Où est passé Auerstaedt?

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

lt jpp

Message par lt jpp »

Une demi-heure plus tot, à 16 h, le Palois (Bernadotte) avait adressé à l'Empereur le courrier suivant: "J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. que je suis arrivé à Apolda (environ à 16 km au nord de Iéna et à environ 12 km au sud de Auerstaedt); ayant entendu la canonnade sur ma droite et présumant que le maréchal Davout était aux mains avec l'ennemi, je me suis empressé de marcher avec une seule division, ma cavalerie légère et 3 régiments de dragons; les mauvais chemins et les défilés presque impraticables que nous avons trouvés en quittant Dornburg (à environ 10 km au nord est de Iéna et à environ 12 km au sud est de Auerstaedt, mesures en ligne droite) ont beaucoup ralenti ma marche; quelques caissons cassés m'ont aussi fait perdre du temps ; je vais attendre les troupes que j'ai derrière; aussitôt qu'elles seront arrivées je continuerai ma marche sur Weimar à moins que je reçoive de nouveaux ordres. Le Maréchal Davout est encore loin d'arriver à Apolda. Je vais communiquer avec lui. L'ennemi montre quelques troupes en avant sur les hauteurs d'Apolda".
Pas un mot sur les appels à l'aide de Davout, incohérence manifeste du mouvement initial éloignant le I Corps du III Corps au pire moment et aveu tardif de l'absence prolongée de communications malgré le bruit des canons. Par ailleurs, à titre de comparaison, le VII Corps d'Augereau avait parcouru juste après le combat de Saafeld cent kilomètres en deux jours contre une trentaine pour celui Bernadotte le 14. (a bientot)
lt jpp

Message par lt jpp »

(suite). Quant à la contribution à la bataille d' Iéna, elle se limita à la capture, durant la nuit, d'une seule unité constituée, un bataillon prussien. Selon le propre journal des opérations du I Corps: "A 7 heures du soir, les deux divisions (d'Erlon et Rivaud) ainsi que la cavalerie étaient en position sur les routes de Weimar. Ce fut dans la nuit du 14 qu’un bataillon ennemi fut pris par la division du général Rivaud ; artillerie, cavalerie, infanterie, tout ce qui était isolé fut pris dans la nuit. La division du général Dupont et la majeure partie de l’artillerie étaient à Dornburg: cette division ne put rejoindre le corps d’armée que le lendemain. Le grand parc avait pris par Iéna. Le quartier général à Apolda." La bataille s'étant déplacée vers l'ouest et les troupes de Bernadotte n'étant pas regroupées dans sa main, le I corps ne joua aucun role marquant dans les manoeuvres de la portion sud. Il est vrai que, de ce coté, la victoire fut facilitée par la supériorité numérique française.
Napoléon ne se laissa pas abuser par les justifications du prince de Ponte-Corvo. Le 21 octobre, à l'occasion d'un nouvel écart de conduite, il le fit sermonner par Berthier, son chef d'état-major: "Sa Majesté vous rappelle que vous ne vous etes pas trouvé à la bataille (d'Auerstadt), que cela aurait pu compromettre le sort de l'armée et déjouer (ses) grandes combinaisons. (..) L'Empereur s'est décidé à vous dire sa façon de penser car il n'est pas habitué à sacrifier ses opérations à de vaines étiquettes de commandement". (a suivre)
lt jpp

Message par lt jpp »

Deux jours plus tard, suite à la lecture de la réponse, Napoléon écrivit directement:" Votre corps d'armée ne s'est pas trouvé sur le champ de bataille et cela eut pu m'etre très funeste. (A défaut d'être à Dornburg), je vous avais fait connaitre que si vous etiez encore à Naumburg, vous deviez marcher sur le maréchal Davout. Vous étiez à Naumburg lorsque cet ordre est arrivé, il vous a été communiqué, et cependant vous avez préféré faire une fausse marche et, par là, vous ne vous êtes pas trouvé à la bataille, et le maréchal Davout a supporté (seul) les principaux efforts de l'armée ennemie".
Le 14 octobre 1806, la chance était du coté impérial. Néanmoins, l'absence du Ier Corps à Auerstaedt avait fragilisé le sort du III°: elle aurait pu inverser le résultat de l'affrontement et couter la vie à bien plus de braves encore. En tout cas, elle empêcha la poursuite immédiate des troupes vaincues, heureusement compensée par la vigueur de la chasse menée ultérieurement par le reste de l'armée française - victorieuse à Iéna - sous la ferme direction de l'Empereur.
Il en fut bien autrement le 16 juin 1815 car Napoléon se retrouva dans l'obligation de se reporter contre les anglais tandis que le maréchal Grouchy, en situation détachée, ne fit pas preuve dans sa difficile mission contre Blucher de la furia légendaire d'un Murat... FIN
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Batailles : SAALFELD 1806

