préparée pour Marie-Louise et que celle-ci ne devait, par la suite, jamais connaître: "Adieu ma bonne Louise. Tu es ce j'aime le plus au monde. Mes malheurs ne me touchent que pour le mal qu'ils te font. Toute la vie, tu aimeras le plus tendre Bertrand, le docteur Yvan et Roustam. Napoléon l'en empêcha. Il parlait d'une voix étouffée par les hoquets: "Dites à l'Impératrice que je meurs avec le sentiment qu'elle ma donné tout le bonheur qui dépendant d'elle; qu'elle ne m'a jamais causé le moindre sujet de mécontentement et que je ne regrette le trône que pour elle et pour mon fils dont j'aurai fait un homme digne de gouverner la France." après de nouveaux spasmes, il dit encore: "Vous direz à Joséphine que j'ai bien pensé à elle." Le duc de Vicence, voyant une sueur glacée couler sur son visage, courut alerter Yvan. Le docteur, affolé, se précipita dans la chambre et tâta le pouls du malade avec angoisse. "Qu'on a de peine à mourir ! Soupirait l'Empereur. Docteur, donnez-moi autre chose." Mais Yvan, se récriant, voulut au contraire lui administrer un contrepoison; le malade le repoussa. Le malheureux médecin, songeant à la responsabilité qu'il avait encourue, perdit la tête, sortit de la chambre, puis du château et, à cheval, s'éloigna comme un fou vers Paris. On ne devait plus le revoir.

Cependant, les spasmes se multipliaient, mais, ayant avalé un verre d'eau, l'Empereur soudain, rendit le poison. Il reçut alors Maret et Bertrand, prévenus par le duc de Vicence; ils lui parlèrent avec amitié, le réconfortèrent; Bertrand lui dit qu'il l'accompagnerait à l'île d'Elbe, ce qui fit passer sur ses traits une lueur de satisfaction. Quand Caulaincourt revint à la fin de la matinée, il le trouva hors de danger. "Je vivra, lui dit-il, puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. il y aura aussi du courage à supporter la vie après de tels événements ! " (Louis Madelin, « Histoire du Consulat et de l’Empire. La campagne de France. Tome XIV », Librairie Hachette, 1951, pp.357-359).
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Le docteur Hillemand est l’auteur d’une étude intéressante : « Pathologie de Napoléon. Ses maladies, leurs conséquences » (La Palatine, 1970). Il souligne que Napoléon était sujet à des crises dépressives qui pouvaient se traduire par des idées suicidaires. Hillemand précise que ces crises se situèrent dans la jeunesse du futur empereur et en 1814. Si l’on en croit le praticien, Napoléon chercha à se faire tuer lors de la bataille de Montereau et à celle d’Arcis-sur-Aube. Hillemand mentionne le témoignage du général de Ségur, pour Arcis. Concernant la fameuse nuit du 12 au 13 avril 1814, le médecin écrit : « Il ne faut pas oublier qu’à Fontainebleau, comme à Orléans, le bruit du suicide courait depuis deux ou trois jours et que ce dernier était envisagé comme une issue possible »

Napoléon tenta bien de mettre fin à ses jours. Dans les ultimes journées qui précédèrent à son départ de Fontainebleau pour l’île d’Elbe, l’Empereur fut en proie à un désespoir progressif, dont l’acte suicidaire peut marquer l’apogée.

Citons ces deux passages des « Mémoires » de Guillaume Peyrusse. Le premier se situe le 10 avril 1814 à Fontainebleau : « Je profitai de cette occasion pour mettre sous les yeux de l’Empereur la situation de ma caisse, le priant de vouloir bien me donner l’ordre d’aller chercher des fonds à Orléans chez M. le Trésorier général de La Bouillerie qui avait suivi Sa Majesté l’Impératrice avec tous les Trésors de la Couronne ; qu’il y avait à craindre qu’un retard ne nous privât de cette ressource importante et indispensable pour les nouveaux projets de Sa Majesté.– Bah ! Bah ! Mon cher Peyrousse, me dit l’Empereur, quand on perd l’Empire on peut tout perdre…Sa Majesté me quitta pour cacher son émotion… Profondément ému moi-même, je me retirai. »

Le 11 avril , Peyrusse note : « De très bonne heure, je reçois l’ordre de me rendre dans le cabinet de l’Empereur. Je trouvai Sa Majesté pâle et la figure bouleversée ».

