Natation, noyades et sauvetages

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Legrand I

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Legrand I »

les exemples dans l'histoire militaire sont de toute façon nombreux pour dire que l'eau n'est pas l'amie de l'infanterie , les fleuves et les mers ont toujours fait de remarquables barrières (imaginez la joie des Américains en prenant intact le pont de Remagen ) ...
Latour-Maubourg

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Latour-Maubourg »

les fleuves et les mers ont toujours fait de remarquables barrieres
Dommage que nous ayons su franchir le Niémen en 1812 :)
Drouet Cyril

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Drouet Cyril »

le chef de brigade Dedon ( dont vous n'avez pas fait réference dans le passage de la Linth
Disons, cher Voltigeur54, que pour ce qui est du passage de la Linth par les nageurs de Soult, j'aurais plutôt opté pour l'adjudant-major Jean-Pierre Dellard (grosse carrière que la sienne).
C'est en effet cet enfant de Cahors qui fut chargé d'organiser et d'entrainer cette troupe de nageurs dans les eaux du lac de Zurich. Soult, la veille de l'opération, lui donnait ses dernières recommandations. Il lui était ordonné d'observer le plus grand silence et de n'user que de l'arme blanche. En cas de contre-attaque ennemie, les hommes de Dellard devaient marcher au contact, sans brûler une amorce, en faisant battre les tambours et crier "Bender, Sauve qui peut !"
Avant de lancer ses compagnons d'armes dans les eaux de la Linth, Dellard les harangua :

"Vous allez vous couvrir de gloire en portant dans un instant l'épouvante et la mort dans les rangs ennemis ; vous ne pouvez pas faire de prisonniers, égorgez donc tout ce que vous rencontrez ; marchez réunis, suivez mes traces en silence. Vaincre ou mourir, tel est notre mot d'ordre. Je vous rallierai sur la rive droite par un coup de sifflet."

13 nageurs périrent dans la traversée et huit autres tombèrent sur la rive opposée.
Dellard fut élevé sur le champ de bataille chef de bataillon.
voltigeur54

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par voltigeur54 »

:salut: :salut: L'attaque de la chapelle de St Sébastien à Schänis le 25 septembre 1799 par les 250 nageurs entrainés par Dellard est bien décrit par Nicole Gotteri (paru en 2003), page 134 et suivantes dans la Campagne de Suisse de 1799. Auparavant le passage de la Limmat à Dietikon fut remarquable . Même si certains aspects de la carrière de Masséna sont moins honorables, on peut lui reconnaitre que la République lui dut une fière chandelle , pendant que Bonaparte s'aveuglait au ciel d'Orient. Bonsoir et bonnes vacances , voltigeur
Drouet Cyril

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Drouet Cyril »

Oui, le franchissement de la Limmat organisé par le chef de brigade François-Louis Dedon (le frérot servit en Vendée dans l'armée de Mayence :) ) est remarquable, mais, si je ne m'abuse, il n'y eut pas de nageurs participant à l'opération. La Limmat fut en effet franchie par barques transportées jusqu'aux berges à dos d'hommes.
La franchissement, soutenu par l'artillerie, fut particulièrement rapide et couronné de succès. Dedon entreprit immédiatement la construction du pont. Celui-ci fut achevé à 7 heures et demi (soit presque trois heures seulement après la mise à l'eau des premières embarcations), ouvrant ainsi la voie à l'artillerie légère, à la cavalerie et aux renforts d'infanterie.
Masséna vint embrasser Dedon sur le pont même et lui conféra le grade de général de brigade.


Salutations respectueuses.
dups

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par dups »

tout habillé même un bon nageur s'en tirerait difficilement , je ne pense pas à la Bérézina mais plutôt à l'Elster en 1813
Une pensée également pour le brave Poniatowski
Dans le cas cité, et sans connaître les chronos de Poniatowski, celui était par ailleurs blessé. J'ignore la nature de cette blessure, mais il est clair que cela a pu constituer un handicap majeur pour qu'il parvienne à franchir l'Elster.

Thiébaut explique qu'il apprend à nager peu de temps avant la révolution dans une piscine à Paris.
Yves Martin

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Yves Martin »

Les témoins oculaires de l'époque sont formels - Poniatowski avait été blessé à plusieurs reprises et avait perdu beaucoup de sang. Il était donc épuisé. Au moment où il allait émerger sur la rive - il fut de nouveau atteint par une balle et s'affaissa dans l'eau sans qu'on puisse faire quoique ce soit pour le rattraper...même le meilleur des nageurs n'aurait pas pu...

YM
nicky

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par nicky »

Moi j'ai déjà nagé habillé durant mon service militaire avec les rangers (mais sans le famas, ça va pas, on est pas en guerre )en stage commando, et ben c'était pas facile :? et pourtant j'avais 20 ans, je faisais de la plongée et étais très sportif.
J'imagine les mecs à l'époque la galère, enfin la galère qui coule.
Latour-Maubourg

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Latour-Maubourg »

Poniatowski avait été blessé à plusieurs reprises
Effectivement ! Cet homme était un brave :salut:
Drouet Cyril

Re: Natation, noyades et sauvetages

Message par Drouet Cyril »

Si je ne m’abuse, il n’existait à Paris sous l’Empire que deux écoles de natation.
La première fut fondée en juin 1785 par Turquin à la pointe de l’île Saint-Louis, et la deuxième, toujours par Turquin aidé de son gendre Déligny, en 1808, à proximité du pont de la Concorde. C’est ce dernier établissement que décrit par le prince de Clary et Aldringen (Trois mois à Paris lors du mariage de l’empereur Napoléon 1er et de la duchesse Marie-Louise) :

« Au bas du pont Louis XVI est un grand carré long, entouré par une galerie couverte garnie d’une quantité de petites cabines où l’on se déshabille. C’est l’école de natation, partagée en deux par un pont fort élevée, du haut duquel se jettent les experts. D’abord, on nage à la sangle sèche, dans un petit cabinet séparé, c'est-à-dire qu’on append les mouvements suspendus en l’air. Vous n’avez pas idée comme on a l’air bête et crapaud. Après cette première opération, le maître-nageur vous campe une sangle autour du corps, vous place sur la galerie qui avance au-dessus de la rivière et il faut sauter dans l’eau. La première fois, j’ai eu bien de la peine à me décider. On a beau se dire qu’il n’y a pas l’apparence de danger, la nature regimbe à ce saut, et la mienne s’y refusait absolument. S’il n’y avait eu du monde, j’aurai sauté par honte, mais comme il n’y avait que les maîtres nageurs, je me suis fait prier un quart d’heure. A présent, je saute deux ou trois fois par jour. Vous n’avez pas idée du sentiment qu’on éprouve alors. On croit aller au centre du monde en se sentant enfoncer, enfoncer avec trois pieds d’eau par-dessus la tête. On revient comme on peut, en faisant une vilaine grimace et l’on cherche à respirer et l’on dégoutte comme un caniche mouillé, à la grande satisfaction des spectateurs, et puis on nage toujours soutenu et guidé par cette sangle, cela s’appelle, et à bon droit, être un sanglier. Il fait encore si froid que je me donne là un petit martyr quotidien, mais vous ne pouvez pas imaginer comme je suis joli garçon dans mon costume de bain, avec un serre tête de taffetas ciré qui me donne l’air chinois. »



Salutations respectueuses.
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