Message par L'âne »

Georges BANGOFSKY "Mes campagnes 1797-1815" :
"C'est le 10 octobre 1806 qu'est mort le prince Louis-Ferdinand de Prusse (né à Berlin en 1772). L'auteur du coup mortel est un jeune homme de 21 ans, le maréchal des logis Jean-Baptiste Guindey (né en 1785), du 10ème hussards. Il sera blessé grièvement par le prince de deux coups de sabre qui lui entaillent profondément le visage. Aveuglé par le sang, Guindey lève son arme et l'abaisse six fois de suite sur le Prince qui s'affaisse sur sa selle. C'est bien après le combat qu'il connaîtra l'identité de celui qu'il a sabré. Jean-Baptiste Guindey sera tué à la bataille de Hanau, le 30 octobre 1813."
Mort du Prince Louis Ferdinand de Prusse.jpg
En médaillon Jean-Baptiste GUINDEY
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Re: Batailles : SAALFELD 1806

Message par Espagne »

Bonsoir.
Son village de naissance, dans les Pyrénées, lui a rendu hommage (à Guindey), au travers d'une belle statue.
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Re: Batailles : SAALFELD 1806

Message par L'âne »

Espagne a écrit : 10 oct. 2017, 21:35 Son village de naissance, dans les Pyrénées, lui a rendu hommage (à Guindey), au travers d'une belle statue.
Oui, effectivement

Statue Jean-Baptiste GUINDEY.jpg
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Campagne d'Allemagne 1806 :"Iéna et Austerstedt. La Prusse humiliée (14 octobre 1806)"

Message par Joker »

Auteur d’ouvrages pointus sur les batailles d’Eylau ou de Friedland (entre autres !), Frédéric Naulet revient avec une nouvelle narration précise et illustrée cette fois-ci sur la bataille d’Iéna.
Un ouvrage qui ne fait pas qu’expliquer la stratégie et la tactique qui sont en jeu dans cette bataille mais donne également son contexte et ses acteurs politiques.
👉 Pour en savoir plus sur l'ouvrage : https://www.napoleon.org/magazine/livre ... obre-1806/


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Bernard
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Re: "Iéna et Austerstedt. La Prusse humiliée (14 octobre 1806)"

Message par Bernard »

C'est un excellent livre sur une étape essentielle de l'époque napoléonienne, celle de l'humiliation de la Prusse... qui saura prendre sa revanche ! Bien écrit, très documenté et précis.
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Cyril Drouet
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Re: "Iéna et Austerstedt. La Prusse humiliée (14 octobre 1806)"

Message par Cyril Drouet »

Du même auteur, toujours chez Economica, il y a aussi les bons "Eylau (8 février 1807) La campagne de Pologne, des boues de Pultusk aux neiges d'Eylau" et "Friedland (14 juin 1807) La campagne de Pologne, de Dantzig aux rives du Niémen".
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Re: "Iéna et Austerstedt. La Prusse humiliée (14 octobre 1806)"

Message par Joker »

" Dans l’épopée napoléonienne, la campagne de 1806 en Prusse brille d’un éclat particulier.
L’empereur a quitté Paris le 25 septembre ; un mois plus tard il couche à Potsdam.
La Prusse est écrasée, annihilée, presque rayée de la carte.
On comprend que les historiens aient été fascinés par une victoire aussi rapide et aussi totale qui annonçait le partage de l’Europe auquel Napoléon et Alexandre allaient procéder quelques mois plus tard à Tilsit.
Beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur Iéna.
Celui que publie aujourd’hui Frédéric Naulet, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’histoire militaire napoléonienne, vient s’ajouter à une longue liste. Ce n’est pas un reproche, on ne trouve pas un seul aspect de cette histoire sur lequel on ne se soit penché à de multiples reprises. Mais on n’en finit jamais avec les grands sujets. [...]"

👉 Lire la suite : https://www.napoleon.org/…/une-chroniqu ... ice-guenif…/
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