Cette « agonie de Fontainebleau » selon l’expression de Louis Madelin, marqua psychiquement et physiquement le grand capitaine que fut Napoléon. Les trois cents jours passés à l’île d’Elbe, son retour inattendu en France, véritable coup de tonnerre, le déroulement de la campagne de Belgique (Napoléon à l’issue de la bataille de Waterloo voulut-il prendre son sabre et se faire tuer à la tête de ses hommes ?) relégua ces jours de crise au rang des souvenirs. Il est possible que l’Empereur y songea de nouveau lors de l’exil interminable de Sainte-Hélène (autre cause d’une déprime latente).

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Cyril Drouet
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L’obsession de l'empoisonnement

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
30 août 2018, 03:58
J'ai assisté à plusieurs de ses conférences [Pierre Branda] et ai été surpris de la remise en cause de faits qui semblaient acquis : [...] comme l'obsession de Napoléon de n'être pas empoisonné.

Voilà un avis qui est contredit par Constant (Mémoires) :
« Il n'est personne qui n'ait entendu dire que Sa Majesté prenait les plus grandes précautions pour n'être point empoisonnée. C'est un conte à mettre avec celui de la cuirasse à l'épreuve de la balle et du poignard. L'empereur poussait au contraire beaucoup trop loin la confiance : son déjeuner était apporté tous les jours dans une antichambre ouverte à tous ceux à qui il avait accordé une audience particulière, et ils y attendaient quelquefois des heures de suite. Le déjeuner de Sa Majesté attendait aussi fort longtemps; on tenait les plats aussi chauds que l'on pouvait, jusqu'au moment où elle sortait de son cabinet pour se mettre à table. Le dîner de Leurs Majestés était porté des cuisines aux appartements supérieurs dans des paniers couverts; mais il n'eût point été difficile d'y glisser du poison »

Et par Montholon (Récits de la captivité l’Empereur Napoléon à Sainte-Hélène) :
« Personne moins que l'Empereur ne prenait de précautions contre de semblables dangers [les risques d’empoisonnement], et personne plus que lui ne croyait à la destinée plus puissante que la volonté de l'homme. « Notre heure dernière est écrite là-haut, » me disait-il souvent. »



Cela ne l’empêchait pas cependant de se montrer prudent (il évoqua plusieurs fois cette possibilité à Sainte-Hélène) vis-à-vis de ce qu’on pouvait lui apporter ; son odorat particulièrement sensible aidait.
On peut à ce sujet se référer également aux précautions formulées auprès de Joseph (31 mai 1806) :
« Je vous ai déjà dit et je vous répète encore que vous vous liez trop aux Napolitains. Je dois surtout vous le dire pour votre cuisine et pour la garde de votre personne; sans quoi vous courrez les risques d'être empoisonné ou assassiné. Je désire donc bien fermement que vous gardiez vos cuisiniers français, que vous fassiez faire le service de votre table par vos maîtres d'hôtel, et que votre intérieur soit organisé de manière que vous soyez toujours sous la garde des Français. Vous n'avez pas assez suivi ma vie privée pour savoir combien, même en France, je me suis toujours tenu sous la garde de mes plus sûrs et de mes anciens soldats. De tous les hommes que vous avez nommés, je n'en connais aucun, si ce n'est le duc de San-Teodoro, dont j'ai vu toute la correspondance avec la reine, lorsqu'il était à Madrid. Je ne désapprouve pas, quel qu'il soit, que vous l'ayez nommé grand maître des cérémonies. Mais que vos valets de chambre, vos cuisiniers, les gardes qui couchent dans votre appartement, ceux qui viennent vous réveiller pendant la nuit pour vous remettre des dépêches, soient Français. Personne ne doit jamais entrer chez vous, la nuit, que votre aide de camp, qui doit coucher dans la pièce qui précède votre chambre à coucher. Votre porte doit être fermée en dedans, et vous ne devez ouvrir à votre aide de camp que lorsque vous avez bien reconnu sa voix; lui-même ne doit frapper à votre porte qu'après avoir eu le soin de fermer celle de la chambre où il se trouve, pour être sûr qu'il y est seul, et que personne ne peut le suivre. Ces précautions sont importantes; elles ne donnent aucune gêne, et le résultat est d'inspirer de la confiance, indépendamment de ce que, réellement, elles peuvent vous sauver la vie. »

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Re: L’obsession de l'empoisonnement

Message par L'âne »

