Quiberon 1795

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Route Napoleon

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Route Napoleon »

Arthur Conte a écrit une bonne biographie de Billaud-Varenne, intitulée, je crois, " Un Géant de la Révolution".

Je me souviens qu'il a été amnistié, mais n' a pas voulu quitté Sinnamari, qu'il portait une perruque rousse et se promenait avec un perrroquet sur l'épaule...

Drouet Cyril

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Drouet Cyril »

"Arthur Conte a écrit une bonne biographie de Billaud-Varenne, intitulée, je crois, " Un Géant de la Révolution". "


Exact.

Drouet Cyril

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Drouet Cyril »

Une lettre du Géant à deux Nains (6 avril 1794) :

"Chers collègues, il y a de grandes réclamations contre les mesures de sévérité et de sûreté que vous avez cru devoir prendre. Nous vous ferons passer les mémoires qui nous ont été remis à ce sujet, et nous vous invitons à y donner une sérieuse attention, sans qu'ils doivent cependant vous arrêter dans les mesures, que vous croirez nécessaires à la sûreté de la République et à l'extinction de cette horrible et trop longue guerre de la Vendée.
[...]
Nous nous en rapportons à votre civisme courageux et éclairé."

Cette lettre était adressé à Hentz et Francastel.



Salutations respectueuses.

Marie-Hélène Legrand

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Marie-Hélène Legrand »

Bonjour,

Alphonse de Lamartine a écrit une passionnante "Histoire des Girondins"
en 4 tomes aux Éditions Hachette et Cie, Furne, Jouvent et Cie, Pagnferre, (1872) tout est dit de la Révolution.

Dans la "Critique" de son livre Lamartine a écrit :

"La Révolution n'avait duré que cinq ans. Ces cinq années sont des siècles pour la France. Jamais peut-être sur cette terre, à aucune époque, sauf l'ère de l'incarnation de l'idée chrétienne, un pays ne produisit, en un si court espace de temps, une pareille éruption d'idées, d'hommes, de natures, de caractères, de talents, de crimes, de vertues. [...] La lumière brille à tous les points de l'horizon à la fois, les ténébres se replient, les préjugés reculent, les tyrannies tremblent les peuples se lèvent, les trônes s'écroulent. L'Europe intimidée essaye de frapper, et, frappée elle-même, recule pour regarder de loin ce grand et terrible spectacle.
Ce combat est mille fois plus glorieux que les combats des armées qui lui succèdent. 1789 a conquis au monde des vérités au lieu de conquérir à une nation de précaires accroissements de provinces. Il a élargi le domaine de l'homme, au lieu d'élargir les limites d'un territoire. On est fier d'une race d'hommes à qui la Providence a permis de concevoir de telles pensées, et d'être enfant d'un siècle qui a imprimé l'impulsion à de tels mouvements de l'esprit humain. On glorifie la France dans son intelligence, dans son rôle, dans son âme, dans son sang.
[...] Après cinq ans la Révolution n'est plus qu'un vaste cimetière. Sur la tombe de chacune de ses victimes, il est écrit un mot qui la caractérise. Sur l'une, Philosophie. Sur l'autre, Éloquence. Sur celle-ci, Génie. Sur celle-là, Courage. Ici, Crime. Là Vertu. Mais sur toutes il est écrit :
Mort pour l'avenir et ouvrier de l'humanité."

En conclusion :

"Les révolutions ne sont pas, comme on l'a dit,l'interrègne de la conscience, elles en sont l'épreuve, elles ne succombent que pour avoir mêlé dans leur oeuvre le crime et la vertu." LAMARTINE.

Marie-Hélène Legrand

Route Napoleon

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Route Napoleon »

BRAVO !

Drouet Cyril

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Drouet Cyril »

Réflexion napoléonienne sur la Révolution :

"La Révolution a été la vraie cause de la régénération de nos moeurs, comme les plus sales fumiers provoquent la plus noble des végétations."


Salutations respectueuses.

voltigeur54

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par voltigeur54 »

:salut: :salut:Je pense utile de vous livrer quelques précisions sur l'attaque du fort de Penthièvre, ce 2 Thermidor AN III :
"A 7 heures du soir, tous les lieutenants de Hoche sont au rendez -vous du Q.G. dans le petit village de Glevenay, pour y recevoir verbalement leurs instructions. Le vent a tourné à l'ouest. A 11 heures de la nuit, l'armée républicaine commence sa marche silencieuse vers le fort Penthièvre: Humbert et Botta, à gauche , côté baie, objectif Kerhostin.
Valletaux et Drut, au centre.
Ménage et ses 200 grenadiers, à droite, côté Océan.
Arrivés au milieu de la falaise au lieu dit le tombolo, une violente tempête se déchaîne avec éclairs, tonnerre, vent violent, torrents de pluie. Le général Hoche, suivi de Blad et de Tallien, les représentants du peuple chargés de surveiller les opérations, s'abritent sous la tente de Humbert, aux avant-postes. Plus de deux heures furent perdues, puis la marche silencieuse reprit.
Humbert et sa troupe avancent sur deux files, le long de la côte, contournent Kerhostin,ils obliquent à droite, courent vers le fort, franchissent la palissade, égorgent tout ce qui s'y trouve.
Botta et le reste de l'avant-garde, sur les traces de Humbert, s'emparent de Kerhostin et du gros de l'artillerie des Emigrés.
Les soldats républicains avaient été aperçus et furent canonnés du fort et mitraillés par une chaloupe canonnière anglaise. Botta fut grièvement blessé au pied par un biscaîen.
Ménage et ses 200 grenadiers avancent à l'ouest, le long de l'océan, conduits parle transfuge David Goujon. Ils passent au fil de la baïonnette les soldats des avant-postes royalistes, filent le long de la grève, suivent le fossé jusqu'à la gorge, grimpant sur les rochers jusqu'au mur exterieur. Ils reçoivent l'aide des soldats républicains de garde au fort,qui avaient été incorporés dans l'armée des Emigrés le 3 juillet. Ils éscaladent la muraille, pénètrent dans le fort, massacrent ceux qui résistent.
Valletaux et sa troupe apportent leur soutien. Lemoine et sa brigade suivent imméiatement. Hoche attaque sur l'isthme.
A quatre heures du matin, le jour pointe et le drapeau républicain flotte au sommet du fort Penthièvre."Ces précisions sont extraites de panneaux sur l'opération de Quiberon , au musée municipal de Quiberon, lors d'une récente visite avec Henry Roy. On peut aussi signaler que parmi les assaillants, il y avait un certain Cambronne, dont il sera question plus tard. Bien cordailement, voltigeur :fou:

Drouet Cyril

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Drouet Cyril »

Voici comment Moreau de Jonès (Aventures de guerre au temps de la République et du Consulat) conta l’assaut sanglant de Penthièvre, véritable porte de Quiberon, mené par les deux cent cinquante grenadiers de l’adjudant-général Mesnage :

« Nous déposâmes nos sacs silencieusement dans une cavité spacieuse, et, après avoir contourné plusieurs saillants du roc, qui dominaient une mer mugissante, couverte d’écume, nous commençâmes à grimper péniblement sur des amas de pierres… Cet instant fut solennel, et nos jeunes grenadiers, en voyant l’ennemi sur nos têtes et l’abîme sous nos pieds, se prirent à faire le signe de croix…
Dieu sait comment nous atteignîmes le sommet de cette haute escarpe, car les ténèbres ne nous laissaient rien voir [il était aux environs de quatre heures du matin], et chacun de nous ne savait rien de plus que ce qu’il faisait. J’imagine que dix à douze fois les grenadiers qui étaient à mes côtés me soulevèrent pour m’aider à arriver à l’assise supérieure, et qu’autant de fois ceux qui étaient déjà parvenus me prêtèrent leurs secours pour arriver jusqu’à eux. Mon fusil suivit le même chemin, et je donnai aux autres la même assistance que j’avais reçue. Les assises avaient environ cinq pieds de haut, et leurs rebords dix huit pouces.
Au faîte de l’escarpement régnait un mur, auquel s’appuyait intérieurement le terre-plein de la forteresse, et qui servait de parapet à une grande batterie à barbette, dirigée contre un ennemi venant de l’extrémité de la presqu’île. Nous franchîmes ce mur, qui était assez peu élevé, et nous nous élançâmes dans la batterie aux cris de Vive la République ! La garde du fort, qui s’était sans doute abritée contre la tempête [selon les témoins la pluie cette nuit là tombait « de manière épouvantable » ], accourût sur le parapet pour s’opposer à l’escalade, mais elle fut attaquée à revers et précipitée dans la falaise. Un corps de troupes ennemies, rallié par un colonel nommé de Folmont, essaya de défendre le poste important qu’il avait laissé surprendre. Au lieu de répondre à ses coups de fusil, nous l’assaillîmes à la baïonnette et le mîmes en fuite. Le commandant resta sur la place, avec plusieurs autres personnages de l’émigration [Testas de Folmont suivit en fait le mouvement de ses hommes] ; le reste chercha un refuge dans la partie basse de la forteresse, qu’on appelait le retranchement. Là, le combat fut plus acharné ; la garnison était en force ; il fallut la dégager des casernes, qui furent emportées d’assaut, avec un terrible carnage.
Au moment, où maîtres du plateau de la citadelle, nous nous précipitâmes dans le retranchement, les troupes ennemies qui l’occupaient étaient si loin de croire au péril de leur position qu’elles ouvraient le feu de leurs batteries sur la colonne du général Humbert, qu’attaquaient en même temps les chaloupes anglaises, mouillées sur son flanc gauche dans la baie de Quiberon [Humbert à la tête de 500 hommes d’élite était chargé d’attaquer le fort par la droite avec ordre de ne faire aucun prisonnier]... Déjà la retraite s’opéraient quand, en levant les yeux vers le fort de Penthièvre, on vit flotter sur les hauts remparts le pavillon tricolore, déployé triomphalement dans toute son étendue par la brise du matin. »

Hoche, visitant les braves qui tenaient à présent Penthièvre, tint ces propos :
« Mes enfants, je viens vous féliciter au nom de la République : actuellement, il m’est permis de vous dire que, de ma vie, je n’ai éprouvé d’inquiétude comme celle que vous m’avez causée pendant que vous étiez suspendus au flanc de ce rocher. »
Mesnage fut fait sur-le-champ général de brigade.


Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Drouet Cyril »

Le fort de Penthièvre aujourd'hui:
http://alainlecomte.free.fr/2170.jpg

Une carte de la presqu'île pour bien se rendre compte de l'importance de ce fort :
http://www.i-voyages.net/artzone/carte-quiberon.gif

Salutations respectueuses.

Stroh

Re: CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : la bataille de Quiberon (juillet 1795)

Message par Stroh »

pour une fois cyril je vais vous complèter

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