Cyril Drouet a écrit :
30 août 2018, 08:44
Voilà un avis qui est contredit par Constant (Mémoires)...
Et par Montholon (Récits de la captivité l’Empereur Napoléon à Sainte-Hélène)
Merci Cyril Drouet.
Je pensais notamment à eux, cités par Frédéric Masson notamment.
Corvisart avait conseillé à Napoléon de se fier simplement à sa faculté gustative et recracher tout aliment ou boisson qui lui paraîtrait suspecte.
Des témoins ont ainsi vu l'Empereur recracher la première gorgée d'une boisson et abandonner le verre servi.
Je me permets de préciser que Pierre Branda affirme que Napoléon était obnubilé par l'idée de devoir prendre en permanence tout un tas de précautions, souvent contraignantes, pour éviter et/ou lutter contre un empoisonnement.
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Re: L’obsession de l'empoisonnement

Message par Cyril Drouet »

Chez Montholon :
« Quand une odeur quelconque frappait son odorat d'une manière extraordinaire au moment où il approchait quelque chose de ses lèvres, il s'arrêtait et me disait : « Goûtez donc. Je ne connais pas cette odeur-là. » Et ce n'était que sur mon assurance que je ne trouvais rien d'extraordinaire dans le goût de ce que je venais de boire ou de manger ainsi, qu'il en prenait. »

Ou encore :
«Et toujours il me citait les dangers qu'il avait courus dès les premiers temps du Consulat. Il sortait de table avec l'Impératrice et deux ou trois personnes de son service, quand, voulant prendre sa tabatière dans sa poche, il l'aperçut sur le coin de la cheminée du salon dans lequel il entrait. Déjà il l'avait prise, et allait l'ouvrir pour la porter à son nez, quand son étoile le fit s'asseoir et sentir sa tabatière dans une de ses poches. Sa surprise fut remarquée. La tabatière fournit l'objet d'un examen chimique. Celle trouvée sur la cheminée contenait du tabac empoisonné. »

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Re: L’obsession de l'empoisonnement

Message par L'âne »

Cyril Drouet a écrit :
30 août 2018, 09:29
Chez Montholon :
« Goûtez donc. Je ne connais pas cette odeur-là. »
C'est quand même gonflé !
Passez-moi l'expression...

Il était question du livre "Napoléon" de Fernand Nathan (Salon Livres - Sujet "Souvenirs...Souvenirs...").
Les erreurs et les informations que l'on pourrait contester, dans cet ouvrage, ne manquent pas.
Il est cependant fait mention d'une anecdote relative à l'appréhension de Bonaparte vis à vis d'un éventuel empoisonnement :

"Au cours d'un grand banquet organisé en l'honneur de Bonaparte, les auteurs du complot [celui du 18 Brumaire qui se trame] et leurs futures victimes se trouvent étrangement mêlées. La défiance et la peur se lisent sur tous les visages. Quant à Bonaparte, craignant d'être empoisonné, il ne touche aucun plat et se fait apporter à manger par son ordonnance !"

Bonaparte craint que l'on veuille l'empoisonner.jpg
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Re: L’obsession de l'empoisonnement

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit :
30 août 2018, 11:29
Il est cependant fait mention d'une anecdote relative à l'appréhension de Bonaparte vis à vis d'un éventuel empoisonnement :

"Au cours d'un grand banquet organisé en l'honneur de Bonaparte, les auteurs du complot [celui du 18 Brumaire qui se trame] et leurs futures victimes se trouvent étrangement mêlées. La défiance et la peur se lisent sur tous les visages. Quant à Bonaparte, craignant d'être empoisonné, il ne touche aucun plat et se fait apporter à manger par son ordonnance !"
Un témoignage concernant ce banquet du 6 novembre 1799, celui de Lavalette (Mémoires et souvenirs) :
« Une immense table en fer à cheval occupait toute la nef. Le général en chef prit place à côté du président du Directoire. Il avait alors si peu de confiance dans le gouvernement, ou plutôt tant de défiance contre lui, qu'il avait fait apporter un pain et une demi-bouteille de vin. J'ignorais cette particularité, et je ne l'appris que parce que Duroc vint me demander dans l'église ces deux objets, qu'on avait placés dans la voiture du général en chef, et qu'il fut obligé d'aller chercher. »

Comme un écho à un dîner du 10 décembre 1797 :
« Dans le dîner qui vint à la suite de cette cérémonie, on remarqua que le général Bonaparte ne touchait à presque aucun plat. Cette abstinence fut attribuée à une indisposition, mais j'ai su depuis de son aide de camp de confiance, M. de La Valette, qu'il se l'était imposée comme une précaution nécessaire en présence des dangers dont il croyait sa vie menacée. »
(Pasquier, Mémoires)

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